LE THÉÂTRE A L'AVÈNEMENT L)E CORNEILLE
En France, le vrai théâtre classique n'existait pas avant Corneille. Aux mystères du moyen âge avaient succédé les traductions et les paraphrases de pièces grecques ou latines, et à celles-ci les emprunts faits au théâtre italien et au théâtre espagnol. Alexandre Hardy (1560-1632), né à Paris, un des plus infatigables pillards des théâtres anciens et modernes, ne fournit pas moins de six à sept cents pièces aux comédiens de la capitale, et quelles pièces !
Les tragédies Pyrame et Thisbé , de Théophile de Viau (1590-1626), né dans l'Agenais; Arthénice, de Racan; Sylvie et Sophonisbe, de Mairet; Saûl et Scévola , de Duryer; le Martyre de saint Genest et Wenceslas, de Rotrou; la comédie les Visionnaires, de Desmarets, marquent un progrès dans l'art dramatique; mais aucune de ces œuvres ne mérite d'être lue aujourd'hui : la trivialité, l'affectation, l'emphase, les coups de théâtre, les aventures extraordinaires, les imbroglios inextri-
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plupart des sujets extravagants el dénués de vraisemblance; la diction encore plus vicieuse que l'action...; en un mot, to le règles de Part, celles mêmes de l'honnêteté «t de la 1 séance , partoul violée
Il était réaervé au grand Corneille de trouver le premier, parmi nous, le véritable bul de l'art dramatique, de montrer par des préceptes, et plus encore par des exemples, comment il fallait développer un sujet, le partager, en lier \ei parti les combiner, les graduer, s Ion l'intérêt et le point de vue de la pièce; comment il fallait séparer les actes sans les isoler, amener et remplir les scènes, dessiner les caractères, peindre les mœurs dans les actions et dans les discours.