‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 5 sur 89 · LIVRE m. CHAPIXaB I · texte numérisé non relu

LIVRE m. CHAPIXaB I

des provinces élevèrent la prétention de ne former qu'un seul et même corps, divisé en classes toutes solidaires les unes des autres. Mazariu déclara , avec sa mauvaise prononciation italienne , que cet edit d'of^non était attentatoire. Mais il fut bientôt obligé de faire des concessions qui n'eurent d'autre résultat que d enliardir ses ennemis. Les esprits s éciiauffeieiit : on pria des anciennes libertés naûoaaleS| et pour les rétablir, on n*hésita pas à remonter jusqu à la constitution des Francs au temps de Glovis.On proclama Tilléga-

lité (le's tribunaux exceptionnels, des emprisoiinoiiieuts arbitraires, et Ton demandait des garanties contre rétablissement des impots. Le parlement déclara qu'il i^pousserait tous les édits tant qu'on^ n'aurait pas fait droit à ces justes demandes. On eût dit que la consti* tution monarchique allait être cliangée coninie en Angleterre. Mais rien de tout cela n'était bien sérieux. Le pouvoir royal était établi sur des bases trop solides pour risquer seulement d'être modifié. Le peuple ne leAt pas voulu, car il trouvait dans ce pouvoir une garantie d ordre et de sécurité; les parlements et les courtisans ne l eussent pas osé. Le cardinal de lletz^ qui, certes, était le moins timide des fistctieux, dit en parlant des discussions qui s élevèrent sur les limites de Tautorité royale : « Le peuple entra dans le sanctuaire, il leva le voile qui doit toujours couvrir tout ce que Ton peut dire, tout ce que i on peut croire du droit des peuples et des rois, qui ne s'accordent jamais si bien ensemble que dans le silence. La salle du pa* lais profana ces mystères. »

Toutefois, 1 union des quatre cours souveraines dura malgré lopposition de la cour. Le peuple applaudit à leurs mesures. « Chaque conseiller, dit madame de Motteville, paroissoit au peuple un ange descendu du ciel pour le sauver de la prétendue tyrannie du cardinal Mazarin, quon s'imaginoit plus grande quelle

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