STATISTIQUE DU BETAIL EN
En millions de têtes.
dnTcî!?e. h^. oiHBVAox. «t muleta. **0"^0"- ^o»^«- ohA^""».
Europe . . . 97,24 33,25 3,73 186,56 44,72 19,51
Asie 70,40 4,20 1,18 36,65 0,52 1,23
Afrique . . • 4,02 0,66 0^60 28,06 0,31 5,34
N.-Amérique. 55,10 14,92 2,31 46,17 51,53 0,15
S.-Amërique. 57,66 5,10 1,51 101,09 1,39 3,02
Australie . . 8,97 1,44 » 97,10 1,21 0,25
Océanie . . . 0,003 0,001 » 0,003 0,02 0,001
Total . . . 293,393 60,571 9,33 505,633 99,70 29,501
Constitué en monopole d'État, concédé en régie ou libre, le commerce du tabac, dont la culture est réglementée dans certains pays, a pris une grande importance. La consommation par tête est évaluée à 400 grammes en Portugal, 770 en Espagne, 780 en Italie, 866 en France, 1,053 en Allemagne, et 1,450 grammes en Autriche. Un tiers (250,000 tonnes) de la production totale revient aux États-Unis \ celle de la Russie atteint 65,000 tonnes; celle de T Allemagne, 34, inférieure de 20,000 tonnes à sa consommation. Cuba ne donne que la moitié (12,500 tonnes) de la production française; les achats de différentes sortes de tabacs, nécessités par les goûts et les préférences des consommateurs, en font un important article d'édfônge.
L'importation des graines oléagineuses et des huiles exotiques a apporté dans la culture de ces graines et dans la fabrication et le commerce des huiles indigènes un trouble considérable. En 30 ans, la surface cultivée en graines oléagineuses en France a diminué de 70 p. 100. Les importations de graines oléagineuses y ont passé de 1,443 quintaux en
1860, à 5,400,000 en 1889. Le Sénégal, les Rivières du Sud, tous les pays riverains du golfe de Guinée, dont Tun porte le nom signiôcalif de rivière de Thuile, et les îles océaniennes ont la plus grande part à ce commerce qui constitue leur principale reesource.
La laine est, malgi'é Timportance gardée par la production européenne (un tiers), un des grands articles d'importation. Sur 1 million de tonnes de production totale annuelle, un quart vient d'Australie, un cinquième de la Plata, un vingtième du Cap. Les États-Unis importent un quart de leur consommation (50,000 tonnes) ; l'Angleterre, près des deux tiers (118,000 tonnes) ; la France, près des trois quarts (132,000 tonnes); l'Allemagne, près des deux tiers (106,000 tonnes); la Russie et l'Espagne ont, au contraire, une production supérieure à leur consommation, la Russie de deux cinquièmes (production totale : 108,000 tonnes) ; l'Espagne de un septième.
Le coton (2,650,000 tonnes) a trois centres principaux de production : les États-Unis (1,420,000 tonnes), l'Hindoustan (800,000 tonnes), l'Egypte (220,000 tonnes). Les Étals-Unis exportent les cinq neuvièmes de leur récolte, d'une valeur de 1,470 millions de francs (1892); l'exportation de l'Hindoustan, plus faible cette même année (270 millions de francs), avait atteint, en 1890, 470 millions. Les achats de l'Angleterre se sont élevés en 1892 à 950 millions de francs, ceux de l'Allemagne à 250 millions, ceux de la France à 100 millions.
Sur 12,159,000 kilogr. de soie produite en 1891, 4,147,000 proviennent de l'Europe, le reste de l'Asie, dont le groupe sino-japonais fournit la plus grande partie. L'Italie a livré à l'industrie 3,210,000 kilogr., la France 566,000, l'Autriche- Hongrie 281,000, l'Espagne 90,000. Nous savons quelle est la part de la soie dans l'exportation de la Chine (par Shanghaï
LE GOMMBRGB BN 1893. 345
et Canton principalement) et du Japon (Yokohama). Elle est le grand article de commerce de l'Europe avec TExtrôme- Orient et a eu dans le développement des relations avec ces pays lointains une importanre de premier ordre.
Pour le lin, dont la vogue, en raison du prix élevé de ses tissus, est diminuée par la faveur du coton, la concurrence de la Russie (610,000 tonnes sur 675,000 de production totale) a ruiné cette culture en France, où elle est encouragée par des primes, et en Belgique. Le discrédit des toiles de chanvre, trouvées trop grossières et trop rudes pour les usages domestiques, moins employées pour la voilui*e des navires et ayant à lutter encore contre les toiles de jute (Hindoustan), a amené le môme résultat et cette culture européenne (360 millions de kilogrammes sur 425) a fléchi, elle aussi, devant les produits des cultures exotiques.
La houille, dont la possession et l'exploitation facile constituent de si précieux avantages, entre à cause de son poids et de son volume pour un chiifre important dans le tonnage de la circulation, principalement des transports par eau. La richesse de l'Europe en houille exploitable, c'est-à-dire à moins de 1,200 mètres de profondeur, serait de 360 milliards de tonnes, dont 198 milliards pour la Grande-Bretagne et l'Irlande, 112 pour l'Allemagne, 18 pour la France, 17 pour l'Autriche-Hongrie, 15 pour la Belgique. L'extraction totale s'est élevée en 1891 (année de la plus forte production pour l'Angleterre) à 535,100,000 tonnes ainsi réparties :
Angleterre 185,519,000 tonnes.
États-Unis 153,851,000 —
Allemagne 94,252,000 —
Autriche-Hongrie 27,000,000 —
France 26,190,000 —
Belgique 19,335,000 tonnes.
Russie 7,000,000 —
Espagne 1,286,000 —
Divers 17,126,000 —
La France, dont la production s'est accrue depuis 1891, et la Belgique ont donc une exploitation relativement plus active que leurs riches concurrents. Néanmoins la France doit importer du dehors et surtout d'Angleterre le cinquième de sa consommation. Cardiff et Newcastle surtout expédient le charbon anglais sur tous les points du globe, où il est encore, malgré la concurrence que nous avons signalée dans rExtrême-Orient, le plus répandu.
Pour les métaux, l'Espagne, par ses fers, son cuivre, son plomb, son mercure, et l'Allemagne, par ses mines de Silésie et de Saxe, ont pris une importance de premier ordre. Partout l'extraction a fait de très grands progrès ; l'Amérique, l'Asie méridionale, l'Asie russe, les Indes néerlandaises, l'Australasie, l'Afrique, rivalisent avec les pays d'Europe. Pour les métaux précieux dont la production dépasse 1 milliard en argent (au cours légal en France) et 700 millions en or, la part de l'Europe est insignifiante, mais pour le fer, sur 33 millions de tonnes de production totale, 23 environ sont de minerai tiré des gisements d'Europe (Angleterre, 11 millions de tonnes; Allemagne, 5; Espagne, 5; France, 1,5; Suède 1). Pour le plomb (production totale 650,000 tonnes), les États-Unis, Colorado, Missouri, fournissent 200,000 tonnes, mais la production de l'Allemagne, de l'Angleterre et de l'Espagne est encore importante. Le zinc vient surtout de l'Allemagne (650,000 tonnes) et principalement des mines silésiennes (Kœnigshutte).
Le cuivre, dont la production totale est de 240,000 tonnes.
provient encore de l'Amérique du Nord (rives du lac Supérieur) et du Chili ; Tétain de la presqu'île de Malacca (Pérak) et des îles de la Sonde (Banca et Billiton). Le mercure (4, 700,000 kilogr.) est tiré de la Californie (1 ,000,000 de kilogrammes), de l'Espagne (Almaden, 1,200,000 kilogr.) et de l'Autriche (Idria, 2Ô,O00,0OOde kilogrammes). Les États-Unis (Pensylvanie) tiennent toujours le premier rang pour le pétrole (54,000,000 d'hectolitres), mais la production du Caucase (Bakou, 18,000,000 d'hectolitres) et surtout celle de la Galicie (7,000,000 d'hectolitres) sont en progrès et disputent au pétrole américain le marché de l'Europe.
Malgré l'énorme développement industriel des États-Unis et leurs efforts pour remplacer sur le marché américain les produits de l'Europe, malgré aussi toutes les tentatives faites par les États européens pour restreindre l'importation chez eux des objets manufacturés de l'étranger, l'exportation des objets fabriqués reste toujours la caractéristique du commerce extérieur des États européens entre eux et avec le monde entier.
L'industrie métallm*gique est, par suite du développement de plus en plus grand de l'emploi des machines, celle dont dérivent toutes les autres. La production de la fonte et de l'acier, qui était en Europe de 9,099,066 tonnes en 1865, y a atteint en 1892 le chiffre de 26,469,710 tonnes. Le progrès a été plus rapide encore aux États-Unis, où de 1,014,281 tonnes en 1865, la production est montée en 1892 au chiffre énorme et exceptionnel de 9,120,413 tonnes de fonte et 4,000,000 de tonnes d'acier. En Europe, l'Angleterre avec ses groupes puissants de la Mersey (Liverpool, Manchester), du Staffordshire (Birmingham, etc.), de Glasgow, lient toujours le premier rang, mais l'Allemagne avec ses groupes
rhénan (Essen, Solingen, etc.), saxon (Chemnitz) et silésien la suit à peu de distance, laissant loin derrière elle la France, malgré l'activité de ses centres du Nord, de la Lorraine, des Ardennes, du Lyonnais, etc. ; TAutriche, où cependant les établissements de Bohême, de Moravie, de Styrie, d'Autriche, sont en progrès constant; la Belgique, qui a Liège et Charleroi; la Russie, où TOural a des établissements considérables; l'Espagne, la Suède, etc.
La force totale développée par toutes les machines du monde entier dépasse aujourd'hui 50,000,000 de chevauxvapeur, force qui équivaut au travail de plus d'un milliard d'hommes. Les principaux pays entrent dans ce total : l'Autriche pour 2 millions de chevaux-vapeur, la France pour 5 millions, l'Allemagne 5,5, l'Anglelerre 7 et les États-Unis 7,500,000.
Nous avons indiqué pour chaque État les principaux éléments de son activité intérieure et de ses ventes au dehors. Pour les textiles, l'Angleterre occupe dans tous les genres, sauf pour les soieries, le premier rang. Aucun autre pays ne peut entrer en balance avec elle pour la production des cotonnades, mais pour les lainages, elle ne distance que de très peu les États-Unis et la France, naguère encore la première pour l'importance de cette fabrication. La France tient la tête pour les articles de Paris, les bronzes, les modes, la ganterie, la parfumerie, les fleurs artificielles, les jouets, la confection soignée. Nos porcelaines de Limoges, nos faïences, ont pour rivales les porcelaines de Saxe et d'Angleterre etles faïences italiennes. Pour les cristaux, la France partage avec la Bohême la faveur publique ; nos verreries communes et nos fabriques de verre à vitre et bouteilles soutiennent la concurrence de celles de Belgique et d'Angleterre ; notre
horlogerie rivalise avec celle de Genève ; nos œuvres d'art sont recherchées du monde entier.
La primauté appartient en somme pour les objets de vente et de consommation communes et courantes aux pays qui possèdent en plus grande quantité la houille et les métaux, qui s'approvisionnent le plus facilement de matières premières et ont à leur disposition Toutillage de fabrication et de transport le plus perfectionné.
Notre infériorité relative résulte donc de circonstances en grande partie accidentelles et transitoires et Ton peut prévoir le moment, proche peut-être, où les moteurs électriques se substituant aux machines à vapeur, le transport de la force à domicile faisant reculer les grandes usines devant le travail familial et les petits ateliers, les découvertes scientifiques amenant la défaveur de certains produits et leur remplacement par des produits nouveaux, des changements s'opéreront dans la répartition du travail et de la richesse. Il n'est aucune nation, aucun pays qui soit à l'abri des coups de la fortune et dont la puissance politique ou économique ne soit exposée à ses vicissitudes. L'avenir appartient à celui qui aura le mieux su maintenir l'équilibre entre toutes les forces dont l'ascension ou la chute causent les perturbations passagères ; la France a su jusqu'ici conserver encore la balance entre sa puissance agricole et sa puissance industrielle. Sa puissance scientifique s'applique à soutenir et développer à la fois l'une et l'autre. Elle peut donc envisager sans crainte l'avenir, tout en ne perdant pas de vue que l'émulation et la rivalité des peuples voisins ne lui permettent, dans cette lutte du travail, ni faute, ni relâchement, ni faiblesse.