‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 52 sur 89 · LIVRE IV. PARI. I. LiiAPliiili I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. PARI. I. LiiAPliiili I

par un grand bailliage. Dans les caa urgents ^ la coui;

plënière enregistrerait provisoirement les hupoLs, en, attendant la convocation des états généraux jet le roi $e réservait le pouvoir de contracter les emprunts qui n'exigeraient pas de contribution nouvelle.

La cour plénièrc était autorisée à faire des remous» trances. Les ministres ne voulaient pas annoncer la crainte de voir cette cour sobstiner dans ses supplia cations et refuser renregistrement; qujelques mots^^ glissés dans' deux articles de la loi , avaient paru suffisants pour garantir au monarque un pouvoir absolu* 11 était dit « que^ lorsque la cour pléniére ferait deji remontrances, quatra de ses membres seraient appelé^ au conseil pour les discuter, afin que la déterminai*! tlon du roij sur ces remontrances, fût prise avec une plus grande connaissance de cause (i). »

Tout le nuinde se moqua de cet édit. Les ministim avaient pensé qu'un trait d*babileté serait d'annoaru»^ non Y établissement y nuiis le rétablissement de la couc

Slénière; ils faisaient dire par le roi que deux sortes ^assemblées appairtenaient à la constitution de la tnonarchie : les états généraux, et la cour plénière* Chacun savait à peu près- ce que c'était que les étatsgénéraux; mais qui avait entendu parler de la, cour plénière li était bien singulier qu'une partie constitutive de la monarchie eût été ainsi dérobée, sans que personne s'en fi\t jamais aperçu. Le soir même de la., séance, beaucoup de gens cherchèrent dans les dio tionnaires, qui tous étaient d'accord; celui de Trévoux. 4onnait le plus de détails ; on y trouve ; Coua pu* ifi^RB. « On appelle ainsi ces magnifiques assemblées- « que nos anciens rois faissdent à Noël et à Pâque«, « ou à l'occasion d'un mariage ou d un autre sujet de «^X^ie extraordinaire^ tantôt dans leurs palais , tantôt;

(z) Droz»t. n,p. 63.

500 BXSIOIEB DBS TBMPS MODEE^ES.

«t (Inns quelque grande ville; quelquefois en pleine « campagne, toujours en un lieu commode pour y « loger les grands seigneurs. » Nous citons cette définition bien connue , parce qu*éUe sert à prouver que des hommes d'Etat rétablissant de pareilles assemblées pour répondre à des cris de liberté, et les composant de privilégiés intéresses au maintien des abus, doivent être regardés comme les auteurs responsables du grand drame auquel nous allons assister.

La cour plénière s'assembla le lendemain , au milieu des protestations} le roi se croyait obéi; maissoudam une vive résistance se manifesta dans tout le royaumci surtout à Rennes, dans le Dauphiné et dansIeBeam« ÎSous ne décrirons pas cette suite de troubles, d'émeutes, de protestations qui éclatèrent dans toute la France. Nous parlerons seulement de la conduite des états du Daupniné assemblés à Yizille. Ils arrêtèrent que l'impôt destiné à remplacer la corvée serait supporté par les trois ordres, et que le tiers état aurait, dans les états provinciaux, la double représentation qui lui était accordée dans les administrations provin* oales; plusieurs autres décisions aussi patriotiques furent également prises. Cet accord, cette identité de vues fut universellement applaudie.

*^ Pendant ce temps, que faisait le gouvernement? Louis XVI avait abandonné les affaires à Brienne; et, « tandis que les circonstances devenaient si graves, le malheureux prince passait ses journées à la chasse (i).» La coterie absolutiste dominait; Brienne, son agent, était tout radieux; «/e roi sera obéi, disait-il; yai tout prévu , même la guerre cwile. » Il crut n'avoir affaire qu'à des résistances de privilégiés; il voulut les diviser: en conséquence, il convoqua une assemblée du clergé pour lui demander des sacrifices d*ai^

(i) Droz, L II, p. 76.

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gent. Le clergé refusa : ne sachant plus que faire, firîenne fit rendire un arrêt du conseil (8 août), pac lequel les états généraux étaient convoqués pour le I mai 1789. Le ministre déclara que le roi, malgré ses recherches, ignorant quels étaient le nombre ou la qualité des électeurs et des ëligibles , et la forme des élections, invitait les municipalités, les tribunauX| les swants et les personnes instruites, à faire des recherches et à donner leur avis.

On ne peut avoir qu'une opinion sur les conséquences de cette mesure : cest que la royauté, en appelant la nation à son aide, et en lui donnant ex* plicitement la liberté de la presse, abdiquait la souveraineté, et hi reiucUait entre les niauis de la nation. «La révolution française, dit M. Droz(i), fut commencée le joiur où Louis XVI annonça que les états généraux seraient réunis le i^** mai 1789. Dès lors il ne s'agissait plus de prévenir la révolution ; il s agissait de la diriger. > Loin de comprendre que telle élail désormais la tache du pouvoir, on voulut opposer des digues au fleuve et le forcer à rétrograder^ mais le torrent, grossi par la résistance, brisa tous les obstacles et entraîna dans sa course impétueuse quiconque osa lutter contre lui.

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