AUTRES PROSATEURS DU MOYEN AGE
Saint Bernard (1091-1153) naquit au château de Fontaine, près de Dijon, d'une famille noble. A vingt -deux ans, il se fit moine à Cîteaux, et devint l'oracle de son siècle par sa vertu, sa science et son génie. 11 prononça d'éloquenls discours en France et en Allemagne, pour la seconde croisade (1147); — on ne les a malheureusement pas conservés. 11 ne nous reste de lui, en langue vulgaire, que des sermons et des instructions familières. — Les qualités dominantes de son style sont la vigueur et le pathétique.
32 PRÉÇIB d'histoire littéraire
Maurice de Sully 11057-11%}, né à Sully-sur-Loir^. se distingua dans la prédication, fui évoque de Paris, jeta les fondements <le Notre- Dame (1163) et Téleva en grande partie.
Christine de Pisan (1363-1 420), née à Venise, fille de Thomas de Pisan, secrétaire de Charles V, roi de France, a composé, outre ses poésies, le livre des Faits et /"murs mœurs du bon roy Charles V,
histoire précieuse pour les renseignements qu'elle fournit sur le> mœurs et les usages de l'époque, mais dont le style, grave et périodique, sent un peu trop la pédanterie.
Jean Charlier dit Gerson (1363-1429), né près de Rethel, célèbre théologien, orateur et catéchiste, prononça Voraison funèbre du duc d'Orléans, assassiné en 1407, ce qui lui attira la haine de Jean sans Peur. Obligé de se réfugier en Bavière, il ne revint en France qu'après la mort de son ennemi (1419), et termina sts jours auprès de son père, prieur des célestins à Lyon.
Alain Ciiartier (1386-1449), né à Bayeux, secrétaire de Charles VI et de Charles VII, poète gracieux, a laissé, en prose : le Quadriloge invectif, dialogue allégorique et moral, publié au lendemain du trailé de Troyes (1420), où il combat Tégoïsme de ses compatriotes, au milieu des douloureuses épreuves de la nation; VHisloire de Charles VU ; le Curial, énergique peinture des mœurs dangereuses de la cour.
Ce courageux écrivain, une des plus nobles figures du xve siècle, fait admirer dans son vieux langage l'ordonnance régulière de sa phrase et la vigueur de l'expression, quoiqu'il soit tombé dans la pédanterie et la déclamation.
Juvénal des Ursins (1388-1473), né à Paris, quitta la magistrature pour l'état ecclésiastique et mourut archevêque de Reims. Ce prélat, également recommandable par sa science et ses vertus, fut un de ceux qui revisèrent la sentence injuste prononcée par les Anglais contre Jeanne d'Arc. On lui doit une Histoire de Charles VI , très estimée.
Nicolas Oresme, grand maître du collège de Navarre, en 13oo, traduisit une partie des œuvres d'Aristote.
Olivier Maillard (1502) et Michel Menot (1440-1518), franciscains, se distinguèrent, dans l'éloquence religieuse, par le mouvement et la hardiesse de leur parole.