PRINCIPAUX POÈTES ITALIENS
( Du xive au xix« siècle.'
Dante Alighieri ( 1265?- 1321 ) , né à Florence, combattit d'abord dans les rangs des Guelfes, et prit part à une expédition contre Pise. Inquiété par les factions qui divisaient son parti, il passa aux Gibelins et dut se retirer à Ravenne, où il mourut à l'âge de cinquante- six ans. Pendant son exil, il composa la Divine Comédie, poème en trois parties : YEnfer, le Purgatoire et le Paradis.
Ce poème, qui résume tous les événements et toutes les préoccupations de l'époque, est une fiction dans laquelle l'auteur suppose que, sous la conduite de Virgile, son poète favori, et de Béatrix, le symbole de la foi, il visite l'es trois demeures de l'autre vie. Celle des peines éternelles est divisée en neuf cercles, qui vont en se rétrécissant jusqu'au centre de la terre, et où les supplices augmentent à mesure que l'on descend; celle de Vexpiation a la forme d'une montagne escarpée, divisée en sept degrés, dont le dernier touche aux demeures célestes. Le poète assigne à son gré, dans les différents séjours, des places à ses contemporains et à tous les personnages qui ont laissé un nom dans l'histoire ancienne. — Ses ennemis politiques sont tous en enfer.
La variété des épisodes, la richesse des tableaux, la facilité,
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la noblei e et l'harmonie du itj le de la Dix I m< die , valu à son auteur le i om d'Homère du moyen âge.
I'kw m P&trarqi i. 1304 L374 , oé t An zzo suivit bod père en i rance, étudia le droit à Montpellier, ; se voua exclusivement aux lettres, il a laissé de nombre ouvrages en latin; mais il doil bs renommée à .■•■•■ chan tn soumis , en langue italienne. Ses i pifa , plein* quences de Bon esprit , ont ôt< I 1 1 ; ir le tu
liques comme dea Lémoign. i ieux contre l'I
.1 a mwa/.m; 1468 1630 ■ • Naples, Burnommé le
Virgile chrétien, a composé ['Arcadie, roman mêlé «I»- pi et de vers; des sonnets, <l«'s chansons, «1rs lettres et dii ouvrages <in latin. — Les écrits de Sannazar sont des modèles de douceur, d'élégance el d'harmonie.
Ludovic Ariostb ou l'Arioste (1474-1633), né à Reggio, gentilhomme du duc de Ferrare, a composé des chansons, des ballades, des sonnets et le Roland furieux [Orlando furioso . épopée
romanesque, en quarante-six chants, qui a pour sujet la lutte des chrétiens contre les Sarrasins, la folie du paladin Roland, le principal héros du poème, et le mariage de Roger, son compagnon. — Cette œuvre est riche en tableaux, en portraits, en épisodes les plus divers; mais elle manque d'unité et quelquefois de convenance.
Torquato Tasso ou le Tasse (1544-1595), né à Sorrente (royaume de Naples), célèbre poète, auteur de la Jérusalem délivrée.
Ce poème, qui a pour sujet la prise de Jérusalem par le brave et prudent Godefroy de Bouillon, le généreux Tancrède et l'indomptable Renaud, est écrit en stances de huit vers et se compose de vingt chants. C'est une des œuvres les plus belles et les plus régulières des temps modernes ; < elle se place à la suite des épopées antiques par la grandeur du sujet, par la vivacité des caractères, par l'éclat des images, et souvent même par la perfection du style; on ne peut lui reprocher que quelques-unes de ces recherches qui déparent la littérature italienne, un emploi trop timide du merveilleux chrétien, et un certain mélange des idées païennes dans un sujet relativement moderne, et des épisodes un peu légers. Ce qui couvre ces
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quelques défauts, d >nt plusieurs appartiennent moins au poète qu'à son époque, c'est surtout l'intérêt soutenu de la composition. »
Alexandre Tassoni (1565-1635), né à Modène, secrétaire de Charles -Emmanuel, duc de Savoie, auquel il dédia son poème, la Seau enlevé, épopée héroï- comique, en douze chants, dont le sujet est la guerre que se firent Modène et Bologne, à l'occasion d'un seau de puits enlevé à cette dernière ville. Cet ouvrage, modèle de bonne plaisanterie, a peut-être inspiré Boileau dans son Lutrin.
François-ScipiOxN Maffei ( 1675-1755), né à Vérone, érudit et surtout littérateur, a laissé une tragédie, Mérope, qui eut un succès brillant et soutenu, et une comédie, la Cérémonie, qui reçut également fort bon accueil.
Dans sa tragédie, Maffei a su se passer de l'amour pour combattre le caractère romanesque du théâtre français, et il s'est en même temps efforcé d'être plus naturel dans son langage, pour éviter la pompe de notre versification , un peu affectée d'après lui; mais il tombe parfois dans le prosaïsme et la trivialité. — Voltaire lui a dédié sa Mérope, qui est calquée en partie sur celle du poète italien.
Pierre Trapassi ou, en grec, Métastase (1698-1782), né à Assise, une des gloires de l'Italie, a composé de nombreux opéras ou mélodrames : Bidon, Calon, la Clémence de Titus, Olympiade; des oratorios ou drames sacrés : le Sacrifice d'Abraham, Caïn, Athalie, Joseph, Joas , la Passion, etc.
Sa poésie, pleine de grâce et d'harmonie, l'a fait surnommer le Racine de l'Italie. On lui reproche d'avoir trop prodigué l'antithèse, défaut ordinaire aux Italiens.
Charles Goldini (1707-1793), né à Venise, surnommé le Molière italien, composa des tragédies et des opéras avant de s'appliquer exclusivement à la comédie, où il devait exceller. Les meilleures de ses nombreuses pièces sont : le Père de famille, Y Auberge de la Poste, le Menteur, les Mécontents.
Sans avoir le génie ni la force de conception de Molière, qu'il s'efforçait d'imiter, Goldoni a opéré en Italie la même réforme que notre grand comique en France. Il avait le talent
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d'observer el <!<• peindre I et V m
lableaui sonl d'une Frappante.
Victor Ali n ri i it'." 1803 , n< & \ u Plômonl . eéli lyrique et poète dramatique , auteur d'od* . d( e dix-
neuf tragédies, dont les plui remarquables sonl : Polyn Philippe Il Antigone, Saùlt Agamemnon, Conjuration tjh /, Marie Stuart, Mérope, Brutus I . BmUui II. etc.
L'action <l«- ces pièc toujoui 1 t mai cbe rapide-
ment; les caractères -ont tracés avec force, el les situations, èminemtceut tragiques, soutenues par un style mâle, pur, extrêmement concis <•( rempli d'imagi
Alexandre Manzoni 1784-1873] , né ;> Milan, disciple 'lu précédent, auteur d* Hymnes sacrée* 1res estimée^ et d'une tragédie : /'• Comte cL agnola. i N»1 pactiser jamais ave<* la
bassesse, ne jamais trahir la vérité, ne jamais laisser échapper un mot pour encourager le vice et ridiculiser la vertu , telle était la devise et la règle de conduite de ce grand écrivain.