Reclus, L'Amérique du Sud
l'âmérique du sud. 315
de grands progrès au Chili. Des mines de charbon y ont été reconnues. Des fonderies, des. usines pour le travail des métaux s'y créent ; 2,890 kilomètres de chemins de fer sillonnent le pays. Dans quelques années le ti*ansandiD, dont 54 kilomètres seulement rtsstent à construire du côté argentin et 42 du côté chilien, unira les deux mers qui baignent l'Amérique du Sud, Buenos-Ayres et Valparaiso, et facilitera Témancipation de ce continent de la dépendance dans laquelle il est encore de l'industrie européenne.
La dissémination le long de la côte des centres de richesses naturelles donne une grande activité aux nombreux ports du Chili. Arica, Iquique surtout et Pisagua exportent les nitrates, Antofagasta le minerai d'argent, Coquimbo celui de cuivre. Valparaiso, port de la capitale, sur une des plus belles rades du monde, est le principal centre du connnerce avec l'extérieur. En 1890, son mouvement a été de 2,557 navires et 2,407,222 tonnes. C'est l'Angleterre qui y tient le premier rang. Punla-Arenas, sur le détroit de Magellan, exploite des mines d'or et de charbon et est un important point de relâche sur ce chenal dangereux ^et très fréquenté.
République argentine. — Sillonnée par 13,454 kilomètres de chemins de fer (1893) et 32,748 kilomètres de fils télégraphiques, débouchant sur un des vastes estuaires du globe, la République argentine a des échanges plus actifs encore que le Chili, mais de tout autre nature.
La moyenne de son commerce, qui était en 1863 de 360 millions de francs, a été dans les cinq années 1887-1891 de 807 millions 500,000 fr., les importations dépassant les exportations de 21,500,000 fr. En 1892, il a été de 1,106,200,000 fr., après avoir atteint en 1890 1,312,800,000 fr. Bien que l'a-
griculture y soit prospère et qu'il fournisse des blés à TEurope, le Chili vit surtout de sou sous-sol ; TArgentiae tire ses grands revenus de Tagriculture, de ses immenses prairies d'abord, mais aussi de ses champs de blé et de maïs, dont Tétendue cultivée grandit chaque année. Son exportation en froment a atteint en 1894 20 millions d'hectolitres. Dans la valeur de son exportation en 1892 (621,980,000 fr.), les produits du pâturage figuraient pour 411,750,000 fr., ceux de la culture pour 144,450,000 fr. ; ce dernier chiffre a augmenté depuis. L'Angleterre entrait pour 28,3 p. 100 dans ce total, la France pour 21,3 p. 100, l'Allemagne 11,7 p. 100, en progrès marqué, la Belgique 10,15 p. 100. C'est donc encore avec l'Europe qu'elle a ses relations les plus étendues. Mais l'industrie s'y développe sous l'influence de la crise financière qu'elle traverse depuis plusieurs années et qui ne lui permet d'offrir à l'Europe que du papier déprécié et des créances douteuses. Ainsi tend à se fermer un débouché pour les étoffes, vins, denrées et conserves alimentaires, objets en fer, quincaillerie, etc., qu'elle nous achetait en échange de sa laine, de ses débris d'animaux, de ses saindoux, de ses peaux. Le mouvement total de ses ports a atteint, grande navigation et cabotage, 68,036 navires d'une jauge de 17,262,850 tonnes ; deux lignes françaises, deux lignes anglaises, trois allemandes, une espagnole, une italienne, une belge desservent le port de Buenos-Ayres. Celui-ci, malgré la difficulté de son accès et le peu de profondeur des eaux qui retient les navires à une grande distance au large, a un mouvement de 6,165 navires et 3,952,250 tonnes (1892), et a exporté cette même année pour 389,175,000 fr. de produits \ C'est une