‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 61 sur 89 · IL · texte numérisé non relu

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négociations : c était Catlierine. Catherine, jeune Livonienne, orpheline, prise ea 1702, àMarienbourg, par les Russes, avait atiiie les regards du tzar^qui Tépousa secrètement en 1707. Ce nétait pas une femme de génie, nnais elle plaisait au tiav par son courage ini* litaire et par sa gaieté inaltérable. Cette fois , elle eut seule le mérite de ne pas désespérer. On fit des propositions à Méhéuèet; en même temps les Russes sortirent de leurs retranchements résolus à s'ouvrir un passage à travers l'ennemi ou à mourir les armes a la main. Le grand vizir , qui venait d'apprendre les succès d'une armée russe sur le Danube^ et qui ignorait sans doute 1 état déplorable où était ceUe de Pierrci accorda la paix, à conoition que Pierre residrait Azof, démolirait le fort de Taganroc k, celui de Zamara et quelques autres citadelles* Le traite était à peii2esigné<|ue Charles XII arriva dans le camp des Turcs, après avoir couru cinquante lieues sans descendre de dbeyaL II éclata en reproches contre le vizu etlui ditqu*il aurait pu f aire te tzar prisonnier. Le vizir, qui était déjèdekm||;ue oiain irrité contre Charles, loi répondit par une sanglante ironie: «Si j*ayais |Nns le laar, dit4l , qui aurait gou* « verné sou empire? Il ne faut pas que tous les rois « soient hors de chez eux. » Charles se vengea eu lui déchirant sa robe d.*un coup dep^oik U fut alors ré* doit à cabaier à la cour ottouiane, à abaisser son orgueil jusqu'à faire présenter des placets au sultan contre le vizir. Méhémet fut disgracié à la fin de Tannée, il est vrai, maissipeujj^riniluence suédoise, que Youssou^ «pi le remplaçait, dit à Poniatowski^ le confident et legent de Charles XII : * Païen, je t'avertis qua la « première intrigue que tu voudras tramer, je te ieiai « jeter dans la mer, une pierre au cou« » Pmidant ce tenipa Pierre le Grand ^ sorti de la Tm>

2uie avec une escorte turque, avait rMompensé d*aboid atherine encélébiantsolenneUement|à Saint-Péters*

bourg^son mariage avec elle (19 février Ëo&uit^ ^

se voyant chassé de k mer Noire, il n'en mit que phss. * d'ardeur à s'assuf ar la dominatioii da la mer Btà*

tique,

11 forma contre la Suède une ligue avec la Pologne, la Prusse ) le Mecklembourg ^ le Danemark, la Sau et k Hanovre 9 dont 1 électeur allait devenir roi d'Au^ gleterre» Charles, résolu de rompre plutôt que de plier, envoya, de Bender , à ses sujets , Tordre de faire face partout aux ennemis. Le sénat ordonna des levées^ é^îpa des vaisseaux ; mais si ïan excepte la victoire inutile que St^nboek remporta à Gadebuseh sur les Danois, les Suédois furent constaniiuent malheureux. Steinbock capitula avec son armée dans Tonningen; rélecteur de Hanovre reprit Brème et Verden ; lest Saxons assiégèrent Wismar; Menzikoff, Stralsund ; le tzar débarqua en Finlande et fit la conquête d'Abo et Borgo. Enfin Stanislas , bois d'état de continuer la lutte ^en Pologne, résolut de faciliter un accommo* dément entre m Suédois et Auguste, en se sacrifiant : <c J'ai jusqu'ici, dil-il aux officias suÀlois, servi d'ins- « trument à la gloire des armées de la Suède ; je ne « veux pas être la cause de leur perte. Je déclare « aaeri&er ma couronne et mes propres intérêts a « la conservation de h personne sacrée du roi, ne te voyant pas bumainemeut d'autre inuyeu pour ie « délivrer. »

Tout cela se passait en 174:^9 Stanislas^ après cette déclaration, partit pour la Turquie, afin de faire agréer son abdication au roi de Suède. Il ne pouvait pas arriver plus mal à propos. Charles XII, malgré tous ses elËorts, n était pas parvenu à allumer une nouvelle guanre entre la Turquie et la Bussie; le sultan lui avait même ordonné de quitter son empire. Charles, s'y refusa. Assiégé dans sa maison à Varnitza, près w Iknder» par six mille Turcs et vingt mille Tartares^

S8o HISTOIHE D£S I£MPS MOD£AlfJB$«

ils'y défendit plusieurs heures avec soixante domestiques, et D*eQYOul ut sortir qu'au moment où la maison^ consumée par Fincendie, allait s abîmer sur Iui| encore ne fut-ce que pour gagner une autre maison voisine. Mais il fut pris dans le trajet (12 février 171 3). On le conduisit prisonnier à Deniotica, petite ville près d'Andrinople. Ce fut précisément alors qu*arriva Sta*nislas en Turquie; on Tarréta et on le conduisit pri*» sonnier à Bender. Gharlos XII acheva de perdre ses affaires par un orgueil insupportable: pour n'être pas obligé de parler aux Turcs, il feignit d être malade et resta dix mois dans son lit. Et pourtant il n'était pas encore détrompe de Tidée de retourner en Pologne à la tête d une armée ottomane , de remettre Stanislas sur le trône, et de faire trembler tous ses ennemis. ^ ^

Pendant ce temps la Suède essuyait de nouveaux désastres; le tzar gagnait en personne une grande bataille navale à Aland : sa flotte se composait de trente vaisseaux de ligne et cent quatre-vingts galères et demi-ga* 1ères (1714)- Nulle victoire ne lui causa plus de joie ; il voulut être créé vice-amiral. Ulrique-Eléonore , sœur de Charles XII et régente du royaume, désespérée de tant de malheurs, demandait la paix, lorsque tout à coup Charles XII reparut dans le Nord. Voyant qu il ii*ODtiendrait rien des Turcs^ il s était enfin décidé à partir; une fois hors de leur pays, il traversa , accom-

{)agné d un seul ofâcier, les terres de 1 empereur et de 'Empire en seize jours , et, le aa novembre 1714 > ^ entra dans Straisund en Poméranie.

Aussitôt il demanda k la Suède de l'argent et des hommes. La Suède était si épuisée qu elle put à peine fournir quelques recrues; quant aux frais de la guerre^ il crut qu'il pourrait y subvenir avec une monnaie de cuivre qu'il éleva quatre-vingt-seize fois au-dessus de valeur naturelle. Comme il souffrait le premier et

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qu'il vivait aussi durement <jae les derniers soldats ^ personne n'osait murmurer.

Les Prussiens, les Danois elles Saxons vinrent Tannée suivante Tassiéger dans Stralsund(en octobre 1 7 1 5). Charles XII se défendit avec un courage hérôïque; il ^tait toujours le premier au combat; il osa , dans Tîle -de Rugen, vis-à-vîs Stralsund^ et dont la conservation faisait le salut de la place, attaquer, avec deux mille hommes, douze mille ennemis. Enfin, comme la ville était réduite i l'extrémité , il se jeta dans une barque, passa sons le canon de la flotte ennemie, et aborda en Suède pour la première fois depuis quatorze ans. Le lendemain^Stralsund capitula (2^ décembre 171 5)* Au commencement de Tannée suivante, Wismar,dans le Mecklembourg , capitula également. 11 ne resta plus rien a Charles XII en Allemagne.

Déjà les alliés se préparaient à Taller chercher en Suède, Mais il arriva alors ce <{ui arrive toujours: les vainqueurs se brouillèrent, quand il s'agit de ré* ^er le partage de leurs conquêtes* Le tzar destinait \^ ismar au d iic de Mecklembourg; les alliés s'empressèrent de donner cette ville aux Danois. C'était une ingratitude d'autant plus grande qu'ils devaient tous leurs succès à la Russie; mais ils commençaient déjà à craindre celte puissance qui s'était élevée si haut eu si peu de temps. Le baron de Gœrtz, ministre de Charles XII, en profita pour faire entendre à Pierre le Grand que la Suède était assez abaissée, et qu'il ne fallait pas

f)orter trop haut le Danemark et la Prusse. Dès lors, e tzar ne fit plus la guerre qu'avec langueur, sans rien déclarer de ses intentions. 11 cessa de menacer la Suède d'une descente, et l'Ëurope, qui ne connaissait pas ses desseins secrets, vit avec un extrême étonnement Charles XII, au lieu de rester dans ses Etats, passer en Norwége à la téie de vingt mille hommes ^en 17 16}, et entreprendre la conquête de ce royaume.

t(62 HIATOU|£ BBS TBJtPS MODE&2IBS.

On ne devait pas tarder à en découvrir la cause. Quelles que fussent du resteles dispositionsiiePierrey . il jugea k Suède ûssesL affaiblie et les armées russes assez fortes pour oser quiller ses États ©t hSlte up nouveau voyjige en Europe (1716). Cette fois il ne venait plus, comme eu 1697, chercher le secret défendre riche et . puissani un État jusqu'alors pauvre et sans importance . (ftn Europe; il ne se cachait plus soys UA nifidesMin* coo^nito, mais il voyageait en prince, et venait en quelque sorte jouir de sa gloire. 11 vit le roi de Prusse à Aversherg , passa trois mois à Amsterdam , où il fut reçu avec enthousiasme: les Hollandais^ dit Voltavre, croyaient voir, dans le vainqueur de Pultava, leur élève. Ensuite, il visita la Franee, en mai 17 17. Ou lui prodigua les égards les plus délicats; un jour qu'il parcourait la galerie du Louvre , une médaille ^u'on venait de frapper étant tombée à ses pieds , il s empressa de la ramasser et y vit son portrait, et de l'autre côté une renommée avec ces mots: foires aeqmrii emuie. Chez les artistes, dans les manuAiotitres TOyales , tôttt ce qui attirait Son^approbation lui éittit offert de la part du roi. Il alla à TAcadémie des sciences , dont il voulut être membre. £nfin , en voyant le Mmbeau de Richelièu, tt s'écria Grand homme! je « t aurais donné la moitié de mes Etats pour apprendre « de toi à gouverner l'autre. » Son voyage fut utile a la France et à la llussie ; un traité de commerce fut négocié entre les deun nations; on le signa à la Haye, et Pierre ramena avec lili de nombreux artisans dans ses Etats.

De retour dans ses Etats, le tzar rendit la l\ussie témoin d'une tragédie horrible : la condamnation ei la . mort de scm fils , Alezis Pétrovîtcht Aleins était sé ea 1^0, d'Eudoxie Lapouchin^ que Piètre avail éponwéa en 1689. Cette fenmif, attachée aux mœurs et aux su- . .perstitions des Eusses | et qui voyait avec horreur ies

UTAB lY* MAT. II. CHAFITAB I. 583

îîiTiOTalions dn tzar, en avait été punie par la répudiation, en 1696. Mais elle avait transmis son caractèire "à son fils. Alexis apprit lallemand, <{a^k|iiesart8^ qud- ' ques scienMs, mois il refusa totijours d*«tttdier Vart de la guerre. Les étrangers lui étaient odieux ; il préférait m 5' enivrer avec les partisans des anciennes mœurs; en un mot, tout aimovicait à Pierre, dans son héritier, le dcstrneteiTr de 9on ouTrage. Pierre s*était effçrcé de le ramener par tous les moyens ; il n'avait pu réussir. Il songea alors à le châtier; il différa cependant, et attendit, pour éclater, qu'Alexis eût fait mourir de cbagrin, en lytS , une prifioesse de Wolfenbuttel, à Iftqaelle il l'avait marié. Il lui envoya une lettre pleine de menaces. Sur ces entrefaites, Catherine accoucha dun fils; Alexis écrivit à son père quil renoBoçait à la succession. Son père lui répondit par une autre lettre où il lui disait :«Gorrige^yous, rendez-vous digne

• « de la succession^ ou faites- vous moine. Répondez, « soit par écrit, soit de vive voix , sinoîi j'agirai avec «r TOUS comme avec un malfaiteur. » Le prince répoa- •dit quil voulait se faire moine. Satisfait de cette assurance, Pierre partît pour son voyage en 1716; à Copenhague, il apprit que son fils, au lieu d'entrer dans le cioitre, ne s entourait que de mécontents; alors, il lui ordonna de venir le trouver; le prince,

« épouvanté , s'enfuit à Vienne auprès de lempereor Charles VI,etde là à Naples; il n vint cependant, sur la promesse du tzar de l'aimer plus que jamais s'il obéissait, et arriva à Moskou le 3 février 17 18. Son père le reçut avec affection , et tmrt parut par-

' donné; mais il fiiut bien croire que ce n*éf)ait qu une feinte, car , dès le lendemain, le jeune homme fut arrêté, conduit dans une assemblée de boyards , de

* conseillers privés et d'évéques, devant lesmels il remit au tzar un écrit en il se déchrait indigne de lui

. ^i^ecéder et ne demandait que la vie. Pierre fit lire

5b4 HISTOIEB BES TEMPS MOBEENES.

. ensuite ses griefs : il reprochait à son £38 son peu d application à s'instruire^ ses liaisons avec les partisans

, des anciennes mœurs ; il Taccusait de lavoir calomnié à Vienne auprès de Charles YI, en &isant entendre qu'il était persécuté et qu'il n*était pas en sûreté de la vie s il revenait en Russie, Mais le tzar ne justifiait- il,

{►as ces parole d'Alexis, si ce prince les avait prononcées ? 1 lui reprochait d'avoir prié lempereur de le protéger à main armée; mais rien ne le prouvait. Néanmoins , Alexis était déclaré déchu de la succession au trône ^ qui passait au fils de Catherine.

Cela ne suffit pas : Pierre déclara à son fils que s*il ^ voulait avoir la vie sauve, il devait avouer tout ce qu'il avait commis et tramé contre lui et découvrir tous ses complices, sinon le pardon serait nul. Alors, on vit le jeune prince oblige de s'accuser lui-même , de se noircir auprès de son père avec plus de soin que n'en prend un ennemi acharné pour perdre son en* nemi; car son pardon dépendait des efforts qu'il ferait pour se montrer coupable. Néanmoins, il est impossible de conclure d'un seul de ses aveux qu'il eût seulement conçu un projet de conspiration contre son père. On prétendit ensuite qu'il n'avait pas tout confessé :1e pardon fut annulé, et le malheureux prince traduit devant une commission de c^nt vingt-quatre juges, quatre-vingt-neuf tirés de Tordre militaire , trente-cinq de Tordre civil. Nous ne pouvons pas nous arrêter sur les détails de ce procès, nous iérons seulement remarquer la manière odieuse dont il fut conduit : on tourna contre Alexis, les confessions qu'il avait faites, trompé par la promesse de pardon. Un des |)rlncipaux chefs d'accusation était celui-ci : il y avait eu de la mutinerie dans l'armée russe de Mecklembourg , on y avait parlé de mettre Alexis 'sur le trône* Mais Je prince était alors i Naples; l'armée ignorait où il était : il ne pouvait donc pas

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avoir provoqué le tumulte. Le tzar lui demanda s'il en avait eu de la joie, et si, même de son vivant, il se serait déclaré pour les rebelles. Le prince répondit avec une simplicité inconceTable : « Si les re«» « belles m'avaient appelé de votre vivant , j'y serais « apparemment allé, supposé qu'ils eussent été assez « torts. » Ainsi, on prétendait ie condamner, non pas pour ce quil avait fait, mais pour une idée qu'il aurait pu avoir dans un cas qui nëtait pas arrivé. Il y eut plusieurs chefs semblables d'accusation, portant sur des pensées secrètes qui auraient pu se présenter à son -esprit. Or , c'est ce qu'aucun tribunal n a jamais attemt. On Faccusait encore d'avoir dit : « Je dirai quel- « que chose aux évcques, qui le rediront aux curés, les <c curés aux paroissiens, et on me fera régner, fût-ce « malgré moi. » Cela se rapportait probablement à ses projets contre les innovations. Mais nulle part une telle parole ne peut être le motif d'une condamnation à mort. Le prince fut pourtant condamné, carie maîtrele voulait ainsi. On rapporte que lorsqu'on lui lut son arrêt il fut frappé d'apoplexie; avant de mourir , il voulut voir son père, et lut demanda pardon de ses désobéissances, ensuite il expira. Pierre ne put lui refuser des larmes. Tel est le récit officiel; mais d autres rapportent que le tzar lui avait fait administrer ime potion forte. Quoi qu'il en soit, c'est une tache' à la gloire de Pierre le Grand. Dans ce procès , les juges ne fil» rent pas libres , l'accusé ne fut pas admis à plaider sa cause ^ il fut trompé odieusement par son père et condamné sans aucune espèce de preuve. Il fut sacrifié * mai craintes qu'il avait fait concevoir ; mais on n'a pas le droit de mettre à mort un homme par cela seul qu il cause des craintes*

Cependant) quelques raisons pourraient excuser en partie Pierre le Grand. U croyait réellement défendre et sauver Tempire^ il était convaincu de la justice de

5S6 JUSXOIRE D£â T£MPS MOD£ai\£â.

sa tms/e ; «ouireiit il passa èes heures entières

nowx, priant Dieu de Feclairer sur les véritables intërêu de la fi.ussie* Kniin^ ajoutons que , d'après la cou- «urne Wbare de ce pay., U avait le droit <le ^ir par la moit ia dësobëissanoe 4e son fils, et il en usa en barbare. Quelques années après, il publia un ukase qui donnait au tzar le droit de régler la sucecflrion au trône.

Pendant le procès , les amis d*Âie3m araient été arrêtés et condamnés comme lui; les roues forent couvertes de leurs membres roui pus. Le beau-frère du tzar

• eut la tête tranchée. Le t%ar assistait à leuSr supplice (et pomsuivait ses victimes de questioiM iau InoiBiebt

■ même on *elles expiraient.

Mais revenons aux aiut lioraiions qu'il introduisit alors dans lempire. G est de Tannée 1^718 que date 4e iplus grand nombre des avantages «qiË'il praenra à «es aiqets*

Des fabriques d'armes, tle glaces, de tapisseries, de draperies et d étoffes de lame, de lin , de chanvre, des 'fileries d or ou d*argent furent créées on augmentées.

* Bess ouvriers étrangers arrivaient continueUemem.

Le commerce fut protégé avec le plus gî'and soin. ' tJn lieutenant général de police fut créé à Saint- -Pétersbourg, et ia sûreté régna danë toutes les villes -et^ur toutes les routes ; les poids et mesures ftnrcail ûxjés et rendus uniformes* Des canaux lurent oUvMts pour le conunerce intérieur; en 1718, Pierre traça le plan du canal qui longeait le lac Ladoga , dont la oa* -vigation était trop dangereuse» Il travailla desea inans *à niveler le terrain. Il traça le plan d%n au eue euMal qui devait unir le Volga au golfe de Finlande par le lac Ladoga.

Pour le commerce extérieur ,*il (iiBa tm tribunal de ' (Commerce composé de membres mi-pavris natidMnix

' et étrangers. Enfin , il fit renaître le commerce avec

fAsie oriefntale : des caravanes allaient régulièrement vendre à la Chine les pelleteries de la Russie, et rapportaient 4e Tor, de l'argent et des pierrertés.

Ge ia% aussi vers cette époime que le tzar adieva de régler la religion et fcs lois.

Il ne se déclara pas le chef de la reliî^ion , car il ne 'S attribuait pas le droit de régier le dogme, mais il sut dominer son clergé. Tous les membres du très* saînt synode laissent serment de lui obéir , serment que les patriarches ne faisaient pas. Il présidait souvent cette assemblée. (Jn grand nombre de r^lements sur la disdpUne, principalement pour les couvents , datent de cette époque ; ilfM^mia à tons les moines de travail) et, et répartit les soldats invalides dans les couvents. Enfin , dans le spirituel comme dans ie temporel, il fut le seul maître. Aussi disait-il qu'en cela idavait le bonheur d'être supérieur i Louis lULV,attqnel <0n le comparait souvent: a J*ai -forcé mon clergé à 1 o- « béîssance et à la paix , et Louis XIV s'est laissé subju** -« guer par le sien. »

Jja législation et Vcorgamsation de ]a justice forent Meore réglées. Le tzar Alexis avait composé un code appelé Oulogénie; Pierre le compléta en 1718, avec les lois qu'il put tirer de chez les étraugers, et surtout «vec pdleS'de la Suède. En , il ordonna, sous «peine de mort, à tous les juges deis y conformer.

Jusque-là, une cour de boyards, où n'entraient que, des nobles , jugeait en dernier ressort les [ii ocès ; iherre la cassa , créa un procureur général auquel il 3oî^it quatre assesseurs dam chaque province pour -fwrveMler'Ies jnges. Les causes des particuffiers ressop- •tirent au gouverneur de la pT ovince et à ses assesseurs; an appelait de là au sénat , enfin , à l'empereur ; mais «i ce dernier appel était mal fondé , celui qui lavait " it était passible -de la mort.

Pierre fit aussi un code de la marine et un code mi-

588 HUSOIAS DBS TBMP8 MODSAHBS.

Utaire. On y retrouve ce système où il persista toale sa vie, de ne donner les grades qu'au mérite, et non à

la naissance. Cependant, comme il ne pouvait pas faire que des titres de noblesse ne fussent regardés comme une chose très»prëcieuse, il décida que tout soldat qui deviendrait officier deviendrait par là même gentilhomme. G était à la fois lionoier le soldat et abaisser les nobles.

Le tzar s'efforçait aussi de faire prévaloir les mœurs et la politesse européennes à la cour et dans les viUea; mais il n'y réussissait guère, parce qu'il était loin de donner lui-même l'exemple. Par exemple, il reproduisait les divertissements du moyen âge , où Ton tournait en ridicule les cardinaux romains et le paM ; il avait nommé un pape des fous. Dans ces fêtes, le vin et les liqueurs fortes coulaient à grands flots. 11 obligeait les principaux seigneurs à tenir ce qu'on appelait des assemblées , où Ton réunissait les personnages les plus considérables des deux sexes* Chaque faute contre la civilité russe était punie d'un grand verre d'eaude-vie qu'on faisait boire au coupable, «de façon que. toute l'honorable compagnie s'en retournait fort ivie et peu corrrigée.» Comme tous les Russes, le tzar avait un penchant invincible à l'ivrognerie ; il s'y livrait avec tant d'emportement qu'il abrégea ses jours par ses excès. Dans Tivresse il était terrible; il lui arrivait souvent de maltraiter cruellement ses meilleurs amis. Sa colère était aussi redoutable que prompte à s allumer. On le vit, à propos d'une résistance insignifiante, menacer Catherine eile-méme de lui iskite couper la téte. Cependant, on retrouvait encore quel* quefois le grand homme dans le trouble des passions. Un jour , étant dans une chaloupe, il s'emporta contre un seigneur qui avait osé le contredire fortement au sénat, et, Télevant dans ses bras , il allait le jeter dans la rivière: « Tu peux me noyer, dit le sénateur , mais

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