LA FRANCE SOUS HENRI IV ET RICHELIEU
tiens postales que deux courriers par semaine, circulant à raison d'une poste (4 lieues) par heure en été et par heure et demie en hiver, reliaient à la capitale. Le prix de transport était de 2 sols par lettre de Paris à Lyon et s'élevait suivant les distances jusqu'au maximum de 5 sols. Des services de messageries, de coches et carrosses publics, de roulage et de poste aux chevaux complétèrent cette organisation et rendirent de très grands services au commerce. L'achèvement du canal de Briare, la réorganisation du service des ponts et chaussées et sa mise sous l'aulorilé des intendants, enfin la destruction des forteresses féodales ne lui furent pas moins favorables.
Le code Michau (1629) donnait satisfaction à plusieurs des vœux des États généraux de 1614, renouvelés en 1626 par les notables. L'entrée des draps anglais devait être interdite ; l'exportation des marchandises françaises, à l'exception du sel, prohibée sur les navires étrangers ; les taxes levées à l'étranger sur les navires et marchandises de France seraient par réciprocité levées en France sur les navires et marchandises de l'étranger. Le commerce ne dérogeait plus à la noblesse et la noblesse était acquise aux armateurs et négociants sous certaines conditions. Mais les principes douaniers inscrits dans ce code ne purent pas être appliqués. Bien que l'AngleteiTO eût, à l'époque de la révolte des protestants, essayé de s'établir à La Rochelle, bien que les Hollandais commissent contre nos bâtiments marchands maints actes d'hostilité, la politique commanda des ménagements à leur égard. Mais Richelieu nous préparait les moyens de moins ménager ces exigeants alliés en nous donnant une forte marine. Devenu grand-maître, chef et surintendant général de la navigation et du commerce de la France, non seulement
il reprit les travaux des ports abandonnés depuis Sully, créant pour ainsi dire Brest, Port-Louis, le Brouage, agrandissant le Havre et Marseille, commençant à Agde la construction d'une digue que Golbert n'achèvera pas, mais deux flottes commandées par Sourdis et Brézé parurent avec éclat sur les mers. Des traités de commerce furent conclus avec le Maroc, la Russie et le Danemark. Pour assurer enfin des débouchés à notre industrie que, comme Henri IV, il s'efforçait de relever, il fit, sans se laisser abattre parles résistances, les dif&cultés et les échecs, de sérieuses tentatives pour nous donner avec des colonies des débouchés au dehors.
En face des grandes compagnies de l'étranger, il résolut de créer des associations non moins puissantes. Ses premières conceptions étaient même plus larges. La Compagnie du Morbihan (1626), la Nacelle de Saint-Pierre fleurdelisée (1627), devaient être des compagnies de commerce universelles. Il se flattait d'y attirer les capitaux de la bourgeoisie, enrichie par les fermes de finances, lui faisant entrevoir, outre les bénéfices qui devaient sortir des multiples entreprises de la compagnie, l'anoblissement. A défaut de monopole commercial, ces associations devaient coloniser, et elles pouvaient à cet effet disposer des vagabonds et des mendiants, fabriquer, commercer. Elles échouèrent, la première devant l'opposition du parlement de Rennes, la seconde devant l'incrédulité et l'indifférence de ceux auxquels on faisait appel. On eu revint aus compagnies locales. Les statuts de la Compagnie du Canada furent publiés au camp de La Rochelle mai (1628), Champlain nous conserva cette colonie; les Anglais nous restituèrent au traité de Saint-Germain (1632) Québec qu'ils avaient prise et l'Acadie. Après la mort de Champlain (1635), les établissements de Silleri (1637) et