‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 71 sur 89 · LIVRE IT. fart; ir. CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

LIVRE IT. fart; ir. CHAPITRE UI

un s^rand caractère, mais il lui manquait 1 étendue d'esprit , le génie, qui pouvait les faire servir à son iitUité et à sa gtoire. If n'écoutait qu^ ses- passions, qui le portaient à de grantJes choses , il est vrai , mais qui ne lui permirent janiais de prendre conseil, ni de la modération, ni de l'expérience. C'est là ce qui le perdit et ce qui causa la ruine de la Suède.

Sa mort eut un double résuftaf: en Europe, tous les' desseins du baron de Gœrtz furent ain antis; en Suède, il y eut réaction coirtre la royauté et contre la polîtiqtie de Charles Xli. Le despotisme de ce prince avait été si exagéré et si fatal à la Suède , que toute là nation se précipita vers l'excès contraire et, dans Tintérêt d'une faction oligarchique, détruisit presque entièrement lautorité royale.

S II. Ulrique-Eléonore (17 18-1720).

Dès que les officiers qui suivaient le roi se forent aperçus de sa mort , ils convinrent ensemble qu'il follait la cacher aux travailleurs et aux soldats , de peur

de les alarmer et les décourager. Ils trouvèrent donc convenable d envelopper son corps d'un manteau et de le faire enlever comme si c'était celui de quelque officier tué. Siquier , aide de camp du prince de Hesse* Cassel , campe avrc le gros de l ai inée près de Torpum, arrivant sur ces entrelaites avec des dépêches de son maître pour Charles XII, prit le chapeau du roi, lui mit le sien avec sa perruque sur la téte, et après qu on eut porté le corps dans une hutte, il monta à cheval pour aller rejoindre 1 armée du prirtce, au(fnel il raconta ce qu il avait vu. Le prince ht aussitôt appeler les principaux officiers et leur communiqua cette triste nouvelle. On tint ensuise un conseil de guerre , dans lequel il fut résolu, entre autres choses , de lever lè siège, et d'envoyer arrêter le baron de Gœrtz, qui était

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en chemin pour se rendre en Norwége. Siquier fiit

dépêché pour porter à Ulrique-Eléonoie la triste uouvelie de la mort du roi son frère , et comme on n avait pas eu le temps de lui remettre des dépêches | on lui enjoignit de descendre chez le gouverneur, pour lui dire ce quil avait vu, et Tinviter à en informer la princesse.

Aussitôt qu UIrique*£léonore eut appris la mort de Charles Xil, elle assembla le conseil royal, qui h proclama héritière du trône et reine de Suède. Le 5 décembre 171 8 elle convoqua les états du royaume pour le 20 janvier 1719.

Le premier soin des états, lorsqu'ils se virent réunis, iut de déclarer qu*ils s'étaient assemblés de leur propre i mouvement pour élire un successeur à la coiuoiine. Ulrique, une fois élue, les assura parécrit qu elle porterait la couronne en vertu de 1 élection libre des états, et non en s appuyant sur aucun autre titre. Les états, à leur tour, remercièrent la reine « d'avoir témoi^é « dans sa déclaration une aversion si juste et si raison- « nable pour le pouvoir absolu, dont les effets avaient « grandement affaibli le royaume, et lui avaient fait ^« un tort tel , que la ruine presque irréparable de tous «les citoyens pouvait en être la suite. Aussi, ajoii talcnt- « ils, nous, les conseillers et ies états du royaume as- « semblés, avons sérieusement et unanimement résolu « d*abolir entièrement un pouvoir arbitraire devenu si

« préjudiciable. »

Quelque sérieuse et quelque unanime que fut celle résolution , ils s'imposaient une tâche qu il n était pas aisé de remplir. Sans doute, il ne semblait pas diffi* cde de lier les mains à un prince qui devait recevoir d'eux la couronne, aux conditions qu'il leur plairait de lui prescrire ; mais de simples conventions avec un prince étaient*elles suffisantes pour prévenir le retour du pouvoir arbitraire?. Il fallait, pour se préserver

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sûrement d'un tel danger, opérer une révolution complète dans 1 organisation de 1 Etat : il fallait arrêter une ^stitaUon capable de rendre à la liberté un peuple aGConturaé à une obéissance servile, et établir ce nouveau pacte sur des fondements solides, ce qui n était pas la moindre des difficultés. Les nobles , alors plongés dans la pauvreté, avaient perdu toute indé* pendance ; les bourgeois , par suite de Tanéantissemeat au comuicrce, avaient cessé d'être influents; les paysans eux-mêmes , oubliant la généreuse audace et i amour de la liberté qui avaient distingué leurs ancêtres* ne se faisaient plus remarquer que par une soumis* sion sans bornes. Mais ce qui mettait surtout obs« tacle à rétablissement d'une véritable liberté, c'était cette division même de la nation en classes distinctes, entre lesquelles il n'existait aucun lien de cohésion, et qui, au lieu de se contre^baiancer, devaient toujours chercher à s^entre-détruire* Un exposé rapide de la forme du goiwernemetU établi à la mort de Charles XII fera voir combien les intérêts des différents ordres étaient continuellement en opposition.

Cette constitution , qui se compose de cinquante et un articles, fut présentée par les états à Ulrique- Eléonore, qui ne pouvait se dispenser d y souscrire. Les états étaient composés , comme par le passé, de quatre ordres: les nobles, le clergé, les bourgeois et les paysans.

Ils devaient s assembler tous les trois ans au milieu de janvier, et plus souvent même, si le roi ou le sénat (en cas d absence , de maladie ou de mort du roi) croyait nécessaire de les convoquer.

Si le roi ou le sénat négligeait de les assembler à 'expiration des trois ans , ou si même la convocation ne se faisait pas au jour déterminé par les états dans \e cours de k diète précédente , ils avaient le droit de 'assembler pioprio motu, et tout ce (^ue le roi ou

sS.

6a JMTOUUI HSS WÊWB MOOEMHXS»;

le sénat aurait fait dans Tiatervalle, devenait nul de plein droit*

ht temps fi^é pour la durée de la diète était trois naois; maïs conune ses aMoibrta airaieai «Mtèa im

droit de la dissoudre, il dépendait d*eu de la pro^ longer à leur gré.

Les états une lois assemblés ^ c était en eux que résidait | de fait » tout le pouToir suprême* L autorite dm 701 et du sénat était suspendue^ ils cessaiema d'ayoïv part à ce qui se passait, ou n'y participaient que pour apposer leur signature et leur sceau aux décisions de la diète, qu*iU les approuiwssant-ou non» f . En tout temps le pouvoir légiakitif leur était réservé

dans sou entier. Le roi et le sénat qui n'y avaient aucune part, ne jouissaient même pas du droit de s*opposer aux résolutions de la dièie qui altaquaiMt direclement les droits royaux et sénatoriaux, «loat la conservation dépendait ainsi uniquement de la modération des états. En outre, ils possédaient seuls le pouvoir de déclarer la gueire ou <ke hin la paix , et de changer le titre des monnaies^

S'il venait à vaquer une place de sénateur, ils présentaient au roi trois sujets, juumi lesquels le roi él^ii obligé de choisir , et ce pcivilége iut encore limilé dan^ la suite.

Ainsi donc, si un sénateur meorait dam ImterraHs de deux diètes, sa place ue pouvait être remplie quà rassemblée suivaute des états.

£nfin, ils étaient les maîtres de dépeser tout mtm» bre du sénat dont ils désapprouyaient la coaduke^ en de lui accorder sa retraite s'il la demandait.

La diète, lorsqu'elle se. réunissait , commençait par nommer, dans les trois premiers états , le mmké «ecr^^ dont les pouvoirs duraient pendast te«te 1» ses» sion , et dont les deux tiers devaient être composés de nobles.

Z*ITR£ IT. PART. II, GHAFITBE III.

Ptendawt l'assemblée des étorts , le pouvoir executif résidait presque uniquement dans ce comité; car le sénat ne pouvait plus lexercer, puisque, devant compt6 aax étaes de son achmmstnitîon et pouvant être dissons ou blftmé ^ il se serait vu , s'il eftt été en possession du pouvoir exécutif, forcé dans certains cas de se détruire lui*même«

Quant au ponvoii^ judiciaire, les états s attribuaient le droit d'évoqner à eux les causes pendantes aux cours ordinaires, pour les faire juger par une commission prise dans leur sein.

« Rien ne pouvait être plus formidable, » dit Fauteur anglais auquel nous empruntons ces extraits {i^, «rien ne pouvait être plus propre à anéantir toute liberté que cette cour, qui, dans le fiiît, réunissait tout à la fois les puissances législative, judiciaire et executive. Ce qui la rendait plus odieuse encore, c^est que, jugeant tous les crimes de haute trahison, elle était souvent tout à la fois juge et partie. Elle connaissait aussi de ces sortes d'écrits où Ton examine les actes du gouvernement, et que ceux qui gouvernent trouvent bcfn de qualifier de Kbeites. Or, je le demande , la liberté de la presse pouvait-eile subsister lorsque le parti offensé devait être juge de l'offense et condamner roflénseur? » Mais contimions notre analyse. ,

A lexpiration de la diète, le pouvoir exécutif était

{mrtacré entre le roi et le sénat , mais de telle sorte que e prince n y avait que très-peu de part.

il n'était distingué des sénateurs qu en ce qu'il avait deux voix , et qu*en cas de partage par égalité des voix, son opinion prévalait.

La personne des sénateurs était sacrée dans tout ce qui avait rapport à leurs fonctions; et la peine de

(c) Shéndan, De laderaière révolution de Suède, Londres, 1781.

66o msTOiu HMS tsiip# mqobmxss,

mort était décernée ooutre quiconque accuserait un sénateur pour quelque acte reLatii' à ses fonctions , à moins que Taccusateur ne pût prouver légalement

qu'il avait avance. Quiconque attaquait de vive voix ou par écrit uu sénateur eu &a qualité d homme public, devait lui deoiander pardon publiquement et payer une amende de Soo écus.

On disposait de la manière suivante de tous les eiii-

Î>lois militaires, depuis le grade de colonel jusqu'à ceui de feld-maréchal , ainsi que de toutes les charges du même rang dans les départements civils : le sénat choisissait et présentait au roi trois candidats , parmi lesquels le roi devait faire un choix, lors même qu*il aurait eu de bonnesraisons pour les refuser tous. Quant aus emplois inférieurs, les autorités compétentes pré» sentaient trois candidats au roi en présence de deux

sénateurs.

Pour les commandements militaires ^ le sénat présentait un candidat, le bureau de la guerre un autre, et le roi choisissait* ^

Lus niliiistèrcs et les emplois d'une haute impor* tance étaient donnés à la pluralité des voix par le sénat, qui^ comme on le voit, disposait presque de toutes les places*

Enfin , le sénat avait le pouvoir de s*assembler sans Tordre du roi, et de traiter, eu son absence, les affaires les plus importantes. ^

Il ne restait par conséquent au roi que peu de pouvoir; et, dans la réalité, il ne pouvait être considéré comme souverain; il n était vraiment que le représentant de la majorité des états ; encore lautorité de ce représentant était-elle trop limitée par ses commettants pour qu il eût une autorité à lui.

Il ne prenait aucune part à la lé<^islatIoii , pas même par un veto suspensii, cl il u.ivait par consequeut aucun moyen de conserver ses minces prérogatives.

LiVaB XY. f A&ï. II. CIIAPiXA£ UU 66l

. Ces prérogatives se réduisaient à ce qui suit:

1^ La dignité de roi était héréditaire; toutes les autres ne Tétaient pas»

2^ Il avait la prééminence avec toute la pompe exté*> rieure et les insignes de la majesté.

'3° Sa persoiHie était sacrée, comme celle des sénateurs; de sorte que quiconque lui manquait de respect encourait la peine de mort*

ip II était l'unique source visible des honneurs ^ c'est-à-dire que lui seul pouvait conférer des titres de noblesse; mais lexercice de ce droit était fort res-> tJ'eint.

5** Il pouvait seul faire grâce à un criminel, mais

seulement après le prononcé de l'arrct de condamnation , et le sénat était autorisé à le dissuader de faire usage de sa prérogative, ce qui équivalait à l'obligation de consulter ce corps.

6^11 disposait, comme nous lavons déjà dit^ de Jeux voix dans le sénat.

Il ne pouvait ni lever des troupes, ni équiper des flottes , ni bâtir des forteresses sans le consentement des états. Il ne pouvait, de sa propre autorité, faire la guerre ou la paix, contracter des alliances ou conclure des traités. Il dépendait de chaque diète pour les fonds nécessaires à ses dépenses personnelles.

Telles furent les dispositions principales de la cens* titùtion établie en Suède à 1 avènement dUlriqjwe* ' jËleonore. Il est clair que le principal but des Suédois fut d'enlever au roi tout moyen de redevenir absolu. Aveuglé parles maux aiixquels on venait à peine d'é» chapper, on oublia que la liberté peut courir d'autres dangers que ceux auxquels exposent les usurpations de l'autorité royale. Telle était laversion des Suédois pour toute autorité arbitraire, quon eût probablement aboli la royauté, si la niasse de la nation n eût été en» core favorable à cette forme de gouvernement.

6&% mSTOIRS D£5 TEM1« MOBEHNB8«

lie yno(t le filM easentiel de cette -cottsthntioii ébât

sans doute le défaut d equilibre dans toutes ses parties 5 mais il n'était pas moins absurde de conserver daas une constitution libre la magiaiiniture ro^le sans la rendre utile à k liberté. Le naire du royaume n'avait une influence suffisante ni sur le pouvoir législatif, ni même sur le pouvoir exécutif, et par conséquent les Suédois se voyaient tour a ' tour exposés aux empiétements de laristocraiie et à la Kcenee des assemblées populaires. Fendant Tas^ seml)lée des états, ils éprouvaient tous les désordres qui naissaient des factions et de la violence des partis; et pen(clattt les iaeervalles des sessions, le sénat leur £ûsait sentiv toute la rigueur de 1 oppression, qui est naturellement le fruit de Toligarchie. Mais ce qu'on doit regarder comme 1 erreur la plus funeste des au* teurs de cette constitution, cest qu'ils oublièrent entierement d'assurer la liberté inoivtdnclte; onrission funeste, qui prépara une nouvelle arène à la lutte dei

^ m. FamBSic (17^0-1751).

tJlrîque-Éléunore lut couronnée le 17 mars 1720, et de temps après elle céda le gouvernement à son epottx, Frédme de hesse^Casael ^ quv montia smw le tnuie du coosenteinent des états , en souscwvnwt am mêmes conditions qn'Ulrique. Par l'arrestation et surtout par l'inique condamnation du baron de Gœrtz, on s était imposé la nécessité d'abandonner son système politique et les négooiations entamées par « avec le tzar. L'Angleterre fut assez habile pour conclure la première un traité de paix avec la Suède (20 novembre 17 19). Les duchés de firéme et de Yerden fiunent oédéa à Télecteur de Hanovre ^ luoyemHmrt m million. d*écua.Le payement de cette BOOMMe^pemil à

lav^Ê IV. ipAisr. u. ghabisbx* iii; 663

la Suède dt ceotin«ier la ^leireeontre la Ruade. Le ûi janvier 1720, on fit la paix avec Fredérif-Guiliaume, pireiiùerro de Prusse, en lui abandonnant la forte» resM inifNortanie de Steltin et tMtte 1» Voemmatm ^n^cmeure jusqu*à la Peene , ainsi que lea îles dfVuh doiu et de Wollin , cessions pour lesquelles il devait payer deux millions d ecua» Le DaBcniark , qui déai^ raît s'alUer à la Suède fom s'emparer du Uolsteiii) rendis toates aea conqiiétea, Wiaatar, Stralsaiid et

nie (le Riigeii, et n'exigea de la Suède que six cent mille ëcus et la renonciaxioi) à l'exemption du péage du Sund (3 juillet ly^o).

La Rasaie reataît dom seule' à eoaobsfttre» Pierre ^ qui à la nouvelle de la mort de Charles s était ^rié : Pauvre Jrère Charles ^ combien je te regrette! se montJ3^ fennemi le plus acharnédu gouvernement suédois, et se disposa à l*accabler« ëd 17 1 9, il avait déclaré qu it mettrait la Suède à feu et à- sang, si V on ne se h&tfac pas d accepter les conditions qu il pioposaii , et il tint sa parole. En juillet 17199 Apraxin aborda sur la côte de rUplandy et, en véritable barbare, détruisit eu peu de temps treize villes ouvertes , trois oeot soixante et un villages, cent quara^tte et un châteaux de nobles, quarante-trois moulins*, quatorze usines et d'immenses toréts; les hommes et les ammaux furent massacrés sans distiactioB , et ces déveaUttions oocasionnèreM un dommage qui fut évalué à dMse' nrilBons d*ëcus.

L année suivante, les ravages recommencèrent , et b.&ttède se vit contrainte de consentir à toutes^les de* qiendes du tzer* Par la paijtdeKystadt (lOsepDeuAms 17s i), la Suède perdit pour toujours les belles pro* vinces de Livonie , d'Ësthonie, d'Ingrie, et une partie de la Finlande et de la Carélie , en échange desquelles le tzar s*<ibligee à payer deux millions d'écus; Auguste fiu reeounapar la Suède conumm de Pologne, maM il dut pajei a Stanislas un million d ecus.

Ainsi la guerre du Nord fit de la Russie , jusqu'alors

puissance asiatique, une puissance européenne, lui donna un littoral sur la Baltique, des milliers de prisonniers, et surtout des officiers, qui formèrent k noyau d'une armée formidable. La Suède, au contraiirei qui naguère encore pesait d'un si grand poids dans labalaiice de la poli tiqueeinopecnne, ne lut plus désormaii» ' que 1 instrument subalterne des intrigues étrangères.

De tous les États de r£urope , ce fut la France qui 8 assura en Suède le parti le plus nombreux. Il exisiait entre ces deux royaumes d'antiques et glorieuses relations. Gustave Wasa s'était ùjilié à François contre j CliadeS'Quint, et Gustave-Adolphe à Louis XIII contre la préponderanoe de la maison d'Autriche* Mais

depuis il s était opéré un changement total dans les afïaires du i\ord, et c était en pure perte que le cabinet de VersaiUea continuait, par routine, à dépensa en Suède des sommes considérables. Depuis que le petit électorat de Brandebourg était devenu un royaume , important, la Suède ne pouvait plus avoir aucune in- ' flueuce en AUema|[ue , et l'idée de l'opposer à la Kussie était une erreur iuneste. Semer la division entre ces deux puissances, c'était fournir à la plus forte un prétexte pour faire des conquêtes, et par conséquent augmenter encore un pouvoir déjà si dan|[ereux pour la bberté et pour le repos de l'Ëurope civilisée. On ne saurait donc nier que si 1 alliance française nuisit dans

lusieur^ occasions aux intérêts de la Suède, la Franct^ , ' son tour se méprenait étrangement en recherchant I une alliance dont elle n a jamais retiré aucun fruit Du reste, elle s attachait indifféremment au parti qui

oniinait dans le sénat ou dans la diète, quand celle-â était assemblée.

La Hussie, dans le désir de conserver la paisible possession des provinces enlevées à la Suéde, attisai secrètement le feu de la discorde, et augmentait It

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mésintelligence des partis, qiiî, eux-mêmes, se trouvaient divisés par cette double corruption. Mais la France avait plus d'influence , |;râce à trois grands moyens, qui lui permettaient d'agir presque publique** ment : elle était, depuis le règne de Charles XII, en compte de subsides annuels avec le gouvernement: ainsi elle pouvait menacer de retenir les fonds, toujours arriérés, ou promettre d'en envoyer, selon' que Texi* geaient ses propres vues; 2*^ elle entretenait à son service un régiment portant le nom de Royal-Suédois ^ dont les soldats étaient, pour la plupart, Poniéraniens ou Allemands , mais dont les ofticiei's étaient Suédois: sous ce prétexte elle pensionnait un grand nombre de familles de ce royaume; 3" dans les cas urgents, elle iaisait distribuer de l'argent parles chefs de son parti, pour séduire et entraîner «Vautres individus dans ses intérêts ; mais elle avait surtout le plus grand soin d'être consUmiment en bonne intelligence avec la cour^ qui fermait les yeux sur les intrigues des agents français.

Quant à la Russie , elle ne travaillait qu a jeter le royaume de Suède dans le dernier degré d'avilissement, qu'à nuire au roi, qu'à ruiner le commerce extérieur, enfin , qu a se faire regarder comme le garant des pactes les plus humiliants que laristocratie imposait au rao« narque. L'Angleterre, vouée à une politique mercantile, s'était de bonne heure rapprochée de la Russie, lorsque Pierre i^^ lui eut définitivement ouvert Tentrée de ses États par la Baltique.

Indépendamment de plusieurs partis d'une moindre importance , deux partis principaux existaient dans le sein de l'aristocratie : celui de Gyllenborg (les cha^ peaiix)^ et celui de Horn (les bonnets). Ces partis, pour emprunter les paroles de Gustave 111, fiùsaient aune même nation deux peuples qui n'avaient rien de commun que le désir de perdre la patrie. Dans le prin-

cîpe, les bonnets ét^iertl vencitis à la Riissîe, les cha^ peaujc à la Fracnce , et la politique de la Suède se réglait sur les. sommes qiu ees deux puissances payaient à fun ou i } autr^deces deuiipartis. Lesdtètes aererf aient des arènes où les partis combattaient, et aa lieu de sofiger à radrainistration de l'Etat , on ne s'occupait que d^întriguer pour obtenir la majorité, et pour se garantir des Tialenees du parti opposé ; aussi dam cette lutte acharnée le sang coula-t-il plus d'une fois.

Tel était l'état dépl(»able de la Suède quand on résolut de fiiire ia guerre à la Russie. En 1735, h France avait su paralyser les intentions pacifiques du conne (le Horn, et on avait conclu av( c cette puissance un traité par lequel , moyennant trois cent mille ëcus par an, on s'engageait à ne faire aucune alliance sans le consentement de la France. En 1788, le parti français remporta une victoire complète; Horn se retira des affaires, et c'est alors que son parti, à cause de son amour pour la paix , fut surnommé le parti des bonnets. Le comte de Tessin fut appelé à la ckarge importante de maréchal de la diète. Les bonnets furent chassés du sénat et remplacés par des chapeaux partisans de la guerre. Pour réveiller l'honneur des Suédois, on leur peignit avec indignstion le royanme avili et dépouillé par la paix de Nysradt, et comme la Russie était alors occupée par une guerre contre les Turcs, on présenta cette occasion comme favorable pour effacer la honte de tant de défaites et recon* quérir les provinces perdues. ITn attentat, dont heureusement il existe peu d'exemples dans l'histiiire, vint encore exciter une juste indignation. Le major Sinclair avait été envoyé à Gonstantmople et en Pologne pour négocier une alliance contre la Russie ; à son retour il fut assassiné en Silésie , daîis les États héréditaires de l'empereur , par un détachement russe,

litviLE iT« PAiur. II» cmànxBE m. 607

qoi ne chercha pas même à nier cette bcmteuse vio* ItJàon du droit des gens«

Toutefois , quand on evraja «n FinlMide me p«» lile armée de six mille hommes, les* Rosses

déjà fait la paix avec la Turquie, et par la tout espoir de conquête était peniu pour la Suède, comme pour la i^nmce tout motif de £mm une* utile diversion es frreur du saltaa. Mais les passkms étaient enitées^ Biratôc la mort de Timpératrice Anne et les ëvénemenls qui suivirent cette mort parurent favoriser les intentions de la Suède; bientôt aussi la mortderem* pereur Charles VI, et la guerre à laquelle sa succesnM dènsia lieu , firent souhaiter a la France qise 1 acten» tion de la Russie fût (if'tournëe par quelque danger . imminent. Mais en s eilorçant de vaincre le parti op« posé à la guerre, on eut le tort d*accMer ses prinel» paux membres de haute trahison , et de renvoyer la question de la guerre à un comité gagné d'avaucc. Par là on perdit encore une fois le moment favorable , et la guerre ne fut déclarée que le 4 août 174^* On s attendait néanmoins à conquérir au moins la Garélie, Kexhoim, Viborg, les embouchures de la Neva, Schlusselbourg , Pétersbourg , Kronstadt et Kroaachlott.

Le début de la campagne ppouTa combien on uynH mal calculé. Les généraux russes Keith et Lascy pé*

nétrèrent eu Finlande et battirent les Suédois à Villnianstrand,le 3 septembre 1741* Mais si Ion avaiteu lieu de reconnaître qu*en commençant la guerve 00 ne s'était pas bien rendu compte de la puissance' dta Russes, oTi espérait maintenant profiter des désordres occasionnés par la révolution qui avait eu lieu dans le palais de Saint-Pétersbourg. En effet, la nott» ▼elle immeatrioe Elisabeth fit offrir- une tnêre; mak les Suédois, croyant que la Russie ne pourrait se di&peaserde conclure la paix, éievèi4a>t des préten*

68$ BISTOIEE DES TEMl^S MODEEVES.

tiulîs ridicules , et négligèrent d'augmenter leurs forces. Les Russes entrèrent donc de nouveau en Finlande, et Tannée suédoise fut repoussée ju&quà Helsingford, où f abandonnée par la flotte y elle fut cernée par les - Btisses et forcée de se rendre, le ao août 174^»

Ainsi, au lieu de songer à de glorieuses conquêtes, il fallut s'attendre à de nouvelles pertes, et déjà Ton prévoyait qu'il faudrait céder toute la Finlande à im ennemi aussi puissant* Toutefois , il s'offrit un moyen moins dispendieux de calmer la tzarine. Frédéric navait point d'enfants , et Ton délibérait depuis quelque temps sur la question de savoir quel serait son successeur; il y avait, il est vrai , dans la maison de Holstein, un prince descendant, par les femmes, de Cliarles XI : c'était le petit-tils de la sœur de Charles XII f Pierre*Uhic , tils du duc qui s'était retiré e& Eussie, et d'Anne, fille de Pierre P^; mais ce prince étant destiné à monter sur le trône de Russie, eo proposa un autre prince de la maison de Holstein , Adolphe-Frédéric^ qui descendait d'une petitefiUe de Charles IX. Les paysans suédois, et sar* tout les Dalécarliens , qui envahirent Stockholm i main armée, voulaient nommer le prince royal de Danemark et rétablir Tunion de Calmar. Le Danemark promettait, dans le cas où cette tentative réussirait, un secours de douze mille hommes et douze vaisseaux de ligne; niais la noblesse, qui craignait pour son pouvoir, s'opposa à cette combinaison. D'un autre coté , la tzarine ne voyait pas d'un meilleur œil le rétablissement de runion« On se rapprocha donc; la noblesse se prononça pour Adolphe-Frédéric, qui fut élu suo cesseur de Frédéric, et Elisabeth accorda une paii équitable, qui fut signée à Abo (174^)* Elle se contentait de la cession de quelaues perdions de territoire pour s*arroftdir en Finbnae, de la province de Kymmenegard, et des forteresses de Frédérikshamn,

le

LIVBE IV. FART. II, CHAJeXTBB III. CÎO9

de Wîllmanstrand et de Nyslot. Le sénat rejeta tous les torts sur les généraux Ëuddenbrok et Lœwenliaupt^ qui avaient mal exécuté un plan de campagne détes» table, et leur fit trancher la tête*

Huit ans plus tard (^5 mars 1751) , le roi Frédéric mourut, frappé d'apoplexie , à lage d'environ j6 ans» Il avait, en 1732, fondé à Stockholm une académie, dont le célèbre Linné fut le premier président. Mais le monument le plus durable de £on règne, c'est le Code civil, publie en lySô, et qui régit encore aujourd'hui la Suède.

S IV. Adolphe-Frédéric (lySi-iyji).

Adolphe-Frédéric, de la maison de Uolsteîn, monta anr le trône, le 5 avril 1761 , à Fâge de ai ans, aprè» avoir adopté la forme de goui^rnement de 1720, qu'il

devait conlimieren signant un acte d'assurance par lequel les faibles prérogatives de la couronne étaient en» eore plus restreintes. Il était marié à UlriquerEléonore^ sœur du roi de Prusse; et Imtention que l'on supposa , non sans raison, à cette princesse de vouloir rétablir l'autorité royale dans ses anciens droits, fit le principal intérêt de son longrè^ne. L'influence de la France sur les décisions du sénat était alors presque illimitée , et la diète cjul s asseaibla en lySô fui encore presque entièrement composée de chapeciux,

Ulrique-Ëléonore, douée d'un caractère décidé et entreprenant, chercha à s'attacher les bonnets; et pour y parvenir, elle engagea à Hambourg une partie de ses diamants. Mais inie de ses dartK s d'honneur vendît son secret aux chapeaux ^ qui mirent tout en œuvre pour la contraindre à racheter sans délai les diamants en» gagés , et lui enlever ainsi tout moyen de corruption. Dès l'ouverture de la diète, les états présentèrent au roi une délibération par laquelle, en vertu d-un arti»

6yO HISTOIE£ DES I^MrS MODïaiH&S.

cle du règlcneni; de 1728 , ils ardonmifciit Texamen

des diamants de la couronne, tant de ceux qui étaient dans ie tré&or, que de ceux qui avaient été préscotés à la reine à Berlin, loti de son mariage,

La reine refusa de se soumettre à œtte inTMtigation pour les diamants que l ambassadeur de Suède à BerUn lui avait pi*ésentéâ au nom du roi eu personne. EUe en écrivit au «énat non sans quelque amertmiiei et sa lettre demna lieu à oiie réplique si vive , q«i*it fallut Céder.

Le roi, dans sa réponse, fut obligé de protester des hauts sentiments d'estime et d'amour que la reine aTSiit poor toute la nation suédoise, il s'eUbrça dV doucir la dureté de quelques expressions dont elle s était servie dans sa lettre aux états, les attribuant à oequ elle avait echtcette lettre dans une langue elie n'entendait pas suffisamment. Il déolara de plus mm les diamants donnés à la prmeesse^ a Berltn, Im ajfiant été olferts en son nom, elle ne pouvait les re*

Farder que comme lui appartenant, coa£orniém£nt à un desanides da octfat de mariage, les éiats répliquèrent encore, et dam leur lettre on troinre le passage suivant ; « Les états prient \ . M. détre seule « maître dans sa cour et roi de son royaume; eniîn lis la supplient humblesnent de faire cesser toute coiw • eespondanœ uktérieuFe, taïKt sur ee sujet que sm a tout autre sujet semblable. »

Après ce succès , ils se livrèrent à des actes enoave plus injurieux* Le saus'-gouverneur que le toi iwnait de donner au prince royal, ahm âgé cle dix'nns, déplut aux chapeaux; on résolot, en conséquence^ de supprimer la place de sous-gouverneur du prince, et, a cet efiet, on adressa au roi une très- humble nnn moina impérieuse qne les précédentes.

Le rai'Ctit à peine obéi à oette injonction, qu'on lui intima, bous larme de Mipplique, Vordie de renvoyer

le gouTemeur du prince; en même temps on lui signifia que le comité secret avait choisi le sénateur ScliefTer pour remplir iouctions. Et le roi .fiu obligé de céder sur ce point comme ^ur tous les autres.

Les chapeaux cependant n'étaient point eiicoie arrivés au terme de leur insolence aristocraxique; car ou ne peut pas donner un autre nom à de pareils pro« cédés ^ si Ton réfléchit combien tout cela était élmguié d-avoir le plus Icgei intérêt pour la chose [)ublique et pour le maintien de la constitution, ks exposèrent au soi que^ suivant le XVP article de la eonstitutîoiiy dans le cas où le roi serait absent ouasaexmakdepouc ne pouvoir vaquer aux affaires publiques, les sénateurs étaient autorisés à signer les flépèches qui n'admettaient point de délai; que, par le XX^ article de l'oiH donnance de 171)^) si le roi diffésaît de signer plus longtemps que ne le comportait la grayité d'une affaire, les sénateurs étaient chargés de signer tout ce

âueles états enverraient à S. M. pour qu elle rexécutât» a ajoutèrent que des motifs autres que l absenoe et la maladie pouvaient empêcher le roi de signer les actes qui lui étaient présentés, et que, iiulepeudaniment des affaires décidées par les états y il eu était encore dassez importantes pour ne permettre aucun délai. «.Les états généraux ^ » est*il dit dans cette naïve re* monlrance, «ayant scrupiilf usenient éj^ard à cette, « x:ousidération, que le grand nom du roi rend les «.^mmandements etles expéditions plus efficaces, etc., « l'humble opinion des états est que dans toutes les « affaires, sans exception , où la signature manuelle du « roi a été requise jusqu'alors, le nom de S. M. soit « Aj^osé dorénai^afU au moyeu d^une estampille^ toutes « les fois que sa signature ne suivra pas la première « ou la seconde réquisition du sénaL » Le roi £ut encore forcé de céder.

HISTOIRE DBS TBMM MODERNES.

Peu d'années après, ce même parti des chapeaux,

soutenu encore par ki France, embrassa les intérêts de la cour, parce qu'alors la politique étrangère avait diange de face à Versailles ; mais le prétexte de leurs menées fut toujours le même: la liberté de la nation

suédoise!

On aurait tort cependant de croire que le roi et ses partisans ne firent aucun eitprt pour détruire la pré* pondérance des chapeaux ; mais leurs tentatives eurent peu de succès. Le roi était entièrement dépouillé des moyens que la conslii niion de 1720 lui avait assurés pour défendre son autorité, et désormais la force seule pouvait les lui rendre. Du reste, le peuple, fatigué de la domination du parti aristocratique , désirait vivement le retour de lancienne constitution ; mais les nobles avaient pris tant de préaautions, qu'ils étaient certains, tant qu*il ne s'opérerait pas une scission entre eux, de pouvoir faire échouer tout ce qu'on oserait entreprendre. L outrecuidance des chapeau:!: amena bientôt ce désaccord. Le comte de Brahé, le baron de Horn , le maréchal de la cour et a autres bonnets for-

remettre le roi en possession de tout le pouvoir dont il jouissait en 1721. Ils comptaient y parvenir en corrompant les soldats et les matelots qui se trouvaient alors à Stockholm; car, d'ailleurs, on était sûr du peuple. Cette cons|]âratii>n fut découverte au moment de Texécution ; de Brahé, de Horn, et plusieurs autres personnages suspects furent arrêtés par ordre du comité secret* L affaire fut- portée devant un de ces tribunaux monstrueux dont les membres étaient choisis par les étals, dans leur propre sein, et paf Gonsëquei)t dans le parti dominant, contra lequel Brahé et ses complices étaient accusés davoir cens* pi ré. Toute la procédure eut lieu sans aucune pu* blicité, et la question, cj^ui jaiuais n'a été admise en

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Suède dans les cours de justice ordinaire ^ fut appli*

Suée sans ménagement. Le principal chef d accusation iri^é contre le comte de Brahé, c'était la saisie faite ^

dans sa maison de campagne, d'un grand nombre de balles et de cartouches. Vainement il allégua pour sa défense qu'il n'avait rassemblé ces munitions que par Tordre immédiat du roi , et pour la défense de S. M. en cas d*une attaque imprévue; il fut condamné à perdre la tête, ainsi que le baron de Horn et six autres complices, et la sentence lut exécutée. Dans cette circonstance, le roi et la reine ne craignirent pas de s'abaisser jusqu'à des supplications ; on les repoussa avec dureté et dans le stjle le plus injurieux.

Désormais Tinfluence du roi était assez annihilée

Sour qu'il ne pût opposer aucun obstacle à ce que la uède prît parti contre le rot de Prusse dans la guerre de Sept ans. Les instigations de la France , la peur qu'on avait de la Russie, Tespoir de regagner ce

3u on avait perdu en Poméranie, entraînèrent le parti ominant dans celte lutte, qui chargea la Suède d*une nouvelle dette de vingt millions d*écus. On sait que les armes suédoises ne se moiitrèrent jamais sous un

nt de vue plus triste. Les troupes, il est juste de ire, combattirent vaillamment quoique manquant de tout; mais la cour intriguait d un côté pour qu on n'entreprît rien de décisil, et de l'autre cote les généraux, redoutant le sort de Buddenbrok et de Lœwenhaupt, s attachaient à la lettre des instructions que le sénat envoyait de Stockholm. £n 176a, avantl'ayénement de Pierre 111, on fît la paix à Hambourg, et i on rétablit le statu quo aiite belliim.

Depuis la diète de 1756, les chapeaux^ par leurs violents procédés, avaient perdu la confiance de la nation , et les bonnets avaient vu insensiblement s augrnenter leur crédit, à mesure que celui de leurs adversaires s attiaiblissait* Le mauvais succès de la guerre

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