‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 63 sur 89 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

Histoire de la Russie ^ de la Pologne ^ depuis la mort de Pierre le Grand jusqu *à la mort de Catherine U

§ I. Htstomb m^uL Rtrssm db xa Pomghb mfois

L*AVÉ\FMENT DE CATHERINE JUSQU LA DliPOSITIOS

»E Pi£a&B lu (1725-1762).

Nous avôns réuni dans le premAer obapitre l'histoire

de la Russie, de la Suède et de la Pologne. Le règne de Pierre le Grand est en effet le centre commun auquel viennent aboutir ious ks grands événememu

s'accomplirent dans le Nord pendant les vini^t-cinq premières années du dix-huitième siècle. Depuis cette époque ia Russie derânt la puissanoe prépondérante

dans le Nord ; la Suède esl retombée dans 1 obscurité j la Turquie, minée par les vices de son gouvernement, mnûnue à décliner; enfin la Pologne, affaiblie par ses guerres civiles et par sa constitaticni amanchique , ;subit nnflnenoe moscoTÎte qui finira par Itri devenir si funeste. Il conviern donc de réunir dans un même chapitre Thistoire de la Pologne et delà Russie depuis la nort tie Pierre le Grand jusqu'à la fin du dix^huitièoAe siècle.

Le règne de Catherine P^, qui succéda à Pierre F'" en 17^5 y ue dura que deux ans. Le seul fait intéressant qui s 7 rattache, cest la tentative d'tiiooirp<mr la Courlande à la Russie. Cadierine ne réussit pas dans cette entreprise, mais au moins elle prépara par sa politique habile la réunion future de ce duché. £lie mourut en 17^7» après avoir désigné pour son successeur le fils du malheureux Alexis , dont elle se Te|N*ochait peut-être la mort.

Pierre II, fils d Alexis, n^avïîit que onze ans à son événement au trône. Menzikolï s empara aussitôt de rautorité suprême. Il gouverna despotiquement, mais il justifia ce despotisme par un taleat supérieur, et parles services qu'il jendit à son p^ns, comme général et comme minisire. Une intrigue amena sa chute. Il fut dépouillé de ses dignités et de ses immenses richesses , et exilé à Béréxof en Sibérie.

Le jeune Ivan Dolgorouki succéda à son influence. Mais son iiioniphe fut de courte durée. Pierre II mourut eu 17201 et la haute aristocratie appela au trène Amia Ivanoma, dudiesse dowairière ^e CkMtrktide.

La nouvelle impératrice avait accepté toutes les conditions que lui iaftposaieBt le-kaiu ^conseil) le sénat

5g6 sxsTOiu jdbs temps modbknss.

et les généraux. Mais à peine se sentit-elle affermie sur le trône, qu'elle se remit en possession de Tau* toritë absolue que raristocratie russe avait voulu restreindre. Les Dolgorould) qui avaient exercé jusque-là une influence très-grande, perdirent alors tout pouvoir, et 1 impératrice n a^it plus que daprès les con* seils de Biren , son favon.

Le premier acte de Biren fut Fassassinat juridique de presque tous les membres de la fainilUe des Dolgorouki. Plus de vingt mille nobles dont il redoutait rinfluence furent exilés en Sibérie. Ce gouvernement si cruel à Tintérieur ne fut pas sans gloire au dehors.

Auguste II, roi de Pologne, était mort en 1733, et la diète avait appelé au trône ce même Stanislas Leczinski qui avait été soutenu trente ans auparavant

eir la Suède contre la Russie. Cette tbis encore la ussie lui enleva la couronne. L'impératrice favorisa la candidature de Frédéric-Auguste III, électeur de Saxe, pour détruire 1 influence française en Pologne. Ce prince s'était engagé à payer la protection mos* covite par la cession de plusieurs districts détaches de la Courlande. Une armée russe entra aussitôt en Pologne sous prétexte que le vœu national ne s était pas manifesté librement à la dernière élection. Stanislas n'eut que le temps de se retirer à Danzig, d*où il se réfugia en France. La Russie, victorieuse, imposa à la Pologne un prince faible et méprise, qui n'avait d'autre appui contie ses sujets que ses protecteurs intéressés.

Auguste III fut bientôt mis en demeure de tenir ses engagements secrets. Le duc Ferdinand ^ dernier prince de Coui lande de la maison de Kettler, était mort en ijàj* Depuis longtemps la Russie convoitait la possession de cette pi^vmce, Auguste III en donnt rinvestiture à Biren , qui fut reconnu par toute l'Europe en qualité de duc de Courlande.

Une expédition en Turquie ne fut pas moins heu-

LIYRB IV. PAET. U. GBAPITAB II. SffJ

reuse. Le maréchal Munich fut reçu en Moldavie comme un libérateur, et la Turquie, menacée à )a fois par la Russie, T Autriche et la Perse, ne dut son salut qu'à la médiation de la France (1739). La Russie, attaquée par les Suédois, restitua presque toutes ses conquêtes, pour tourner ses forces contre un nouvel ennemi. L'impératrice mourut au moment même où éclatait cette guerre (1740).

Un enfant au berceau, Ivan V, fils d'Anne, nièce de rimpératrice, et d'Antoine Ulric de Brunswick, fut appelé à lui succéder. Biren se maintint au pouvoir. Il setait fait décerner la régence par Pimpératrice mourante. Dès lors son orgueil et son ambition ne connurent plus de bornes. Le maréchal Munich trama sa perte avec le duc et la duchesse de Brunsvrick. Suipris dans son lit par ses ennemis, il Ait chargé dé chames et relégué en Sibérie. La princesse Anne se fit nommer régente. Mais son pouvoir fut de courte cl urée.

Élisabeth, seconde fiUe de Pierre le Grand, s'empara du trône eh 174^9 laide des grenadiers chargés de la garde du palais* Le jeune Ivan fut enfermé dans une forteresse. La régente, sa mère, le maréchal Munich, Ostermann et tous les étrangers qui avaient dominé la Russie, furent arrêtés et jetés en prison. On peut dire que cette révolution fut une réaction du parti national contre les Allemands qui avaient exercé une si grande influence sous les règnes précédents. G est ce que Rulhière a très-bien démontré.

«Jamais, dit-il, dans un Etat, révolution ne fut pins générale, ni plus prompte. Dans toutes les villes russes, les étrangers furent poursuivis, quelques-uns massacrés. Ceux qui servaient à larmée ne durent la vi^ qu'à leur nombre, à leur réunion et à leur intrépidité. La plupart se pressèrent d abandonner cet empire et de passer chez des nations plus reconnais*

santés. Tels furent Keith, Lascy, Lo^rendal, qui trouvèrent ailleurs les houueurs et la gloire; Mansfeld, aide de camp de Munich, et qui Tavait suivi dans toutes ses campagnes; Euler, dont les travaux ajou» tèF»t une nouvelle célébrité à Tacadémie de Berlim

Partout l'ignorance et la barbarie repai urenl avec la vanité* Un luxe sans bornes continua de régner dans un pays où manquèrent bientôt les arts necessairee. Les vastes projets tonnés sous ladministration des étrangers restaient encore clans la mémoire des llusses. Ils voulaient avoir une escadre à Textrémité de TAsie, afin d*y découvrir de nouvelles terres , et ils n avaient plus un pilote à Pétersbourg. Ils se croyaient destinés à conquérir le n^onde y et , dénués des talents qui les avaient conduiis, ils ne savaient plus assiéger une viile«*.* Cependant Timpératrice était adorée; «^t, qvoique sons les derniers règnes les troupes eiissenit rendu le gouvernement enlièpenient militaire, bian* lot, sous le joug d*une princesse russe, superstitieuse à la manière du pays, et qui suivait en tout les an* ciennes mœurs , on vit reparaître cet aiicien escbiTage volontaire , cette espèce ae reU^^^on qui avait le sovr

veraiu pour objet de son culte.... Pierre le Grand n*avait pris en main la puissance du patriarche que pour la détruire; mais sous le r^ne d'Élisab^h^ jointe à Tautorité impériale , elle la rendit encore j^na sacrée. Le synode ou conseil des prêtres se fit grart de considérer la czarine comme chef de la religion, et le despotisme fut encore aggravé du pouvoir méflie qni autrefois l'avait balancé. Ainsi les Russes retownaient par la pente invincible de leurs mœurs à la ser* vitude religieuse, et, formés en même temps au despo» tisme militaire, ils étaient parvenus au plus bas d^pa d*aiclavage qui ait jamais été cbeâ ks hommes (x)» v

(i) Kulhière, Histoire de l'anarchie, U« Fologue et du démembreqiant de celte jépubliqifi»

livpée aux plaisiirs ^ Étisabetb abandoona le gM¥€ff«r nement à son favori Bestucheff, qui fit alliance avec

rAngleterre et VAutriclie, quoique l'ambassadeur de, ï'rance eût pris une part active à la révoimion. La guerre contre les Suédois, qui avait été poursuivie avec succès sous le règne d'Ivan , fut continuée sous celui d'Elisabeth, Une armée suédoise enfei niée dans Helsiiigiord fut réduite à capituler. Ce succès deter*^ mina les Russes à accorder la paix à Fennemi vaincu. Par le traité d*AbOy la Suède céda plusieurs districts de la Finlande et conclut une alliance défensive avec la Bussie (1^43). Depuis la conclusion de ce traité, l'influence russe domina exclusivement en Suède , et ce royaume fut comme une dépendance de Tempire des

tz.ars.

Il en était de même de la Pologne , où le faible Auguste m n'exerçait qu une autorité nominale. Pendant les trente aimées de son règne , ce royaume resta sans administration. Le roi séjournait de préférence en Sa\ej eL ses rares appariLÎons aux diètes de Varsovie restaient sans résultat. Les iinances étaient dilapidées I aucune discipline ne régnait danslarmée) et la nation , trompée par une prospérité apparente y se livrait à une folle sécurité qui devait amener sa ruine. Telle était la situation de la Pologne, lorsque éclata la guerre de Sept ans (i^Sô). Cbassé de la Sttxe par les armées prussiennes , Auguste III se réfugia en Pologne et implora le secours de la Russie. L'impératrice Elisabeth, blessée de quelques propos de Frédéric, lui envoya cent mille hommes qui traversèrent la Pologne. Noua avons raconté ailleurs la part que les Russes prirent a la guerre de Sept ans» Cette guerre eut pour résultat d'augmenter leur réputation miliuire et leur iniluence politique,. La Pologne surtout s'accoutuma à la présence de œs troupes étrangères qui la protégeaient contre les armées

600 KISTOIEfi DBS TEMPS MOBBRHES*

prussiennes. Au moment où Frédéric allait èire accablé par le nombre^ Elisabeth mourut (29 décembre 1761).

£ile avait désigné pour son successeur le grand* duc Pierre, son neveu , qui fut proclamé sous le nom de Pierre III. Le nouvel empereur se souvenait qu'il avait été lieutenant du roi de Piusse. 11 vantait sans cesse les talents militaires de Frédéric, quil appelait: Lerài'mon maître^ et lui rendit, presque aussitôt après son avènement , toutes les conquêtes des armées russes : c était faire bon marché du sang de ses sujets. Il les irrita encore davantage en rappelant les nombreux étrangers ^exilés en Sibérie. Mais il faut dire i son éloge qu'il abolit la chancellerie secrète et l'usage de la torture, qu'il fit exécuter les lois, qu'il améliora les tribunaux, qu'il introduisit dans Tannée une discipline mieux entendue* Une révolution soudaine vint l'arrêter au milieu de ses r^ormes.

Catherine d*AnhaIt-Zerbst , son épouse , le haïssait à cause de ses débauches. Elle sut habilement exploiter à son profit les antipathies ^u'il avait excitées contre lui par ses réformes précipitées. Le projet de Pierre lU d'appeler au trône le malheureux Ivan au préjudice de Paul Petrovitch qu il avait eu de Catherine, liàta le moment de sa ruine. Dans la nuit du 8 juillet 1762, Catherine se rendit à Pétersbonrg, et s'étant présentée au quartier des gardes dlsmaïloff : « Mes amis , leur «dit-elle, le tzar, cette nuit même, a donné Tordre de «me tuer, moi et mon fils; nous venons nous jeter « entre vos bras. » Les gardes, gagnés d avance par Grégoire Orloff^ amant de Catherine^ jurent de mourir pour sa défense et la proclament impératrice. D'autres régiments imitent cet exemple, et à la téte de dix mille hommes d élite, Catherine se rend à TégUse de Casan, où rarchevéque de Novogorod l'attendait en habits pontificaux. Il lui place sur le front la couronne des

i.nras tr.' past. ii. cbapitbb n. Sot

tzars et k proclame souveraine de toutes les Russie^. A cette nouvelle Pierre III perdit la téte. Au Jieu de

5e rendre à Gronstatit dont la garnison était restée fidèle y il écrivit d'Oianienbaum à Catherine pour implorer son pardon. A peine se fut-il livré à soa ^ouse, qu'il reçut la morr.

S IL Catubrine II (1762-1796).

Le règne de Catherine II fiit une longue série d'envahissements et de conquêtes. D'abord elle chassa

de la Gourlande le duc Charles de Saxe, troisième fils du roi de Pologne, et Biren fut élù pour la se* conde fois sous la protection des armées de la Russie. Auguste III fut forcé de donner Tinvestiture de ce duché au spoliateur de son fils. Lorsqu'elle eut rétabli 1 influence russe en Courlande, elle résolut de 1 étendre sur la Pologne. Le trône de la Pologne était devenu vacant par la mort d'Auguste Ili ( 5 octobre 1 763). Ce royaume était alors comme une maison ouverte an premier envahisseur. Catherine II dicta ses lois à la dicte qui fut assemblée pour l'élection d un roi. £lle fit tomber le choix sur son amant Poniatowski , gen* , tilhomme pauvre et obscur, qui était issu de Tillustre famille des Czartoriski. Le nouveau roi , qui devait sa couronne à l'influence moscovite, prit le nom de Stanislas*Auguste (7 sept. 1764)* Les Czartoriski, qui espé-* raient le dominer, avaient fait stipuler dans les pacta commenta, qui devaient être présentes au nouveau roi, des clauses qui tendaient affermir rautontë royale. Catherine II s'aperçut de leur dessein et accueillit avec empressement les plaintes qui lui furent bientôt déférées contre le roi, sa créature, qui osait faire acte de volonté et d indépendance. Les dissidentsgrecsavaient étéexcius en ly Wd des diètes électorales et des dignités de l'Etat. Catherine II saisit ce prétexte pour intervenir dans les

IL stf

affaires de h Pologne. Elle se déclara la protectrice 4U8identfl, et bientôt une armée russe s'avanoa jus* ^Vox portes de Varsovie et «lîcta k» ordres de l'itnpéi» trice ;i la diète assemblée dans cette càpitale. ILa Prosee avait intercédé en même temps en faveur des protestants» Les deux cours de Pétersbourg et de Berlin, égale* ment intéressées au maintien de lanarehie en Pologne, demandèrent ensiûte le rëtabtissement de la loi du liherum 'veto qui avait été abolie à la dernière élecùon« Elles réussirent, et l'anarchie légale fm de nouveau consacrée par un acte solennel. Ënûa lambas-* sadeur russe fit promulguer en Pologne un codë destiné à confirmer et à augmenter les abus de Tai»* cienne monarchie. Les lois contenues dans la première partie de ce code , sous le nom de lois cardinales^ étaient déclarées immuables^ de sorte quelles ne poui raient jamais être ni abrogées ni changées , même par le consentement unanime de la nation. Soumise i cette législation de 1 étranger, la Pologne put être considérée comme déchue du rang d'État souverain» La noblesse le comprit, et forma uneconl^ténition à Barr en Podolie, pour la défense de la religion et de 1 indépendance nationale* L'impératrice, qui venait de &ire mourir le malheureux Ivan^ publia aussitôt nne proclamation dans laquelle elle imitait les con^ fédérés de séditieux et de brigands. Le roi eut la faiblesse de se joindre aux Russes, qui furent secondes en outre par les dissidents , et la Pologne fut bientôt désolée par la guerre à la fois civile et étrangère* Les confédérés, abandonnés par la France, sufwit géné» paiement le dessous. Mais lorsque les Cosaques eurent égorgé cinquante mille catholiques, et qu ils eureat poursuivi les fuyards jusque dans la ville de Balta qn dépendait du khan des Tartares, le sultan MustaffA» déclara la guerre à la Russie (1768). Le khan des Tartuoes. de la Chinée commença les hostilités en enva*

làmmà penâéM Yhwet la NouyeHe^Servie , d*mi il

emmena près de quarante riii H e prisonniers. Mais au monitnt ou il allait perK trer en Pologne, il mourut subitement. Au printemps suivant, les Russes envaiMreRt la Moldafne som la conduite du prince GalitzhH (1769). La déroute d'un corps turc qui avait imprudemment passé le Niestr , dissipa peu à peu \ei craintes de Catherine et de Poniatowski (16 sept.). hes Otiofnans s'enfuirent en désordre yers le Danube | €t les Russes s'emparèrent de Choc^im sans résistance. De là ils pénétrèrent dans les proviric es de Moldavie et de Valachie, et prirent possession des villes deJassy» de Bucharest et de Gallatsch , sans avoir à livrer de nouveaux combats.

En 1770 le maréchal Roniantzoff, successeur de Gaiitzin , remporta près du Pruth et du Kagul deux victoires qui lui valurent le titre de Transdanubied. Cite seconde armée russe emporta de vive force la place de Bender, défendue par une garnison de seize mille hommes. En même temps un corps de sept à liuit mille Russes débarquait dans le Péioponèse pour Mulever les Grecs. Mais cette tentative échoua. Le fnacha de Bosnie réprima sans perne les révoltés, et Jes Russes se remljarqiiei t nt sur leurs vaisseaux. Leur flotte était sous les ordres de l'Écossais Ëlphinston,

Sue TAngleterre avait prêté à la Russie dans Tespérance ^obtenir un traité de commerce avantageux. Un combat naval fut livré près de l île de Chio. Il resta indécis. Mais deux jours après, vingt- quatre vaisseaux turcs furent brûlés dans le golfe de Tschesmé où ils 9 étaient retirés comme dans un endroit inexpugnable. Toutefois, les Russes perdirent le fruit de leur victoire par leur lenteur, Elphinston^ mal secondé par ^lexifi Orloff, brisa son vaisseau sur un écueil et retourna en Angleterre* Privés de cet homme habile et entreprenant, les Russes n'obtinrent plus aucun succès dans r Archipel.

6o4 BÎSTOIBB DES XEfttPâ MOilfi&IÎBS*

A la faveur de cette diversion , les confédérés de la Pologne avaient organisé une armée nombreuse qui se signala pendam les campagnes de 1770 et 1771% La France leur avait envoyé des ofBciers et des subsides, et Ton pouvait croiie que la Pologne sortirait enfin de son abaissement. La vacance du trône avait déjà été proclamée, lorsque les principaux chefs des oonfédérés, Sawa, Pulawski et le Français Dumouriez, furent défaits par Souvaroff. La mort du général Branicki mit le comble aux malheurs de la Pologne. La confédération fut dissoute, et la cour de Pétersbourg déclara, de concert avec les cabinets de Vienne et de Berlin, que tous ceux qui continueraient à s*attr()uper seraient poursuivis comuie brigands et meurtriers (1772). •

Ce fut là le prélude du démembrement de la Po^ logne. Le traité de partage fut conclu le 5 août 177Q, et rendu public le iG septembre. Ce fut en vain que Poniatowski protesta contre cette usurpation. La diète de Varsovie, effrayée par les menaces de trois cours, consentit à l'exécution du traité. L'Autriche se fil céder treize villes du comté de Zips, la moitié du palatinat de Cracovie, une partie de ceux de Sandomir, de Belz, de la Podolie, et le palatinat de la Russie-Rouge* Ces provinces formèrent le royaume de Gallicie et de Lodomérie qui fut réuni à la nionarchie autrichienne.

Frédéric il s'empara de quelques districts de la

Î grande Pologne et de tou^e la Prusse polonaise ^ a 'exception des villes de Thorn et de Dantzig.

Quant à la Russie, elle ohlint la Livonie polonaise, le palatinat de Mscislaw et une grande partie de ceux de Minsk, de Witep^ et de Polozk.

Les trois cours ^rantirent à Poniatowski la posses* sion du reste de la Pologne ^ et pour lui prouver leur ^mcërité^ elles consacrèrent de nouveau les anciens

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