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LA PROSE AU MOYEN AGE

Les plus lointains essais de nos prosateurs remontent au moins au vin6 siècle. Nous connaissons, de ce siècle, le Glossaires de Reichenaud, commentaires sur la Bible, accompagnés d'un lexique; duixe siècle, le Serment de Strasbourg ; du xe, le Fragment de Valenciennes , lambeau d'un sermon trouvé sur la garde d'un manuscrit; du xie, les Lois de Guillaume le Conquérant et les Assises de Jérusalem ; du xne, quelques sermons de saint Bernard et de Maurice de Sully; mais la prose française ne se montre, pour la première fois, avec les qualités, « pour ainsi dire, organiques de notre langue, » que dans les récits

l II existait des sociétés semblables dans toutes les provinces de France.

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hiêtoriqueê, ci celui dfl la quatrième eroitêdc m le plus ancien monument* « il faut au Français, dit M. Albert, un horizon restreint

qu'il embratse sans peine, les sporulations sul.lim»- , l<

Compositions sayammenl ordonnés . ne ont sort. Laissez-lui choisir ta matière; il saura nettement la circonscrire el s'en rendre mettre. Il aime à raconter, et il raoonts bien, parce qu'il a la rue prompt»' el sûre, le jugement aigi et avec cela de l'abandon et de la grâce. »

Autant, dans I<\s ivcits, la langue est viv<\ clair.-, 1<- U>UT

franc et rapide, autant dans les ouyragei de morale et de théoles expressions sont languissantes et obscures, les toun équivoques et traînants : la langue des spéculations de l'esprit est tout entière à naître. Des siècles s'écouleront avant que nous sachions l'art de porter la lumière dans les matières du raisonnement, et qu'à cette clarté du récit nous joignions la clarté toute spirituelle de la raison, faisant voir l'enchaînement des pensées, comme le chroniqueur fait voir la suite des événements. C'est donc seulement dans le récit qu'il faut chercher, et, pour ainsi dire, épier les premiers mouvements de l'esprit français et reconnaître sa langue naissante ». (D. Nisard.i

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