CHAPITRE U
Histoire Angleterre depuis la révolution de 1688 jusqu*aa commencement de la guerre d* Amérique en lyjS.
§ P**, IliiGiNE DE Guillaume 111 (1689-1702).
Apres la fuite de Jacques II , le prince d Orange fut (i) Ibid, p. 99*
5od BISTÔtn HSS 1NBIIFS momjRNBs.
proclamé roi sous le nom de Guillaume Ili (1689). ^ ^na à son avènement la &meuse déclaration des droits^ qui déterminait avec précision les droits de la nation et du roi, et qui peut être regardée comme la base des libertés an^^laises conquises par les révolutions de 1648 et de 1 688. Cette cléclaration renfermait tfois parties : un récit des actes iUégaux.et arbitraires qu'on reprochait à Jacques II; une déclaration portant que ces actes étaient contraires à la constitution ; la résolution de maintenir sur le trône le prince et la princesse d'Orange. De la sorte, la déclaration des droits était liée indissolublement à la révolution^ comme son motif et sa condition. Elle portait en
Imncipe : que le roi ne peul pas suspendre les lois sans e consentement du parlement^ que toute perception d'impôts non autorisée par le parlement est illégale; que tout Anglais a le droit de pétition; que le roi ne peut lever ou entretenir une armée dans le royaume en temps de paix, sans le consentement des deux chambres; que les élections sont libres; que la liberté de la parole dans le parlement ne peut donner lieu à aucune poursuite; que les parlements seront fréquen;ment c()nv(K]H( s. Le roi conserva le pouvoir d'assembler, de proroger y de dissoudre le parlement y de refuser sa sanction aux bills votés par les chambres^ de choisir ses ministres, de déclarer la guerre, de conclure les traités de paix ou d'alliance. Lu article additionnel à la déclaration des droits portait, que si un prince de la £ainiille royale venait à se convertir k kl Ml^^ion romaine, ou 4 épouser une femme papisi»^ il ne pourrait pas hériter du gouvernement du royaume et que la couronne serait réversible au plus proche héritier.
Le parlement *d'£cosse suivit Texem^de de celui d* Angleterre, et proclama Guillaume III, malgré les
effurtâ des jacobileâ. Le vicomte de ûundëe souleva
LXYWiM IV, PAET. I. CHAPITRE II. 5o3
j€n Tain les montagnards. Il pÀît à la bfttaitte de Kî!K« krankie (lôSg"^, et Tinsurrection fut proniptenient ré-
£rim«e« Le^ eiiocts de 1 Irlande ne furent pas plus •urtttx. Vaincu sur les bords de la Bojne, Jacques II Mtouma en France» Ses partisans contntuèreiit eneore pendant quelque temps à se défendre; maïs hientùt la victoire dv Kilkennel et la prise de Limerik par les Anglais acbevèrent la réduction de éette ile. Maître iiê F Angleterro , de r.£oo9se et de l'Irlande , GuîK laume III put enfin tourner contre la France les forces des trois royaumes. Nous avons raconté ailleurs la part quil prit à la guerre dirigée contre Louis XIV} eUe eut pour résultat le traité de Rysvrick, par lequel le voi de France renonça à presque toutes ses con* quêtes et reconnut Guillaume 111 comme roi d Angle* terre (1697).
4i«uiUaame lil régna tranquillement depuis cette époque; mais îl lutta en vain contre la tendancé des «ommunes à restF^ndre les prérogatives royales. Déjà^
en 10945 il avait été obligé de sanctionner le bill qui rendait les parlements triennaux. Le bill de succession ▼ota psMrle parlement en 1701, malgré tous les efi'orts 4e Guillaume pour le fiiire rqeter, restre^fnit encore son autorité. 11 mourut en 1702, après un règne agité à l'intérieur, mais (jui avait relevé au dehors la considération de la nation anglaise» Anne Stuart, sa belle«> âoeur, lui sueeéda^
S II. Amiïs (x7oa-i7i4)*.
Pour se former une idée nette de I histoire d'Angletêim soue le rè^ne d'Anne et de ses successeurs ^ il ioatporte de distinguer, par une définîtiofi exacte , les donc grands partis wbig et tory^ Ces dénominations commencèrent à être euiployées au temps du bill d'oKclusiou ; mais la distinction des partis qu'ils dési'» gneat «st au moms. aMsi «loieniie que le long parle*
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5o4 mSTOIEB BBS TBHM MODBBlll^«
ment. Eenurquoiu d*abord que les deux partis étaient d accord sur le maintien de la constitution, c'est-àdire, sur le gouvernement du royaume par un souverain héréditaire, avec le concours des deux chambres du parlement , mais its différaient en ce que pour les totys la constitution était un point extrême , au delà duquel ib ne portaient jamais les regards , et dont ilscroyaient qu'iline fallait jamais s'écarter; tandis que les whigs pensaient que toute/» les formes de gouver- . nement sont subordonnées au bien public , et sujettes par conséquent à être changées , lorsqu elles ont cessé d atteiudre leur but. Aussi le whig avait-il un penchant naturel, le tory une aversion marquée pour toute amélioration politique. L'un avait à cœur les libertés du peuple^ Vautre les droits de la royauté. Il paraissait donc probable que le cours des événements pouvait pousser les torys a souhaiter le despotisme, les whigs à renverser la monarchie^ quoique les deux
Eartis admissent le principe commun du maintien de L constitution.
La reine Anne, dont la capacité était fort bornée, avait été de tout temps attachée au parti des torys. Son premier ministère et son premier parlement iirent penser que son ^ouTernement serait ex,clusivement dirigé par ce parti; mais bientôt Tinfluence d*ttne fa* vorite célèbre 1 enleva à l'iniluence des torys : c*était la duchesse de Marlborough. Quoique Godolphin et Marlborough, en qui la reine avait la confiance la plus entière I eussent d abord passé pour torys, ils s'éloi* gnèrent peu 'à peu de ce parti , et n'eurent pas de peine à faire partager à la reine leurs propres sentiments. Toutefois ce ne fut qu en 1708 que fut formé un ministère entièrement whig; encore ne dura-t-il que deux ans. Tout le monde sait que ce ministère fut
renversé, parce que la favorite abusa jusqu'à Tinso»
lence de son ascendant sur la plus endurante des
LITAB lY. PABTIB I. GHÀPITEB IX. 5o5
reines, 11 est vrai que les circonstances politiques faisaient souhaiter un changement en finveur des torys ;
mais peu t-étre ce changement eûl-il eu lieu plus tard, et alors sans doute la maison de Bourboa n'aurait jamais régné en Espagne (17x0).
Le ligne d'Anne est rempli tout entier par la guerre de Ut grande alliance qui avait été commencée en 1702 , et dont le but était, comme l'exprime une adresse de la chambre des communes , de garantir les libertés de VEurope, et de réduire la puissance ezor* bitante de la France, Les prétextes que l'on mit en avant pour déclarer la guerre à Louis XIV, furent l'occupation du territoire espagnol par le duc d'Anjou et la reconnaissance du fils de Jacques IL L'Angleterre reconnut Charles, archiduc d'Autriche, comme roi d'Espagne. Un discours de la couronne prononcé en 170$ déclara que le rétablissement de la maison d'Autriche en Espagne était utile et glorieux pour l'Angleterre* Louis XIV n'avait jamais espéré de conserver à son petit-fils tout l'héritage de Charles IL Plusieurs fois il avait manifesté le dessein de sacrifier les Pays-Bas ou le royaume deNaples. Après la bataille d Oudenarde, l'épuisement de la France le contraignit ju aller plus loin. Il consentit cette fois à la cession de la monarcltie espagnole, comme base du traité (i7o8). Mais il refusa ensuite de combattre lui-même son petit-fils, et les conférences de Gertniydenberg furent rompues (1709). Cest alors que tomba le ministère de Godolphin , (|ui avait entrepris d'imposer à Louis XiV un traité si humiliant , et dont les consé* quences n auraient pas mcme été utiles à 1 Angleterre. Le ministère tory qui le remplaça, fit, à 1 exclusion des autres puissances, un arrangement secret avec Louis XiV. Cet arrangement amena la signature de la paix dUlrecht (1711)1 dont nous avons déjà mentionné les conditions les plus importantes.
IL a»
La reîne mourut en i7t4f kisser d«nfàftits, et apfès «?<iTr Mt de vaines Mtttàlive» pour ppépnrer la
restauration des Siuarts.
S III, Gborgb P' ( 1714-17^^7).
Pow fi»r la MieceMion datis la li^e piMestaMe^ le parfoment aMil-déelaré, en 1701^ que hi primmewiet-
Si»phie, duchesse douairière fie Hanovre, était la plus proche héritière ^du trône, après les deso^dants de Guillaume III et de lamoe Anne, fiile de Jacques II. tinHe^ dernière étant moite sans laîsaer d*enfawt5^ ei^kr princesse Sophie Vayaml devanisée an 'tombeau /la couronné d'Angleterre fut déférée à son fils , George de Brunswick, électeur de Hanovre, et arri^e-petit-iiU> de laeiyuea il-(*i7i4)»
Lenoureau roi juva,'en momam ntrie trône, qu^
n enh aînerait jamais FAngleterre dans une guerre continentale pour conserver ses possessions en Allemagne. C'était un priace capable d'assurer aux Anglais uo*rè>
S ne heureux et pacifique; maïs les -intrigues des torys, ont plusieurB entretenaient dea rektîons'awe 'le prétendant ou chevalier de Saint-deorge , troublèrent plus d une fois le repos de l'Angleterre. Le ministère wiûgy auquel leiuniTeau roi aocopdait toute sa <xm« fiance, poursuirit tmisMttx*qu'on.aQOttsait d avoir pi^ paré sous le dernier règne la restauration 'de» Stuarts» Le lord Boliugbioke et le comte d Oxford furent condamnés comme partisans de iacqmes III , ei Tirent leurs noms rayés de la liste des pairs; GependjfiM; lettroubles continuaient, et dans- pkisieoro Tules^ le fM»» pie se déclarait liauteiiient pour le prétendant. Il fallut suspendre l'acte d'habeas corpus. Une somme de cent mille livres sterling fut promise à «quiooo^pie lî* Tresaît le prétendant'mortMi'fîf j et ooniiiie on«eAM»» tait rarlotu les* disfNxsitiena hostiles de l-Éooase , I# parlement fit passer uQe loi portant que tout feudataire
Ltfiiti: nr. pxm. u csartrb n. 507
oU'tCSiïâllrâr qûi resterait en paix, tandis que son su* zerain" s'attklierait pour le prétendant, aurait la propriété des terres qu'il tenait à rente. La* mort de XiOuis XIY fit manquer les projets des jacobites. Le T^ent fit àlliance avec la maison de Hanovre, et les jacobites, livrés à leurs propres 'forces , furent vaincus aux journées de Preston et de Dumblain. Le prétendant trouva à son arrivée ses par-tisans décourages et affaiblis. Il se rembarqua sans avoir combattu .et se retira- dMs la ville d'Avignon.
Tjds ivhigs abusèrent de leiir victoire. XJn grand nombre d insurgés furent pendus, décapités, écartelés; mille furent, à titre de grâce , condamnés à la d^ portation. Mais le parti dominant craignait une réaction: pouv obvier à ce péril, il. fit annuler lacté qui établissait des parlements triennaux, et la septennalité fut admise par les deux chaiiihres. Les intrigues du baron de Goerlîi, ministre de Charles XII, roi de Suède, furent pour George l'occasion d'un nouveau succès. Le parlement lui accorila un subside extraordinaire pour le garantir des entreprises de la Suède, et bientôt la mort de Cliarles XII le délivra de toute crainte d'être attaqué, car le baron de Gôem, comme nous aurons occasion de le répéter, n'avait pas été étranger aux projets d'Albéroni. Indigné cependant de toutes ces machinaiionsj George accéda à la quadruple alliance formée contre le roi d'Ëspagtie^ Philippe Y (1718). Une flotte anglaise, SOUS les ordres de lamiral Byng, détruisit la flotia espagnol sur les cdtès de la Sicile. La tentative d'Albéroni d*armer les montagnards de TEcosse contre le roi d Angleterre échoua Tannée suivante. Philippe Y fut obligé de renoncer à ses projets et de renvoyer son ministre.
Le nouveau parlement qui s'assembla en 17:22, ne fut pas moins dévoué à la cause de George V\ Le roi,
5o8 HiSTOIKli D£â TEMPS MOD£&i^£S.
en ouyrant la session, avaiit dénoncé aux députés une
nouvelle conspiration formée par les jacobitesj l'alarnoe fut générale. L*acte dhaùeas corpus fut de nouveau suspendu, et le' parlement frappa les biens des papistes de contributions (jui devaient les ruin^. Uévéque de Rochester , accuse d*avoir été Fàme du complot, fut dépouillé de son évêché et banni du royaume. Une alliance défensive fut conclue avec la France et la Prusse, pour Êiire face aux projets d attaques dont George I*' se croyait menacé de la part de I Autriclic et de l'Espagne, unies par le traité de Vienne. On mit en mer trois escadres pour bloquer le^ ports de la Russie qui avait accédé à ce traité, pour observer les côtes de lËspagne et pour piller les galions. Les chambres accordèrent une levée dequarante» six mille hommes, et une nouvelle taxe pour couvrir les dépenses. La guerre éclata en 1727 ; mais le cardinal Fleuri s'entremit pour la paix, dont les préliminaires furent signés i Paris. George I*' n'en vit pas la conclusion définitive. Il mourut cette même année (22 juin 1727).
S IV. George II (1727-1760),
Lorsque George II monta sur le trône, la dette pu*
blique s'élevait à plus de cinquante millions de livres sterling. Cependant le système de corruption commencé sous le règne de George prévalut sous celui de son fils. Le premier ministre^ Robert Walpole , en fit la base de son pouvoir et le principal ressort de son administration. La majorité du parlement fut ouvertement à sa solde, et le ministre se vantait de connaître le prix de chaque Anglais, parce qu'il n'y en avait | disait-il, aucun qu'il n*eùt ou marchandé ou achetcL Cest par ces moyens odieux que Walpole se maintint au pouvoir , malgré l'opposition du pariî de la patriù et la haine du peuple»
UV&S lY* PAET* J. CHAPITAE II. OO9
En i^Sp l'Angleterre sévit engagée dans une guerre contre TEspagne. Les négociants anglais avaient trouvé mauvais qu'on les empêchât de faire la contrebande en Amérique. Dès le commencement des hostilités, lamiral Veriion s'empara de Porlo-Bello, qu'il livra au pillage; mais rexpédition dirigée contre Carthagène échoua (174^}. Cet échec et les pertes que les corsaires de TEspagne faiisaient éprouver au commerce an* glais irritèrent au plus haut point là nation contre le gouvernement de George IL Le parti de l'opposition prévalut dans les élections, et \V alpole lut obligé de se retirer ( ii février 1742)* ^ chute causa une allégresse générale; mais les ministres qui lui succédèrent ne détruisirent point les abus contre lescjuels ils s'étaient élevés si souvent, lorsqu'ils étaient dans l'opposition. La guerre continua contre l'Espagne, et bientôt TAngleterre fut engagée dans une nouvelle ^erre continentale. George II, qui craignait pour ses possessions de Hanovre, avait fait alliance avec Marie- Thérèse , menacée par une coalition redoutable, il assista en personne à la bataille de Dettingen , où les Anglais remportèrent une victoire éclatante (1743)* Sur mer les succès étaient balancés. Les flottes réunies de l'Espagne et de la France maintinrent la victoire indécise, dans un combat sanglant qui fut livré près de Toulon. £n 174S9 1^ Anglais reprirent 1 avantara sur mer sous la conduite de l'amiral Warren et des chefs d escadre Barnet et Townsliend; mais sur terre ils furent vaincus à Fontenoy , et Texpédition du prince Charles-Édouard faillit renverser la maison ré-
Îiante* U fiiUut que George II retournât à la hâte en ngleterre, et prît les mesures les plus énergiques contre le prétendant qui , après de nombreuses victoires, fut vaincu à CuUoden (27 avril 1746). Alors commença la chasse aux ï^belles; plus de deux cents jacobiles qui avaient échappé à la première fureur du
5io nimm 9B9 vam vonm^s*
«oUkt,^ périrent sur tes échafaud#. Ces- oruautés yalurent au duc de Cumberland, qui .avait yainou i CuUo-
den, le surnom dé boucher. Le prince Charles-Edouard parvint à échappera la poursuite de ses ennemis età se réfugier eu i'rauce. Mais il y retrouva la j^^erséoii* tîon; les ministres dp Louis %Y le contraignivenl , après la paix d*AJx -la*- Chapelle, à sortir de celte France ,(jui..ayait ce^sé d'êtce ïa^ùe des .rois malhm-
La paÎK d'Aix-In-CiliapeUet signée eo.x743> podddt quîon se restitttecait da part, et d autre toutes. les oom-
, quêtes accomplies pendant la guerre. Les Âjiglais ne tirèrent aucun avantage d'une guerre. si longue , et ils virent Leur djette nationale s élever àlaiiomme de qua-
^ tre-viugts millions sterling, Ce qui irritait le plus le sentiment national, c était un£ clause par laquelle George II s'était soumis à envoy/çr en France deux otages, jusqu'à l'entier accomplissement de ce traité j mais cetX/e paix ne pouvait être de loi^e durée. X^es Anglais» voyaient avec jalousie la marine française se relever de sa ruiner D'ailleurs, Tincertitude des frontièrcs en Amérique entre les possessions des deux nations était une cause toujours subsistante de rupUAre. En 1755 , les Anglais commencèrent les hostilités , en s'emparant » sans aucune déclaration de guerre ^ de trois cents vaisseaux marchands et de huit mille matelots; ce fut une perte inuueuse pour la marine française qui éuit déjà si inférieure à ceUe de l'Anp;laterre.
£n 1756, une armée française^ commandée par le maréchal de Richelieu , enkva aux Anglais Tile ae Hinorque. L'indignation fut grande en Angleterre; le ministère la detaurna sur Tamiral Byng, coupable, suivant \}x\^ de n avoir pas rempli son devoir die- Tant rennemi.U fut condamné i moM.|»ar.la cwr juartiale»
Mais . déjà la ^erre . se complii]^¥aitj et 1^ . A«igjUis
ayaiflfttfiif alKiMeamc le roi 4e Vrmmy^tamJBiê qme
lia France avait pour alliés rinipératrice Maiie-Tîiérèse, la Saxe, la Suède et la Russie. Nous n'avons point à raeoiiierioileft#yëne«MffiiaèeJa guerre de Sept ans (i) ; nous nous bornerons à tnentionner ceux qui jSOBt relatifs à la querelkieMie Ia)F0am»etrABgletPerre.
En 1756, les Anglais avaient p^^rdu, dans TAmé- «â^ufi du îiQidi le fort d Oawego, <}u'il& aitaieut cous- •lnuitfWf.pkine pîx sur le;tertitoire finan^is. L'auMe pwiif anie , ils • peraiitsn t; le fovt WilUani y €i adu>«èMit dans une enti éprise contre Louisbiourg. C'est alors que Pitt arriva au ministère, et bientôt la guerre reçut une impulsion nouvelle* £& ij^y ia4eoBcpiÂte 4e lile du Cap-Bicfeon kur asaiifa une fioaîtion importante pour le comineroe^de pêcherie. Il» s*€niparàre9t ensuite de l'île de Saint-Jean , d où la ville de Québec tirait une partie de son approvisionnement. Le tort de FrMtenM et: le fovt Duquiesne, qui étaient le» entrepàts du .cogMPflgce eatre ks Fnançak et les Ifidiens , toibèrent également en leur pouvoir. En 1759, le général Johnson s'empara du fort du Niagara, et rompit ainsi toute conummicaiton entre le Canada et la Loiû- $iême française» Le général Wolf naarehaenmiir cootfe • Qmbeù. Ûoe ImtaïUe fiit livrée sous les muvs de cette ville. Woli et ûloiilcalin qui commandait les Français y trouvèrent la mort. Québec se rendit le lendemain de cette bataille , et bientôt la prise de Montréal eu-
sieurs autres îles d'Amérique, déjà aussi elle avait pjQraUi Cbaadeiraagore, un de ses plus importants éta- J^liseements dans Tlufku La destruction de ses fiotles »Ê»mt dîaiMeiw .hnéam Aaiglaia Vempîre des mevs» Aru ^iftilieu die osa bcillaiLis smrcès^ dus surtout à Ibafaîle
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Si 2 Hiaroms dbs temps mobuoibs*
admînbtratioii du ministre Pitt^ George II monrat (2S
octobre 1760)^ laissant le trône à son fils George lU.
$ Y. GsoaGs lU (1760-1820).
A l'avènement de George III , la dette publique s*ë»
levait à plus de cent millions de livres sterling. Mais 1 Angleterre était victorieuse en Amérique et sur mer, et le eommeroe britannique avait pris un accroisse* ment immense. La nation crat qu'elle ne devait poser les armes que lorsqu'elle pourrait dicter les conditions de la paix. Ainsi la guerre continua. En 1761 , les Anglais s emparèrent de Belle-Isle, sur les cotes de France I de Fondichéry et de Mahé, en Asie. La prise de ces deux villes entraîna pour la France la perte de ses possessions dans Tlnde. Le pacte de famille, qui unissait les efforts de l'Espagne à ceux de la France, ne rétablit point notre ascendant sur mer, et ne fit qu associer notre allié à nos désastres. En effet, FEspagne se vit enlever la Havane et Manille, tandis que les Français perdaient successivement la Martinique, la Grenade, Saint-Vincent et Sainte-Lucie (1762). Les préliminaires de la paix furent signés Tannée suivante, et bientôt la paix de Paris mit fin aux hostilités entre la France, l'Espagne et TAngleterre (1763). Celle d'Hubertsbourg acheva la pacification de TEurope»
Lord Bute, qui présidait le ministère depuis la retraite de Pitt, en 1761 , fut accusé dans le parlement
d'avoir abandonné le roi de Prusse et cédé une partie de la pêcherie de Terre-Neuve. Il résigna ses emplois et céda sa place i George Grenville, qui continua sa politique* Le nouveau ministre essaya de frapper les colonies en Amérique d*un impôt , pour alléger les charges énormes qui pesaient sur l'Angleterre. Le mars 1765, il fit adopter par le parlement la &•
LITRE IV. PAET. I. CHAPITaS U. 5l3
mense taxe du timbre. L'Amérique mistaetGrenville
se retira du ministère. Le marquis de Rockingham, qui lui succéda, fit révoquer la taxe du timbre; mais il maintint en principe que l'Angleterre avait le droit de taxer ses colonies (1766). Ce ministère dura peu, et Pitt rentra aux affaires comme garde des sceaux, et avec le titre de comte de Chatam. Ses infirmités Favaient empêché d'accepter la direction du ministère. Il ne put empêcher ses collègues d'imposer des droits sur le thé, le verre, le papier et les couleurs importées en Amérique, et il se retira de nouveau (i;;68;. Lord North, qui présida ensuite ie conseil, fit révcjquer tous ces droits, excepté celui du thé (1770). Les Américains, plutôt que de céder, résolurent de renoncer à Tusage du thé , et jetèrent à la mer plusieurs cargaisons de cette denrée, que les Anglais avaient expédiées au port de Boston, Ce fut en vain que lord Chatam fit tous ses efforts pour amener une réconciliation* On recourut aux moyens de rigueur, et bientôt le combat de Lexington devint le signal de la guerre d*Améri* que (19 avril 1775).
iVous raconterons ailleurs (i) les événements de cette guerre, qui ne se termina quen 1783. Quant à k seconde partie du règne de Georçe lil qui se pro* longea jusqu'en 1820, elle dépasse Tes limites de cet ouvrage, qui doit s'arrêter à la révolution française, Âinsi, nous o aurons point à nous en occuper ici.
(i) \oy, ^i L ill, diap. m.
GHAFimE m.
fiMPIR^ I^'MJJSMAWB,
(ii74o-jt79o.)
A peine Charles VI, le dernier descemlunt«ixkalâ de B.Qdolfliie de iiab«bour^ ^-U fermé jfmx, (pie plusiaurs préiendauls vinrent nevmdiq^er ^on bOTÎ-
tage. Cette riche succession se composait de Ja Hopgi ie, de la Bohêj»e, de \a Soucdie , de la haute et basse Autriche, de la Styrie, de la Carmiliie^ de la Canaiole, de la Silési<t, de la Moravie, des Pays«Aas, du.Brisgau^ du Fiiaul, duTyroX, du Milanais, du Mantouan , enfin des duchés de Paraie et de PUisance. L'électeur de Bavière, descendant d'une fijle de Ferdinand leUcteur de Saxe et roi de Pologne, Auguste III, époux de la fiUe aîné de J,oseph«If , contestaient à Marie-Thérèse tous les. biens que son père lui avait laissés. Le roi dXspagne reveiidJUluait aeulement la Bohême et la Hongrie, et^cdUû.de. Sar* daigne le.Milmais» £nfin Frédéric II, (|ui yeiiiiît.de monter sur Je: trdne de PruAae, véctamait les ()uaft« duchés ijiljçsien;^ de Jaegerndprf, Liegpit,2;,.Bri^; et Vohlau.
Guerre pour la succession d^Jutriche. — De U^ua ces prétendants, celui qui afficha le plus hautement ses prétentions était Télecteur de Bavière. Son ministre i la cour de Vienne osa même, aussitôt après la mort de Charles VI , donner Tordre à tous les ministres de Tempereurde se rendre près de lui; mais on ne répondit pas à ses lettres, et la populace de Vienne fiûUit le massacrer. Frédéric, plus hardi encore, résolut de se
av€0 MIS. seules forces larmonarohie amrichierae.
C'est à p^ine si le royaume de Prusse coiiîptait qua- .swte ans d'existence. Compc^ë de provinces ..%Mi>f^ élfaMèses les unes aAuc «utm, Mm frontières ..WturdleSy de tnules parts, ouvert et ^to«rë do T«isins jaloux,; mal peuplé et peu ^ertile, le nouvel État .semblait ne pouvoir s'élever de longtemps à une .|>UMSeme res^ctabie. Mais Ténargie d'un bonaie -Mail uioiq^a deJiaol: d'o^Mfl^s. Frodéiie^iiîUaune .^ittsia des paysMS sooabes et fitaneomeas'jqui peu- ' plèrent et défriebèr^nt les cantons incultes; les pro- . testants, chassés de France par Tédit de Nantes, ^4ip^rièrettt dws €^s contrées une industrie déjà sa- Têiae; enfin me sév^m éconoiiise penmt m rai de .jMe(ltse.Jch»ifiàé année«en imerw hmt cent mille «éeus, . tout en entretenant une armée de soixante mille hom- «.mas^qu'il rompit à la plus sévère discipline , et que .S*jrddékric Ji trouva tauJ« préltt quaad il voulut attaquer r Antrinhe. Ses jpreaMecs coups furent des v«e* toûres. En quelques jpuvs la Silésie fot conquise , la iJIIoravie entamée, et sa capitale Olmutz occu[>ee. Dans .fetn^me tmkjà^^ une ajriné/e liauco-bavaroise, aidee.de vi^git mille SaMQS^ envahit la Bohème , et tassié^a jPmgue, q^i fut enlevée d assaut par le comte Mannee • de Saxe; l'électeur de Bavière y prit la couronne de , Bohême, et, peu après, reçut à Fraiicibrt C€^e de '^'Sni|iive sous je nom de^ Charles YIL
U sensblaît difficile que Marie-Thérèse pût éch^p-» . ptr'à ta<itid*enoei»is , ei elle écrivait d^ à Timpéra-trice.mère que bientôt il ne lui resterait peut-être pas une ville où elle pût mettre au monde l'enfant qu elle fl&rtait. Mais, les diàoses changeas de faee: le eardi* nal de,Fkiiry) QHnîstre deFiHuaMQe9.ii'>avait pasiaeeepté iraBcbemeut U guerm Ne contptmt pa» su»* kt Ba- .vji^)>il nlayait euvQ](é que . deux .corps d'^juée ij^r-
Sl6 BISTOIIB DBS TBMM MODBMBS.
mant ensemble cinquàlite mille hommes , et prëlen* dait, tandis que nos soldats prenaient Prague , n*Àre
pas en guerre avec TAutriche, mais soutenir seulement rélecteur de Bavière comme son allié. D autre part, le roi de Sardaigne, qui désirait moins s*empa* Ter du Milanais qu'en chasser les Espagnols y fut, selon sa coutume, le premier à trahir ses alliés, et traita, dès le i^' février 1742, avec Marie-Thérèse; enfin, le roi de Prusse, content de ses conquêtes, se retira, le II juin 1742, de la coalition, en se faisant céder par les préliminaires de Breslau et le traité de Berlin la haute et la basse Silésie en toute souveraineté, avec la principauté de Glatz. Quelques légers avantages firent accéder à cette paix l'électeur de Saxe, roi de Pologne. Alors Marie^Thérèse n ayant plus rien à craindre au sud-ouest et au nord-ouest pour ses États d'Italie, et pour ceux de Bohême et de Moravie, soutenue par les subsides de l'Angleterre et de la Hol* landé, par le dévouement surtout de la nation hongroise, poussa la guerre ayec vigueur* Tout le poids, par suite de ces défections, en retomba sur la France, et les désastres se multiplièrent. Le général autrichien Menzel pénétra d'abord dans la Bohême à la téte d'une nuée de Croates et de Pandoures, qui répandirent partout la dévastation. « Si la milice , disait Men-^ * zel dans une proclamation, afin de prévenir la levée « eu masse, osait s armer et agir hostilement envers moi, «je ne la reconnais plus pour milice, et je ne la ferai «point punir d'après les lois de la guerre, tu quelle « n*est composée que de rebut de gens misérables et H odieux, qui n'auront d autre traitement ou pardon à « attendi^e de moi qu a être condamnés à se couper les « uns aux autres le nez et les orrilles , et à être livrés « ensuite i la juridiction dvile pour être pendus. »
La Bohême étant ainsi contenue par la terreur, les généraux, autrichiens purent opérer librement contre
LIVBB IT. PABT. I. CaOITRS Itl. 5l7
lot Français* Ségur, cerné près de Lintz par deux ar*'
mées supérieures, dut capituler; Munich fut prise , et le maréchal deBroglie, qui commandait l'armée française de Bohême, se vit bientôt contraint, après des maoœuyres hardies et saTantes, à s'enfermer dans Ptôgae , où il fut assiégé par le comte de Kœnigseck. j
Pour le dégager, Fleury envoya une armée sous le maréchal de Maillebois. « Si on lui avait donné carte blanche^ disait Frédéric II, le destin de la Bohême au* rait pu changer; mais de Versailles le cardinal le menait àlajisière. V Maillebois avait ordre, en effet, de ne pas engager d'action décisive. Cet ordre funeste rendit inutile sa marche sur Prague , et il fut bientôt obligé de se retirer sur le haut Palatinat, laissant le maréchal de Belle-Isle enfeimé dans la capitale de la Bohême.
La prise de Prague et la retraite des Français (i), qui furent bientôt obligés de repasser le Rhin , laissaient l'empereur Charles VII dans une triste position ; chassé de ses Etats héréditaires, il était réduit à solliciter de la diète et de la France non-seulement des subsides pour ses troupes, mais un secours alimentaire pour sa personne. Voilà, dit Voltaire à cette occasion, YoUà où en était réduite la majesté de Fempire romain!
(r) m Si j^osais attaquer le préjiifïP, dit Voîtairr (Dîct. pliiîos. au mot XÉnopuoiv) , j'oserais préfère! la retraite du mai tebal de Belle-Isle à celle des Dix mille. Il t st Moque dans Prague par soixante mille hommes, i! n'en a pas treize mille. Il prend ses mesure«i û\k l aul d'ijabileté , ([u'il SOI t de Prague dans le froid le plus rigoureux avec aon armée, ses vivres, aoo bagage et trente DÎàcet-de canon sans que les assiégeauts s'en dontenL II a déjà gagné aeux marches avant qu'ib s'en soient aperçus. Une «rmée de trente mille combattants le poursuit sans relàdie l'espace de tKnte lieues. Il fait face partout; il n'est jamais enfumé; il brave, tout malade qu'il est, ks saisons, la disettei Itti ennemis. Il ne perd que les soldais qui ne peuvent résister à la rigueur extrême de la saison. Que lui a-t-il manqué? une plus longue course et des éloges exagérés à la grecque. 9
Tarndis c|ue Chadba VU viyak à FnanoiiBlide» aumàMs dis, la Fmme, « ciak^lmncé ik.nlepiaodwwi-
quante nniia i!iMB9Aii»s<(i) à la diète de TEmpire^pour entretenir le coi^il auUque et les ambassades , am liioa;d-QUÊ6t die rAUâHME^oe se formait cooire lui mu «lauv^l orage, Cvacrge II layanft; m6m détârminélftrM» tion anglaise à la guerre^ se mit à la téte d une ammL
.d'Anglais, de Ilanovrieius et de Iles&oiii, et ga|^ua la bataille de Dettingen, perdue pour les Français par ia démérité dfs dlUaiK^mcl .et deGraaimont,i|l|i
déconcenéaoeat les pbM én iiMmé«haiidailf«aili«uwi
« attaquant avanti d*eB moir Tordre.
Mais ces succès de TAutricbe et de seà alliés effrayèrent Je roi de Prusse^ Cjsai^Dant avec raison^iie voir Marie-Thérèse^ vkl^rieuse de Cbarlea ¥U,miMdiquer la Siiésie, il r^mt'ks araes, et eanelntfttHMC Temperèur, la France, Télecteur palatin et le roi de Suède, un traité qui avait pour objet le maintien de 1â constitution gaci^ani^ttie^ Aussitôt les Prusatenaicpvahinent la fiable , et ffragiud fiai prise ( k4 i^plmbre 1744) après dix jmfa^e*swge. L'effroi repaaiait du côté des Autrichiens ; toutes les forces qulls avaieni sur le Khin furent rappelées; la Bavièrer ellemême fut évaiQiiiae, et Charles VU put isevmr «me darni^e fois»sa «apiialeu A pei^ety «taît?U renlië.qsiSl y mourut le ao janTÎer 174S. Son corps fut exposé vêtu à Tancienne midde, con^me Tavait été Charles* Quint. « Il fut ^seveli avec les eeDémonies de Fen^-
Eire, et dans cet appareil de la lanité de Ja misère umaine, on porta le globe du mioda; devaot.ciskû qui, pendant la courte durée de son empire, n'avait pas même possédé une petite et malheureuse province. On lui donna dans queJ4|u^ rescrits le tinre a'iiivnMâble,tit»«ltaehé par r»sageàla dignitéé'ivii.
(0 Voy. liv. ni, ch. lu, § 5, p. aS;, note x.
Eei^ui^ et qui £û«ait que mieux hmtk I^& jqilIeurs de celui qui layait poMtcUe
Fin de. la guerre pow la suce0àtim.d^Autricke.'^ «.Qo cmt| dit Voltaû*e, que iajcasme àà la guerre ne subsistant plus, le calme allait! être rendu à TEurope. On ne pou'vait offrir TEmpire au fils de Charles VII , de dix-t&ept^Qjii^ on sa flattait^ en AJJ^oiiagne, que b reine de Honme recfae];db«fait la paix comme nn ntoyen sûr de .pUca* enfin san/inari , le grand-dnc, jnrle trône in^périal; mais elle voulut et ce trône et la guerre. Le ministère anglaîs^, q«u donnait la loi à , aes alliés, piûsquil donnait Fargent, crut qu'il y avait à^pendre^avec France par untmté, et à gagner par les armes. La guerre générale.s^.continua parce quelle était commencée. »
Cependant le fils de l élecjteur^ »e séparant de la France qui avait soutenu la camM' de son père au prix de tant de sacrifices, fit une ^aix particulière : aprec Marie-Thérèse; et cette puissance, qui n'avait eu dabord qu'un intérêt indirect dans cette guerre , iSe .trouva seule à la soutenir. Le roi de Prusse en parta- ^geait. cependant les. dangers. et la gloire.;. inaia c^it un ajlié peu sûr. Déjà, en 1742, il Avait fait défection ^.u moment décisif; en 1746,, il donna une preuve nou- . velle de.so. politique égoïste» iA^^ant^CKasé les Saixins .«t les Autrichiens à^fiaedbeijgy à Sorr^À Kesseklorf 1 conquis la Lusace et pris Dresde, il força Marie- Thérèse de signer une nouvelle paix dans cette ville, pour éviter la.yuine totale de .san allié, IVlecteur-roi Augliste. UI. .La Siiéiie et comté de Giatz furent
fomeUement JoèAh.ii la Prnaae, quiVengagea à<ad-
hérer à 1 élection ^ comme empereur ^ de François 1*^^ époux de Marie*Thérèse«
Cette paix changeait la face des affaires. La guerre de la succession d'Autriche, entreprise pour faire sortir la couronne impériale de cette maison et dëmem* brer ses possessions , n'aii^ait plus maintenant ni but ni raison , et s'était transformée en une guerre soute* nue par la France et l'Espagne contre TAutriche, qui voulait sagrandir en Italie, et contre Tx^nyletc rre, à qui toute guerre continentale protitait ; car, tandisque le fils d'un électeur allemand| le maréchal de Saxe, gagnait les brillantes victoires de Fontenoy, de Raucoux et de Laufeld, elle enlevait nos colonies, ruinait notre commerce et détruisait nos flottes.
Ainsi TAllemagne n'est plus qu'un champ de bataille où r Angleterre pousse sans cesse les nations pour les affaiblir les unes par les autres, et profiter de leurs préoccupations ou de leurs désastres pour saisir l'empire des mers. C'est la politique quimitera bien* tôt la Russie : quand elle voudra partager la Pologne et dépouiller la Turquie, elle excitera , elle aussi , des troubles sur le Rhin, et se mêlera de toutes les affai* res de FAUemagne. Triste condition d'un pays qui n'a jamais su trouver Tunité politique ^ et qui, dans ses craintes puériles contre l'ambition de la France, ne désire que son abaissement, et laisse croître, à Torient et à l'occident de l'Europe, deux vastes empires, dont l'un menacera peut-être un jour son indépendance y et dont l'autre bloque ses ports et limite son commerce.
Traité Aix-la-Chapelle. — Le traité d'Aix-la- Chapelle fut glorieux pour la France , non par les conquêtes qu'il lui assura, mais par la modération dont elle y fit preuve. £lle restitua les Pajs-Bos à TAutriche , Berg-Op« Zoom et Maestricbt auxHollan* dais , la Savoie et le comté de Nice au roi de Sar*
LIVIŒ IV. PAAT. I. CHAPITRE IXI. 021
daigne; mais elle obtint pour don Pliilippe, gendre de
Louis X\, les duchés de, Parme, de Plaisance et de Guastalla; le duc de Modène, son allié, fut rélabUi la république de Gênes recouvra ce que les Autricbiens lui avaient enlevé ; enfini la pragmatique sano- . tion autrichienne fut de nouveau garantie. Après sept années d'une guerre sanglante , l'Europe se trouvait à peu près au même point où elle était en 1740* Cependant F Autriche avait recouvré la dignité impé-^ pénale 9 la Prusse s était accrue de la Silésîe, et la Sar* daigne d'une partie du Milanais.
Guerre de Sept ans. — Frédéric II, odieux à Marie- Thérèse qui! avait dépouillée de la Silésie, observé avec défiance par le gouvernement français qu'il avait deux fois trompé, haï de George II et de l'impératrice de Russie qu'il avait blessée par ses saillies, se trouva sans appui en Europe lorsque éclata la nouvelle guerre entre la Franceet T Augleterre^au sujet des limites des deux territoires en Amérique. Cependant une armée française étant entrée dans le Hanovre, Frédéric , qui redoutait le voisinage de la France, entreprit de défendre ce pays. Mais TAutriche et la Saxe , toujours secrètement unies conire lui, profitèrent de cette
Srise darmes pour se liguer , avec la France et la lussie , contre la Prusse. Ainsi était changé tout le système politique suivi par Henri IV, Richelieu et Louis XIV. La France , ennemie depuis Francis i^'' de la maison d* Autriche , s'alliait avec elle ; car Tov* gueilleuse Marie-Thérèse avait consenti à faire des avances à la marquise de Ponipadour , et la favorite , flattée par l'iuipératrice, lui livrait eu retour toutes les forces de la France.
L'Allemagne fut encore le théâtre de cette guerre ioipotitique ; et FAutriche sut y entraîner TEmpire, qui pouvait rester indifférent aux dënieies particuliers de la Prusse,, du Hanovre et de 1 Autriche. Au
mois de iiipmiil:iie'»y56-, le cemeil aaliqM omUmmul k tous l«s prkiees et meinbpes d'Efmpîre de quitter le service de Prusse; puis la diète résolut d aider T^Jecteur de 6axe par une armée dexéciitioa. «AtaiS) dit ^achcril» jttiiifl 4an» l'histoire des giiemB, OH«ii^«<m un eorps aussi mal, mssî vidieulemml! orgmisér •
Les Prussiens en firent prompte justice à Rosbach et à Freyberg ; et , non contents de 1 avoir dispersée^, às résolurent de faire 'Senlir aux États d/Empive Tîncoa- -vénîent de se« mêler awL quereUes- des grands. Klîsisl, à la téte de dix mille hussards , eimlnt te cegcie«de Franconie; Bamberg paya un million d'écus-; Nuremberg un million et demi, plus, tout ce sen arsenal renfermait, «t doHoe canons qa*eiie vensit de £aiire fondne«. Toutas les villes furent ainsi mises à eontributîon. (c Des détachements de hussards prussiens parconraieot le pays et se présentaient aux portes des villes, descendaient de cheval, et se mettaient en tvaîn d*en fevcer l'entpée, si les paiaibks habitemls ne s'empressaient pas de leur en ouvrir les
portes. Ce fut ainsi que les bourgeois de la r<^publique de Kolhembourg, sur le Tauber, qui, à lapprocbede vingt-cinq hussards, avaient garni leurs rem-
{»aits ponr les défendre contre Temaerni , effrayes de a menace dTun assaut, se sonraipent à payer cent mille écus. L effroi se répandit parmi tous les prinoes de l'Allemagne méridionale} mais nulle part k eonstflvnation ne fut plus grande qu à Ratisbonne, lorsqu'un délaebement de hussards prussiens apptoeha de cette ville renfermant une population de vingt mille âmes. Les ministres qui y étaient assembles emballèrent leurs effets et les -embarquèrent sur le Danube rla diète altait se dissoudre* ldS*«iBist*e de^ .IVusae, depuis sept ans Fobjet de l'aniraosiaé'dtBUfwlit s princes et de leurs représentants, se vit tout a coup reoherché, S^é ecmume un proSecteurf le-mu-
Uyi»£ ly* PART. I, I^HXPITAS. JUI. ^ 5«3
gistcat lui envoyai une dépuiation.pour -implorer par
lui la grâce du monarque irrité. Le ministre , qui était • muni de pouvoirs étendus, eavqja.ordoie Ixujs^i^aids de. s'élcwigner (i). »
Découragés par ces calamités, les Ét^ts d*£mpire se plaignirent de l'Autriche, qui, selon l'usage^ lesabandonna j et Frédéric , ayant fait déclarer (ju il cesserait de traiter en ennemis les États qui rappelleraient leur fCQOtû^eot, les«défeetk>DS éclatèreot aussitôt , ^t^i^u wmmencenem de X7<S3, Tarmee de L'empire ayaix cesse d'exister. La même année, fut signée, entre TAutriche et la Prusse, la paix de Hubertsbourg , dans laquelle VEmpire fut expressément coiupciS} et qui mit ôn à la guerre de Sept arjs. CeUe ffnerre, qui appartient à fiiistoire particulière de la Prusse, eut pour résultat de prouver à l'Autriche qu'il n'était plus possible de détruire ce royaume de Prusse qu'elle avait tant contribué «Ue-mjêmeà former; et !t>édéric II, vainqueur des Autrichiens, des Francis, des Saxons et des Russes, conserva tout ce quil possédait avant le commencenient Je la lutte.
Deux ans après, François I®*" , le chef de la maison ' d'Habsbourg-Lorraioe, acheva son règne inutile comme empereur. Ce prince, bon et savant, ne joua jamais qu'un rôle secondaire. Frédéric II prétend que, pour aider Marie-Thérèse dansle rétablissement des finances de r Autriche, il se fit banquier et fournisseur; qu'il avait pris à ferme les douanes de Saxe; qu'il s était associé à Schimmelmann pour faire dés fournitures àJa Prusse, même en i^Sô, pendant que son épouse, à laquelle il prêtait .sur. g^e^j £ù$âit la g^erj^e à celte miissance.
Joseph II (i 765-1790).
A la niort de François 1^, son. fils, Joseph. II, qu'il
avait fait élire roi des Romains , fet proclamé empe* reur. De la succession paternelle, Joseph II n*eut que le comté de Faikenstein^ cependant sa mère se l'associa dans le gouvernement des États héréditaires , mais ne lui laissa , comme à son père , qu'une autorité pur remeiu iiorninale. Le long règne de ce prince, comme empereur (1765-1790) , ne fut marqué que par des règlements d'administration intérieure relatifs à la Visitation de la chambre impériale | à rétablissement de sénats permanents dans la même chambre, aux dis» eussions soulevées par l'ouvrage de Fébronius sur la suprématie papalé, etc.; mais, à part de légères modincations dans la constitution de FEmpirei et d interminables discussions dans le sein de la diète, TEmpire ne fut troublé, dans cet espace de vingt-cinq ans, que par la courte guerre suscitée, en i7^8,pour la succession de Bavière.
L électeur MaximiUen-Joseph étant mort le 3o dé- . cembre 17779 sans laisser d enfants , la ligne cadette ou ludovicienne delà maison de Wiltelsbaeh se trouva éteinte, et la branche aînée ou palatine prétendit succéder à tous ses domaines : elle Ait en eftèt confirmée dans la possession de lelectorat et de la chai^ darchi-grand maître de TEmpire; mais lempereur revendiqua plusieurs parties de la succession; et le roi de Prusse ajant pris parti pour l électeur palatin , une guerre s'engagea entre ces deux puissances^ dans laquelle Tavantage resta i la Prusse , car il maintint le palatin dans la possession de la Bavière, et fortifia ainsi, dans le sud-ouest de l'Alleniagne, un Etat q^ui était l ennemi naturel de TAu triche. Celle-ci n obtint pour toute cession que le district nommé le quartier de rinn.
Joseph 3 devenu maître des Etats autrichiens par la mort de sa mère Marie-Thérèse , espéra obtenir par des négociations ce qu'il n avait pu saisir par les ar*
LIYAS IT. PART. 1. CBLlPiTRE lU. SdS
mes. 11 fit secrètement proposer au nouvel électeur de lui céder la Bavière en échange des Pays-Bas, Cette proposition, bientôt connue de Jbrédëric II, alarma le vieux roi, et il fit (aire, par ses ambassadeurs, à Saint-Pétersbourg et i Versailles, les plus vives leinontrances contre ce projet. L'attitude prise
Ear la Prusse et les refus des princes de la maison paitiae obligèrent lempereur à retirer sa proposition. Elle eut toutefois un résultat, celui de aonner naissance à une confédération des princes germaniques, formée par le roi de Prusse, les électeurs de Saxe et de Brunswick-Lunebourg, les ducs de Saxe-Weimar et^Gotha, c^eux de Deux-Ponts et de Mecklembourg , h/ maison de Hesse, Tevéque d'Osnabruck, les princes d'Anhalt, le margrave cfe Bade et Tarchevêque de Mayence, dans le but de prévenir les empiétements de Fautorité impériale et d assurer le maintien de la constitution de rÉmpire. Ainsi, à la veille de la révolution française, F Allemagne en était encore à ses vieilles et inutiles confédérations contre la maison d Autriche, et parlait de la constitution de l'Empire que la révolution française allait enQn briser. Mais cette constitu* tion n'était plus qu'un mot; les divers États qui se partageaient FAllemagne avaient peu à peu usurpé tous les droits de la souveraineté , et les prérogatives de la diète n étaient pas autres <|ue celles d'un congrès où seraient réunis les députes des diverses puis* sances.
5atf filSTOIBB DES tmiLPS HOUfiMSS*
CMAPITRE lY.
Xes rois de Prusse , qui jcmèrent un si grand rôle au dk-fatiitiètne siècle, descendent de Frédéric , btirgrave de Nuremberg, delà maison* de Hohen-Zollem. Ce prince obtint de l'eTopereur Sigrismond Tinvestiture du margraviat de Brandebourg, pour prix des services qn il lui avait rendus, et bientôt après ii Alt révéra de la dignité électdrale siu concile de Constance (i4i4)« Parîui ses successeurs, qui tous agrandirent la puissance fondée par l'ancien burgrave de Nuremberg, les plus célèbres sont Joachim II, qui introduisit la religion luthérienne dans ses États ri53S» 1571); Jean Sigismond, qui embrassa le cuhe refcrraié en 161 4) George-Guillaume, qui prit une part active àlft guerre de Trente ans, et Frédéric-Guillaume, surnommé le grand électeur (1640-1688)^ qui fut le principisA antagoniste de Louis XIV en Allemagne. Ce flott' lui qui accueillit dans ses Etats les protestants français que la révocation de Tédit de Nantes avait obligés de chercher une nouvelle patrie. Son fils Frédéric III se fit reconnaître par la cour de Vienne comme roi de Prusse, sous le nom de Frédéric I^. On payait ainsi les secours quil promettait de fournir contre la France. Il fut sacré solennellement à Kœnigsberg, le 10 janvier 1701, et plaça lui-même la couronne sur sa téte. Dès lors le protestantisme eut
son chef dans TEmpire , presque égal en puissance à IcMpereur. Le nouveau r^n ajouta encore à l'impco^tanrende sëa> ragwttne'fnr raeqmiliM «de k farata- GiMiMire, qui arvondUMÎt ses provincei' rh^nianes ét Clèves, de la Mark et de Ravensberg. Il fonda, en 16949 runiversité de HaUe , qui acquit bientôt une haute réputation en Allemagne, fin ^696, il fonda à Btgièm une*acmlénne denpemiare; en 1707 , il créa la slHxefeé Totale dies scieiievs et beHes4eDtTe5 , et appela Leibnitz à la présider. Ajoutons qu'à l'exemple de son pore., il accorda la protection 4a phis ëolairée aux Français réfbgiés dans ses États, G[u'il augmenta leurs privilèges , qail leur fit bâtir des églises, qu'il fonda un collège pour l'instruction de leurs enfants^ et quil assigna des pensions à leurs ministres.
fràléric I^^ prit pact à la grande lutte de l'Europe cpnife Louis XIV, qui a'nât refiisé de le reconnaître comme, voi, et il oontribna'alliumiUation de la France épuisée par sa lutte contre l'Europe entière. Sou fils , Frédéric-Guillaume, lui succéda en 1713. Il supprima los profusions •qui, sous le règnn de son père, avaient absonbé des sommes iamienec8,.eteonsacMiumtes}tes reaooiiree».deso»royaiMiie àontretenir uneomiéeauftsi aguerrie que bien disciplinée. Ses grenadiers de Potsdàm étaient de vrais géants qu'il avait fait choisir dans toutesles provîmes^de son rajaume. Lui«ménie aleismirà lanrs exereiees', et Goeri^ Il rappelait » plaisantante mon frère le capotai.
Frédéric-Guillaume I**" signa , Tan née même de son avènement, la paix.diUtrecht. Louis XIV consentit^ par ce traité|y à recomiaitre rancien.éèodenr de-Braodobourf en qnsAité' de- noi de lH*usse. Ce royaume comprenait alors Tancien margraviat de Brandebourg, la Prusse teutonique, le duché de Clèves, les comtés detla Mascbe et de Banrensberg, le^dudié de Magde* bourg et les principauté» d'Hédherstailty de Miaden et*
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5là8 HISTOIRE BBS TBMPS MODBANBS.
de Ca min, les principautés de Neufchâtel et de Valengin; enfin la ville elle duché de Gueldre. Pour main tenir dans la soumission tant de proyinoes , Frédéric-Guillaume entretenait une armée de quatre-vingt mille soldats, aguerris et accoutumés à la discipline la plus sévère. Ces forces imposantes permirent au roi non-seulement de maintenir sa puissance , mais encore de Taugmen* ter par de nouvelles acquisitions. Une attaque impradente des Suédois dirigée contre Tîle d*Usedom lui fournit un prétexte de se joindre à la ligue qui s'était formée contre Charles XII (171 5). Le traité de Stockholm mit fin aux hostilités en 1721. La Suède céda à la Prusse les îles d'Usedom et de WoUin, les villes de Scetlin, de Golnow, et une partie de la Poméranie, iiiOYennant un payement de deux millions d*écus.
Pendant le reste de son règne , Frédéric-Guil* laume V ne prit plus une part aussi active aux grandes guerres qm affilèrent TËurope. Il s'efforça seulement d'influer sur la marche des événements de m/^nière à en tirer le parti le plus utile. C est ainsi qu'en 17249 il fit alliance avec la France et T Angle» terre pour le maintien des traités de Westphalie et d^Oliva; qu'en 172 5, il se détacha de cette alliance pour se rapprocher de Tempereur qui lui assurait de
Srands avantages; qu'en 1733, il envoya à Charles VI es troupes auxiliaires sur le Rhin, tout eu se déclarant neutre du côté de la Pologne; qu'en 1738, il attira dans ses États plus de vingt mille protestants persécutés par larchevéque de Saltzbourg. La fin de son règne lut attristée par les démêlés qu'il eut avec aon fils. Ce prince , qui ne ^rta^^eait pas les goûts soldatesques de son père, avait été condamné à mort par un conseil de guerre, pour avoir essayé de s'enfuir du royaume. Frédéric-Guillaume ne lui pardonna que par égard pour les représentations de lempereur* Ce fils était Frédéric le Grand.