‹ Précis d'histoire du commerce;Chapitre 33 sur 69 · L^AMÉRIQUE DU SUD · texte numérisé non relu

L^AMÉRIQUE DU SUD

Equateur. — L'Equateur, n'ayant encore que 102 kilomètres de chemins de fer, une seule route, celle qui monte de Guayaquil à Quito, et des accès partout difficiles, isolé du monde par Télévation de son plateau, fait par Guayaquil un commerce de 60 à 80 millions de francs (72 millions en .1891), dans lequel la France, aujourd'hui dépassée par l'Angleterre, a longtemps tenu le premier rang. Le cacao (51 millions 835,000 fr. eu 1893), le café, l'ivoire végétal, le caoutchouc, les chapeaux dits de Panama, les cuirs, le tabac, en sont les principaux articles.

Pérou. — Les sucres, les laines de brebis, de lamas et d'alpagas forment les principaux articles de l'exportation agricole du Pérou. En 1876, il vendait encore à l'Angleten-e seule pour 40 millions de francs de guano ; ses gisements sont épuiëée, les mines d'argent sont délaissées, mais le nitrate, le pétrole, la houille, le dédommageront peut-être de la perte de sa principale ressource. L'Angleterre entre pour 55 millions de francs dans les 80 millions de son commerce extérieur (dont 45 à l'importation). Les chemins de fer s'y construisent avec régularité, malgré la difficulté du travail pour atteindre les plateaux ; un tunnel est ouvert dans la Cordillère à 4,768 mètres d'altitude. Les 1,850 kilomètres existant en 1892 ont coûté 900 millions de francs, malgré le bas prix des terrains, mais le progrès est incessamment ralenti par les troubles et les guerres dont tous ces pays hispano-américains se passent trop souvent la ruineuse fantaisie.

Bolivie. — Éloignée de la mer par^la jalousie de ses voisins, la Bolivie vit de leurs aumônes. Ils exploitent ses mines

(57,451,500 fr. d'argent en 1890). et lui donnent, eu échange de son métal, les produits manufacturés introduits par le Chili, le bétail de T Argentine. Son commerce n'est que de 16,500,000 fr. à l'importation, presque tout entier entre les mains des Allemands, et de 50 millions de francs à l'exportation : argent, cuivre, zinc, caoutchouc, café, cacao, coton, etc. Les chemins de fer sont poussés vers elle par le Chili et l'Argentine qui s'en disputeront sans doute un jour la possession les armes à la main. Une ligne gravit déjà le plateau du côté chilien et les lignes argentines s'avancent avec rapidité. Un pays qui n'a même pas de capitale fixe et dont la population est si peu nombreuse, peut devenir en eiffetune proie facile pour des voisins ambitieux et brouillons.

Chili. — Le Chili s'est lassé d'être appelé la république modèle des États d'origine espagnole. lia eu, après de longues années de paix pendant lesquelles se sont développées ses ressources, sa période de turbulence et de guerres. Son commerce a atteint en 1890 près d'un milliard de francs partagé presque également entre les importations et les exportations. C'est surtout à la poussée des nitrates qu'est due l'importance de ce trafic. En 1874 la production était de 284,420 tonnes, en 1888 elle atteignait 784,250 tonnes, d'une valeur de 169,330,980 fr. ^ Dunkerque est un des principaux ports sur lesquels sont expédiés ces produits. C'est en vue de leur transport que les armateurs ont fait construire ces voiliers à cinq mâts dont l'apparition indique une évolution nouvelle dans l'histoire de la marine marchande.

L'industrie, surtout celle du traitement des nitrates, a fait

Page 1