‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 48 sur 89 · II · texte numérisé non relu

II

434 H||(1»QiU nSft IBlMIi MOOBJUIM.

le commerce des esclaves. Les An calais détruisirent tous les forts bâtis par les Français. dan& ces contrées (1^57). L année suivante, ils nous anleTèrent lil* de Gorée (a6 décembre lySS) , et alors nous ne poosé» dàmes plus rien en Afrique*

En Amérique, lis s emparèrent de Louisbourg (26 juillet 1758). Ce fut en vain que le général Montcalm essaya de defeinlFe contre- eux la viUe de Québec. La viUe fut prise le 18^ septembre , et tout le Canada en^ levé à la Fiance. En même temps , les Anglais nous pjrenaient la Guadeloupe et la Martinique.

Ils dominaient alors sur toutes les nwrs. Les Espa*» gnols qui s'étaient déclarés pour la France en forent punis*: les Anglais pillèrent la Havane, à Tentrée du golfe du Mexique, et firent un butin de quatre-vingts millions ( iti août 1762). Ailleurs, dans la mer de» Indes, ils leur enlevèrent les îles Philippines. Un vais-» seau d'Acaptiloo, cbargé de la valeur de trois miUiom de piastres, lui pris dans le port même de Manilla, et toute cette colonie tomba au pouvoir des Anglais (di octobre 1763). » Ainsi, la guerre qui appauvrit les autres nations, enricbissaît une partie de la naûoii anglaise, tandis que Vautre gémissait sous le poidsdes impôts les plus rigoureux, aussi bien que tous les peuples engages dans cette guerre. La France alors était la plus malheureuse. Toutes les ressources étaient épuisées. Presque tons les citoyens^ à l'eiemple^da roi, avaient porté leur vaisselle à la monnaie. Les pm»* cipales villes et quelques communautés fournissaient: des vaisseaux de guerre à leurs frais ^ mais ces vais*»seaux n'étaient pas construits enoore, et quand miosie ils l'auraient été, on n avait pas assta d*lKMnniee de mer exercés. Les malheurs passés en faisaient craindre de nouveaux. La capitale, qui n est jamais exposée au fléau de la guerre, jetait plus de cris que les provinces souffrantes; plus de secojm^ plus. d'argent, plus de

crédit. Ceux qu on choisissait pour régir les finances étaient renvoyés après qud^pies mois d administralioiift LeS' autres refusaient cet emploi, dans lequel on ne pouvait alors que faire da mal (i). »

Pacte de famille. — Ce fut durant cette lutte fatale que le duc de Choiseui conçut le projet d'unir par une alliance étroite les divenses branches de lamakon de Bourbon , afin de balancer la prépondérance an* glaise. Le i5 août 1761 fut signé à Paris le célèbre pacte de famille ^ (lestiné à réaliser ce projet et à établir une solidarité complète enti^ les Ëaurbons de n^nœ^ d'Espagne et d'Italie. L'Angleterre, instraifte de ee traité, prévint la cour de Madrid, déclara la guerre à l'Espagne (4 janvier 1762 ) et entraîna le Portugal à suivre son exemple. JNous avons déjà vu eomment l'Ëspague expia cette faute par la perte de MaondUe, des Philippines et de b Havane.

Mai» au momentiméme ocàl^Espagne prenait parti cette guerre si funeste pour elle, un événement imprévu prépara la pacification de l'Europe. L'impératrice de Stusiriey qui baïssièit le roi de Prusse, mourut subite- Mem, et eut pour suooessenr Pierre 111^ Tadmirateur ïréderio IL Le nouvel empereur snspmdit aussitôt les hostilités, et bientôt après il conclut une alliance étroke avec Frédéric il , et mit à son service un corps de quinze mille hommes sous^ les ordi^s du généial Toheniicbeff* Piene- III^ il est. vrai, ne xéffMi pas longtemps; mois riropératrice CSatherine qm lui succéda confirma la paix avec le roi de Prusse. La Suède suivit l'exemple de la Russie* Dès lors, Frédéric U pnt tourner toutes* ses forces contre l'Autriche et la fraMO. Z:M»inaradnuB'd'£straes*et de Soufaîse: furent vaincus par le prince Ferdinand à Grebenstein; les Autrichiens ^ commandés par le général Lacy, Idlnrent

(i) Yoltairayibid.

436 HISTOIRE I>£S T£MPS MODEaifBS*

à llelchenbach par le prince de Bevern, Farinée des cercles par le prince Henri à Freyberg. Les confédérés

Crdireiit alors tout espoir de réduire le roi de Prusse» [ France se retira la première de la lutte^ et signa les préliminaires de la paix à Fontainebleau. L'Au*

triclie, abandonnée à ses propres forces, céda à regret et renonça à l'espoir de recouvrer la Silësie. Elle signa la paix à Hubertsbourg (lytiS).

Faùc de Paris et à' Uubertsbourg (1763V Voici quelles furent les conditions de la paix ae Paris el aHiibertsbourg, qui termina la guerre de sept ans: le roi de France échangea Minorque, qu'il rendit au roi d*£spagne , contre fielle-Isle , qui lui fut cédée par 1* Angleterre. Il renonça à Louisboiurg et à tout le Canada , sur la rive gauche du Mississipi. L'Espagne , de son côté, céda aux Anglais la Floride, contiguë au Canada. Ainsi , à Tavenir, l'Espagne et l'Angleteire ▼ont se partager la domination du nouveau monde; la première régnera dans l'Amérique méridionale , la seconde dans 1 Amérique du Nord. Les petites îles de Saint-Vincent, de Grenade, de Tabago et de la Dominique ^ furent cédées également aux Anglais^ et la. possession de ces îles, jointe à celle de la Jamaïque , Ikvorisa leur commerce de contrebande avec le Mexique et le Pérou. La France n oblint qu*avec beaucoup de peine le droit de pécher à Terre-Neuve, et la petite ile inculte de Miquelon , pour j faire sécher la morue» Les Anglais lui rendirent Pondichéry , ses colonies sur le Sénégal et Tîle de Gk>rée; mais ils gardèrent nos établissements sur le Gange. Ainsi se termina, sans profit pour la France , cette guerre qui lui avait coûté tant de sang. LAngle terre seule s'agrandit ^ et profiu des malheurs et de 1 épuisement des autres nations.

LlVaS lY. PA&T« I. CMÂWITME I.

s iv. hlstoiab urtbeiburs, oepitis lb traite d*alxla*Chapbixb jusqu'à celui db Pa&is (1748-1763).

C*est une chose singulière que de voir, sous le • règne de Louis XV, à cette époque où la France sem* biak tombée si bas , Tesprit public faire les plus grands progrès^ et un entraînement gënéial se manifester Ters les améliorations en tout genre.

. En 17499 îl s'était trouvé un ministre des finances assez hardi pour oser lutter contre le crédit toutuissant du clergé. Le contrôleur général de Machault t rendre Tédit fie mainmorte ^ qui interdit à l'Eglise la faculté de grossir, par de nouvelles acquisitions, la masse inaliénable de ses biens. Uopinion publique était si unanime , que le clergé n*osa pas lutter contre cette ordonnance 5 qui n'avait que le défaut d être un peu tardive. Mais lorsque, l'année suivante (1750), le ministre eut ordonné , comme autrefois Louis Xi , de faire un cadastre des biens du clergé, pour les soumettre aux bhàrges publiques, on cna à Vim piété » et au sacrilège. Un evêque de Marseille ne craignit pas d'écrire à Machault : «Ne nous mettez pas dans Ja « nécessité de désobéir à Dieu ou au roi, vous savez « lequel des deux aurait la préférence. »Le clergé était encore si fort , que le ministre fut obligé de céder, et que même il perdit sa place. Mais Topinion publique le consola de sa disgrâce, et le clergé perdit en considération ce qu'il conserva en richesses.

Pour distraire lattention publique, quelques pré<* très imaginèrent d^occuper le gouvernement par une diversion embarrassante. Leur instrument fut l'archevêque de Paris, M. de Beaumont. Ce prélat, animé d^uo saint zèle, mais quelque peu intolérant, résolut ^'exiger des malades des billets de confession attestant leur toi à la bulle lJmgenitus{i)^ et signés d'un directeur

(i) Cette bttUe de Clémeal XI, en date du 8 septembre 1713, oon-

Oigltized

438 £Lj|5XOIfi£ DUaS VEHttS idOPBlUffiS»

orthodoxe. Sans cela, point d'extréme-onctlon, point de viatique ; toute consolation était refusée aux mourants.

Le parlement, jugeant qu'il y avait lieu à Tappdl éoramed'âÉbiis ,'mit*€ni pmonAe curé de SMnt-Ëtieime du Mont , qui avait vefîisé -saorements à eonn * seiller du Ghâtelet. Le roi essaya inutilement d'étouffer ce déplorable con [lit. Le parlement, n'ayant pu obtenir la condamnation des doctrines de l'archevêque, se mît ' à bonder, et cessa tout à coup de rendre la justice. , Les magistrats ne reprirent leurs ftëancea que mr Tinjonction formelle du roi. Mais la querelle fut bien loin d'être terminée après cet acte d'autorité. En ijSS, eHe fut renouvelée avec une eoitrêiae ammosité. « Oft Toyait tous les jours le bourreau oeeupé à brAlar des mandements d^eréques qui conteataient au parlement sa juridiction ; les recors de la justice faisant communier des malades, la baïonnette au bout du fusil ( I )« » Eilfin le roi, poussé à bout, envoya en*exil les principaux membn» du parlement; m«is il-lasTa^pek Tannée suivante , à l'occasion de la naissance du dauphin • et Tarchevêqne ayant persisté dans ses refus de sacrements, lut relégué à sa maison de Coniians. Pendant la guerre 'de Sept aM, le dergé «reprit le éessus , par suite du refus que fit le parieraent d'^en* registrer de nouveaux impôts. Alors le roi recourut à un moyen violent pour briser cette résistance.

« Il vint au oarlemem fairé Kre un édit par lequel il suj)primait deux cbambres de«e oorpa'et'ptusîeuM officiers. II ordonna qu'on respectât la 'bulle Unige^ nitus, défendît que les juges séculiers prescrivissent l'administration des saa?ements^ et leur permettant

damne les Réfiemms morales ûu P. Quesnel, disciple d^maiM. Arra» diée au pafjpe ptrhswtwgnetdujéwileleahMIii^cettiMgigÉsIiM^ ille produisit en PiaaAe«i»jMifSifeiOMidUk|. et téwiHa(pto> flue jwmm

la querelle iaoscniste.

(4) yaltMra,.iyd.

LJIYB£ IV. PART. I. CBAPXXRE I. ^Ôg

sMlemiMit de juger des abw *et des déKls^oeRMom

daos ctitie administiation , onjoi^^naiil aux evèques de prescrire à tous les curés la modération et la discré* ÙQUf et voulant que toutes les querelles passées fus** sent emevelies dati6'rouMi (x3 déoembre 1756). Il ordonna que ml eonMller n'aurait Toix délibératiTie avant 1 âge de vingt-cinq ans , et que personne ne pMrrait opiner dans raâaeinblëe des chambres qu afMks avoir servi diK années» Il fit enfin las plus ei(^]i«68es inhibilîons dinteimopre, sous queume prétexte que ce pût être, le service ordnisire. Le chancelier alla aux avis pour la forme; le parlement garda un profond silence. Le roi dit qu'il voulait être obâ^ et quUl ^punirait quietmque oéerait s'éearter (U j!0A det^air. Le lendemain, quime oonseilters de la grand'chambre remirent leur démission sur le bureau. Cent quatre-vingts membres du parît ineiit se démîirent bientôt de leurs charges. Les murmures furent grands dans toute la ville (i). » Cette nouvelle se répandit rapidement dans Paris; et comme le peuple ne voyait dans les membres du parlement qu(i les ennemis des nouveaux impôts, il prit parti contre le ixù* L'indignation devint générale, et produisit, sui* yant toute apparence , le crime de François Damiens.

Cet événement causa une révolution soudaine dans les esprits. Le clergé et le parlement furent effrayés du résultat de leur querelle. Le roi jeta un voile sur le paasé* Il rappela quelques prêtres exilés pour leur intolérance ; il rétablit le parlement dans ses ionctions^ et il imposa silence aux deux partis sur les matières controversées.

Abolition des Jésuites (^ij 64)» — La querelle entre le parlement et le clergé avait rendu une nouvelle ani> aftosilé <à la haine qu'on portait «aux jésuites. Lorsqu'on j|pprit qu'ils «avaient été expulsés du Portugal, la lnin6| (x) Yoiuiie,.ibiil.

Dig'itjzed by

44^ IUSTOia£ DES T£MPS MODERNES.

contenue longtemps, fit explosion. Les philosophes, tes

jansénistes et les parlementaires se réunirent pour demander la destruction d'un ordre qui, disaient-ils, enchaînait le monde et menaçait les rois. Dans ces drconstanc^, le procès du P. la Valette leur porta le dernier coup dans la considération publique, et causa

leur ruine (i).

de longues hésitations, Louis XV se laissa entraîner; mais il voulait s'arrêter à une demi-mesure et se borner à modifier les règlements de la compa* gnie (2 août 1 761). La bauteur du général Ricci, qui repoussa tout projet d'accommodement par cette ré-

{)onse lac onique : Sint ut sunt , aut non sinty fixa enfin es irrésolutions de la cour. Le 6 août 1762 , le parle* ment de Paris condamna Tordre des jésuites et or«^ donna la Tente de ses biens. Louis XV confirma la suppression de l'ordre par son édit du 26 novembre 1764. Enfin , en 1773, un bref du pape Clément XIV, si célèbre sous le nom de Ganganelli, prononça rai)oli* tion de la compagnie de Jésus par tonte la clirétienté.

Mort de la marquise de Pompadour, — L'année qui suivit raholition de Tordre des jésuites (1765), Louis XV vit mourir sa maîtresse, la marquise de Pompadour. £lle avait régné jusqu'à son dernier soa«

t>ir, distribuant, sur son lit de mort, les emplois et es honneurs, et cachant sous le fard les progrès de la maladie qui allait lui ouvrir le tombeau. Louis XV la vit mourir sans marquer de regret, et bientôt il loublia. Le duc de Choiseul , son protégé , hérita de sa toute-puissance.

Occupation d^ Avignon et du comtat Venaissin, — Deux faits attestent la vigueur du duc de Choiseul dans ses relations extérieures : l'occupation d* Avignon et du comtat Venaissin , au mépris des excommulii» cations du pape, et la conquête de la Corse, malgré

(ij Vojez M« Lacreteiky Histoire du dix -huitième siècle.

UVA£ IV. PAET, I. CHAFITRS I. 44l

rAngleterrt?. A la suite de quelques différends assez futiles, un pape avait osé excommunier le duc de Parme ^ qui était de la famille des Bourbons. Louis XY avait fait en vain des représentations; le pape avait refusé de les éconter. Il fallut recourir à la force, et le duc de Clioiseul nTiésita pas un instant. Il ordonna la mise à exécution dun arrêt du parlement de Pro* vence qui avait réuni, en 1688, Avignon et le comtat Venaissin à la couronne, et qui n'avait jamais été rapporté. En conséquence, le comte de Rochechouart se présenta devant Avignon, le 1 1 juin 1768, escorté de quelques troupes. 11 alla droit au vice-légat qui gouvernait cette ville au nom du pape, et lui dit: « Monsieur, le roi m'ordonne de remettre Avignon en « sa niainj et vous êtes prie de vous retirer. ^ L'arrêt fut exécuté, pendant que le peuple allumait des feux de joie, et depuis ce jour on inséra dans tous, les actes publics t «(Régnant souverain grince Louis, par la grâce de Dieu , XY® du nom , roi de France et de Navarre, comte de Provence, de la ville d'Avignon et du comtat Venaissin. « La bulle qui condamnait le (lue de Parme fut supprimée en France, et la plupart des autres États de TÉurope imitèrent cette conduite. Il fidiut que le pape consentît à abolir Tordre des je-» suites et à retirer la bulle, pour qu'on lui rendît Avignon et le comtat.

Conquête de la Corse. Une entreprise plus diffidle et plus importante fut la conquête de la Corse et la réunion de cette île à la France, malgré TAn-^ gleterre. En lyBS, les Corses, sous la conduite d'Hyacinthe Paoli et de Giafferi, s'étaient soulevés contre l'autorité tyrannique de Gênes. Un aventurier allemand, le baron deNeuhoff, conçut le singulier projet de se faire proclamer roi de cette île où il était étraii-' ger. Le bey de Tunis, trompé par de fausses espérances, lui donna un vaisseau de dix canons, quatre mille

fiisHf 9 mfllio .se<fuiiift «et 4)iiehi«ts praniioAs. Amvtf à

Livourne, il vendit le vaisseau, et s étant rendu en Corse y il distribua aux rhahitants de Targent et des auMS. On le prit pour un des pliis gtaods pmncesiilt la terre, il fut âu rat., ^Ton mppa ides «lonnaicfl à son effigie. Cette Foyaule ne dura fue liiiit mois. En 1737, les Génois sollicitèrent le secours de la France contre leurs anoîeM sujet&y et les Crises , à leur tûUTi eir?oyèi«nt au roi «ette .8u|^lîmie célèbre dans la» quelle tespiiait im aentîmail; de liberté sanTage et qui se terminait par ces mots : « Si vos ordres souve- « rains nous obligent de nous soumettre à Gènes, bu- 4 TOUS à ia santé du roi trèsHîhpétieB<€e calice aiaer « >et mourans* » On fit partir b comte de BoiseieaK 9 neveu du maréchal de villara, amc quelques tnmipes et un projet de pacification. Les Corses lui opposèreot une vigoureuse résistance, et 1 expédition échoua. Son successeur , le marquis de MaiUeboîs , fiit plua lienreux. U daiqpta les Ganses en mains 4e Miis m*

aminés (^7^9)'

Mais pendant la g:uerre pour la succession d'Autri* che, lorsque les Français eurent retiré leurs troupes de nie , et que Gènes elle-^méaiie fut tombée au po»» ▼otr de r Autriche, les Corses se soiila?èrent une aa^ eemde fois et ohassèfent les Génois de tonles les i^Ue&y excepté Bastia. Ils vécurent libres sous rautorité de Giafferi. £n ce général habile périt assassiné ,

et eut pour successeur Pascal Kaoli, filadu «fiauat H]pa^ eintfae Paoli 'qui vrirait retiré tà lia^&

Le nouveau chef entreprit d'établir en Corse un gouvernement ré^dier, de former des troupes réglées, «ûiatimer w[ie «espèce d université, d/'élaUtr des tiuibnnauK pourfendre k jaatice «t povraiettaa«n£maA k'fîmnr dea aasaNinats. BadU M,nanek pas eepen» dant à établir sa domination 'SUT l'île entière. Laa Génois continuaient à occuper ms*»^ et fpif>Li|nas

imnlft impaimiils^En 1.764^ ia ^cmnc de France mwym

d0 fkouwem des trempes en Corse, non pour agir contre les liabitants, mais pour garder les places oc* cupées par les Génois , et pour donner à ceux-ci, par cette médiation armée, le mojen de soiMtiettre la Mste de rile» Mais k sénat de Gènes fut trompe danii ses espérances. Paoli avait si bien discipliné ses sujets qu'il réussit à résister aux Génois. Cette républî- ^e dépensa inutUement ses troupes et son asgent ^ndant quatpe ans, tandis que Paoli aiigmei^taxt chaque jour ses forces et ai réputation. L'Europe commeTicait à le regarder comme le législateur et le vengeur de sa patrie.

La république de Gènes reconnut enfin Timpuia* Maoe de ses enbits et oéda tous ses droits sur la Corse à la couronne de France. Le traifé fut signé au «noia de juillet 1768. La république se réserva seulement kl faculté de rentrer dans la souveraineté de cette ile en BambûUEsant au roi les frais immenses qu'il avait faits «n sa fateuK. C'était en réalité oéder la Corse à tout jamais, car il était peu probable que les Génois fus* sent jamais en état de la racheter, et encore mieux de la sul}(iuguer. «Ainsi donc, en cédant la vaine et fatale souveraineté d'un pays qui lui était à charge | G£ms Causait en effet un bon maroké, et le roi de Fremoe en faisait un meilleur , puisqu'il •était assett puissant pour se faire obéir dans la Corse, pour la policer^ pour la peupler, pour Tenrichir en y &isant ilenrir Ti^cttltnre et le commerce. De plus , il pou* fttît'tctiîr 'un temps où la possession de la Corse se« lait un .grand avantage dans les intérêts qu'on aurait à démêler en Italie. Il restait à savoir si les hommes le droit de vendre d'autres hommes; mais c'est une question qu'en n'enaimna jamais ilans aucun traité. « On commença par négocier avec le général Paoli ; ' mais ce fut inutilement « u ne voulut entendre aucune

444 usTOuqi ras tbwps MoraMSs.

Sroposilion , et il eut Iliooneur de résister à un roi e France pendant plus d'une année. Aucune puissance étrangère ne le secourut. Quelques Anglais seulement lui envoyèrent de l'argent et des armes, car les Corses étaient mal armés : ils n'avaient point de fusils à baïonnette ; même quand on leur en fit tenir de Londres, la plupart ne purent s'en servir; ils préférèrent leurs mousquetons ordinaires et leurs couteaux. Leur arme principale était leur courage. Ce ' courage fut si grandi que, dans un des combats, ils se firent un rempart de leurs morts ^ pour avoir le temps de charger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour rafiermir le rempart. Malgré tant de va* leur, ils furent vaincus. Le comte de VauZ| secondé du marquis de Marbœuf, soumit Tiie en moins de trois semaines (i). »

S V. Histoire intérieuab depuis la disgiuce du duc

BB ChOISBVL jusqu'à LA MORT DB LoUlS XY (177O-

Disgrâce du duc de Chois cul (1770). — Après avoir donné la Corse à la France et contraint le pape au rappel d'une bulle abusive et à labolition de Tordre des jésuites, le duc de Choiseul voulait tenter plus encore pour relever son pays. Tout le monde prévoyait alors la prochaine insurrection des États-Unis de l'Amérique; il fit des préparatifs pour leur donn^ Tappui des flottes de France et d'Espagne. Instruit des desseins de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse contre Tinfortunée Pologne, il s'efforça de traverser ces projets odieux en poussant la Turquie à déclarer la guerre à l'impératrice Catherine II. il était sur la

(1) Voltaire, Sitcle de Louis XV, ch. xli.

LIV&E lY. PART, I. GHAFITRS I. 44^

point d'envoyer aux Polonais un corps de troupes françaises , lorsqu'il succomba sous une intrigue de cour.

Il avait lÎTrë le&.jimites aux parlements^ leurs ennemis acharnés. «Mais de même, dit M. Michelet, que les pierres de Port-Royal étaient tombées sur la téte des jésuites ^ la chute de ceux-ci fut fatale aux

Î)arlements, » A la tête du parti qui avait survécu à 'abolition de Tordre, se trouvait le duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne /dont Fadministration maladroite et tyrannique avait excité les justes plaintes de la province et du parlement. Il avait pour allié le chancelier Maupeou, homme bilieux, opiniâtre et audacieux, qui était profondément irrité contre le parlement de Paris pour quelques griefs personnels. Ces deux hommes formèrent avec l'abbé Teriay, contrôleur général, une sorte de triumvirat dont le but était la disgrâce du duc de Choiseul et la ruine des parlements, qui , entraînés par leur popularité croissante et par leur récente victoire, semblaient vouloir se saisir du pouvoir que Louis XY était incapable d'exercer.

Cette lutte posthume des jésuites contre les parle» ments et contre le duc de Choiseul prit la forme d'une

intrigue. Le triumvirat fonda l'espeiance de la victoire sur une nouvelle favorite qui avait eu Thonneur ée succéder à madame de Pompadour. C'était une courtisane dont Louis XV avait fait une comtesse. Le

duc de Choiseul n'avait pas eu la force de cacher son mépris, et la favorite, n'osant croire encore à la durée de son empire, avait timidement recherché lappui du ministre. Celui-ci croyait que le roi le considérait comme le seul homme capable de suffire à la crise politique dont l'Europe était menacée. Il avait pour lui le suffrage de l'opinion publique, celui des gens

de lettres qui exerçaient alors une immense influence,

et celui des parlements qu'il amit flouleMe^eotitiie lté

jésuites. Il Tenait enfin de conclwe le mariage du

dauphin avec 1 archiduchesse Marie-Antoinette, et où mariage semblait fonder d'avance son crédit pour le règne suivant. Lattente générale fut Mmpée : une vile courtisane l'emporta rsur le ministre. Louis %N céda aux séductions de la*du Barry, et, le a4 déoemfane 1770, il disgracia le duc de Ghoiseul, quil exila à Chanteloup.

Suppression des parlements^ — La disgrâce du due de Cnoiseul fut suivie de la suppression des parler*

ments. L occasion fut le procès que le parlement de Bretagne avait intenté au duc d'Aiguiiiou, pour ¥eiauLtsons et abus de pouvoir.

« £n brisant ainsi la magistrature, Maupeou n'amili au fond, pour but que d'affiranchir Tautorisére^le^iel ministérielle du frein parlementaire. Mais il colorait cette mesure despotique de spécieux prétextes de publique utilité. A la cour, il xc^présentait lavanUige de n'avoir plus à craindre le contrôle incommode d«B corps qui ne cessait d*ennraver la marche du ^jomea» nement. Aussi les courtisans disaient-ils tout haut quil avait retiré le sceptre du greffe du parlement pour le remettre entre les mains du monar^e. Aux philosephes, il rappelsat au ils s'àaient sonnent ^miê

contre la vénalité des charges et les d^fiMHs de lu

législation existante, et il leur promettait Tadminie» tration gratuite de la justice et un nouveau code de

Erocédure civile et criminelle. Au peuple, il anneofadl L réduction de Timmense ressort du fMirkmenc «de Paris , qui s'étendait jusqu'en Artois, en Champagne^ en Auvergne et éin Poitou, et rétablissement de tsi« nouvelles cours souveraines qui dispenecmient IcipciH pie de leur ressort d'aller chercher an loin iiiie||iistlM lente et rmneuse. Cet établissement ne m £t .pas ntK tendre. Un édit lojal créa 1^ six. nouvcUcs cour^^ sous

leDdm de Cenêei'lê ênpmeun y àmA \e&mViat d*Acrai,

Blois, Châlons-sur-Maine^ Clei ni ont, Lyon el Poitiers, où la juslâce serait rendue aux frais du souverain. Enfin, dans un lit de justice tenu le i5 avril, le roi fit lire trois édita, dool run^cassaii; 1 ancien ^^arlemeiU, Tautre supprimait la cour des aides , qui seule avait

{)orté des remontrances au pied du trône touchant «xii de la magistrat4ire , et le troisième créait un nouveau parlement que le chancelier avait. recomposé ^ MU sans peine, membres du grand conseil , da» vocats et de jurisconsultes , dont plusieurs ne jouia» saient pas dans le public de toute Testime nécessaire à des magistrats. Us se recrutèrent insensiblement de piques fenouMS pins recommandables* Mais ce parlement, ouvrage m despotisfeie, ne put effacer le vice cK; son origine, et l'opinion, comme pour déclarer qu'il n'aurait jamais rien de national, le stigma» tisa du jiom de son auteur : on Xappela le parlement

iue bbanomer ne bona pas là sa prétendue réforme.

H supprima ou recomposa successivement tous les

Earlements de province. Au mois de novembre 1771, ï nainvel ordre judiciaire fut ^ aqdvitë par toute Ja Enmoe, et Maupeon ae crut le sauveur de la nonar^ ehie. « L'imparfaite balance de la vieille monarchie tenait à Félastique opposition des parlements qui re* ■CKm^traient^'ajournaieAt, et finissaient par céder rea« pODineusenient. Quelques tétea hardieset dures, entna antres -le tivelon la Chaloiais, enineprirent de les mener plus loin. Dans le procès du duc d'Aiguillon , ils tin* rent ferme , ils furent brisés. Ce n'était pjis aux juges de X«aUjr, de Calas, 'de.Sirven et de LÎdjarre, qu'il appartmait de frire la «éTOhition , encore .moins à la coterie qui les renversa. Le spirituel abbé Terray el

(z) Eagon, Histoire (éamle\du dix^-^uiiliàne 6ièate>.p, zSa-x^«

44^ UIâX01£l£ DES TEMfS MODERNES.

le facétieux ctiancelîer Maupeou , alliés du duc d*Ai-

guilloii et de madame duBarry, n'étaient pas assez lionnêtes gens pour avoir le droit de faire le bien, Terray, qui eut les ânanceS| remédia un peu au désordre , mais par la banqueroute. Maupeou abolit la yénalité des charges, rendit la justice gratuite; mais personne ne voulut croire qu elle fût gratuite entre les mains des créatures de Maupeou. Tout le monde se moqua de leur réforme, personne plus qu'eux-mêmes. Un rire inextinguible éclata à 1 apparition des Mémoires de Beaumarchais. Louis XV les lut comme tout le monde et y prit plaisir. L'égoïste monarque distinguait mieux que personne le péril croissant de la royauté; mais il jugeait, avec raison, qu^après tout^ elle durerait encore plus que lui

Banqueroute de Terray. — Pacte de famine. — ^ L'abbé Terray avait trouvé, en entrant aux finances, un déficit considérable. Au lieu de s'attaquer au luxe effréné de la cour, il s attaqua aux créanciers de l'État. Il suspendit le payement des billets de fer» mes, et réduisit les rentes perpétuelles, les unes d'un cinquième, les autres dun quart ou de moitié. Les rentes viagères et les pensions furent considérablement diminuées. Le remboursement des charges de judicature lui fournit un prétexte pour augmen» ter les tailles. Ainsi ^ comme l'a fort bien dit M. La- ' cretelle , l Etat paya bien cher le bienfait annoncé de la justice gratuite. En résultat dernier, la dette publique fut oiminuée d'environ treize millions d intérêt; la recette générale fut augmentée de vingt millions, et le déficit resta de vingt-cinq millions. Les impots qui, au commencement du r^pe de Louis XIII, ne s'élevaient qu'à cent yingt-dnq millions ^ se troa«>

(i) Michekt, Précis de Tliistoire de France. — On assilK qu'il ftOUiia 1 égoome jusqu'à dire : Jprè4 moi le déluge!

Page 1