HAP1TB£ VUL
ITJàUE* (1715 —
Di i uis la *n du qultizième sîède, l'Italie n'a phis à proprement parler d'histoire nationale. Elle porte la p«me de aes divisions et devient la proie des étransers. Pendant le seizième et ie dfat-septième siède, f Espagne domîwe en Italie* MmttesBe^a Milaiian ^ du royaume des Deux-Siciles, elle ev^t vme inflivenm incontestée sur les petits États enclavés dans ses vastes ^possessions. La domination espagnole dura jusqu à k mort de Charles H (1700^. ^ ^ ^
Nous avonb raconté aîlkwrs les wissrtuaes de la guerre pour la succession d'Espagne. Le traité d Utrecht, qui la termina en 17 14, changea entièrement la fece de rkaUe. Mais ectte malheureuse contrée ne Tecouvra point son îndëpe»danee. Elie resta sous' k dominatiuri de 1 étranger, et les faibles ïkats-qtti OOns» Tèrent une ombre d'indépendance ne subsistèrent qu à la oonditioB de subifr 1 influence de kurs piHssanfii voisins.
Le nord de Tltalie se trovm pkcé wos liwmea»
de r Autriche. L'empereur acquit par le traité d*CJtrecht
le duché de Milan, qui lui donna la faculté d'enTahir
fadlement les autres États de la pénijasule. Tout le
ten itoire continental des Vénitiens se trouva dès lors
enclavé dans les possessions autrichiennes, et cette république jadis si puissante se trouva réduite à un tel
état de faiblesse qu on ne respecta même plus sa neutralité. Les Turcs en profitèrent pour enlever aux Vénitiens la Moree et les ues du Levant (1714 et 1715). Sans
Ift diwffsion du ^nue fiiftgèiie , Venise perdait juscfo'lÉ
la Dalmatie. Le traité de Passaiowitz garantit au stiitan possession de la Moree. Les Vénitiens obtinrent^ à titre de compensation, la petite île de Cérigo et i|aek{ue6 points fortifiés sur les côtes de k Daimasie et de l'Albanie (17 18). Depuis cette époque jusqu'à IJapoléon, Venise resta étrangère à toutes les guerres iqui agitèrent lltalie* «Oette république, dit M. Dam, qfd n a fait dq>uis, jusqu'à sa cdiute, ni perte, ni ae> 4{nisitioii, ni échange, comprenait alors le dogat , c eeià-diie les îles et le bord des lagunes ; sur le continent «de ritalie, les provinces de iiergame , Brescia, Crème, "Vérone, Vioence, la Polésine de Rovigo et la Marche de Uréwipd; m nord du golfe, le Frioni et llstrie; à l'est du golfe , la Dalmatie vénitienne avec les îles qui en dépendent; une partie de l'Albanie, cVst-à-dire, le terjoitoire de Cauaro^ Butrinto, Parga, Prévésa, Wonizaa; ^^fin, dans la mer Ionienne, les îles de Ckirlbu, Psaato, .Saint-Maiire, déphalonie, Itaque, Zante, Asso, les -Stropluides et Céiigo. La population de tout ce terriloire selevait à deux millions cinq cent mille àniesj te retenus publics, à six millions de ducats (vingt-cin^ millions de francs), et la dette à vingt-huit millions -des mêmes ducats (environ cent dix-sept millions) (i).»
Un Etat plus puissant s était formé à l'autre extrémité de l'Italie septentrionale* Le duc de Savoie, Victor-Amédée II , était parvenu à s agrandir aux d^ pens de tous ses voisins, en faisant alliance tour à tour avec la France ou avec l'Autriche, suivant les exig^ces de sa politique intéressée. Pio* le traité ^'iltrecht il recueillit enfin le fruit de sa conduite luibile. Le Slontferrat, le Piémont, k Sicile et la Savoie furent réunis sous sa domination. 11 prit dès lors le titre de roi. IVUis il ne garda pas longtemps la Sicile* Les Espagnols la lui enlevèrent en 17 10; il
' (i) Daru, UistouQS
556 HISTOIEE DSS TSMPS HODAirES.
obtint en échange la Sardaigne, qui fut érigée en
royaume. Ainsi fut constituée définitivement la puissance de la maison de Savoie, puissance moitié ô^an* ^se, moitié italienne, qui se trouva chargée d% ^rder le passage des Alpes , italienne contre la France^ irançaise contre l'Italie. Victor^Amédée , qui mérita si bien ce titre de portier des Alpes, se montra digne de la royauté par la sagesse de son gouvernement, « Il consacra, dit Sismondi^ les dix dernières années son règne à augmenter les fortifications de ses villes, à accroître ses forces militaires, à former d'ha> biles ingénieurs, à rapprocher enfin ses sujets des peuples transalpins par une éducation plus coniorme au progrès des lumières dans toute l'Europe. Jusqu'à lui , le Piémont n'avait eu presque aucune part à Ui gloire littéraire du reste de Tltalie. En relevant le sentiment dhonneur national chez les Piémontais, Victor-Amédée développa en eux des talents distin* gués. En même temps il répara les désastres de Tagri» culture, du commerce et aes manufactures; il si m* plifia 1 administration de la justice dans les trilninauxj li travailla eutin avec autant d'activité que dmtelligence à fermer toutes les plaies de TEtat (i). »
Victor-Amédée II abdiqua en i ySo. Son fils Charles Emmanuel III , qui lui succéda, le fit enfermer au château de Montcalieri, où il mourut. Fidèle à la politique double de son père, il fut tour à tour l'allié de la France ou de TAutriche dans les grandes guerres da dix- huitième siècle. Il recueillit comme lui le fruit dk ses perfidies. Par la paix qui termina iu guerre pour la succession de Pologne, il obtint Novare et Tortone» Par le traité d'Aix-la-Chapelle, il se fit céder VigéranQ et le haut Novarais. Pendant le reste de son règne, qui se prolongea jusqu'en 1773, Charles-Emmanuel
(i) Sismondi) Histoire des répabliquevitatieimes*
LITRE lY. I« GHAPIIBB YUI* O^y
ne s'efforc a que d'assurer le boiilieur de ses sujets par la sagesse de sou gouvernement.
Lltalte centrale comprenait un grand nombre de
retîts États qui subissaient tour à tour l'influence de Autriche, de TEspai^ne ou de la France, suivant que 1 une ou l'autre de ces trois puissances dominait dans la péninsule.
Parmi cdi États, les plus remarquables étaient : le ducbé de Mantoue , qui fut annexé au Milanais par
Tempereur d*Autriche en 1707; le duché de Parme et de Plaisance, qui passa en 1732 sous la domination dedon Carlos, fils de Philippe Y et dlsabelle Farnèse, et qui fut donné en 1748 à Finfisint don Philippe, frère puîné de don Carlus, qui réunit le petit duché de Guastalla à ceux de Parme et de Plaisance j le duché de Modène et de Reggio, gouverné par la famille d'£ste, si célèbre par la protection qu'elle accordait aux lettres : c'est sous le règne de François III que Muratori et Tiraboschi accomplirent leurs travaux littéraires qui honorent Tltalie; le grand-duché de Toscane^ qui fut cédé à François, duc de Lorraine, après la mort de Jean Gaston , dernier descendant de la famille des Médicis (1737): le successeur de François , Pierre-Léopold , fut le bienfaiteur de la Toscane. Les petites républiques de Lucques , de Gènes et de Corse ne^ jouèrent aucun rôle en Italie* Quant à FÉtat de TÉglise , il fut gouverné pendant tout le dix-huitième siècle par des pontifes aussi ver» tueux qu éclairés. Mais la sagesse de leur administra* tion ne put pas remédier ,aux vices invétérés qui 9'étaient introauits dans le gouvernement. Dans les ^andes guerres dont Tltalie fut le théâtre, la neu* tralité de TÉtat ecclésiastique ne fut respectée par aucune des puissances belligérantes*
• L ancien royaume des jDeux-Siciles , comprenant toute ritalie méridionale, fut partagé par le traité
en deux parties. L'emp^nni* Oiarfes TI eM
la partie continentale, le duc de Savoie Victor-Amedéc^ ^Bl la Sicile. Ën 1720 , la âicile passa. sous la domÎAalifta 4cïV Autriche ) après avoir été occupée un in«tsnHI les Espagnok. Mais tes. Napolitains. et les SiciKeM
détestaient le joug des Allemands et accueillirent bientôt les Espagnols comme des libérateurs. Le sort ilali^fié éiM. de passer tour à tour d'une demi- HAtioQ» étivangère sous une autre dominaiMii étraii|gèM ^ leur faisait bientât regretter la premi&re^ L'mtoV d0n! Carlos se rendit maître de ce royaume en 1734 > £ut prociaiué i;oi des Deux-Siciies , sous^ le aoui de Cbarles VII. La TÎctoire de Yelletri, ranportée sur le» Âutrichâeafl qui menaçaient le royaume de Naples, aon&olida son trône (i744)î p3i\x d Aix-la-Cha-
pelle légitima ses droits contestés jusque-là par TAutriche. Son règne fut heureux pour les Napolitains. Charles YU^ conseillé par scm ministre Tauucci, fit nm grand nomlm^ de réformes utilea. Il protégeae le commerce en améliorant la marine militaire, e» créant un collège nautique ^ en concluant des traités^ de commerce et de navigation avec la Suède , W IXinemark, la Hollande, la France ^ l'Espagne et TAn-^ gleterre. Il réprima les abus de la puissance ecclésiastique, en défendant au clergé d'acquérir des pro-
r' 'tésxK^uvelLes, 11 affaiblit la féodalité, en supprimant juridictiona locales des nobles. £n 1^59^, Cha^ les VSI succéda sur le trône d'Espagne a son friw Ferdinand VI. Il avait fait reconnaître pour son sue*cesseur au trône de Naples son troisième fils , Ferdinand ÏVy âgé de huit ans* Le ministre Tanucei coMinm pendant la minorité du nouveau net )0i.9éfiwEBieeeoaiv mencées sous Charles VII, Devenu; majeur tm Jj&j\^ Ferdinand IV inaugura son règne par l'expulsion des Jésuites^ qui venaient d'être chasses d Espagne. Marie- Gafioiine, sceur de Joseph U et de Léc^okl de De»*'
cane, quil xmt épousée, prit sur lui un grand ascen*
dant , et elle en profita pour favoriser, à l'exemple de ses deux frères, les amélioratians réclamées par le progrès des lumières. Des chaires d'éloquence italieuue^^d'i^pdculture, d'histoire, de géodésie, d'histoire uatureUe, de mécanique, forent fondées dans toutes les pro- TÎDces* Toutes les branches fie F administration furent amâlÀocées,, et ces sagps réforux^s qui régënéraieut Le peuple napoHtaiu ne fureut pas interrompues lorsque ïjimusci eut été disgracié eu 1777, après avoir ^ou- Terne le royaume pendant quarante-trois ans. L Anglais Actou succéda à» sa puissance et continua ses réfioimes, jusqu'au iiMunent où la révolution française Tiot renverser les Bourbons dé tous les trônes «pi'ik occupaient en Europe.