H. Taine, La Révolution, II, p
Le commerce, rendu libre comme Tindustrie, pouvait ôtre exercé par tout citoyen, sous la seule condition de payer une patente proportionnelle à son loyer. Cette liberté fut encore inscrite dans les préambules des Constitutions de Tan I et de Tan III. Elle impliquait la faculté pour tout commerçant d'établir comme il le voulait ses prix et de les débattre avec Tache teur. Cependant la rareté des produits amenant leur cherté , la dépréciation progressive des assignats une élévation corrélative des prix de vente, la foule était toute disposée à voir dans ce phénomène tout naturel la conséquence de la spéculation, le résultat d'un complot. Paris n'avait fort heureusement pas pris alors l'importance industrielle qu'il"^ conquise de nos jours. Il y avait relativement peu d'industrie, peu de grandes maisons de commerce. Néanmoins, dès les premiers jours de la Constituante, la question des salaires industriels avait été posée, l'intervention de l'Assemblée et celle de la municipalité requises. A mesure que les usines se fermaient, que le commerce languissait, que l'agitation révolutionnaire croissait, malgré les départs incessants pour la frontière, le nombre des oisifs grossissait. Ils formaient la partie la plus active des clubs, exerçaient une action croissante sur les députés, sur l'Assemblée elle-même; la municipalité leur obéissait et dictait leurs volontés à la Convention.
Ce fut sous cette pression que furent successivement édictées la loi sur les accaparements du 3 mai 1793, la loi sur le maximum du 29 septembre 1793 et la liste des prix ou Tableau du maximum de 1794. Ce sont des documents importants de l'histoire du commerce pendant cette période. La loi sur les accaparements visait surtout les blés. Tout marchand ou propriétaire de grains et farines devait faire à la