CHAPITRE XIII
Conditions générales du commerce au moyen âge. — Le commerce et la société féodale. — Naissance du droit commercial. — Le change. — Les monnaies. — Le crédit.
Malgré raclivité que le commerce eut sur certains points déterminés au moyen âge et la prospérité dont quelques villes lui furent redevables, bien que les marchands aient à diverses reprises et sous des formes variées manifesté leur puissance, les préjugés dont il était Tobjet dans Tantiquité classique subsistèrent encore contre lui pendant toute cette période.
L'Église, le grand pouvoir du moyen âge, lui était nettement hostile. Bien qu'encourageant le travail et l'imposant dans ses monastères, elle considérait le commerce, ainsi que le feront encore les physiocrates au xviii* siècle, comme n'étant pas véritablement un travail, comme stérile. Le commerçant ne faisant pas œuvre de ses mains, n'ajoutant rien à la valeur de l'objet, ne semble pas justifier, par son office d'intermédiaire, la rémunération qu'il prélève. Le service qu'il rend en mettant l'objet à la portée de celui qui l'achète, en évitant au vendeur le trajet du lieu de production au lieu du marché, et à l'acheteur celui de son domicile au lieu de production, n'est pas apprécié à sa valeur. L'idéal de ce temps est que la cité tire de son propre territoire l'abondance de toutes choses. « Qu'une cité bien ordonnée, dit saint Thomas -d' A quin, ne se serve qu'avec prudence des marchands. » La démarcation était difficile à établir entre le
juste prix que TÉglise tolérait et Tusure qu'elle prohibait, et Ton considérait comme presque impossible de traiter d'une vente ou d'un achat sans péché.
L'Église sut, il est vrai, se relâcher souvent dé Texagération de cette doctritie. La paix de Dieu qu'elle impose, les excommunications qu'elle lance contre les détrousseurs de grand chemin, sont tout particulièrement favorables aux marchands. Elle n'hésite pas, plus tard, à recourir à des banquiers pour le recouvrement de ses tributs. Mais elle garde toujours une prévention contre une profession qui peut édifier quelquefois si rapidement d'éblouissantes fortunes, contre laquelle elle est, comme le peuple, toute disposée à lancer à l'occasion les accusations de monopole et d'accaparement.
Ces préventions contre le commerce se retrouvent chez les esprits en apparence les plus libres et les plus dégagés des préjugés vulgaires. « Les marchands, dira encore Ërasme, sont les plus faux et les plus sordides d'entre les hommes; ils pratiquent la plus misérable des industries. Bien qu'ils soient parjures, voleurs, et ne soient occupés qu'à duper les autres, ils veulent être partout les premiers et, grâce à leur argent, ils y réussissent. » Erasme, il est vrai, est un Hollandais, et ce dédain pour les marchands, au milieu desquels il est né, n'est peut-être sous sa plume que l'expression d'une aversion toute personnelle et une élégance d'humaniste.
Mais au xvii* siècle encore (1661), après une famine, Vauban accusera, comme Grégoire de Tours, au vi®, les marchands de grains et la spéculation, de la cherté. Il est vrai qu'il s'agit ici de celui de tous les commerces quia, de tous temps, soulevé le plus d'animosités contre lui. Cette famine de 1661 avait fait périr dans les seules provinces d'Anjou, Maine et
Touraine 50,000 personnes en fort peu de temps. « Le roi, dit Vauban, ayant été averti de ce désordre un peu tard, ordonna que Ton fît venir des blés de Dantzick, d'Auvergne et des autres provinces voisines, en quantité Où il s'en trouve. Mais celui qui en reçut l'ordre, au lieu de les faire distribuer charitablement gratis, ou pour ce qu'ils avaient coûté, voulut en profiter et les faire vendre 25 à 26 livres le setier, au lieu de 20 qu'on les vendait auparavant ; il se trouva que ces peuples, épuisés de toute façon, n'en purent acheter; ainsi le blé demeura là et fut gâté par la suite, et la famine continua toute Tannée. » Or, il ne se passait guère au xvii® siècle plus de dix ans sans que se renouvelassent ces épreuves. Combien, à plus forte raison, étaient-elles plus terribles encore au moyen âge, avec les difficultés que présentaient les transports! Ces préventions, cette contestation aux intermédiaires de la légitimité de leurs bénéfices, s'étendaient à toutes les catégories de négociants.
Si l'Église, dans laquelle s'était réfugié, dans les temps les plus troublés du moyen âge, ce qui survivait d'instruction et de science, les partageait, à plus forte raison devonsnous retrouver ces sentiments dans la noblesse. Le seigneur en France n'a que du mépris pour le commerçant. Dans le Midi, avant l'affreuse guerre des Albigeois, la chevalerie frayait avec la bourgeoisie, entrait dans ces rangs, s'intéressait à ses entreprises commerciales, s'y associait quelquefois et s'entendait avec elle pour l'administration des affaires publiques, dont la prospérité reposait sur celle du commerce. Dans la France du nord le seigneur, fabricant lui aussi, comme nous l'avons vu, à l'époque carolingienne, et ne dédaignant pas de vendre le surplus des produits de ses ateliers domestiques, stipule encore, dans les traités qu'il conclut avec les
communes, des réserves pour la vente, avant tous autres, des denrées produites par ses domaines, ou même achetées par lui; mais du jour où il a dû recourir à rintetmédiaire d'un marchand, quand restant exclusivement homme de guerre, il a cessé d'être producteur industriel, lorsque les bourgeois enrichis par le commerce ont traité de pair avec lui, le commerce n'est plus devenu pour lui que matière à s'enrichir par ' les redevances qu'il peut en tirer, et les violences qu'il peut exercer à ses dépens. Cette hostilité, que les croisades, en mettant en présence la chevalerie et les marchands vénitiens, n'a fait qu'accrottre, s'accentue au xiv* siècle alors que la chevalerie de théâtre triomphe avec les Valois. Elle a valu à la noblesse le désastre de Gourtrai ; elle causa la ruine de la France à Crécy et à Poitiers, sans guérir ni chevaliers ni rois. En 1355, le roi défend aux magistrats du Parlement et aux officiers du roi le commerce; en 1372, môme défense aux officiers des aides. En vain Charles V, comme plus tard Charles VU et Louis XI, s'entoure de gens de moyen État, le divorce s'accentue de plus en plus entre le commerce et les deux premiers ordres.
En Allemagne aussi il est complet entre la féodalité et les villes que la iniine de l'autorité impériale depuis la chute des Hoheustaufen laisse seules en présence; il n'y a plus de vie collective. En Angleterre, au contraire, les distances sont courtes entre les rangs et la hiérarchie sociale ; « l'orteil du paysan touche de si près le talon du gentilhomme qu'il l'écorche > (Shakespeare, Hamlet)^ et les bourgeois sont redevables à l'aristocratie de droits commerciaux considérables. En France, la colère qu'excitent chez les grands l'élévation et le rôle politique du Tiers État a autant de part, il faut bien le dire^ dans leur attitude que les préjugés de caste. Louis XI
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y voit un dommage pour le royaume et permet aux ecclésiastiques, aux nobles et aux gens de robe de se livrer au commerce sans déroger. Les bourgeois de Florence avaient exigé des nobles qu'ils s'inscrivissent dans un « art > pour avoir le droit de prendre part à la direction des affaires. Des deux côtés, sous des formes appropriées à la constitution du pays, c'était une affirmation de l'élévation du commerce et de la grandeur de son rôle.
On a vu les causes de la lenteur de cette élévation et du développement des échanges. La plus importante est assurément la difficulté des communications. Pour la comprendre, il faut se représenter les distances d'alors comme équivalentes à sept fois nos distances actuelles; la distance de Paris à Orléans comme représentant celle de Paris à Marseille ; celle de Paris à Lille comme plus grande que celle qui sépare de nos jours Paris de Varsovie ou de Buda-Pesth. Qu'on y ajoute les péages de toutes sortes, les dangers de la route, la difficulté des chemins, les risques multiples que courent voyageurs, convoyeurs et marchandises, et l'on s'expliquera que les échanges soient demeurés si restreints et si rares.
De grands efforts étaient faits à certaines époques pour assurer la sécurité des transports et des voyages, mais des éléments nouveaux de péril et de risques renaissaient incessamment. Les mesures les plus sages demeuraient inutiles. Peu à peu cependant, il se forme comme une sorte de droit international, universel, suivant les marchands partout. Ce jus mercatorum, droit des marchands, résultait de la nécessité de soumettre à des règles identiques ces pèlerins commerciaux que tous les princes s'efforçaient d'attirer à leurs marchés et à leurs foires. Sur mer, une certaine entente s'était établie entre les divers États, une sorte de droit maritime
était né. Ainsi les différentes législations et coutumes, dont nous avons énuméré les principales, proclament la liberté des mers, c'est-à-dire le droit appartenant à tout État de faire circuler librement sur les mers des navires portant son pavillon -, elles stipulent Tobligation pour tout navire d'arborer le pavillon de la nation à laquelle il appartient ; la suppression de la piraterie, la réglementation du droit de bris, des garanties pour les personnes et les biens des naufragés, enfin rétablissement de tribunaux spéciaux pour juger les délits ou contestations maritimes sous le nom d'amirautés ou consulats de la mer. Toutes contiennent des règles précises pour l'armement des navires, la formation de l'équipage, ses devoirs et aussi ses droits, mais à côté des règles générales, chaque nation a sur le commerce maritime ses idées particulières, ses lois et sa réglementation spéciale.
Sur mer comme sur terre, les commerç^ts doivent être des hommes de guerre. Contre la piraterie, l'union, l'association sont nécessaires comme contre le brigandage. Les marchands italiens ont besoin pour la protection de leurs navires de l'escorte de vaisseaux de guerre ; les trafiquants des bords du Rhin se solidarisent pour la défense de leurs convois. Dès qu'une autorité centrale se constitue, les seigneurs sont déclarés responsables des dommages subis par les voyageurs dans la traversée de leurs territoires. Tous les nationaux d'un pays sont responsables des torts causés par l'un d'entre eux; la partie lésée obtient sur mer des lettres de marque pour saisir sur les bâtiments portant le pavillon de la nation à laquelle appartient l'offenseur, l'équivalent des pertes qu'elle a subies 5 sur terre , le droit de représailles menace l'étranger établi dans une contrée, ou la traversant, de la saisie de ses biens en réparation des préjudices causés dans
son pays d'origine à ua ressortissant de son pays d'élection. De véritables expéditions guerrières sont parfois entreprises pour l'exercice de ce droit; des menaces de confiscation pèsent toujours sur l'étranger comme sur le juif, le Cahorsin ou le Lombard. Encore faut-il y ajouter les dangers d'une excommunication lancée sur son pays et mettant hors la loi, quel que soit le lieu où il se trouve, sa personne et ses biens.
Aussi cette solidarité nécessaire amène-t-elle la constitu* tion de vastes confédérations. A Venise, l'État se réserve le monopole de certains articles, loue ses navires, prend du fret sur ses bâtiments de guerre. La hanse de Londres, formée par les villes flamandes, les hanses germaniques, les syndicats florentins, toutes les institutions protectrices du commerce et des commerçants sur les routes, dans les marchés, sur les foires, sont de véritables nécessités. L'association est partout ; les corporations groupent les marchands d'uu même article comme les artisans d'une même industrie ; les confréries et le compagnonnage assurent à l'artisan stable comme à celui qui voyage d'indispensables garanties contre la misère.
L'individualisme de ces groupes se traduit en matière industrielle comme en matière commerciale par un monopole ou l'aspiration au monopole ; pour l'agriculture et la vente des produits agricoles par la mainmise d'un pays sur les fruits de son territoire. Aucune restriction légale à la circulation de ces fruits de la terre n'est nécessaire au début; elle s'impose naturellement. Ces produits sont de ceux sur lesquels s'exercerait de préférence l'avidité des pillards et des affamés souvent si nombreux. La vente et la consommation, pour laquelle il y a si souvent insuffisance, se font sur place. Là où il y a surabondance, l'exportation est permise ;
saint Louis défend d'y porter obstacle. Ce n*est guère qu'à partir du xiv* siècle, alors que la royauté étendant son action rachète ces exigences fiscales par quelques mesures prolectrices, que la défense de faire sortir les grains du royaume, ou même d'une certaine zone douanière, commence à être édictée, ou du moins à apparaître comme une défense non seulement de circonstance, mais de principe. Sur ce point d'ailleurs, même antérieurement à cette date, les famines, alors si fréquentes, inspirent partout des mesures identiques. Les magistrats municipaux, les agents royaux, les abbés, les seigneurs laïques ou ecclésiastiques ont tous une même politique. La seigneurie de Florence agit comme Philippe le Bel ou Jean le Bon. L'abondance ou la pauvreté de la récolte décident du relâchement ou de la stricte exécution de règlements qui sans cesse oubliés sont incessamment renouvelés. L'accaparement est aussi redouté, aussi honni que l'usure et le crime d'accaparement se commet à bon compte. Les approvisionnements sont défendus au delà d'une limite très étroite au boulanger sous peine de confiscation. Le boulanger est détesté pour le bénéfice qu'il prélève sur la panification; le prix du pain est souvent fixé par une taxe.
Par suite, pour avoir du vin, on cultive la vigne en France même dans les pays où, comme la Normandie et la Flandre, elle ne donne que des produits inférieurs.
La même règle ne pouvait pas être appliquée aux produits industriels. Ce ne sont plus des préoccupations aussi capitales qui inspirent les gouvernements. Le paysan comme le citadin peuvent fabriquer eux-mêmes les vêtements dont ils ont besoin; la matière première, la laine, est à portée presque en tous lieux, le moulon faisant avec le porc la principale ressource des campagnes. La réglementation inter-
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vient cependant partout, comme nous Tavons vu, pour fixer les conditions d'approvisiomiement et de fabrication comme de vente. Le principe général est que tout produit appartient naturellement à la terre qui l'a vu naître et par suite au seigneur de cette terre. L'en faire sortir, c'est donc appauvrir le possesseur éminent de ce produit ; d'où son droit à une indemnité qii'il prélève sous la forme d'un droit de sortie. Les droits de passage, si nombreux et si variés, sont aussi une indemnité pour l'entretien de la route, la protection donnée ; ceux des marchés et des foires ont le même caractère. Ces droits de douanes reposent donc sur un principe absolument opposé à celui qui règle nos droits actuels.
Le transport de ces produits naturels ou fabriqués, les arrêts nécessités par les conditions de la circulation et des voyages décident de l'importance des localités. Elles sont en général distantes d^une étape, plus ou moins grande selon que le pays est plus ou moins habité ; moins distantes par exemple en Allemagne dans la direction et le long du cours des fleuves, que dans la direction de l'Est à l'Ouest où la structure, la configuration et la pauvreté du sol retiennent moins les habitants. Toutes les deux étapes, une petite ville; toutes les quatre étapes à peu près, selon encore les raisons topographiques ou géographiques, une ville plus importante. Les fleuves, la mer, les vallées, les montagnes exercent sur la distribution de la population, par suite de la facilité des approvisionnements et du commerce, une influence prépondérante.
Toutes les anciennes cités avaient à peu près disparu dans le cataclysme des ix* et x® siècles. Si elles renaissent aux XI® et XII*, si les habitants se pressent de nouveau non pas autour des châteaux forts et des abbayes, mais autour de
ces débris (tes villes romaines, c'est qu'elles étaient sorties sons les Romains, comme alors^ de la volonté de la nature et non du caprice des hommes. Lorsque les marchands, d'abord presque exclusivement nomades, se sont fixés ; quand la liberté de leurs mouvements leur a été rendue par l'établissement de la sécurité, ce n'est pas non plus aux lieux dotés de foires et de marchés qu'ils se sont établis, mais là où ils trouvaient les meilleures conditions pour rayonner vers ces foires et marchés temporaires et rallier autour d'eux en temps normal la clientèle régulière la plus nombreuse. Le carrefour de plusieurs routes (Strasbourg), le passage d'un cours d'eau (Utrecht, Maestricht, Francfort), le confluent de deux rivières (Tours, Lyon, Paris, Mayence), le commencement de la navigation d'un fleuve (Valenciennes, Troyes^ Ulm), un estuaire (Bordeaux, Rouen, Bruges, Londres, Brème, Hambourg, Danzig) ont été le rendez-vous préféré des marchands \ Transportant dans les quartiers ou faubourgs de ces villes leur organisation en gildes, confréries, corporations, hanses, banquets, de mercatores devenus burgensesy attirant par le seul fait de leur établissement dans cette ville la création d'un marché, ils jouent un rôle des plus actifs dans leur affranchissement. Aussi toutes les chartes stipuler) t-elles des garanties pour le commerce. En revanche, les pouvoirs publics s'efforcent de donner toutes facilités aux échanges sur lesquels ils lèvent des impôts.
Les marchés sont pour les habitants des campagnes comme pour ceux des villes d'une importance capitale. Là domine le petit marchand, le regrattier, qui revend les achats faits aux foires. Leti bénéflces faits par les gros marchands à ces
1. Cf. Pirenne, l'Origine des constitutions urbaines au moyen âge, ap. Revue historique, LVIII, 1.
foires, où les risques sont aussi plus considérables, excitent son envie. Il veut, cela est naturel, gagner le plus possible, et ce détaillant, ce semi-bourgeois, cet affranchi du travail manuel, suscite à son tour les récriminations plus ou moins fondées des acheteurs. Leurs plaintes ont des échos jusque dans la cbaire. « Les aubergistes et les cabaretiers mêlent en cachette de Teau à leur vin ou du mauvais vin au bon, dit un prédicateur du temps de saint Louis. L'hôtelier fait payer une mauvaise chandelle dix fois sa valeur et réclame encore un supplément si on a le malheur de se servir de ses dés. De maudites vieilles frelatent abominablement le lait, ou, lorsqu'elles veulent vendre leur vache, cessent de lui en tirer quelques jours auparavant pour que ses mamelles gonflées fassent croire qu'elle en produit davantage... Le chanvre ou la filasse, qui s'achète au poids, est déposé toute une nuit sur la terre humide, afin de devenir plus lourd... Les marchands d'étoffe rattrapent sur la bure ce qu'ils perdent sur l'écarlate ; ils ont une aune pour vendre et une autre pour acheter; ils ne mettent leurs articles en étalage que dans les rues obscures, afin de tromper le public sur leur qualité. Le changeur, les orfèvres, dont le grand pont de Paris est couvert, ourdissent des complots pour rendre vile la monnaie précieuse, etc.* >
Écoutons maintenant Luther plus de deux siècles et demi plus tard : « Maintenant ils (les marchands) inventent de déposer le poivre, le gingembre et le safran dans des caves ou des celliers humides, afin d'augmenter le poids de leur marchandise. Ils renferment les étoffes de laine, les fourrures, la martre, la zibeline dans des caves sombres; ou bien c'est