‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 67 sur 89 · LITRE IV. PART. II. CHAPITRE III. Ô · texte numérisé non relu

LITRE IV. PART. II. CHAPITRE III. Ô

et, pour la première fois, le drapeau suédois flotta sur les bords du Dniepr.

Charles, qui avait pas de plan de campagne ])ien arrêté , poussa toujours en avant , et quand il fut par- Tenu près de Smolensk, il demanda naïvement au chef de son é^at-major ce qu'il y avait maintenant à faire. Le seul parti raisonnable c'était de se replier sur la Diinaj mais lidée seule d'une retraite fit rejeter ce projet sans discussion. En s approchant deMoskou^ on pouvait espérer de rallier les nombreux mécontents que les innovations introduites par le tzar n'avaient pas manqué de faire en Russie; mais Charles aima mieux se lier aux promesses de Thetman des CosaqueSy Slaz( ppa, et se dirigea brusquement vors le sud. Ma« zeppa , qui ne se dissimulait pas combien les réformes opérées par Pierre menaçaient la constitution et la liberté des Cosaques, avait résolu de s'unir aux Suédois pour réprimer la puissance croissante de la Russie , et s'en était ménagé les moyens de longue main ; mais Pierre le fit surveiller de si près, qu il prévint presque tous ses desseins, et qu'il Tempccha d'être d'une utilité réelle à son rival.

Charles avait envoyé à Lewenhaupt, qui était en Livonie avec dix mille hommes , l'ordre de le rejoindre en Lithuanie. Ce général réussit, après des fatigues extraordinaires, à passer le Dniepr j mais Cl^arles^ au lieu de l'attendre, se laissa pousser en avant par les conseils de Bhenskjold, qui prenait peu d'intérêt au sort d un ami de Piper. Le 28 septembre, Lewenhaupt fut attaqué par l'armée russe, et, après avoir défendu le champ de bataille pendant deux jours, il fut forcé de se retirer, en détruisant tous les bagages que 1 on atteiulait si impatiemment à l armée du roi. Il erra pendant quelque temps, avec six mille hommes qui lui restaient, dans un pays inconnu, jusqu'à ce qu'entia un hasard lui fit rencontrer lavant-garde suédoise.

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Toutes les places dont Charles, à en croire les promesses de Mazeppa, devait prendre posses&ioa près» que sans coup fërir, étaient déjà occupées par les Russes , et les Suédois perdirent toute leur artiUme dans ces marches inutiles.

Ënfin^ vers la .fin de Tan 1708, pendant un hiveir tellement rigpumix que plus de quatre mille âujéiiais a^eaient déjà succombé^ on occupa Gadiatdb, sur la SûLila. On aurait pu y trouvei dtii quartiers d'hiver tolérables; niais Charles ne voulait point de repos : dès le 28 décembre, il recommença à marchot en ayant, et parvint jusqua Boudichtchi« « Deamides le chemin de TAsie , » dit-il au chef de son état^major^ quand il fut près de Kolomak. L'officier tout ëbahi s'eitorça de hii faire comprendre que TAsie était en* core bien, éloignée^ et dans une direction toute différente. « Mais Mazeppa , reprit^ le roi , m-a assuré que f «l'Asie n'était pas à une grande dislance, et il faut que «nous puissions dire que nous avons été en Asie. « De Boudichtclù) Charles setwdit sur les ri^es de la Yorskla^ et presque ton» les jours avaient lieu de pe» tits engagements avec les Russes,

£niin le 12 mai, on commença le siège de PukaWi et cette fois ce devait être un siège régulier : on yoo* lait suivre en tout point les préceptes de Vauban. Malheureusement cette résolution, éloigna de Tarmée les Cosaques qui étaient venus la rejoiiidre. Les Russes qui étaieut de l'autre côté de la Vorskia^^ se préparant à la passer pour venir, secourir la pUoe, CharieB les devança , et , dans une reconnaissance , il fut blessé au pied. « Ce n'est qu'au pied, dit-il à Levveoliaupt qui était près de lui 4 la balle est dans les chairs ^ nous la ferons extraire sans peine. » Mais la blessai» était plus dangereuse qu'il ne l'avait cru luî^niéni0) et il se vit forcé de céder le coaiuiandement en chef à Rhenskjuld.

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