‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 6 sur 89 · II · texte numérisé non relu

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HISXOIRA 0£S^ TEMPS MODBHNES.

ne Tetolt en effet. « Ainsi se fomièrmt tes pttrtis des

frondeurs f i), des raazarins et des mitigés.

On donnait le nom de mazarins aux partisans exclusifs du ministre et de la cour ; le nom de mitigés à ceux qui voulaient tenir le milieu entre Mazarin et ses eime» mis. Parmi les mitigés se trouvait le premier prési« dent Mathieu Mole, cette barre de fer contre laquelle Tinrent se briser, à plus d'une reprise, la fougue de ses collègues et les emportements de la multitude. On appelait frondeurs les ennemis du cardinal. Parmi eux, dit Oiner Talon, « cinquante ou soinante jeunes conseillers, qui, dans leurs chauibres des enquêtes, ont peu d'emploi, et qui y sont peu considérés à cause qu'ils n'ont pas l'intelligence et ne veulént pas donner • l'application mx affaires, étoient bien aises d être tous les jours appelés dans les assemblées publiques, d'y donner leurs suffrages, et, se portant aux avis les plus caustiques, acquérir réputation, ce leur sembloit (2). »

« Les jeunes conseillers des enquêtes, dit Montglat,.

étoient plus échauflles que les autres; et, croyant déjà être ministres d'État, ils 11e parloient que du gouver* nement du royaume, et ne songeoîent plus aux affaires du palais qu ils trouvoient au-dessous deux. Dans les assemblées, ils prencxent la parole tous ensemble, sans ordre, en sorte qu'on ne s'entendait pasr: et quand

(x) Des enfants armés de frondes et partagés en plusieurs bandes s'amusaient dans Ic"^ fossés de Paris à se laneer des pierres. Comme il rpsuUait quelqiierois cUs uccidcnts île cette sorte de jeux , la police envoya des archers poui séparer les ii undeurs. A leur vue, les enfants se dispersaient; uiuis a peine la patrouille avait-elle le dos toaniéqtt'ils-raveaucnff sur le champ delNilatKe. Quelquefois, quand ib se Mnlaieiit les pins férts, ils faisaient fiux À la garde et la poarsuiment à coups de pienes. Cette lactique parut à un plaisant du parlement » à Bachaumont « repro* daîre assez fidèlenieat celle de sa compagnie. H compara les adversaire» de la cour à ces firondmrs. Le mol prit faveur, et de ce moment, habits, équipages, ajustements, bijoux, tout fut à la fronda^ De là le mvsk éiè frondeurs donné niix rîineniîs de Maxaria*

(a) Mémoires d'Omer ïaloa.

]m> -pwéaiAmts et les vim% ccfaséiler» Tonloieiit Jàr0 leur «fi» piMir réprimer 00 tumulte^ ils lemr finmenfe

la huée, leûv reprochant quîls étoient: gagnés de la colir et pensionnaires du cardiiiaL., La barbe du pre* mier président) si vénérable , nie pouvoit les reteM mv (]»)...» Aee» jeunes magislnrats si empressés d arriver i fai répirtareimi et à la fortune, s'cjlaieiit réuni» qwel* qucs magistrats plus âgés, qui avaient des motifs persontielîf d'inimitié contre le ministre. On remartjuait parmi eux le président Potiei- de Blancménîi^ irrité d\s U dïsgi^ce de l'é^éqiiie dé^Beatirnsv son parent; Lob^^ gueU de Maisons^ qui arait vaineitieiMi sollicité une charge de président pour son frère; le président Viole, qui voulait vens^er la chute de Tex-ministre Chavigny, que Mazarin avait renvoyé; le conseiller Bronsvel; qui n'avait pu< obleniv «ne lieutenance aux • f^ràe» pour son iils, et qnr <iepiris àvaii; rejeté obsti<» nement tous les edits sur les impôts. Mais le phis dangereux des ennemis du cardinal était Paul de Goudi, coadjuteur de Tarchevéque de Paris, et si fa*' metix S0D9 le nom de cardinal de Rciz.

Ee cardinal de Rets, issu d'une iamiRe illustre, avait été obligé de se consacrer à l'Eglise, quoitjii il eut, de son aveu, \ cmie peut-être la moins ecclésiastique qui fà$ dam V univers, « Nourrj de la lecture de 1 nistoive imnaiite, dit M« Andllon, son intiagination- forte et jirdefite ne rêvait qu^émeutes, révolutions populaires et conspirations. Un de ses premiers écrits avait été Thisfoire de la conjuratioiv de Fiesque, ou plutôt le MiBé|n^qtie de ce Génois^ et l apologte de ses pro«- )eto«« Son esprtti parfait pour saisir des vues générales et pour former des^ plans vastes> el réilédhis, était, du reste, inépuisable en expédients, et prompt à voir, dans les circonstances particulières^ ce qu'il iailait faire ou éviter... Il fut le principal auteur des troubles de (i) Mémoires de Montg^t.

HISTOXRB DBS TEMPS MODERNES.

la fronde; il les prépara de loin et les fomenta soigneusement, parce qu il voulait avoir la place de Mazarin (i), et qu il fallait à cet esprit turbulent des intrigues, des factions et des mouvements populaires... Il était làme du parti des frondeurs dans le parlement; îl leur traçait la marche qii ils devaient suivre, et les entraînait à des mesures dont il prévoyait seul les consé<|uences (2). »

Au milieu de Tagitation des esprits, on apprit à Paris la victoire de Lens, que le prince de Condé venait de remporter sur larchiduc Léopold (ag août 1648). « Le roi, dit madame de Motteville, sachant qu il avait gagné une bataille, s écria tout haut, et avec une grande exclamation, que le parlement seroit bien fàcbé de cette nouvelle. Il etoit si accoutumé à entendre parier de ceux de ce corps comme de ses ennemis^ quil en fit aussitôt ce jugement. >! Mazarin résolut de profiter de cette occasion, et d'essayer de la rigueur api os avoir épuisé toutes les voies de conciliation. Le jour même où l'on chanta dans 1 église de Notre- Dame un J'e Deum solennel, ^our célébrer la glorieuse victoire de Lens, le capitame des gardes, Comminges, reçut Tordre d^arrèter Blancmenil, Charton et liioiisscl. G étaient les trois membres les plus ardents du parlement, mais non pas les meneurs secrets auxquels Mazarin n'aurait pas osé s'attaquer, et qu'il espérait effrayer par cet acte de fermeté. Charton réussit à s'échapper, mais Blancménil et Broussel furent arrêtéSi Toutefois, cet enlèvement en plein jour de trois hommes chéris du peuple amena aussitôt un soulèvement. La sédition dura toute la journée (26 août)^ le soir^elle se calma subitement, « parce qu il étoit tombé un peu de pluie, et que les Parisiens, pour rien au monde, ne

(i) Cette assertion de M. AiidUon est démenlie par k Rochefoucauld.

(a) Aocillon, Tableau des révolutions.

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