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Hartmann, op. cit., p. iS

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transatlantique n'a pas moins de 12 grands services à itinéraires fixes ou variables avec la seule Algérie. La France, r Angleterre, Tltaiie, T Allemagne, TEspagne, le Portugal, la Belgique, se disputent ses produits et ses marchés ; c'est vers ses champs d'or que se portent le courant de Témigration et les capitaux ; vers elle que convergent les grandes entreprises coloniales et les ambitions déjà souvent trompées, mais toujours ardentes.

Le Sahara, que ne franchit encore, malgré les projets un peu bruyamment lancés, aucun chemin de fer, maintient toujours une séparation complète entre l'Afrique méditerranéenne et le véritable continent africain. Le seul lien qui unisse encore les populations blanches de la zone septentrionale et les noirs soudanais, le fanatisme musulman, est un élément de misère et de destruction plus qu'un instrument de civilisation et de progrès. Légitimant l'esclavage, s'unissant au climat pour faire dominer parmi les uns et les autres le principe de résignation et d'abdication fatalistes et tuer tout esprit d'initiative et d'action féconde, il oppose à la fusion des races un insurmontable obstacle.

Egypte. — Et pourtant l'influence européenne a régénéré rÉgypte, transformé l'Algérie et réveillé la Tunisie. Le commerce de la basse vallée du Nil, arrêté maintenant vers l'amont à Ouadi-Halfa, s'élève annuellement à 560 millions. Pays de transition, l'Egypte a des relations suivies avec l'Arabie, vers laquelle elle transborde toute la masse des pèlerins qui se rendent à la Mecque, comme avec l'Europe et la Turquie asiatique. Elle a essayé d'utiliser, pour faire monter dans ses canaux l'eau du Nil, la chaleur solaire ; elle a développé la culture du blé, du riz, du coton ; à côté de ses

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industries indigènes (peaux, broderies, poteries), elle a introduit celle de la raffinerie du sucre 5 elle attire chaque année des groupes nombreux de voyageurs, curieux de contempler son beau fleuve, ses monuments antiques, ses musées, et des valétudinaires qui espèrent de son beau ciel et de son doux climat hivernal le retour à la santé. Mais T Angleterre, qui l'occupe et la domine, tire à elle la plus grande partie des échanges , dislançant de beaucoup la France , l'Italie et la Grèce , qui ont cependant sur le sol égyptien des colonies nombreuses et prospères.

Tripolitaine. — Sur les 27 millions d'échanges que fait la Tripolitaine, 15 et demi environ, dont près de 10 à l'exportation, empruntent la voie de Tripoli (11 à l'importation, 10 à l'exportation en 1893): ivoire (400,000 fr.) et plumes d'autruche (1,400,000 fr. 1893) amenés du Soudan par caravanes, alfa, laines, fruits du Midi, dattes, huile et bétail, dirigés principalement vers l'Angleterre, l'Italie et la France. Oasis encore soustraite à l'occupation ou au protectorat d'une puissance chrétienne, elle attire à elle le commerce des régions musulmanes de l'intérieur. Après avoir dévié de l'Algérie vers la Tunisie, il converge maintenant de la Tunisie et de l'Egypte vers la Tripolitaine qui leur a enlevé le privilège de recevoir les cotonnades, les lainages et les fers de l'Angleten^e, les bougies, le savon et le sucre de Marseille et de Gènes pour en charger les longs convois qu'elle expédie vers le Haut-Nil et la région du Tchad.

Tunisie. — Mais la Tunisie a trouvé dans le développement de ses relations avec l'Europe et surtout avec la France, la mise en valeur de ses terres, l'entretien et la sécurité de

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ses routes, ses chemins de fer, ramélioration et Taménagement de ses ports une ample compensation à la rupture de ses rapports avec Tau-delà soudanais. De 87,000 tonnes de marchandises et 34,000 voyageurs à rentrée, 50,000 tonnes et 21,000 voyageurs à la sortie en 1885, le mouvement de ses ports a passé à 151,000 tonnes et 52,000 voyageurs à l'entrée et 139,000 tonnes et 50,000 voyageurs à la sortie. Sur les 76 millions de francs auxquels on évalue ses échanges, 41 se font avec la France, 9 avec l'Algérie, et les travaux opérés à Tunis et à Bizerte, les voies ferrées projetées, les défrichements et plantations qui se poursuivent, promettent un essor nouveau au conmierce intérieur et extérieur de la Régence, chaque jour plus étroitement rattachée à la France sous le rapport économique.

Algérie. — Privée de houille, pauvre en eau, n'ayant encore laissé reconnaître dans son sous-sol aucun de ces gisements de métaux précieux qui ont joué un si grand rôle dans la colonisation de tant de pays, l'Algérie n'ayant pour attrait que son sol et son climat, fait honneur à la France par la rapidité de son développement et de ses progrès. L'accroissement de la population européenne y est lent, mais continu. L'assimilation de la population indigène n'est pas à espérer, sa destruction moins encore, puisqu'au contraire elle augmente en nombre à chaque recensement à la faveur de la paix et de la sécurité dont elle jouit ; 60,000 hommes de troupes sont encore nécessaires pour la contenir, ce qui prouve combien notre œuvre est difKcile, et cependant la transformation du pays se poursuit avec persévérance. S'interdisant vis-à-vis des musulmans tout autre prosélytisme que celui d'une tolé* rance éclairée, la France veut les gagner à elle par ses bien-

faits. Respectueuse de leurs coutumes et de leurs croyances, de leurs personnes et de leurs biens, elle veut se les attacher à la fois par le sentiment de sa justice et la satisfaction de leurs intérêts. Des routes nombreuses et bien entretenues, près de 3,000 kilomètres de chemins de fer, un réseau télégraphique complet couvrent le pays 5 les ports agrandis ou créés, des lignes multiples de communications régulières et rapides avec la métropole, entre les ports de la côte et avec les pays voisins, facilitent l'écoulement de ses produits, son approvisionnement, le transport des colons, la circulation des voyageurs qu'attirent ses beautés naturelles, et des malades qui viennent demander à ses stations d'hiver le rétablissement de leurs forces. La crise qui sévit là comme partout sur l'agriculture y est aggravée par le chétif rendement des terres à blé. Épuisées par une'culture qui ne leur rend rien eu engrais, elles ne rapportent plus que 7 pour 1 pour les cultures européennes et 4 à 5 pour 1 pour les cultures indigènes. Mais, quoique le prix des vins ait baissé, les 2,700,000 hectolitres qu'elle vendà la France constituent pour elle une richesse ignorée il y a quinze ans.

Nous lui achetons son bétail, ses moutons, ses laines, ses peaux brutes ou travaillées, ses fruits (oranges, mandarines, dattes), son liège, ses minerais, 200,000,000 de produits, en échange desquels elle nous prend 200,000,000 de marchandises, dont 170 de produits fabriqués. La France, qui s'est réservée le cabotage entre les ports algériens et les ports français, trouve dans ses relations avec elle un aliment pour sa marine à laquelle reviennent les quatre cinquièmes de son commerce extérieur. L'Angleterre lui achète son alfa brut ou à l'état de pâte. De 7,983,000 en 1831, son commerce général s'est élevé à 96,955,165 fr. en 1850, et à 561,961,903 fr. en

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1882. L'exportation était comprise pour 150,052,678 fr. dans ce total et l'importation pour 411,929,315 fr. C'était le moment des grands travaux de réfection, des ports et de construction des voies ferrées. Ce chifTre est tombé depuis lors, tandis que celui des exportations s'est accru, malgré la baisse de prix des céréales. L'Algérie se suffit à elle-même au point de vue alimentaire, importe peu de matières premières, la laine indigène suffisant au 'tissage et aux tapisseries; les grands travaux se sont ralentis, enfin une partie du commerce qui se faisait par son territoire avec la Tunisie et le Maroc se fait aujourd'hui directement avec ces deux pays.

Haroc. — Le Maroc, que la jalousie des puissances a préservé de la conquête politique, est au point de vue commercial aussi ardemment convoité par elles. Ce n'est qu'au prix de concessions sur ce terrain qu'il a pu se concilier des concours actifs. Ces concessions en ont entraîné d'autres; le sultan a dû recevoir solennellement nombre d'ambassades et admettre des consuls dans quelques-unes de ses villes. Pendant que de hardis explorateurs rapportaient au prix de mille périls de la part d'une population fanatisée et presque barbare des renseignements géographiques, économiques et politiques sur les États soumis réellement ou nominalement à son autorité, Tanger s'érigeait peu à peu en rivale de Fez, en capitale européenne en face de la capitale chériffienne. Anglais, Allemands, Français, Espagnols, Italiens, se disputent ce marché de 8,000,000 d'hommes où les moindres circonstances, les plus petits incidents font incliner d'un côté ou de l'autre le plateau de la balance. Ainsi, le choléra de Marseille ayant fait fermer aux arrivages de cette ville les ports du sultanat, un accident de mer ayant arrêté dans sa course

uu navire français qui portait à Tanger les bougies dont Marseille avait la fourniture exclusive, un navire allemand introduisit des bougies hollandaises d'un type et d'une fabrication tout autres, mais meilleur marché, C€lles-ci prirent faveur et le débouché fut perdu pour nous. Le voisinage de la frontière algérienne, la visite régulière de nos transatlantiques dans les ports marocains nous maintiennent toutefois en bonne posture pour la fourniture â'un pays relativement riche par son sol et ses mines. Bien que Gibraltar tire de Tanger la plus grande partie de sa subsistance et y envoie en échange les cotonnades et autres marchandises extraites de son entrepôt, la France suit de près TAngleterre pour le chiffre de son commerce avec le Maroc. Nous lui vendons des soieries, du sucre , de la quincaillerie , des étoffes ; il nous envoie des maroquins, de la laine, des objets en cuivi-e, etc. Sur les 70 millions de francs auxquels on évalue son commerce extérieur, 17 millions passent par Tanger. Mais la circulation intérieure est entravée par l'absence de routes (il n'y en a qu'une seule, de Fez à Méquinez), l'insécurité, les exactions des officiers du sultan, l'indolence des habitants qui abandonnent presque tout le commerce aux juifs et la cherté des transports. L'élevage, la moins pénible des industries, est en assez grand honneur ; les animaux sont nombreux (6,000,000 de bœufs), les chameaux aussi avec lesquels les caravanes vont chercher à Tombouctou les esclaves pour approvisionner le marché de Tendouf , Au moment où le docteur Lenz visita cette ville, le prix de cet article était ainsi établi : jeunes filles de 12 à 15 ans, 350 à 400 fr. ; garçons de 13 à 15 ans, 250 à 300 fr. ; jeunes filles de 15 à 20 ans, 150 fr. ; au-dessus de 20 ans, 75 fr.

L'Espagne, qui touche au Maroc et a même des posses-

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sions sur son territoire, le surveille, lui envoie nombre d'émigrants qui s4nfiltrent peu à peu dans le pays au climat duquel ils sont faits. Elle achète plus qu'elle ne vend à cet État où les Allemands cherchent à s'établir de gré ou de force, et où leur part dans le mouvement des affaires s'accroît avec rapidité.

En somme, sur les 3 milliards de francs auxquels on éva-lue le commerce total de l'Afrique, plus du tiers appartient à l'Afrique du Nord, à laquelle l'Afrique australe et l'Afrique centrale elle-même disputent aujourd'hui avec âpreté la faveur populaire.

Afrique australe. — Dépossédée par l'ouverture du canal de Suez des avantages de sa situation sur la route des Indes, l'Afrique australe a trouvé dans ses mines de diamant et d'or une source de prospérité toute nouvelle. Un boom analogue à celui qui a donné à la Californie et à l'Australie tout leur essor, dirige maintenant vers ces plateaux, si longtemps négligés par les Européens, émigrants et capitaux, aussi nécessaires les uns que les autres à la mise en valeur de ces richesses. Le Karrou avait arrêté pendant près de deux siècles la marche des blancs vers le nord. Les colons hollandais du Cap, pasteurs et chasseurs, renforcés par les réfugiés français lors de la révocation de l'Édit de Nantes, avaient peuplé d'abord la côte sud-occidentale et s'étaient, au cours du xviii* siècle, avancés sur toute la face méridionale du continent; passés sous la domination anglaise, ils avaient continué dans la première moitié de ce siècle leur progression lente, ramenés vers le rivage oriental, malgré le caractère belliqueux des Cafres-Bantous de ces parages, parla supériorité du sol et du climat. Durs pour les indigènes hottentots,

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méprisant la culture, rabandonnant d'abord à ces indigènes, puis, vu le peu d'aptitude et de résistance de ces peuples primitifs, à des noirs importés; gênés eux-mêmes dans leur propension à s'étendre par la politique prudente des gouverneurs hollandais, ils s'étaient donnés à l'élevage, poursuivant dans les brousses et même au delà des montagnes les bandes d'antilopes et de fauves qui s'y pressaient comme des nuées de sauterelles. L'abolition de l'esclavage par les Anglais en 1828 provoqua le premier de ces grands exodes qui ont rendu célèbre le nom des Boers. En 1837| la république du fleuve Orange était fondée, plus tard celle du Transvaal. Les Anglais pendant ce temps occupaient la côte et fondaient la colonie de Natal; au milieu des luttes, les deux républiques boers maintenaient leur quasi-indépendance, tandis que le mouvement des Anglais s'accentuait, que le parti des Afrikanders, à la faveur de la politique d'abandon un instant adoptée par le gouvernement de la métropole, entraînait toujoui*B plus avant les colons britanniques et suscitait même des conflits avec les Portugais. Des diamants avaient été découverts près de Kimberley. L'on craignit sagement de déprécier, en divulguant leur abondance, la valeur de cette trouvaille et de troubler, par une immigration nombreuse, les habitudes et les mœurs sauvages des Boers. Ce fut toutefois une nouvelle source de richesse, un nouvel élément d'échanges venant s'ajouter au commerce que procuraient l'approvisionnement des navires en relâche, le vin réputé de Constance, le bétail devenu nombreux, les peaux, cornes et débris d'animaux tués à la chasse, les plumes d'autruche, et surtout la laine, très estimée, des millions de brebis du Cap. En 1853, la colonie du Cap avait un commerce extérieur de 67 millions ; en 1864, il était de 121 millions, dont 50,875,000 fr. à l'expor-

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tation; en 1882, il s'élevait jusqu'à 446,965,475 fr., dont plus de 100 millions fournis par le commerce des diamants. Il retombait, il est vrai, en 1886, à 273,115,425 fr. , dont 178,133,000 fr. à l'exportation . En 1894, en revanche, la « ruée » vers les mines d'or dont l'effet s'était déjà marqué sur les années précédentes, se traduisait par une augmentation considérable : 635,000,000 fr. au total, dont 290,000,000 à Timportation, 345,000,000 à l'exportation, sur lesquels 175,000,000 fr. d'or, 50,000,000 de plus que l'année antérieure, augmentation compensée, il est vrai, par une diminution de 25,000,000 de francs sur les diamants et autres produits.

Jusqu'à l'ouverture récente (fin 1894) du chemin de fer de Pretoria à Lorenzo-Marquez (593 kilom.), le Transvaal est resté dans la dépendance économique presque absolue de l'Afrique australe anglaise. Ses progrès ont été énormes et rapides à la suite de l'exploitation plus active de ses mines. D'après le rapport du consul de France à Pretoria, il ne s'est pas fondé pour leur exploitation moins de 2,267 compagnies au capital nominal de 2,547,077,300 fr. La production de l'or s'est élevée dans le seul Transvaal de 1,710 kilogrammes en 1887 à 70,448 kilogrammes en 1894, en progression de 20,257 kilogrammes sur l'année précédente. L'extraction totale de 1887 à 1894 a été en 8 années de 228,011 kilogrammes. Le Witwatersrand, ou le Rand, a produit à lui seul les sept huitièmes du rendement total de 1894. Sa capitale, Johannesbourg, de 10,000 habitants en 1887 s'est élevée à 70,000. La foule se presse sur ces plateaux à 1,700 mètres d'altitude où afDluent avec les émigrants les machines de toute espèce, envoyées par l'Amérique et l'Angleterre, le matériel de chemins de fer, et tout ce qui est nécessaire à l'installa-

tion et à la vie souvent large des chercheurs d'or. Sur les 161 millions d'importation en 1894, 98 et demi provenaient d'Europe, la majeure partie d'Angleterre. L'absence d'industrie dans ce pays neuf offre aux nations manufacturières entreprenantes un champ nouveau et précieux d'action. Tous les ports africains s'en disputent l'accès, le Gap, Port-Élisabeth, East-London, Natal, Lorenzo-Marquez. Le rapport précité relève à l'importation pour 1894: 29,500,000 fr, pour les machines et outils, 10,750,000 fr. pour les autres ouvrages en fer et métaux ; 10 millions pour le matériel de chemins de fer, plus 12 millions et demi pour la bonneterie et ganterie, 8 millions et demi pour la mercerie et les modes, 6 millions pour les articles en cuir, sans compter les alcools, vins, cigares, bougies, etc., les bois pour la charpente et les mines qu'envoie l'Australie, les meubles en bois bon marché qu'expédie l'Amérique. 4,550,306 litres de boissons étrangères sont venus s'ajouter aux 10 millions de litres de bière des brasseries de Pretoria et de Johannesbourg. La république d'Orange, restée surtout agricole, approvisionne de vivres, céréales, bétail et volailles ce marché toujours grandissant avec lequel son trafic a triplé en trois ans. La houille, qui a donné 751,337 tonnes de produits en 1894 et dont de nouveaux gisements viennent d'être mis en exploitation, alimente les chemins de fer, dont plus de 3,500 kilomètres sillonnent aujourd'hui toute la partie orientale du Sud- Afrique. A côté d'eux, l'ancien mod^ de transport n'a pas abdiqué ses droits et les immenses chariots qui importaient, en 1892, 40,583,550 fr. de produits étrangers, transportent toujours, laine, peaux, poils de chèvre et autres produits de l'industrie pastorale.

La Compagnie Sud-Africaine, dont l'ambition turbulente a triomphé des droits anciens du Portugal, a non seulement

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annexé à son domaine les territoires an sud du Znmbèze, mais aussi au nord de ce fleuve le pays des Matabélés par lequel elle touche au lac Nyassa. Son président, M. Cecil Rhodes, justifiait ainsi aux yeux des Anglais cette politique conquérante. « Avec les États-Unis, disait-il, dont la population est de 60 raillions d'habitants, la plupart d'origine britannique, l'Angleterre ne fait qu'un commerce d'un milliard de francs à l'exportation, tandis qu'avec l'Afrique du Sud et l'Egypte, où il n'y a que 600,000 blancs, son commerce d'exportation vaut un demi-milliard, dont 375 millions pour le Cap et Natal et 100 millions pour l'Egypte. »

Afrique équatoriale. — L'Afrique équatoriale, si longtemps dédaignée, a eu enfin, elle aussi, ses jours de popularité. En 1871, après ses revers, la France avait songé un instant à céder ses comptoirs du golfe de Guinée et les a même abandonnés. Les lagunes à requins et les fièvres étaient à peu près tout ce qu'on en connaissait. Tout à coup les compétitions commerciales se sont tournées de ce côté. La France avançait prudemment, mais sûrement au Sénégal, dans la direction du Niger qu'elle atteignait en 1883 ; elle cherchait à établir son protectorat surle Fouta-Djallon, développait ses comptoirs sur la Casamance et les rivières du Sud, tandis que quelques hardis pionniers créaient 32 factoreries sur le bas Niger, où les Anglais établis déjà à Lagos pour la répression de la traite opposaient factorerie à factorerie. Au moment où Stanley découvrait, pour ainsi dire, le Congo, la France s'engouait du Transsaharien, le Brémois Luderitz fondait un comptoir allemand sur la baie d'Angra-Pequena, le roi des Belges se mettait à la tête d'une association humanitaire internationale pour l'abolition de l'esclavage. Une pensée humaine et gêné-

reuse recouvrait ainsi cette ardente et bientôt impétueuse pénétration dans le pays des noirs.

Mais il y avait là surtout une maladie commerciale. De colonisation, d'ouverture de territoires à Témigration européenne, il ne pouvait être question dans ces parages inhospitaliers ne pouvant offrir à l'arrivant qu'un tombeau. Les richesses naturelles des régions tropicales devenaient l'objet d'une convoitise acharnée. L'industrie cherchait partout des huiles, des résines et la demande d'arachides par Marseille provoquait le développement de leur culture au Sénégal. Or, les huiles que les Allemands allaient chercher aux États-Unis se trouvaient en grande abondance sur ces côtes où des traitants arabes et des courtiers indigènes en faisaient un grand commerce. On se borna d'abord à occuper le littoral, à établir des entrepôts vers lesquels les courtiers indigènes dirigeaient les marchandises, puis on songea, pour l'hygiène comme pour le commerce, à explorer l'intérieur, à y chercher des stations plus saines, à posséder non plus seulement la côte, mais l'hinterland. Des conventions internationales mettaient un peu d'ordre dans cette bataille, fixaient une procédure pour l'occupation, des règles pour les rapports commerciaux. Le traité de Berlin de 1885 stipulait la liberté de navigation sur les fleuves pour les navires de toutes les puissances. Les particuliers, les sociétés de commerce et d'exploration ne se sentant plus assez forts pour braver ces décisions solennelles, de grandes compagnies se fondèrent derrière lesquelles s'abritèrent volontiers certaines ambitions nationales, dont d'autres furent même assez fortes pour entraîner leur gouvernement. La société anti-esclavagiste internationale devint à son tour et assez rapidement, sous l'égide de son chef, une entreprise belge. L'État indépendant du Congo se

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forma et les Belges justifièrent, il faut bien le dire, leur préemption par une série de voyages hardis, bien conçus, fructueux, qui en dix années nous révélèrent toute une étendue de pays, un magnifique réseau fluvial, une Afrique toute nouvelle. Français, Allemands, Italiens rivalisaient de zèle avec eux, et le commerce de l'Afrique , jusque-là réservé à quelques maisons et sans importance, attirait l'attention générale. On songeait à écouler en Afrique autre chose que la verroterie et la pacotille qui avaient jusqu'alors suffi aux échanges.

Les alcools, surtout ceux de mauvaise qualité de Hambourg et de Liverpool, sont malheureusement un des principaux articles que le commerce européen introduit dans les pays nègres et bantous. Au Soudan, bien peu accessible encore malgré quelques expéditions justement célèbres, et toujoiu*s troublé par quelque marabout ambitieux et cruel, les cotonnades anglaises ne pénètrent encore qu'en petite quantité. Il y a là des centres industriels depuis longtemps prospères et connus dont les produits suffisent à tous les besoins et sont même exportés au loin. On y travaille le fer et les peaux comme la laine. Le sel est à peu près le seul article qui fasse défaut. On le troque contre des esclaves aux courtiers du Sahara et l'on n'a rien à demander à l'Europe. Il faut donc faire naître des besoins.

Les achats des Européens prennent chaque jour une nouvelle importance sur la côte. Aux gommes et aux arachides, les rivières du Sud ajoutent des bois, de la noix de kola, du caoutchouc; Libéria, du café; les comptoirs du golfe de Guinée, de l'huile de palme, des métaux, de l'ivoire. La région des grandes forêts tropicales se prolonge au nord de cette côte sur une épaisseur variant de 100 à 400 kilomètres ;

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la côte malsaine admet toutes les cultures tropicales ; les bouches du Niger sont parsemées de pontons sur lesquels les Européens, dans l'impuissance de supporter le séjour de la terre, attendent les indigènes qui viennent traiter avec eux. Et c'est là surtout, sur ces côtes meurtrières que s'entrecroisent les territoires. La France a ses comptoirs de la Côte d'Or et le Dahomey ; l'Angleterre, Sierra-Leone, les anciens comptoirs danois, Capecoast, Lagos ; l'Allemagne, le Togo et le Cameroun. Le commerce des établissements anglais de la Côte d'Or a été en 1893 de 36,011,475 fr., dont 17,958,825 à l'importation: cotonnades, rhum, articles en soie, papeterie, tabac, métaux précieux, et 18,052,650 fr. à l'exportation : caoutchouc, huile et noix de palmier, peaux, noix de kola, etc., et la progression constante de ce commerce, malgré l'absence des routes et le mauvais état des sentiers, est un indice du progrès et du développement possibles. Le commerce général du Togo s'élève à 7 millions, un peu plus de 3 à l'importation (eaux-de-vie, tabac, cotonnades, armes, verroteries, poudre à canon et objets en fer), le reste à l'exportation (huile et amande de palme). Ce sont les lùômes articles et, de plus, à l'exportation* la noix de coco, le coprah, le beurre végétal, le caoutchouc, qui alimentent le commerce du Cameroun (11 millions, dont 5,875,000 fr. à l'exportation). Kotonou, le port du Dahomey, rendu accessible par un w^arf, mis en communication par un chenal avec les autres ports de la lagune, voit s'augmenter ses échanges. Le Gabon et le Congo français progressent peu, mais l'État indépendant du Congo tire de ses immenses territoires d'abondants produits. Anvers est devenu par lui le grand marché de l'ivoire. Le caoutchouc du Congo rivalise de qualité avec celui de Para; mais les particuliers y font plus de profit que l'État lui-môme,

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condanmé à subventionner de coûteux travaux. Les fleuves viennent de la manière la plus heureuse soulager les porteurs humains de plus en plus exigeants et rebelles aux offres gui leur sont faites. L'anthropophagie, que pratiquent encore quelques peuplades, est Tindice d'un pays pauvre en ressources animales. Bien que Tivoire, mais surtout Tivoire fossile, soit le grand article d'expoilation, les produits végétaux sont, et surtout pourraient être, plus abondants, si la population se décidait au travail. En 1893, les exportations ont été de 10,148,418 fr. et les importations de 7,514,791 fr. L'ivoire (3,807,240 fr.), le caoutchouc (1,849,516), les noix de palmier (977,766 fr.) et l'huile de palme (727,109 fr.) sont dirigés surtout vers la Belgique et la Hollande. C'est aussi la Belgique (4,482,720 fr.) qui tient le premier rang pour les importations, suivie par l'Angleterre (2,800,000 fr.), la Hollande (1,240,000 fr.) et l'Allemagne (1,100,000 fr.). Le chemin de fer en construction pour rejoindre à la mer, en longeant les rapides du cours inférieur du Congo, l'immense réseau navigable de ce fleuve et de ses affluents, donnera sans doute à cet État de 40,000,000 d'habitants (?) une importance commerciale nouvelle.

Le port portugais de Cabinda ne fait , comme notre port français de Loaugo, qu'un trafic très minime. Les possessions, prospères au temps de la traite des nègres, de l'Angola et du Benguela n'ont plus aujom'd'hui, malgré le chemin de fer qui de Loanda se dirige sur 360 kilomètres vers l'intérieur, qu'un médiocre trafic. Le Sud-Ouest africain allemand semble moins florissant encore. Autour do la baie de Walflsh, il faut importer l'eau du Cap ; les principaux lits fluviaux, ceux du Tsoakhoub et de la Kuisip, sont le plus souvent à soc; la seule région susceptible de recevoir des colons européens

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serait le pays des Ovambos dans le voisinage du Counéné vers lequel projette de s'avancer d'autre part la colonisation portugaise en fondant une station sur le Coubango. La concession par les Anglais à l'Allemagne d'une bande de terre conduisant au Zambèze n'a pas empêché les empiétements de la Compagnie Sud-Africaine qui tend à faire de ce fleuve son domaine exclusif.

Sur l'autre rive africaine, les Portugais, menacés à Lorenzo- Marquez qu'un prétexte facile à trouver fera tomber entre les mains des Anglais, ont été malheureux dans leur tentative de réorganisation de leur colonie de Mozambique, transformée en État libre de l'Est africain (1891) avec des compagnies à charte. Constituée alors, celle du Nyassa vient d'être dissoute. Sur d'autres points, les Cafres se sont révoltés ; la concurrence anglaise, qui a déjà coupé ce territoire des possessions portugaises de l'Ouest, la resserre de plus en plus. L'arrière-pays est riche en ivoire, en caoutchouc, en indigo. La canne à sucre et le coton pourraient y être cultivés ; on y prévoit même l'extension des mines d'or du Transvaal. Mozambique fait environ 5,500,000 fr. d'affaires; Ibo, l'autre port du pays, 600,000 fr. ; Quilimane, dans la Basse-Zambézie, 4 millions et demi. Les ports de l'Est africain allemand et Zanzibar éclipsent ces comptoirs portugais auxquels la colonisation de Madagascar pourra rendre quelque activité.

Autrefois connue seulement comme point de départ des expéditions vers l'intérieur et lieu de rassemblement des porteurs, la côte située en arrière de Zanzibar a pris de nos jours, entre les mains des Allemands, une grande importance. Dar-ès-Salam est devenu le centre d'une domination sérieuse et d'un commerce actif (1,100,000 kilom. carrés et 700 kilom. de côte). C'était déjà sur ce littoral que se diri-

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geait de préférence Tivoire. Bagamoyo en est devenu le grand centre d'exportation. Cette substance forme, à elle seule, 43 p. 100 du total de Texportation de l'Afrique orientale allemande (2,245,000 fr. sur 5,338,000 fr. en 1889). Le msandarousi, qui produit le copal, abondant dans la région dont Dar-ès-Salam est le port, cette ville en embarque pour 683,000 fr., partageant avec Kiloua et Lindi Texportation du riz, des bois de construction, des noix de sésame. Le caoutchouc (575,000 fr.) sort surtout par Kiloua, le bétail par Pangani. L'importation, qui consiste principalement en cotonnades, houille, blé, conserves, liqueurs, huiles grasses, huiles minérales, poudre, verreries, etc., atteint 3,115,000 fr, La construction d'un chemin de fer de Tanga ou Dar-ès-Salam au Tanganyika, et d'un sanatorium sur les flancs du Kilimandjaro, faciliteraient l'exploitation et même la colonisation du pays. D'après un explorateur en effet, le comte Teleki, qui a parcouru cette région en 1887-1888, le climat serait dans ces parages, et même à peu de distance de la côte, extraordinairement sain. Les fièvres seraient inconnues au nord du Kilimandjaro. Un séjour même dans les parties les plus chaudes serait, gi^âce à la sécheresse de l'air et à la fraîcheur des nuits, beaucoup moins énervant que dans la zone embrasée du littoral, et ce pays serait susceptible de recevoir des Européens.

V Impérial British East Âfrican Company, VIbea, comme elle se faisait couramment désigner, a désespéré de tirer un parti lucratif des territoires qui lui étaient échus comme lot et a résigné ses pouvoirs. Les tentatives hasardeuses vers l'Ouganda ont été ses derniers actes et le gouvernement britannique n'a répudié aucune des parties de son héritage. Là aussi s'agitent les projets les plus vastes ; les chemins de fer

s'imposent dans des pays où les hommes sont les seuls moyens de transport possible et la région des grands lacs semble devoir dédommager, mieux que ne le ferait celle du Soudan, des sacrifices consentis pour établir une voie ferrée entre elle et la côte. Là encore ce sont les mêmes éléments d'échange que plus au sud et sur la côte opposée : les produits de la faune et de la flore tropicales à ofTrir en échange des cotonnades, des verreries, des objets nécessaires aux colons et de ceux dont Tachât par les indigènes serait profitable aux vendeurs. Les Arabes sont toujours maîtres d'une partie du commerce de cette côte, vers laquelle les paquebots européens se dirigent en moins grand nombre que vers la rive opposée. Les parfums, Tencens, les articles que venaient déjà chercher les anciens Égyptiens sont toujom's ceux que cette zone offre aux Européens et qu'ils retrouvent encore dans la région plus aride et plus désolée des Somalis que se partagent Italiens et Anglais. La pointe orientale de l'Afrique est peu séduisante d'aspect, dangereuse d'approche et mortelle comme séjour. Nos comptoirs de Djibouti et d'Obock, précieux comme dépôt de charbon, n'entretiennent que des rapports bien rares par caravanes avec le plateau abyssin, sur lequel l'Italie a des visées bien ambitieuses. La colonie de l'Erythrée aspire à s'adjoindre, comme vassale tout au moins, la souveraineté de Ménélik. Le Harrar et quelques vallées de l'intérieur ont d'importantes cultures de café, mais le pays, dès longtemps civilisé, donnant sur ses hautes terres tous les produits culturaux de l'Europe, ayant des centres industriels prospères, ne paraît pas apte à fournir de bien grands débouchés à l'industrie, comme lo prouverait au reste l'abandon qui en a été fait par l'Angleterre à l'Italie, son agent imprudent dans ces parages. La fermeture par les mahdistes de

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toutes les contrées du haut Nil ajoute à la précarité de la situation de cette colonie, dont une politique mégalomane tire satisfaction et gloriole.

Zanzibar est de longtemps une station commerciale importante. C'est la plus africaine de toutes les îles de cette partie du monde. Une souveraineté musulmane, non indigène, mais depuis longtemps acceptée par ceux-ci, y donne à la domination des Anglais une assiette analogue à celle des Français en Tunisie. Son commerce s'élève à 50 millions environ, dont 20 à l'exportation consistant en ivoire, copal, clous de girofle, poivre rouge, etc. Des malles française, anglaise, allemande, portugaise ont leur point d'attache ou une station dans son port, c'est la reine de cette côte et la beauté de l'île, l'activité de sa population hétérogène et composite, jointe à sa position maritime, lui assurent la continuité de cette situation.

Madagascar et les Hascareignes. — Madagascar pourra devenir un vaste champ d'exploitation pour le commerce. Une grande partie de l'île est utilisable pour la colonisation européenne ; le climat de l'intérieur est ou pourra devenir sain, celui du littoral éloignera toujours malheureusement les commerçants. Les points salubres, comme Diégo-Suarez, sont trop éloignés de la partie centrale.

Le caoutchouc, la cire, le bétail, les peaux sont les prin* cipaux éléments d'un commerce que gênent le peu de navi* gabilité des rivières et l'absence de routes. Les difficultés éprouvées par notre corps expéditionnaire dans sa marche victorieuse de Majunga à Tananarive montrent assez quels obstacles rencontrera la création de voies de communication dans l'île. L'usage des porteurs rend ici, comme partout où

il est nécessaire, les transports fprt coûteux. Du reste, il existe une industrie indigène de tissage de cotonnades et de toiles. Le sol renferme des richesses minérales dont Texploitation est à peine commencée (Suberbieville). Le sel, les machines, la quincaillerie, les armes, le rhum, sont les articles que la Réunion et Maurice fournissent en échange des bœufs, du riz et du maïs qui leur sont nécessaires. Les négociants étrangers sont rares; 1,200 navires, jaugeant 200,000 tonneaux, forment tout le mouvement des ports. Un service des Messageries maritimes et une autre compagnie de navigation française entretiennent un service régulier avec rîle. Son commerce extérieur était, avant Texpédition actuelle, de 30 millions de francs environ. Ce n'est, à vrai dire, que depuis 1883, que Vile est ouverte au commerce et Ton sait quelles arrière-pensées cachaient les concessions faites à cette époque.

Nossi-Bé, Mayotte, la Réunion, Maurice, îles à sucre, se ressentent de la crise qui sévit sur cette industrie par suite de la concurrence européenne et de Tabsence de bras pour cette culture, surtout dans les colonies françaises. La Réunion, qui avait trouvé dans la vanille une source de profit, vite tarie par la concurrence, s'est trop tardivement retournée vers la culture du café, la seule qui soit aujourd'hui productive. Son commerce n'était en 1886 que de 40 millions de francs (13 à l'exportation) contre 140 (80 à l'exportation) pour Maurice. Port-Louis est, il est vrai, un port plus sûr et mieux situé que ceux que peut offrir la Réunion, même depuis l'ouverture du port des Galets. Ces îles, comme celles de la côte nord-occidentale de l'Afrique, Cap-Yert, Canaries, Açores, sont des ports européens et civilisés, par la création desquels l'Europe préludait à ses tentatives sur l'Afrique d'où les fa-

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meux défenseurs de Madagascar, les généraux Hazo et Tago (Forêt et Fièvre), la repoussaient toujours. La canne, les oranges, les citrons, les grenades, les ananas, le vin, sont les principaux produits des îles hispano-portugaises.

L'Afrique répondra-t-elle en somme, au point de vue commercial, à toutes les espérances fondées sur elle? Son exploration et sa découverte pour ainsi dire sont en tous cas parmi les événements les plus glorieux et les plus intéressants de notre époque. Déjà sa mise en exploitation a eu des conséquences appréciables sur le marché européen : Tinvasion de ses graines oléagineuses et de ses huiles a pesé sur les productions similaires des autres pays ; son ivoire et son caoutchouc sont disputés par les consommateurs ; son or et ses diamants ont influé sur le marché de ces produits; les grands travaux faits sur son territoire ont fourni des débouchés appréciables à l'industrie ; elle a donné à la navigation un élément de vie dont elle avait besoin. Elle pourra décevoir ceux qui ont trop escompté ses problématiques richesses ; elle reste un des grands facteurs de la vie économique du globe, à laquelle elle n'avait si longtemps pris qu'une faible part, et comme fournisseur de ces « pièces d'Afrique » qui semblaient être sa principale et presque unique richesse.

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