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se faisait de plus en plus consommateur de ses propres produits. La houille anglaise elle-même trouve dans ces parages en face d*elle la houille indigène, celle du Japon, celles de TAustralie et de la Nouvelle-Zélande gui se répandent dans tout TOrient. En 1881, Tlnde ne retirait de son soussol qu'un million de tonnes de charbon; en 1893-1894 elle en a extrait 2,529,885 tonnes ; le chemin de fer Est-Iodien a pu se procurer la tonne de charbon du Bengale à 1,86 roupie, c'est-à-dire à moins de 5 fr., et le prix du charbon importé s'est abaissé dans toute la région côtière au grand profit des manufactures. Le mouvement total de la navigation dans les ports de l'Inde a compté, en 1892-1893, 9,995 vapeurs ou voiliers d'une jauge de 7,665,886 tonnes. Malgré les retours de faveur de la grande navigation à voile par le cap de Bonne-Espérance, les 87 p. 100 des échanges avec l'Europe se font par le canal de Suez. Quant à la circulation intérieure, elle s'est, sous l'action des chemins de fer, considérablement accrue. Les recettes brutes des voies ferrées ont atteint, en 1892, en tenant compte de la perte de 45 p. 100 qui correspond au change actuel de la roupie, plus de 300,000^000 de francs, donnant un bénéfice net de 165 millions,. La crise monétaire, la dépréciation de la roupie n'ont que médiocrement affecté un pays où les règlements par opérations de banque se pratiquent comme en Europe ou aux États-Unis. La création des chemins de fer mettant Bombay en relation avec tous les centres de production de l'Hindoustan et l'ouverture du canal de Suez ont fait refluer sur cette ville une partie du commerce de Calcutta, située en dehors des grandes routes océaniques ; mais le développement des intérêts anglais dans la région du golfe Persique et de l'Indus a donné depuis une grande importance à Kurrachee au détri-
ment de Bombay, dont une partie des transactions a déjà émigré vers ce port.
Empire chinois. — Par la possession de Hong-Kong, TAngleteiTe occupe une situation privilégiée pour le commerce avec la Chine. Sans doute tout le mouvement de ce port qui avec ses 14,300,000 tonnes égale celui des ports de Liverpool et de Londres ne se fait pas avec la Chine, mais sur les 1,350 millions de francs auxquels se monte le commerce extérieur de ce dernier piays, les deux tiers se font par son intermédiaire.
Les importations (750,000,000 fr.) dépassent encore d'un septième les exportations (600,000,000 fr.) dont le thé et la soie demeurent les principaux aliments. En 1891, 109 millions 100,000 kilogr. de thé sont encore sortis par les ports de Chine. A la concurrence que lui fait sur le marché européen le thé de TAssam et de Geylan a répondu Touverture plus large du marché américain qui demande à la Chine les cinq neuvièmes de sa consommation (30,000,000 kilogr. environ). Sur 11,000,000 de kilogrammes de soie auxquels se chiffre sa production annuelle (1890), la Chine en a expédié en Europe seulement 4,556,000, c'est-à-dire une quantité presque égale à la production européenne (5,156,000 kilogr.), près du double de celle que fournit le Japon à l'industrie européenne (2,685,000 kilogr.), plus du tiers de sa consommation totale (13,675,000 kilogr.). Avec les soieries, la valeur de ces exportations forme les deux tiers de l'ensemble des exportations de la Chine, le reste consistant surtout en produits agricoles dont la plus grande partie est dirigée vers le Japon. L'importation comprend l'opium des Indes, les tissus. et filés de coton, le riz (113 millions). A ce commerce extérieur.
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en grande partie maritime, la flotte marchande chinoise contribue pour 133 navires à vapeur de 31,174 tonnes de jauge et 54 voiliers de 11,214 tonnes de jauge totale, sans compter les nombreuses jonques qui font le cabotage de la côte et remontent fort loin dans Tintérieur des fleuves. Si le développement de la flotte marchande de type européen, dont les débuts ne remontent qu'à 1872, a été relativement considérable, celui des chemins de fer a été dérisoire. La première ligne a été ouverte en 1875 et aujourd'hui cet immense empire ne compte encore que 130 kilomètres de rails. Le commerce intérieur est cependant très actif. Outre son immense réseau de fleuves et rivières navigables , et le fameux canal impérial long de 1,100 kilomètres, à peu près inutilisable, 21 routes impériales, dont la construction excitait déjà Tadmiration de Marco-Polo, sillonnent Tempire.
« Elles coupent les promontoires de montagnes par des tranchées, même par des galeries souterraines, et s'élèvent en remblais sur les terres basses, larges de 20 à 25 mètres dans les plaines et pavées en dallés de granit, elles sont bordées pour la plupart de rangées d'arbres comme les avenues d'Europe. De 5 kilomètres en 5 kilomètres, des tours de signaux se succèdent le long de la chaussée ; des auberges, des abreuvoirs pour les montures, des relais, des postes de soldats pour la protection des voyageurs, des lieux de marché se suivent aussi à des intervalles réguliers. Tout est prévu sur ces routes modèles, avec lesquelles contrastent tant de misérables sentiers, d'ailleurs tout aussi fréquentés. » (E. Reclus)... Mais beaucoup des anciennes routes sont dans un état de dégradation lamentable, ravinées, aux dalles disjointes, sans ponts. € Dans les rizières, la plupart des routes ne consistent qu'en rangées de dalles d'un demi-mètre de
largeur, d'un mètre au plus, élevées au-dessus de l'inondation générale ; il suffit que les porteurs de palanquins puissent trouver la plaee nécessaire pour y poser leurs pieds. »
De nombreuses routes de caravanes relient la Chine aux provinces frontières et aux pays limitrophes. Les principales sont celles qui joignent Pékin àKiachta, parcourue en 12 joui^s, trois fois par mois, par les courriers russes et dont le mouvement commercial est encore important ; celles qui traversent la Dzoungarie, celles qui gagnent le Thibet, l'Hindoustan et l'Indo-Chine, toutes encore très fréquentées, malgré le coup que l'ouverture des ports européens a porté à celles du Nord. Ce commerce intérieur, se faisant par sapèques dont il faut 400 pour une roupie, est gêné par la nécessité du transport de cette encombrante monnaie. La poste, partie entre les mains des particuliers, partie entre celles de l'État, n'a qu'une organisation défectueuse et insuffisante. Le développement qu'a pris le commerce depuis 1842 est continu cependant.
Admisji commercer primitivement dans le seul port de Canton, les Européens avaient vu s'élever successivement de cinq, accordés par les traités de Nankin et de Whampoa, à 22 le nombre des ports où ils étaient autorisés à commercer. Depuis 1842, où il était de 129,860,000 fr., le commerce extérieur a plus que décuplé. De nouveaux ports viennent d'être ouverts par le traité de Simonosaki. Les efforts des Français pour attirer vers le fleuve Rouge le commerce du Yunnan et des provinces méridionales, etl'ouverture du chemin de fer de Lang-Son ; les tentatives des Anglais sur la route de Bhamo à Talifou qu'une voie ferrée joindra peut-être un jour ; les concessions obtenues récemment au Thibet ; l'avancée des chemins russes vers le Pamir et la Dzoungarie, la construction prochaine, assure-t-on, d'un embranchement du
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transsibérien vers Pékin par la Mandchourie, le coup de fouet enfin donné à ce vieil empire par les récentes victoires* japonaises, tout promet un prochain réveil. Les financiers européens se disputent l'avantage de prêter, leur argent à la Chine à des taux modérés; la concession d'un emprunt à un groupe constitue un triomphe pour la nationalité à laquelle il appartient ; la Russie surtout, depuis ai longtemps et sur un si long tracé, voisine de la Chine, semble vouloir y faire sentir son action, en opposition avec celle de l'Angleterre. Par contre, l'émigration chinoise pénètre partout. Celte nation, essentiellement commerçante, a de fortes colonies non seulement dans les contrées de l'Extrême-Orient, Indo- Chine, Indes néerlandaises, Philippines, mais dans les ports et les colonies plus éloignés de l'Angleterre, et jusqu'en Amérique.
Japon. — Le Japon n'est que depuis trente-trois ans en relation avec l'Europe, depuis vingt-cinq ans entré dans son courant, et déjà sa transformation, que l'on croyait toute de surface, s'est manifestée comme sérieuse et complète dans une guerre foudroyante avec la Chine. L'industrie ne s'est pas moins modifiée que l'armée de terre et la marine. De 317 millions de francs en 1884, son commerce extérieur s'est élevé en 1894 à 1,186,800,000 fr. \ partagés presque également entre l'exportation (589,000,000 fr.) et l'importation (603,000,000 fr.). 1,660 steamers et 770 voiliers d'un tonnage total de 2,546,460 tonnes ont fréquenté ses ports. Les
J. 830,738,035 yens à 5 fr. 89 c. Le même chiffre de yens est donné par VÉconomiste français du 18 mai 1895, mais le yen d*argent y est calculé pour 8 fr. 40 c. à 8 fr. 50 c. seulement. La perte du change, pour 1894, était de 15 p. 100.
articles qu'il importe sont surtout le coton brut et le coton *fllé, la mousseline de laine, les draps d'Italie, le pétrole, le riz, les haricots, le tabac, dont Timportation, notamment de FAmérique et des Philippines, fait d'énormes progrès; ceux qu'il exporte, la soie, le thé (26 millions de kilogrammes en 1891), le cuivre, le charbon, le riz, les mouchoirs de soie et les allumettes. La sobriété des Japonais, leur esprit inventif ont triomphé, malgré bien des résistances, de difficultés assez grandes. En 1887, la filature de coton ne comprenait dans ce pays que 19 usines et 70,220 broches; à la fin de 1894 elle occupait 59 usines et 800,000 broches, et de 1889 à 1894 la proportion du ftl japonais employé dans les manufactures passait de 33 p. 100 à 73 p. 100. Déjà le bas prix auquel le coût infime de la main-d'œuvre (41 centimes pour une journée de douze heures) permet d'obtenir certains produits, a chassé du marché japonais nombre d'articles anglais ; à Singapour, les objets manufacturés du Japon, soieries, bonneterie, tricots, etc., s'offrent à moitié prix des objets similaires anglais; la houille japonaise s'y acquiert aux trois cinquièmes du prix (16 fr. 25 c. la tonne) de la houille anglaise.
L'Angleterre trouve une compensation aux pertes qu'elle subit de ce côté dans la fourniture au Japon du matériel industriel avec lequel il s'arme pour la lutte contre l'Kurope, et partage avec l'Allemagne et la France celle des navires, canons, araies, machines avec lesquels il a remporté ses dernières victoires. Mais ce ne sont là que des débouchés momentanés, dont l'importance même témoigne de la rapidité qui préside à la création de son outillage. La houille, dont la production dépasse 4,000,000 de tonnes, fournit à la Compagnie de transports par vapeurs le Nippon-Yusen-Kaisha, un fret de retour pour le coton et les objets manufacturés qu'elle
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importe de Bombay ; la Californie elle-même tend à s'approvisionner de cette substance au Japon dont les négociants visent aussi, avec moins de chances de succès toutefois, le Sud-Amérique,
A la fin de 1893, le réseau des chemins de fer comprenait 3,008 kilomètres dont 892 kilomètres appartenant à TÉ tat; sa flotte marchande 643 bateaux à vapeur d'une force de 22,399 chevaux et 102,372 tonnes, 778 bâtiments à voile d'un tonnage de 45,994 tonnes et 18,193 barques représentant un tonnage de 21,000 tonnes. En 1894, 6 navires japonais jaugeant 12,103 tonnes, représentant 10 fois le chiffra de Tannée précédente, ont franchi le canal de Suez. Yokohama, longtemps le seul des cinq ports ouverts au commerce européen à avoir un commerce sérieux avec le dehors et qui en 1893 a fait encore 484,000,000 fr. d'affaires (654 millions en 1894), est suivi de près maintenant par Kobé (350 millions en 1893, 485,000,000 fr. en 1894), laissant loin derrière eux Nagasaki (33,500,000 fr.), Hakodaté (3,500,000 fr.), et Niigata (200,000 fr.). Important du coton brut d'Angleterre (80,000,000 fr. en 1893), des sucres (58,000,000 fr.), de la laine, le Japon exporte de la soie (150,000,000 fr,), du thé (36,000,000 fr.), du riz, du camphre, etc. Les négociants japonais se substituent de plus en plus aux Européens pour les transactions commerciales dont plus de la moitié était encore en 1893 entre les mains des Anglais. Venant au premier rang pour le chiffre des importations avec surtout ses cotonnades et ses fers, la Grande-Bretagne est distancée pour l'exportation parles États-Unis, la France et la Chine. L'Inde anglaise et la Chine approvisionnent l'empire de coton, dont la consommation, par suite de la transformation des habitudes et du costume, grandit sans cesse, et de denrées agri-
coles. La France ne vend malheureusement au Japon, eu échange de 100,000,000 de francs d'achats, que 16,000,000 de produits, y tenant le 7* rang pour les ventes et le 22' pour les achats, n'envoyant guère dans ce pays que les paquebots des Messageries maritimes, se laissant distancer non seulement par TAllemagne, mais par la Norvège et presque égaler par l'Autriche ^
Les premiers services réguliers de navigation à vapeur entre l'Europe et le Japon ont été établis en 1863 par la Compagnie péninsulaire et orientale et en 1865 par les Messageries maritimes. La longueur du voyage avait été ramenée de 150 à 160 jours qu'elle demandait aux voiliers pai» la route du Cap, à une durée de 50 jours de Londres et 45 de Marseille, par l'isthme de Suez, avec transbordements à Alexandrie et à Suez ; l'ouverture du Transcontinental canadien l'a rendu possible en 28 jours; dans quelques années le Transsibérien permettra de l'effectuer en 16 jours, le raccourcissant de près de moitié encore.
Corée. — Ouverte plus tardivement encore que le Japon aux Européens (1883), mais leur étant restée en fait obstinément fermée, la Corée, que le Japon vient de soustraire à l'influence chinoise pour la soumettre à la sienne, fait par ses trois ports de Chemulpo, Fousan et Gensan, un commerce évalué à 28 millions par an, 16 à l'importation et 12 à l'exportation. Les légumes secs, le riz, les cuirs et les métaux (or et argent) sont les principaux articles qu'elle fournit au dehors, les cotonnades et les métaux usuels, ceux qu'elle lui
1. Cf. Rapport de M. Jules Adam, attaché à la légation de France à Yokohama, ap. Rapports commerciaiLX, publiés par le Ministère du commerce, et Revue française, t. XVII et XX: Le Commerce du Japon en iS9î et :
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achète. Chemulpo a eu, en 1891, un mouvement de 895 navires et 265,000 tonnes,, moitié environ à rentrée, moitié à la sortie, principalement japonais. Toutes les maisons de commerce, à l'exception de quelques maisons chinoises et de rares comptoirs européens, sont également japonaises. Pays de culture arriérée, d'élevage restreint (on y élève surtout le chien comestible), elle serait riche en houille, en métaux peu ou point exploités ; son industrie, bornée toutefois à la satisfaction des besoins locaux, est assez active, les armes qu'elle fabrique sont recherchées des Chinois. Fournira-t-elle jamais un grand débouché au commerce ? Lés Japonais l'espèrent. C'est un marché de 12 millions d'hommes, égal presque au tiers de leur population, qu'ils viennent de s'assurer, un poste avancé vers la Chine, comme Formose.
Formose. — Cette île dont quatre ports étaient ouverts au commerce, Tamsui, Kiloung, Thaïouan et Takao, où les Chinois ont établi un télégraphe et projeté un chemin de fer, peuplée de 3 millions d.'habitants, produit le thé, la canne à sucre, le riz, l'indigo qu'elle exporte en Amérique, le camphre qu'elle envoie en Chine et semble receler, elle aussi, de grandes richesses en houille et autres minerais. En 15 ans, de 1868 à 1883, le commerce de Takao a passé de 8,750,000 fr. à 22,500,000 fr., celui de Tamsui de 7 à 25 millions de francs. C'est donc là encore une acquisition précieuse dont l'activité surexcitée des Japonais saura tirer de sérieux avantages.
Indo-Chine. — C'est surtout comme porte et antichambre de la Chine méridionale que l'Indo-Chine a attiré sur elle l'attention des puissances européennes. Dès, 1326, le traité
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d'Yandabo avait cédé aux Anglais les provinces d'Ârakau et de Tenasserim en Binnauie ; en 1852, ils avaient, par le traité d'Ava, obtenu Pégou et Rangoun ; en 1886, le reste de la Birmanie était occupé par leurs armes dans Tintention hautement proclamée de faire échec à Tinfluence française dans ces parages. Partie intégrante de Tempire des Indes, sillonnée par des chemins de fer et des bateaux à vapeur, bien cultivée, sagement administrée, la Birmanie a pris, sous la domination anglaise, une importance considérable. Si les grands projets d'union par voie ferrée au Yunnan et de percement de l'isthme de Kra ne sont pas encore réalisés, si les caravanes qui suivent la route de Bhamo, sont encore souvent arrêtées par les brigands, la conquête du Manipour a diminué les dangers du commerce : la jonction est opérée entre les lignes télégraphiques de la Birmanie anglaise et celles de la Chine ; et la haute vallée du Yang-Tse, la riche province de Se- Tchouen, sont toujours visées par le commerce et la diplomatie britanniques. Rangoun reçoit, avec les rubis et les saphirs de la Haute-Birmanie, les produits du Yunnan, étain, fer, cuivre, et exporte du riz, du bois de tek, du caoutchouc, des gommes, de la laque, du thé, du. tabac, importe les produits anglais de Singapour, les cotonnades de Bombay, les soieries de la Chine. Elle occupe le second rang parmi les ports de Tlndo-Chine, après Singapour dont le commerce serait de 700 millions de francs sur les 2 milliards auxquels on évalue le commerce total de cette contrée. Ce port, le point le plus important du gouvernement des détroits, est un entrepôt gigantesque d'où se répandent dans toutes les directions les produits manufacturés de l'Angleterre. Apportés à bas prix comme lest par les navires qui vont chercher les matières premières, les épices et les denrées coloniales de
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rExtréme-Orient, ils sont offerts partout à des prix auxquels ne peuvent pas être livrés les produits similaires des autres pays. La supériorité que la multiplicité de ses relations, Tincessante circulation de ses navires, la hardiesse prudente de ses négociants, le choix de ses stations assurent à l'Angleterre, la persévérance qu'elle montre dans ses desseins, Tincontestahle prospérité commerciale qui se développe à la suite de son établissement sur tous les points qu'elle occupe, ont jeté dans sa clientèle le Siam que la France a trop longjtemps négligé d'attirer à elle et où notre rivale a su habilement faire naître contre nous la défiance et l'hostilité. L'étain (Pérak), dont l'abondance a tué les mines de Corno\iailles, les plumes et même les oiseaux des tropiques sont le^ principaux articles d'exportation de Malacca.
Bangkok, la capitale du Siam, a fait en 1890 un conipfierce maritimei de 146 millions de francs, dont 80 millions à l'exportalion : riz, bois, principalement bois de tek, poieson séché, peaux, métaux bruts et bétail, et 66 à l'importation: cotonnades d'Angleterre, articles de Chine, opium, acier, machines, huile à brûler, pétrole, etc., presque entièrement avec les entrepôts anglais. Par terre ou par leç fleuves vers l'intérieur, le commerce est moins actif ; cependant les caravanes du Yunnan arrivent régulièrement dans le pays e.t en repartent avec des objets d'échange ; le Meinam est sillonné de barques faisant le trafic entre les différents centres de la ligne presque ininterrompue de villages qui longe ses rives ; des chemins de fer se construisent, des lignes télégraphiques sont établies (3,000 kilom. environ) ; des services postaux instituas. Les Anglais se substituent avec rapidité aux Chinois dans l'exploitation de cette contrée encore neuve pour les Européens, et où l'industrie, malgré l'habileté des indigènes
dans le travail des métaux, est presque nulle. Mais ils ont mainteriant « à lutter contre des concun*ents sérieux : les Allemands encombrent la place de leurs articles de camelote à bon marché et les Français sont aussi des adversaires avec qui il faut compter. Les Suisses sont représentés par des cotonnades, Tandrinople et les diverses étoffes servant à la fabrication des langoutis^ » La France y vend « des vins, surtout du Champagne, des cognacs et liqueurs, de la bijouterie et des pierres fines, des consei^ves alimentaires, des porcelaines, de la cristallerie, des jouets et de la parfumerie... ; il y a là une conquête industrielle et commerciale, toute pacifique, à faire. »
Le commerce maritime de PIndo-Chine française atteint aujourd'hui près de 200 millions de francs, dont 91 pour la Cochinchiue, 72 pour le Tonkin, lYpourFAnnametlOpour le Cambodge. La Cochinchine vend au dehors pour 41 millions de francs de riz sur 53,700,000 fr. d'exportation totale ; c'est là aussi la principale culture du Tonkin, dont les richesses minérales énormes fourniront à l'industrie et au commerce un puissant aliment. La France est distancée dans le commerce de ses colonies par l'Angleterre et même par l'Allemagne. Elle poursuit néanmoins son œuvre, achevant la pacification des régions montagneuses et boisées du Tonkin, où le brigandage, facilité par la nature du pays, est encore favorisé par le voisinage de la Chine, construisant des chemins de fer (ligne de Lang-Son), améliorant les cours d'eau et les ports (Hanoï et Haïphong), établissant des lignes télégraphiques et des services de messageries fluviales et côtières. Haïphong fait à lui seul 57 millions d'affaires (1892), Saigon
1. L. Fouroereau, Bangkok, ap. Tour du Monde, 2« semestre 1894.
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a un quartier tout européen. La route mandarine d'Hanoï à Hué est parcourue par des trams (porteurs) et jalonnée de distance en distance de relais pour cette poste aux hommes. Avec Tinlérieur, la valeur des échanges est difficilement appréciable. De grands efforts sont faits pour établir sur le Mékong, malgré les obstacles naturels et ceux que suscite la jalousie des Anglais, une navigation régulière afin d'attirer vers le fleuve Rouge les produits du Yunnan. Le traité de Simonosaki, en ouvrant de nouveaux ports aux Européens et un accès plus facile vers Tintérieur, semble devoir favoriser la route du Sikiang au détriment de celle du fleuve Rouge et surtout des chemins qui conduisent du Kouang-si vers Pakoï. Les cultures se développent; plusieurs industries ont été introduites dans le pays ; le maïs, le riz, le tbé, la soie, le coton, le tabac, Topium, sont appelés à donner d'abondantes récoltes, mais les mœurs sont depuis trop longtemps façonnées à la chinoise, ces peuples ont une individualité trop marquée pour que la vente des produits européens ne se heurte pas à des difficultés qui seront longues à vaincre. Ce sont, comme en Siam, les boissons et les conserves alimentaires qui y tiennent la plus grande place. Puis viennent les tissus, parmi lesquels ceux de France trouvent, grâce à de nouveaux tarifs en leur faveur, un écoulement plus facile. Déjà le commerce du Tonkin a, de 1889 à 1892, progressé de 10 millions à 72. Les mines de houille commencent à être exploitées ; les communications télégraphiques avec l'Europe sont assurées par la Chine ; des bureaux de poste et de télégraphes sont établis sur beaucoup de points ; la marine française pourrait trouver dans le développement régulier des affaires un élément de fret qui profite pour les trois quarts aux pavillons étrangers. La banque de l'ïndo-Chine en rap-
port avec le Comptoir national d'escompte de Paris, celui de nos établissements financiers qui joue le. plus grand rôle dans nos relations avec le dehors et surtout les pays hors d'Europe, facilite les transactions que la crise monétaire récente rend difficiles et délicates dans tous ces pays à étalon, ou, pour mieux dire, à circulation d'argent.
Haïphong, création tout artificielle, grande digue le long d'un chenal profond, absorbe de plus en plus l'activité du delta tonkinois, comme Saigon celle du delta de la Gochinchine, oii les centres sont cependant plus, multipliés et plus actifs. Le commerce du Cambodge et une partie de celui du Siam dévient vers Saigon à la faveur des services réguliers qui ont cette ville pour centre, Tourane, en Annam, n'a qu'un mouvement encore insignifiant, malgré lesxnines de houille de son voisinage. Il atteint cependant les trois quarts du commerce de r Annam (7,250,000 fr.), consistant en importations de provenances chinoises, et, pour un septième, de la Cochinchine et de la France. Le développement de la culture du riz au Tonkin, de celle du café, du thé et du jute qui ont été entreprises en Annam, de celle du coton dans le Cambodge, promettent, au commerce général de ces contrées, des éléments d'exportation qui, jusqu'ici, lui font défaut.
Afghanistan. — Sentinelle avancée de l'Inde, l'Afghanistan subit aujourd'hui définitivement la suzeraineté de l'Angleterre. Une seule route le traverse, construite et gardée par les Anglais, de Peichàver à Kaboul. Un, chemin de fer, franchissant le défilé de Bolan, s'avance .au delà de Kettah vers Kandahar, tandis que de l'autre côté, Hérat se trouve à 200 kilomètres de la frontière russe. Une convention internationale a fixé de ce côté la limite au delà de laquelle la
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Russie a promis de ne pas s'avancer. Gomme la Perse, TÂf* ghanistan contient des vallées très fertiles et des contrées presque désertes. L'a sécurité des routes y est, à cause de la nature montagneuse du pays et de Tanarchie à laquelle il est en proie, moins grande encore. Et cependant Kaboul, Kan* dahar, Hérat sont des marchés importants, des centres industrieux. Uérat est une importante place de transit ; ses bazars sont des plus animés ; son eau de rose, ses tapis, ses soieries, ses armes, sont recherchés ; Kaboul et Kandahar fabriquent aussi des étoffes de soie et travaillent le cuir; et la région de Badakchan, au pied de THindoukouch, est célèbre par ses rubis-balais, ses lapis-lazuli, ses turquoises et les minéraux de toute sorte que Ton trouve sur son. territoire. Ainsi que le Béloutchistan, plus pauvre, l'Afghanistan est comme tenu sous séquestre. Les pays autres que les deux grandes puissances asiatico-européennes qui les« enserrent, n'ont pas à espérer de les voir s'ouvrir de sitôt à leur industrie et à leur commerce.
Perse. — La Perse, politiquement encore indépendante, se partage en fait commercialement entre deux zones d'attraction, celle du Nord, retenue par la Caspienne et le chemin de fer de Merw dans la dépendance de la Russie ; celle du Sud, sollicitée par le voisinage de l'Inde anglaise, scission que facilitent les déserts qui en occupent le centre. Téhéran au nord, Ispahan et Ghiraz au sud, sont les principaux entrepôts du commercoi
Reliée télégraphiquement au réseau européen par Tauris et à celui de l'Inde par Bouchir, n'ayant qu'un tronçon de chemin de fer, la Perse n'est sillonnée que par des routes de caravanes isur lesquelles le transport se fait à dos de mulet dans la traversée des montagnes, par chameaux dans les
plaines et les régions orientales. Encore ces rontes sont-elles mal entretenues et la circulation y est-elle par cela même très lente. « Sur la voie la plus fréquentée, celle de Téhéran à Recht, on met d'ordinaire sept jours à faire le trajet, d'environ 300 kilomètres. Il faut un mois pour se rendre à Bouchir, quarante jours pour atteindre Bender-Abbas, deux mois pour aller jusqu'à la frontière baloutche, au delà de Bampour. » (E. Reclus.)
Le commerce extérieur était évalué, en 1880, à 150 millions de francs, dont deux tiers à l'exportation. D'après M. Curzon, celle-ci n'aurait été, en 1889, que de 7,449,000 tonnes: opium, 2 millions; spies, 1,300,000; riz, 1 million; coton, 500,000 ; tabac, 300,000 ; raisins secs, 160,000 ; autres fruits, 250,000 ; blé, 200,000 tonnes, contre 13,696,000 tonnes à l'importation dans lesquelles les calicots et vêtements venant de l'Angleterre comptent pour 8 millions de tonnes. Son commerce intérieur est alimenté non seulement par la diversité des produits agricoles variant à cause de l'altitude comme de la latitude d'une province à une autre, mais par l'industrie encore active sur quelques points pour la filature et le tissage de la laine et de la soie, les tapis, les broderies d'or et d'argent, et par les produits des mines, sel, fer, cuivre, plomb, houille, pierres précieuses. Le trésor du Shah renfermerait pour 50 millions de bijoux de toute espèce.
L'antagonisme des deux puissants voisins de la Perse se poursuit jusque dans la concession des travaux publics qu'il empêche, la rivalité des banques, l'absence de toute action européenne concertée pour tirer de sa léthargie cet empire. En vain, le Shah a parcouru l'Europe à plusieurs reprises et manifesté des intentions de réformes. Isolée aussi en sa qualité de chiite dans le monde musulman , la Perse
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trouve du moins, dans cette lutte d'influence, la garantie de sou iixdépendance. Mais tout est prêt pour en prendre, quand rheure aura sonné, la possession économique par le grand moyen de régénération que la science a mis à notre service : la création de nombreuses voies de communication mettant en rapport, à travers son territoire, toutes les contrées de TAsie.
Arabie. — L'Arabie est plus fermée et moins accessible encore que la Perse. En dehors des 100,000 pèlerins que les 175,000,000 de Musulmans envoient chaque année à La Mecque et qui font de cette ville et de Djeddah, son port, un centre d'infection cholérique, elle ne reçoit que peu de visiteurs de l'étranger, surtout peu d'Européens. Le fanatisme, le climat, le désert, la protègent contre eux. Hodeidah exporte les cafés de Moka; Mascate, pour 27 millions de perles, du poisson, des dattes et a un commerce de 35 millions de francs; Aden, les cafés, les perles, l'encens, les aromates, les parfums, et distribue dans la mer des Indes les produits manufacturés de l'Angleterre. Un grand nombre de boutres circulent entre les petits havres de la côte et les pays voisins, mais sauf Aden, aucun point n'est visité par des services réguliers de navigation. Cependant, tous ceux qui franchissent le canal de Suez, ont à longer, sur 2,200 kilomètres, sa côte inhospitalière et brûlée, entre Suez et le détroit de Bab-el-Mandeb, « la porte de ceux qui vont mourir » , que garde l'îlot fortifié de Périm. Il ne semble pas que ce pays, dont la langue et la religion ont eu une si grande expansion, puisse jamais devenir le théâtre d'un grand comrherce.
Turquie d'Asie. — La Turquie d'Asie, plus accessible, plus convoitée aussi que l'Arabie, asiatique par ses plateaux.
européenne par ses côtes, est un pays de transition entre deux mondes séculairement divisés. Les peuples les plus divers y ont laissé des traces et des monuments de lotira passages et, aujourd'hui encore, les races les plus variées s'y coudoient et s'en disputent les richesses. En dépit de la déplorable administration des Turcs, les Échelles du Levant entretiennent toujours avec l'Europe un commerce actif. Comme dans la partie européenne de l'empire ottoman, il est presque tout entier entre les mains des Grecs, des Arméniens et des Juifs, et la transformation lente des États du Sultan exerce déjà son influence sur le chiffre des échanges.
Autant que les statistiques incomplètes de l'empire ottoman permettent de l'établir , il était en :
IMPORTATIOHB. >XPOTRÂTIOVS.
1881-1882 de 587,245,000 fr., dont 392,645,000 et 194,600,000
1886-1887. . 735,029,460 fr., dont 455,471,060 et 279,558,400
1889-1890. . 832,909,215 fr., dont 483,943,420 et 348,965,795
1891-1892 . . 876,259,560 fr., dont 540,186,460 et 336,073,100
La part de la Turquie d'Asie peut être évaluée aux trois quarts de ces chiffres.
Sur les 3,200 kilomètres de chemins de fer de l'empire ottoman, 1,653 appartiennent à la Turquie d'Asie, dont 1,463 en Asie-Mineure et 190 en Syrie \ 440 autres sont en construction et 662 concédés en Asie-Mineure ; 368 en construction et 508 concédés en Syrie, dont l'achèvement portera le nombre total des kilomètres de voies ferrées de la Turquie asiatique à 3,441. La grande ligne projetée de Scutarià Bassorah sur l'Euphrale, qui diminuerait de moitié la durée du trajet de celle de TEurope à Bombay (8 jours au lieu de 16 et demi), ferait passer, de la mer Rouge au golfe Persique, une
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partie du traôc de Tlade, e&t loin d'être achevée. Pour le moment c'est toujours par caravanes que se fait la plus grande partie des transports.
50,000 chameaux y sont encore employés. Chaque caravane se compose de 7 à S de ces animaux perlant 200 kilogr. de charge, conduits par un gardien monté sur un âne, marchant 7 à 8 heures par jour et ne faisant pas plus de chemin qu'un bon marcheur.
Smyrne, Trébizonde, Beyrouth et Alexandrette jouent dans ces échanges avec Téti^anger le prineipal rôle. Smyrne, avec ses 200,000 habitants, son port nouvellement aménagé, creusé et protégé contre les envasements, ses quais où se presse la foule la plus bariolée, ses belles constructions, ses lignes de chemins de fér vers l'intérieur, est une façade trompeuse.
De mars 1891 à mars 1892, le mouvement de son port a été de 6,069 navires (dont 2,376 vapeurs) d'un tonnage total de 1,598|452 tonnes. Les pavillons anglais et français y ont plus de part que le pavillon ottoman. Le chiffre des transactions a été, en 1891, de 94,784,961 fr. à l'exportation, 71,951,717 fr. à l'importation, chiffres, à peu de chose près, semblables à ceux de l'année précédente. Les raisins secs, la vallonée, les figues sèches, les huiles d'olive, les olives, l'opium, le coton, la laine, le sel (les salines de Phocée en produisent 60 millions de kilogrammes par an), les tapis, la soie, sont les principaux articles qu'achète le commerce du dehors, en échange desquels il livre surtout des objets fabriqués. La production de la soie, qui était pour TAnatolie de 188,000 kilogr. en 1887, est tombée en 1891, année mauvaise pour toute cette zone de production, à 13,500 ; celle de la Syrie, de 340,000 en 1887 à 290,000 en 1891, chiffres
qui né représentent que 45 p. 1000 de la production totale de ce textile.
Alexandrette exporte les produits de Tindustrieux vilayet d'Alep et la valeur de son commerce atteint 63 millions de francs dont deux tiers à l'importation.
Beyrouth a toujours les éponges de la côte de Syrie, les fruits, la laine, le tabac, la soie. Elle fait pour 60 millions d'affaires et joue, dans le développement de l'influence occidentale en Syrie, un rôle important.
Trébizonde enfin, bien que fortement atteinte par la concurrence de Batoum et du chemin de fer transcaucasien, reste encore un centre important. De 68 millions en 1882, son commerce est tombé, en 1892, à 44,828,875 fr., dont 32 environ à l'importation. Ses relations avec la Perse, que l'achèvement et le bon entretien de la route qui se dirîge vers elle serait susceptible d'accroître, comptent pour plus de 19 millions dans le chiffre total. Ce sont surtout de petits caboteurs, des bateaux côtiers qui fréquentent son port.
Les îles grecques de l'Archipel font dans ce monde oriental un groupe original et bien distinct. Ces Grecs d'Asie, répandus en grand nombre comme ceux d'Europe sur le continent qui leur fait face, sont la véritable réserve de la civilisation dans ces parages. Ils se substituent peu à peu aux Levantins, race composite, dont la substance européenne a été viciée par des mélanges, corrompue par une longue dépendance d'un milieu déprimant. Les Chiotes surtout, que Ton retrouve encore bien loin de ces parages, ingénieux, entreprenants, laborieux, banquiers, agriculteurs et commerçants, occupent, par leurs multiples aptitudes, une place à part. Le mastic fait, avec le raisin et les fruits, la fortune de leur île comme celle de Mételin, les fruits, le vin, les marbres, celle
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de Samos, les vins celle de Chypre, dont le commerce atteint un mouvement de 1,500,000 fr. sous la tutelle anglaise.
La contrebande est aussi une des ressources préférées de ces rusés marins. Favorisée par Tindolence du gouvernement turc et la connivence de ses douaniers, elle fleurit dans tous ces parages, escortée de la contrefaçon, de la mauvaise foi des débiteurs, de toutes sortes de pratiques condamnables qui pèsent autant que la difficulté et l'insécurité des transports sur le commerce de ces régions. Le crédit y fonctionne mal; le papier commercial n'inspire qu'une médiocre confiance ; la pauvreté des habitanrs, leur indolence, leur fatalisme résigné, en font de mauvais répondants. La moralité et la bonne foi des habitants devront être, avant tout, améliorées, les lacunes et le vice d'une législation trop favorable au vol légal et à la faillite fantaisiste, comblés ou corrigés, pour que ce pays reprenne, dans la mêlée des affaires, la place à laquelle il pourrait prétendre.