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CHAPITRE X

Océsmie. — Insulinde. — Australasie et terres polynésiennes .

Au point de vue commercial, comme au point de vue géographique, les terres océaniques peuvent se diviser en trois grands groupes: Tlndonésie ou Insulinde, comprenant ce que l'on désignait encore souvent sous le nom de Malaisie, l'Australie et ses dépendances, en rattachant à TAustralasie la Papouasiq, enfin les archipels polynésiens et micronésiens dont la faible population et le peu d'étendue territoriale ne prêtent pas à un mouvement considérable et varié d'affaires.

Insulinde. — Les Indes néerlandaises tiennent toujours le premier rang pour Timportance de leur population et de leurs échanges. Le « système » Van den Bosch, inauguré en 1832, et qui a procuré pendant de si longues années à la Hollande de si grands « bonis coloniaux » , successivement adouci , a fait place à une situation plus normale. Les corvées ont été abolies, les propriétés communales régularisées, la location et le fermage des terres rendus plus tolérables et plus faciles, la culture affranchie de toute servitude. Les derniers monopoles que se soit réservés le Gouvernement, ceux du café, de l'opium et du sel, sont, le premier du moins, à la veille de disparaître, mais au moment même où s'inaugurait le régime libéral, les modifications survenues dans la situation économique uni-

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verselle et des fléaux particuliers venaient peser sur ces îles et attirer sur elles upe terrible crise.

L'agriculture javanaise, car cette île a pris une avance fotmidable sur les autres, souffre de tous les maux qui de tous les côtés atteignent cette branche de l'activité humaine. Malgré Taugmentation du nombre des habitants, passé de 2 millions en 1780 à 25 millions en 1894, le riz, la culture indigène, produit surabondamment par suite des défrichements, n'ayant pas de débouchés au dehors, à cause du développement général de la production et de la restriction de la consommation aux Indes où l'alimentation par le froment a fait de grands progrès, se vend à vil prix ; le sucre de canne, dont Java est après Cuba la plus grande productrice, succombe sous le poids de la concurrence; les caféiers étant attaqués par un insecte, la récolte a diminué au moment même où apparaissait dans toute sa force la production brésilienne sans que l'élévation du prix de cette denrée ait pu compenser les pertes ; l'étain de Billiton est distancé par celui de Pérak et de la péninsule malaise. Mais, grâce à la variété de ses cultures, à la richesse de son sol et de son sous-sol, à l'ingéniosité des colons et à la nature laborieuse de ses habitants, cette région se relèvera de cette situation précaire.

Déjà l'introduction du café de Libéria, plus robuste, donnant une récolte dès la quatrième année (celui dit d'Arabie ne produit que la cinquième) et produisant plus, promet une reconstitution, coûteuse il est vrai, de cette culture qui a fait si longtemps la fortune de la Hollande, plus que de Java, et dont le prix de rendement augmente avec la consommation chaque jour plus grande, surtout aux États-Unis devenus le principal acheteur. Batavia, Sourabaya et Padang sont les principaux marchés de cette denrée pour les produits des cul-

tures gouveroementales, le café, mieux trié, plus apprécié, des cultures particulières se vendant à Amsterdam. En 1894, Java et Madura ont vendu au dehors 73,623 tonnes de café, 34,347 tonnes pour le compte du Gouvernement et 39,376 pour celui des particuliers, en augmentation totale de 41,873 tonnes sur 1893. Pour les sucres, en regard d'une diminution sur le chiffre des ventes à l'Europe (106,537 tonnes contre 215,431 en 1892), se place une augmentation sensible dans les ventes à la Chine (147,216 tonnes contre 98,558 en 1892) et à l'Amérique (169,921 tonnes contre 60,788). Le caoutchouc, Tarrack, le cacao, le coprah fournissent aussi des chiffres élevés à l'exportation. Les ouvrages en coton de provenance hollandaise ou anglaise, les denrées alimentaires, la mercerie, les lainages, la céramique, les ouvrages en fer et en acier, la verrerie, le pétrole américain, les allumettes japonaises, les engrais sontjes principaux articles d'importation. La marine hollandaise trouve dans le commerce javanais un important élément activité. Sur 800 steamers ayant visité les ports de l'île en 1844, 604 portaient le pavillon néerlandais. Sumatra, où la domination hollandaise, moins bien assise, lutte depuis de longues années contre les Atchinois, trouve dans la production du poivi*e (18 millions de kilogr. en temps de paix, soit les deux tiers de la consommation du monde entier), du café, expédié par Padang, du tabac (60 millions dé francs), les éléments d'un important trafic. A Bencoulen, l'ancienne capitale de la Compagnie des Indes, aujourd'hui déchue, a succédé comme principal centre d'affaires Palembang, où les résidents européens établis, comme à Canton, sur des radeaux, traitent avec les indigènes en parcourant en barque les canaux étroits bordés de maisonnettes à toits pointus et dans lesquels circulent de nombreux crocodiles.

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Les gisements houillers qui y ont été découverts ne sont pas encore exploités en grand.

Bornéo est encore à moitié sauvage. Sur certains points de rîle, le commerce se fait toujours comme aux premiers âges historiques, par le troc. Les indigènes apportent de la forêt, dans les arbres de laquelle ils demeurent, des marchandises qu'ils disposent en tas. Les Chinois du voisinage viennent disposer à côté d'autres tas dont le contenu leur semble répondre à la valeur des objets offerts. Les indigènes reviennent, examinent, emportent ce qui leur est offert, si cela leur semble sufQsant ; dans le cas contraire, ils reprennent leurs marchandises, et tout est rompu.

Établis depuis longtemps et en grand nombre dans Tîle, les Chinois sont cependant dépassés en influence parles Anglais et les Hollandais, ceux-ci commerçant dans Tile depuis le XVII* siècle. Les Chinois ont tout le commerce de Samarinda, consistant en rotins, gutta-percha, bois de construction ; les Hollandais, celui de Bandermassin, important autrefois par ses diamants ; les Anglais, celui de Sarawak, montant à 20 millions de francs en charbon, riz, poivre, antimoine et mercure. Les nids d'hirondelles et le tabac font la richesse commerciale du Bornéo septentrional.

Quant aux petites îles de la Sonde, ruinées par l'abolition du commerce trop longtemps florissant des esclaves, elles sont maintenant sans importance. Flores exporte des écaiUes de tortue et des nids d'hirondelles; Timor, du café, de la cire, du bois de sandal, des ailerons de requin, des holothuries; Rotti, du vin de palme.

Célèbes a son huile de Macassar, ou de badoe, et son café. Sa capitale, Macassar, fait un commerce de 25 millions, dont 14 à l'importation; Ceram a du café, du cacao, du charbon; Am-

boine, ses clous de girofle, dont elle eut si longtemps le monopole imposé; Banda, ses muscades; Ternate, ses plur mes d'oiseau de paradis, sou tabac.

En somme, le commerce total de Tlnsulinde néerlandaise peut être évalué à plus de 900 millions de francs, dont la plus grande partie se fait encore avec la métropole. L'Angle" terre est de tous les pays celui qui a le plus profité de Tabolition en 1874 des droits de prohibition qui pesaient sur le commerce étranger. Elle fait avec Java plus de 100 millions d'affaires, dont les 2/3 à rezportalion en Grande-Bretagne des denrées coloniales.

Les Espagnols ont peut-être poussé trop loin dans leurs lies le désir de christianiser les indigènes, les Hollandais ont, par indifférence,. laissé le mahométisme envahir leurs îles et créer ainsi entre eux et leurs indigènes, une ligne de démarcation plus complète qu'il ne conviendrait, sinon à leurs maximes et à leurs pratiques gouvernementales, du moins à leurs intérêts. Par là, les princes indigènes, leurs intermédiaires auprès des populations, pourront, dans un jour de fanatisme, échapper à l'action des résidents qui les mènent.

Les Philippines font près de 200 millions d'échanges, en tabac, sucre, café, chanvre de Manille et tissus d'abaca. Un régime plus libéral y a, dans ces dernières années, considérablement accru le commerce. La population libre y vit dans l'aisance, cultivant elle-même le champ qu'elle possède. La péché ajoute au bien^-êlre ; le cabotage y supplée à la circulation terrestre, rare et difficile; les routes y sont mal entretenues, les chemins de fer rares, mais Manille, « commandant toutes les routes de navigation entre le détroit de la Sonde et l'estuaire du Yang-Tse, occupant la meilleure position

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commerciale du monde entier», a des côtés de ville européenne, des édifices splendides, des omnibus à vapeur. Toutefois, les Chinois y occupent,''dans le petit commerce et la petite industrie, une place considérable.

La Nouvelle-Guinée n'a encore, malgré son étendue, qu'un rôle presque nul dans le commerce du monde. Sa population est encore à Tétat sauvage. Son territoire est mal connu. Hollandais, Anglais et Allemands s'en partagent la suzeraineté honorifique plus que réelle. Cependant la partie hollandaise fournit au trafic des noix de coco, du sagou, des muscades, de la nacre (îles Arol), des écailles de tortue, des nids d'hirondelles, des plumes d'oiseau du paradis. Port-Moresby, dans la Nouyelle-Guinée anglaise, fait quelques trocs avec l'intérieur. Fiusch-Haven, dans la Nouvelle -Guinée allemande, n'est encore qu'un poste d'attente dans une contrée appelée peut-être à se développer, mais dans un avenir qui semble encore assez lointain.

Australasie. — L'Australie, sous le coup de fouet de l'immigration des chercheurs d'or (1851), a marché à pas de géants. De nombreux efforts avaient été déjà faits dans la Nouvelle-Galles du Sud, avant la découverte du métal jaune ; la colonisation progressait, l'industrie de l'élevage grandissait, mais elle n'avait toujours qu'une façade, derrière laquelle se dérobaient d'immenses espaces inconnus. Aujourd'hui encore, le manque d'eau, la mauvaise qualité du sol, condamnent une grande partie de l'Australie à la stérilité. Le pourtour se peuple en revanche. L'or attire les colons dans l'Australie occidentale comme il les a amenés et fixés dans celle du Sud. La culture et l'exploitation des terres situées dans la région tropicale ont peuplé la région autour de

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Brisbane. L'Australie a acquis par son développement économique une place importante dans les affaires et tend à réclamer, à Tabri de la protection anglaise dont elle ne dédaigne pas de se servir pour cet objet, l'hégémonie et la domination tyrannique des terres australes. Par la liberté commerciale, elle a voulu s'ériger en entrepôt des mers du Sud; par la protection à outrance, elle cherche à exclure les produits européens et à devenir le fournisseur exclusif de tous les pays australiens. Ses visées trop hautes, sa fièvre de spéculation, son immodestie en toutes choses, ont déjà créé des crises. Cet ambitieux et bruyant pays est celui où l'ivrognerie fait le plus de victimes et atteint les proportions les plus désolantes. Mais, à côté de cela, cette soif insatiable de bruit et d'action, ce feu dévorant, ont inspiré les œuvres les plus grandioses. Les villes australiennes ont été créées et ont grandi avec une rapidité prodigieuse ; les inventions modernes y sont appliquées avec enthousiasme ; les besoins intellectuels et moraux des populations y semblent l'objet de préoccupations fécondes. Après avoir dû à l'exploitation des mines et à l'industrie pastorale ses premières richesses, elle cherche à développer chez elle la culture en profitant de la différence des climats, et l'industrie en utilisant, avec l'expérience des immigrants, la houille qu'elle renferme avec abondance. Le blé se cultive avec succès danô la Nouvelle-Galles du Sud ; la vigne prospère sur les coteaux; la canne à sucre, le café, le coton, le tabac, sont cultivés au nord, dans le voisinage des tropiques. L'exploration des territoires du centre se continue avec persévérance; le télégraphe est partout; les chemins de fer sont multipliés dans toutes les régions ha* bitées; les paquebots à vapeur de toutes les nations entrent dans ses ports pour y charger la laine, en échange de laquelle

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ils essaient de laisser et de vendre les produits de leurs manufactures ou de leurs industries agricoles. Les échanges atteignent aujourd'hui (1891) 2,125,000,000 de francs, dont 1,725,000,000 de francs avec TAngleterre, et si on y comprenait le commerce intercolonial, le chiffre total du mouvement extérieur des ports s'élèverait à 3,625,000,000 de francs.

Au premier rang des marchandises exportées figure la laine produite par les 120 millions de moutons qu'élève aujourd'hui l'Australie. Sa valeur atteint 550 millions de francs ; nul autre pays, pas même l'Argentine, n'offre une si grande quantité de cette matière première. Aussi l'élevage européen a-t-il été fortement éprouvé par cette formidable concurrence et dans tous les pays, sauf l'Italie, le nombre des têtes de l'espèce ovine a-t-il diminué dans d'énormes proportions. Un autre article dont le commerce se développe rapidement, est celui des viandes conservées ou congelées, dont l'exportation vers l'Europe constitue pour notre élevage un autre danger. Tous les produits animaux, et le cheptel de l'Australie et des terres voisines devient considérable, sont dirigés vers le dehors, non seulement, comme autrefois, les peaux, cuirs, cornes, os et débris, mais la viande salée ou privée d'air ou enfermée dans d'immenses réfrigérants. Des navires frigorifiques ont été spécialement construits à cet effet. Le beurre, les œufs, le lait stérilisé et concentré, dont la fabrication •constitue une industrie toute nouvelle, sont amenés en Europe et offerts à des conditions inouïes de bon marché.

L'or n'est pas le seul métal que renferme l'Australie, et qu'elle envoie au dehors; elle exploite également de l'argent, du cuivre, du fer, du plomb, de l'étain, du sel gemme ; sa production minérale en 1891 a atteint 349,000,000 de francs.

dans lesquels Tor figure pour 176 millions, Targent pour 93 millions, Fétain, Tantimoine et le cuivre, pour 22 millions, le charbon pour 60 millions et les autres minéraux pour 15 millions. Ses mines de houille produisent plus d'un million de tonnes, et peuvent alimenter les industries qu'elle veut créer chez elle. La possession sur son sol de tous ces éléments de richesse est pour beaucoup dans les visées ambitieuses de ses hommes d'État. La confédération australienne qu'il s'agit de constituer et dans laquelle entreraient, non seulement les six colonies australiennes et la Tasmanie, dépendance naturelle du grand continent et son sanatorium, mais la Nouvelle-Zélande, peu enthousiaste de ce pi-ojet, réaliserait une union douanière plus recherchée que l'union, politique et dont celle-ci serait simplement une force destinée à l'assurer et la protéger contre les oppositions du dehors. A l'appui de ces prétentions, l'Australie montre ses 12,000 kilomètres de chemins de fer, son réseau télégraphique, sa flotte marchande, traits d'union entre les différentes colonies, le» développement de l'instruction et des écoles, de sa presse, de ses banques, négligeant la contrepartie, l'immense dette qui pèse sur chacun de ses États, les hypothèques qui grèvent les propriétés, la limitation par la nature de l'extension du peuplement et de l'exploitation terrienne vers les régions de Tintérieur. La population aborigène a presque complètement disparu ; l'élément chinois est méprisé, redouté, comme dans la Nouvelle-Zélande, à cause du bas prix auquel il offre ses services. Melbourne, Sydney, Adélaïde, Brisbane, sont les principaux ports pour les relations avec l'Europe, comme avec toutes les terres océaniques. Grande avec ses dépendances, comme l'empire allemand, mais peuplée seulement de 672,165 habitants, la Nouvelle-

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Zélaude est un intéressant exemple de cette tendance égoïste des peuples nouveaux à refuser à tout nouveau venu l'accès de leur territoire et la participation à leurs revenus. L'immigration y est limitée par des lois très sévères et éloignée, d'ailleurs, par les lourdes charges qui pèsent sur la colonie et que les habitants actuels n'ont consenties qu'à la condition de s'en réserver le bénéfice. Prospère, sillonnée par 3,035 kilomètres de chemins de fer, elle fait un commerce de 400,600,000 fr., dont 174 millions à l'importation et 226 millions et demi à l'exportation, chiffres dans lesquels l'Angleterre et les colonies anglaises entrent pour la plus grande part. La production de l'or, dont la découverte remonte à 1857, a été, depuis cette époque jusqu'à fin 1893, d'environ 125 millions de francs ; en 1893, Texportation en a été de près de 23 millions. Les autres articles qu'elle fournit sont, outre d'autres minerais, la gomme, le blé, l'avoine, le phormion tenax, le beurre, le suif et les peaux de lapin, cet animal ayant pullulé là, comme en Australie, au point de devenir un véritable fléau.

Les îles Vitu ont, grâce à leur position sur la grande route transversale du Pacifique, un commerce important : 57 ,000,000 à l'importation, 50,000,000 à l'exportation (coprah, sucre, coton, maïs, etc.).

Terres polynésiennes. — Le coprah est le grand article d'exportation de toutes ces terres océaniques, celui qui a appelé sur elles l'attention des négociants et la convoitise des puissances. Les indigènes polynésiens, peu vêtus, de vie frugale, pauvres et sans besoin, ne seraient que de bien médiocres clients pour l'Europe si elle ne mettait à profit leur penchant à l'ivresse pour substituer aux boissons fermentées

dont ils font usage, Talcool tiré dans ses nombreuses distilleries de toutes les substances que Ton y peut traiter et dont, malgré le développement de la consommation non seulement pour rindustrie, ce qui serait heureux, mais pour la boisson, Técoulement devient difficile et peu rémunérateur. Dans les plus peuplées de ces îles, la culture de la canne a été introduite. Les Hawaii sont devenues un grand fournisseur des États-Unis pour cette substance et presque une dépendance de la grande République. Sur 80,657,000 fr. auxquels se montait leur commerce en 1886, 74,897,000 se faisaient avec les États-Unis. Le café, le coton, le tabac, le riz y sont également cultivés. C'est un archipel à part, tranchant pour sa civilisation et sa culture avec les autres terres polynésiennes.

Les Samoa, grand centre d'exportation de coprah, ont, elles aussi, été Tobjet de l'attention des commerçants. Américains, Anglais et Allemands s'y disputent l'influence et les affaires. Le port d'Apia fait pour 3,000,000 de francs de commerce et la mise en valeur des terres de l'archipel se poursuit.

Taïti, possession française, fait 9 millions d'échanges, près du tiers par navires français; les Tuamotou vendent pour 7,500,000 fr. de coprah.

Les îles espagnoles, Mariannes et Carolines, les îles allemandes, Marshall et Gilbert, font le même commerce. Presque partout, les colons ou trafiquants européens sont rares, les indigènes diminuent. Le climat de ces îles se prêterait à une émigration européenne plus considérable, mais limitée par leur peu d'étendue et leurs médiocres ressources.

La Nouvelle-Calédonie est physiquement une des mieux partagées de toutes ces terres. L'excellence de son climat, la fécondité de ses terres, la richesse de son sous-sol, lui au-

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raient mérité un meilleur sort que celui de colonie pénitentiaire. Les indigènes canaques sont robustes, susceptibles d'être employés aux travaux de la terre et des mines, bien que rebelles à toute dépendance et à tout assujettissement. Les travailleurs venus des Nouvelles-Hébrides, mal secondés par les travailleurs blancs, condamnés en cours de peine ou libérés, tirent quelque parti de ce sol où Télevage pourrait se développer. Les mines d'or et de nickel surtout constituent le principe de richesse de Ttle, dont la capitale, Nonméa, fait plus de 16 millions de commerce. La viabilité y est encore insuffisante, les chemins de fer font défaut. La navigation autour de Tîle, opérée régulièrement par un vapeur, suffit à toutes les relations entre les différents ports. Mais Nouméa est en correspondance régulière par le télégraphe et des paquebots avec TAustralie, la grande terre voisine, d'où lui viennent plus de colons que des régions européennes et même de la mère-patrie. Les Australiens s'accommodent mieux que ne le feraient des colons français. libres de ce voisinage des condamnés, dont la présence est un obstacle à la prospérité et à la colonisation de cette île. La culture du café, favorisée par là détaxe de 50 p. 100 établie en France sur les produits coloniaux et la fabrication des conserves de viande pour laquelle une usine s'est montée, rendront à la colonie là prospérité que lui avait un instant donnée l'exploitation, aujourd'hui beaucoup moins rémunératrice, du nickel.

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