LA. FRANCE BOUS HENRI IV ET RICHELIEU
du mûrier et Tindustrie de la soie, doat avaient déjà voulu nous doter Louis XI et François !•% fut définitivement implantée en France. L'exploitation des mines fut encouragée ; la fabrication du fer améliorée ; celle de l'acier fin créée ; la préparation des cuirs restaurée; l'industrie des laines relevée, celle du papier introduite. Des crêpes fins, façon de Bologne, furent fabriqués à Paris ; des satins et des damas, à Troyes; la teinture et les apprêts furent apportés des Pays- Bas ; les dentelles de Flandre, les tapis de haute lisse, les glaces, les cristaux furent acclimatés en France.
De grands travaux publics entrepris et les embellissements de Paris ajoutèrent encore à l'activité pacifique de la nation. liC commerce intérieur et le commerce extérieur furent, en effet, également l'objet des soins d'Henri IV. Le rétablissement de Tordre, la réfection de nos finances, la remise d'arriérés d'impôts, accrurent les disponibilités et la puissance d'achat des particuliers ; la circulation intérieure fut favorisée pai* la création de routes, l'amélioration de la navigation fluviale, la réfection ou la construction de ponts, l'établissement de relais de chevaux, de services de coches et de messageries. Le canal de Briare, destiné à unir la Loire à la Seine, fut commencé./ C'était le premier grand pas dana une voie indiquée au siècle précédent par Adam de Craponne et où l'exemple donné par Sully ne fut que bien lentement suivi. La liberté du commerce des grains à l'intérieur, des dessèchements de marais, des défrichements, favorisèrent l'agriculture ; mais les douanes multipliées, les réglementations vexaloires, imposant de longs détours aux marchandises, continuèrent à gêner le développement des transactions.
Henri IV et Sully avaient bien compris les causes de notre infériorité sur mer : le mauvais état de nos ports, la fai-
blesse de notre marine militaire, Tinsuffisance comme nombre et comme tonnage de nos bateaux marchands. Le temps leur manqua pour porter remède à cette situation. Une inspection du littoral fut faite par ordre «du roi, la construction de galères fut encouragée ; une expédition dirigée contre le» corsaires barbaresques leur apprit à respecter nos bâtiments, la création d'un port à Celte fut entreprise, puis abandonnée. Nous avions en 1610 quatorze galères armées à Marseille, mais appartenant à des particuliers et ayant des équipages mal exercés ; des navires danois étaient chargés de la protection de nos ports de TOcéan ; le commerce de Marseille avec le Levant avait pris une certaine activité ; une commission, origine de la Chambre de commerce de celte ville, délibérait sur ses intérêts comme le Conseil du commerce institué à Paris sur celui de la France entière. Mais, malgré tous les efforts faits par le roi et ses conseillers, une chose manqua pour les rendre fructueux et durables : le concours de la" nation.
En Angleterre comme en Hollande, le développement colonial et commercial au xvii* siècle fut surtout Tœuvre des particuliers, en France il fut avant tout Tœuvre du Gouvernement. En France, on voit de brillantes initiatives, mais aucun entraînement national ; en Hollande, en Angleterre, quelques noms sont en relief, sans doute, mais ils valent surtout par les efforts et les sacrifices qu^ls résument, les groupements d'idées ou de capitaux qu'ils représentent. Celte différence se manifeste d'une manière bien sensible dans l'issue si dissemblable des tentatives de colonisation faites simultanément par les trois pays.
Au moment où la Hollande édifiait si rapidement son empire tout commercial, où l'Angleterie fondait ses colonies