PRINCIPAUX POÈTES DE LA RENAISSANCE
MAROT (1495-1544) (Et son école : Saint- Gelais, Marguerite de Navarre, etc.)
Clément Marot, né à Cahors, était fils d'un poète, Jean Marot, attaché à la cour de Louis XII. C'est à l'école de son père qu'il apprit à rimer. Ses premiers essais lui attirèrent la faveur de François Ier, dont il devint le poète favori. Mais sa légèreté, ses imprudences et ses liaisons avec les calvinistes, pour lesquels il traduisit les Psaumes de David *, le firent chasser de la cour, emprisonner deux fois et finalement exiler. Il se retira d'abord à Genève, d'où bientôt il dut sortir à cause de son inconduite, et s'enfuit à Turin, où il termina ses jours dans Tisolement et la misère.
Il était resté toute sa vie ce qu'il fut sur son printemps :
Sur le printemps de ma jeunesse folle, Je ressemblons l'hirondelle qui voile, Puis çà, puis là; faage me conduysoit, Sans peur ni soing, où le cueur me disoit.
Marot a excellé dans V épigramme , la ballade, le rondeau et Vépître familière. Là il se meut à Taise et s'abandonne librement à son « élégant badinage » (Art poét.). Les sujets élevés n'étaient pas de son domaine.
Sa langue vaut mieux que sa versification ; elle ne diffère de la nôtre que par quelques mots. Fénelon lui trouvait « je ne sais quoi de court, de naïf, de hardi, de vif et de passionné », qu'il regrettait de voir disparaître [Lettre à l'Acad.).
Parmi ses épîtres, trois surtout méritent d'être citées : VÉpître à so?i ami Lyon Jamct , pour lui demander de solliciter son élargissement ; VÉpître au Roy pour être délivré de sa prison, et VÉpître au Roy pour implorer un secours d'argent.
* Saint François de Sales qualifie les Psaumes traduits par Marot de ridicule rlmaillerie , et déclare qu'on ne peut s'en servir sans offenser Dieu.
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