‹ Précis d'histoire littérairesChapitre 36 sur 137 · Acte 111. — Le combat, Julie vient apprends ibii t · texte numérisé non relu

Acte 111. — Le combat, Julie vient apprends ibii t

à Camille que les adversaires étaient en présence, mais qtt

deux années se sont oppo leur lutte fratricide. Le vieil

Horace apporte à ses Biles la nouvelle que les dieux, consultés par ordre de Tulle, ont ratifié le choix <!<■ Rome et d'Albe. Le

combat s'engage ; Julie y assiste de loin. Dès qu'elle voit toml er deux des Horaces et le troisième prendre la fuite, elle accourt annoncer que Rome est vaincue. Alors le vieil Horace s'indigne de la lâcheté de son fils, ci Que vouliez -vous qu'il fît conlre trois? lui dit Julie. — Qu'il mourût! » répond le vieillard, et il jure de laver dans son sang la honte des Romains.

Acte IV. — Horace tue sa sœur. Mais bientôt Valère explique la conduite du dernier champion de Rome. Les Curiaces sont vaincus. Allégresse du vieil Horace; désespoir de Camille, qui épuise toute son indignation contre son frère et sa patrie , quand soudain le vainqueur se présente. Le jeune héros, transporté de colère, souille sa victoire par le meurtre de sa sœur.

Acte V. — Le fratricide est acquitté. Le jeune Horace offre sa vie à son père pour expier le meurtre qu'il a commis. Tulle vient féliciter Horace de son triomphe; Valère, prétendant de Camille, lui demande vengeance. Le fratricide s'abandonne à la justice du roi; mais le vieil Horace plaide pour son fils et lui sauve la vie.

Principaux caractères. — « Le vieil Horace est le personnage le plus dramatique de la pièce. 11 domine, en effet, tous les autres par la majesté du vieillard, l'autorité du père, le dévouement du citoyen. » Ce Romain des premiers temps est sublime de calme, de noblesse et de générosité; il est à la fois éner-

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gique et tendre; il aime ses enfants, mais il soumet toujours la tendresse au devoir :

Ali ! n'attendrissez point ici mes sentiments,

dit- il à ses fils en les envoyant au combat.

Moi-même, en cet adieu, j'ai les larmes aux yeux. Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux.

A la nouvelle de la mort de deux d'entre eux et de la fuite du troisième, il se réjouit de la glorieuse destinée des premier- :

Deux jouissent d'un sort dont le père est jaluux.

11 accable l'autre de reproches et de menaces :

Avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains Laveront dans son sang la honte des Romains.

Ce langage est de tout point conforme aux lois romaines, qui donnaient au père droit de vie et de mort sur ses enfants.

Mais, apprenant que son fils a fait triompher Rome, le vieillard laisse éclater cet amour paternel, un moment comprimé par celui de la patrie. Mon fils, dit- il,

Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d'allégresse?

Le jeune Horace personnifie le soldat romain dans les premiers temps de la république; c'est un héros; mais il n'a que du courage et point d'affection; il en fait l'aveu :

Contre qui que ce soit que mon pays m'emploie, J'accepte aveuglément cette gloire avec joie.

Ce caractère farouche, ce dévouement aveugle à la patrie, rendent plus vraisemblable le crime qui déshonore sa victoire. Rien cependant ne saurait excuser l'action atroce de ce fratricide, qui va presque de sang- froid poignarder sa sœur.

Curiace est plus humain; chez lui, l'humanité tempère le patriotisme. Pour son pays, il accepte tous les sacrifices, mais il s'afflige d'avoir à combattre des personnes qui lui sont si chères :

Encor qu'à mon devoir je coure sans terreur, Mon cœur s'en effarouche, et je frémis d'horreur.

POJ li Dl wii" ii | i i

Après avoir reproché à Horace une fermeté qui liant no peu .lu barbare, il ajouli

Je ren I u dleui d< i lomain ,

Pour conserver eooor <ju< ilqus i ii<>^- d'humain,

Camille et Sabine, il y a une différence ;• peu | mblablc

eu lie Camille et Sabine. La pi riolente, emporté

passion éclate «iitiis la célèbre imprécation :

Rome, Punique <'i>j«'i <!«' mon ressentiment !...

La seconde montre plus de résignation el de tendresse. Son langage contraste, par sa bienséante mélancolii

et la fureur de celui de Camille :

.le erains noire victoire autant que notre perte. Rome, si tu tf plains que c'est ia te trahir, Pais -loi des ennemis que je puisse haïr.

Valère, qui paraît au quatrième acte, est aussi ridicule que Plnfante dans le Cid, et, au cinquième, aussi odieux que Maximfi dans Cinna. Son rôle rappelle celui de don Sanc lie.

Valeur littéraire. — « Horace est sans doute la production la plus vigoureuse, la plus originale du génie de Corneille. Là, tout est substance, forre et lumière. Dans un cadre de médiocre étendue, Fart du poète évoque la famille romaine avec la pureté de ses mœurs, la gravité de sa discipline, la diversité des membres qui la composent, et la cité elle-même tout entière avec les institutions et les vertus qui la destinaient à l'empire du monde. Quelle simplicité dans les ressorts! quelle variété dans les caractères! Voyez comment l'annonce successive de deux décisions simultanées produit deux scènes admirables ; il suffit que le choix des Curiaces ne soit connu qu'après celui des Horaces pour que l'intérêt naissant du drame se prolonge et croisse; l'empressement fort naturel d'une femme timide venant annoncer comme complet un fait inachevé produit la plus neuve et la plus émouvante des péripéties. » (Géruzlz.)

D'aucuns pié;endent que la pièce d'Horace manque d'unité d'action, qu'elle devrait finir après le tro.sième acte. Cette critique n'est pas fondée : les deux nouvelles actions qui remplissent le quatrième et le cinquième acte étaient nécessaires pour peindre l'esprit romain dans la famille et dans la cité.

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Mais il faut convenir que l'unité d'intérêt se trouve comproniisc : après le meurtre de Camille, L'intérêt passe, en effet, du jeune Horace au vieil Horace. Jl \ a au.— i il:> longueurs, de la déclamation, du remplissage dans les conversations et les monologues de Sabine et de Camille.

Malgré ces défauts, l'habile opposition des caractères, la vraisemblance historique et le beau rôle du vieil Horace, dont le patriotisme inébranlable constitue L'unité morale de la pièce, conserveront toujours à cette tragédie la place qu'elle occupe parmi les chefs-d'œuvre du théâtre français.

' Scènes muncipales. — L'exposition du sujet par Sabine (acte 1. scène i). Le dialogue entre les deux beaux- frères (acte 11, scène lu). Les adieux du vieil Horace (acte II, scène vm). La douleur du père ^acte 111, scènes vi). Les imprécations de Camille (acte IV, scène y). Le plaidoyer du vieil Horace (acte V, scène m .

Cinna ou la Clémence d'Auguste (1640).

Sujet. — Le sujet de Cinna est l'héroïsme de la victoire sur soi-même. — 11 est tiré du Traité de la Clémence (liv. I, ch. ix), où Sénèque rapporte que la fille de Toranius, Emilie, ne pouvant pardonner à Auguste d'avoir proscrit son père , chargea Cinna de former une conjuration contre la vie de l'empereur. Le complot fut découvert, mais l'empereur réprima sa colère et pardonna généreusement à tous les coupables.

Le héros véritable est donc Auguste, et non pas Cinna. C'est, du reste, ce que semble indiquer le double titre de la pièce.

Personnages. — Octave -César- Auguste , premier empereur de Rome; Livic, impératrice; Cinna, petit- fils de Pompée, chef de la conjuration contre Auguste; Maxime, autre chef de la conjuration; Emilie, fide de Toranius, tuteur d'Auguste, et proscrit par lui durant le triumvirat; Fulvie, confidente d'Emilie; Euphorbe, affranchi de Maxime, etc. — La scène est à Rome, dans différentes salles du palais d'Auguste.

Résumé. — ; Acte 1er. — La conjuration est organisée. Emilie expose dans un monologue le dessein qu'elle a formé de yçnger la proscription de son père. Elle promet sa main à

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Cilllia, .( l.l COIlililinii ijimI sr « h . • I -*I.i .l.il I.irl,, i ;i I . :

le pouvoir et 11 vir. Cinna orgaoi e I ■ complot! 1 1 rien! n compta •< Emilie <i<- ta « i olution de « <>hjm mda n i

pereur mande auprès de lui Cinna, .un i que Maxime i tremble ni que toul oe lil d couvai t.

Acte il. Vempereur veut <ti><ii<in<r le j><,. ignore la conjuration. Il consulte ses deui confl l< u la

projet qu'il a formé d'abdiquer le souverain pouvoir. Maxime l'y ei Cinna, au contraire, le supplie <i»- garder l'emp

car, pour vivre en paix, !<• monde a besoin d'un mali se rond à ravis de Cinna. Resté seul avec <••■ dernier, Maxime lui reproche de parier contre sa pensée. Ciona lui révèle alors

que le prix do la mort du tyran est la main d'Emilie.

Acte III. — ]I<:siiuti<>)ts de Cinna, Maxime devient jaloux de Cinua. Euphorbe drcide son maître à trahir la conjuration. Cependant Cinua, troublé par le remords, est plein d'hésitation à l'approche du moment fatal. Emilie relève son courage et le décide. II part, mais avec la résolution de se frapper lui* même après avoir immolé sa victime.

Acte IV. — Trahison dé Maxime. Euphorbe a tout dévoilé à l'empereur, et lui fait accroire en même temps que, ne pouvant survivre au double crime du complot et de la trahison, Maxime s'est jeté dans le Tibre. Pendant qu'Auguste, irrité, délib» r»* sur le parti qu'il doit prendre, Maxime vient chercher Emilie pour fuir avec elle. Emilie, qui a deviné le traître, refuse de le suivre, l'accable de son mépris et déclare qu'elle saura mourir en Romaine.

Acte V. — Clémence d'Auguste. Décidé à prendre le parti de la clémence, Auguste fait venir Cinna, lui reproche son ingratitude, et lui montre qu'il connaît tous les détails du complot. Emilie paraît et revendique la responsabilité de la conspira:ion. Cinna proteste noblement. Arrive Maxime, qui avoue ses trahisons. Auguste leur pardonne à tous, et Livie, inspirée par les dieux, prédit à son époux que désormais l'empire- ne comptera que des sujets dociles, et que Rome « n'a plus de vœux que pour la monarchie ».

Principaux caractères. — Auguste est vraiment le héros de la pièce. Son dessein d'abdiquer, attribué à sa modération et

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OD patriotisme, le grandit à nos yeux; et, par une progression constante, on le voit s'élever jusqu'au sublime de la clémence :

Je suis maître de moi comme de l'univers;

Je le suis, je veux l'être. 0 siècles! ô mémoire!

i onservez à jamais ma dernière victoire...

Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux

l)e qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous.

Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie.

11 n'e^t jamais odieux, pas même dans ce monologue du quatrième acte, où il rappelle ses crimes, car ce n'est que pour nous apprendre qu'il les déteste et qu'il voudrait &e les faire pardonner :

Rentre en toi-même, Octave, et cesse de te plaindre. Quoi! lu veux qu'on t'épargne, et n'as rien épargné! Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné.

Émîlie, cette « adorable furie », comme l'appelait Balzac, est l'âme de la conspiration, sinon de la tragédie. Elle poursuit la mort d'Auguste avec une obstination peut-être exagérée : « il y a vingt ans que son père a succombé dans les proscriptions. Or, si cette perte cruelle légitime des représailles, on ne peut cependant oublier qu'Auguste a tout fait pour réparer un malheur dont la guerre civile est responsable. Aussi n'entronsnous pas facilement dans les colères de sa fille adoptive, surtout en voyant qu'elle accepte les bienfaits de celui qu'elle veut assassiner, autant par fanatisme républicain que par piété filiale... A défaut de sympathie, Emilie nous subjugue par son énergie, par une grandeur qui impose le respect, et d'autant plus sûrement que les défaillances de Cinna font valoir sa constance. » (G. Me rlet, passim.)

Cinna n'est pas plus sympathique qu'Emilie. Son caractère se soutient mal. D'abord on le prendrait pour un patriote ardent, désintéressé, armé contre un usurpateur et un tyran par le plus pur amour de la liberté. Au second acte, ce n'est plus qu'un conspirateur de bas étage qui donne perfidement à Auguste le conseil de garder l'empire, afin d'être plus certain de pouvoir l'assassiner, pour le seul désir de plaire à celle dont

mi 1 1 - DU v^ ii' m i i 77

il attend une récompense, Quelle hypocrisie déni cette scène obt se jetant aux pieds d'Augu te , il lui dil :

Que l'amour du paj -, que la pitié roui touche, Votre Rome I genous joui parle par dis bouch<

Rien ne peut ju tifler Cinna de trahir ainsi ion bienfaiteur par un motif d'intérél personnel*

Maxime est un personnage o qui nous montre l'effet de la jalousie dans une .une bien née S'il fut sincère, lorsque, pour éviter un crime, il conseilla l'abdication, bcs odieuses trahi et ses tentatives ridicules l'avilissent <'t le fonl descendre au

niveau d'un personnage de comédie.

Valeur littéraire. — « Cetic tragédie est une des pièces les plus régulières de Corneille ; les trois unités y sont observées ; les scènes y sont liées entre elles avec art; l'aclion ne finit qu'avec la pièce. Le pardon généreux d'Auguste, les vers qu'il prononce et qui sont le sublime de la grandeur d'Ame, ces vers que l'admiration a gravés dans la mémoire de tous ceux qui les ont entendus, et cet avantage attaché à la beauté du dénouement, de laisser au spectateur une dernière impression, qui est la plus heureuse et la plus vive de toutes celles qu'il a reçues, ont fait regarder assez généralement cette tragédie comme le chef-d'œuvre de Corneille; et si l'on ajoute à ce grand mérite du cinquième acte le discours éloquent de Cinna dans la scène où il fait le tableau des proscriptions d'Octave; cette autre scène si théâtrale, où Auguste délibère avec ceux qui ont résolu de l'assassiner: les idées profondes et l'énergie de style qu'on remarque dans ce dialogue, aussi frappant à la lecture qu'au théâtre; le monologue d'Auguste au quatrième acte; la fierté du caractère d'Emilie, et les traits heureux dont il est semé, cette préférence parait suffisamment justifiée. »

(La Harpe, Cours de littérature.)

Cependant la pièce de Cinna est beaucoup moins touchante que celle du Ciel, et le défaut ordinaire de Corneille, la déclamation, y tient encore trop de place, notamment dans le monologue qui y sert d'exposition. On peut signaler aussi le déplacement de l'intérêt au deuxième acte, et le manque d'unité des caractères. Maxime s'avilit; Cinna tombe vaincu aux pieds

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d'Auguste; la vindicative Emilie elle-même dûment sa prétendue grandeur d'âme, en se rendant enfin à l'irrésistible puissance de la générosité.

Cette tragédie eut néanmoins un grand succès, parce qu'elle est une étude approfondie du cœur humain , et qu'elle parut au moment où Richelieu faisait tout plier sous sa main de fer. Elle plut tout à la fois aux adversaires du pouvoir par les intrigues politiques qu'elle renferme, et aux partisans du pouvoir par le triomphe de l'autorité.

Sck\e> principales. — Le récit de la conjuration (acte I, ?cène m). La délibération (acte II, scène i). La conversation entre Emilie et Cinna (acte 111, scène iv). Le monologue d'Auguste (acte IV, scène m. L'interrogatoire 'acte V, scène 1). Le pardon (acte V, scène m .

Polyeuete (1640).

Sujet. - Le sujet de cette tragédie est le martyre de saint Polyeuete 9 seigneur arménien, ou, plus exactement, c'est 1 héroïsme de l'amour de Dieu et le triomphe de la foi sur les attachements terrestres , même les plus légitimes. — Il est tiré de la Vie des Saints, de Surius, chartreux allemand du xvie siècle.

Polyeuete, gendre de Félix persécuteur des chrétiens, servait dans les légions romaines. Converti à la foi catholique par son ami Néarque, il fut martyrisé à Mélitène, vers l'an 251.

Cette pièce est dédiée à la reine Anne d'Autriche.

Personnages. — Félix, gouverneur d'Arménie; Polyeuete, son gendre, et Pauline, sa fille, épouse de Polyeuete; Néarque, ami de Polyeuete; Sévère, chevalier romain, ancien prétendant de Pauline: Stratonice , confidente de Pauline, etc. — La scène est à Mélitène, capitale de l'Arménie, dans le palais du gouverneur et dans la prison attenante à ce palais.

Résumé. — Acte Ier. — Songe de Pauline. Le chrétien Néarque presse son ami Polyeuete de recevoir le baptême. Polyeuete hésite; il craint de déplaire à son épouse, qu'un songe a effrayée : elle a vu ce même chevalier du nom de Sévère, qu'elle voulait d'abord épouser, mais qui fut éconduit à cause de son peu de fortune. Déjà une partie de son rêve se réalise ; Sévère, qu'on disait mort, vient d'arriver à Mélitène, où il doit présider un sacrifice. Félix, redoutant sa vengeance, ordonne

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donc, à Pauline de le recevoir 11 I pré SOU, el d'apal I r 86fl

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Acte II. TdoUê ren favori de l'empereur, e pré ente en effet; n il Pauline le sup-* plie <ic ne plus la revoir, elle libre* D'autr<

pari , Polyeucte, fortifié par la i du baptême . entraîne

ami Néarque au temple, dam l'intention de montrer leur foi. lia y renversent lea Idoles.

Acik lll. — Emprisonnement de Polyeucte, S.tratoi raconte à Pauline l'horrible profanation que viennent de <,'>mmettre Polyeucte el Néarque. Félii annonce qu'il a fail saisir

les coupables, et que, sur leur refus d'apoatasier, il a

irque au supplice el jeté Polyeucte en pri-on. Pauline demande grâce pour son époux, mai a Félil craint le courroux de l'empereur; de plus, il se pourrait que le trépas de Polyeucte lui donnât dans Sévère un gendre et un protecteur puissant.

Acte IV. — Magnanimité de Sévère. Pauline se rend à la prison de Polyeucte pour essayer d'ébranler sa constance. Celui-ci résisle aux prières et aux larmes de sa femme, et, resté seul, il exhale dans de belles stances les joies qui remplissent son âme, car il aspire au martyre. Sévère entre à son tour; Polyeucte lui confie Pauline et demande aux gardes d'être conduit à la mort. Pauline supplie Sévère d'intervenir en faveur de Polyeucte. Sévère, n'écoutant que sa générosité naturelle, fait une démarche auprès de Féîix.

Acte V. — Mort de Polyeucte. Le lâche gouverneur, prenant cette intervention pour un piège, se hâte d'envoyer son gendre au supplice. Pauline, qui a vu mourir son époux, revient auprès de Félix, lui reproche sa barbarie, et lui déclare qu'elle est chrétienne. Sévère, irrité de l'inutilité de son intervention, menace de se venger. Mais Félix lui-même se convertit, renonce à ses dignités et se montre prêt à mourir. Sévère, « touché de pareils changements, » conseille à Félix de garder son pouvoir et promet de défendre les chrétiens auprès de l'empereur.

Principaux caractères. — Polyeucte est le type des premiers chrétiens, si fortement attachés à leur religion. Avant le bap-

80 PR&CtS D'HISTOIRE lïttkhaïre

tome, il est faible, hésitant; les larmes de Pauline ébranlent son rœur: il a besoin des conseils de Néarque. Après le baptême, son cœur est transformé; il renonce à tout plutôt que de trahir sa f"i, et il court au martyre avec un empressement qui tient de L'héroïsme, chantant avec transport :

Saintes douceurs du ciel, adorables idées,

Vous remplissez un cœur qui peut vous recevoir;

De vos sacrés al traits les âmes possédées

Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir.

Vous promettez beaucoup et donnez davantage.

Vos biens ne sont point inconstants;

Et l'heureux trépas que j'attends

Ne vous sert que d'un doux passage,

Pour nous introduire au partage

Qui nous rend à jamais contents.

t Quant aux excès qui étonnent ici la mollesse de nos courages, ils ne sont qu'un trait de vérité morale et historique. Au lieu de railler, comme Voltaire, louons donc la clairvoyance de Corneille ressuscitant si fidèlement le chrétien de l'Église militante, de ce temps où le royaume des cieux n'appartenait qu'aux violents. » (G. Merlet.i

Pauline n'est pas indigne de Polyeucte. « Un cœur à l'autre uni, dit-elle, jamais ne se retire, et pour l'en séparer, il faut qu'on le déchire; » elle sacrifie tout à ses devoirs d'épouse: aucune douloureuse épreuve, aucune pénible démarche, ne l'arrêtent pour sauver son mari. « Elle a trop de vertu pour n'être pas chrétienne. » Le martyre de Polyeucte dessille ses yeux, et elle s'écrie :

Je vois, je crois, je sais, je suis désabusée!

Sévère, à qui Pauline avait autrefois promis sa main, est un homme généreux, compatissant, honnête. Un des principaux traits de son caractère, c'est le sentiment de sympathie et d'impartialité avec lequel il juge la religion naissante et la compare à celle de l'empire :

Les chrétiens n'ont qu'un Dieu, maître absolu de tout, De qui le seul vouloir fait tout ce qu'il résout. Mais si j'ose, entre nous, dire ce qu'il me Bemble, Le* nôtre* bien souvent s'accordent mal en«emblp..

|n| Il If B1

Celle opinion l'.i vm.ihl.- BU1 chr«'l i-ti •• . Ii|u< l.i rc-ol 1 1 1 1 . m

quMI prend d'employer on Polyeu

Félix est la personnification de l'< I i Lui, la famille

n'est rien; il laoriûe rolontien mi ^lehe p<,m con • dignité. Ses calcula ion! d'une ba

Polyeucte etl loi l'appui de mi famille.

Mail m , par ion tri pai . l'auti il m • fille .

J'aoquen aia bien par là de pin- pni--.ni; appui . Qui ne mettraient plus baul oenf i<<i~ qu

la conversion d'un homme <!<• cette trempe n'esl peul i pas suffisamment préparée; au>>i cause t-elle plus de Burpi

que de plaisir.

Néarque est un chrétien qui, par sa résolution inébranlable

et sa fidélité patiente, i sert à donner la mesure du progrès de son ami dans le christianisme. Avant le baptême de Polyeucte, il marche devant lui pour l'entraîner; après le baptême du néophyte, il marche derrière lui, cherchant à le retenir.

Valeur littéraire. — « A mon gré, dit Corneille, je n'ai pas fait de pièce où Tordre du théâtre soit mieux observé et l'enchaînement des scènes mieux ménagé. >> Les meilleurs critiques sont de l'avis de Corneille, « Je crois, d t Fontenelle, qu'après avoir atteint jusqu'à Cinna, Corneille s'est élevé jusqu'à Polyeucte, au-dessus duquel il n'y a rien. » — « Polyeucte, ajoute M. Tivier, est une tragédie parfaitement conduite et d'un dessein très régulier. Les cinq actes y représentent, pour chacun des personnages principaux, l'une des phases de l'événement qui va décider de leur sort. Ce sont : pour Polyeucte, le baptême, le sacrifice ou le départ pour le temple, la profession de foi, l'interrogatoire et le combat, le supplice et le triomphe; pour Pauline, le songe qui lui révèle confusément son malheur, l'entrevue avec Sévère, l'intercession en faveur de Polyeucte, le refus d'un second hymen, la conversion. Ces indications suffisent pour montrer combien le plan de la pièce est conçu for tement, et rappeler les grandes scènes où l'auteur a su donner l'expression la plus pure et la plus touchante aux sentiments les plus généreux que puissent inspirer la raison, le devoir et la foi. »

Contrairement aux appréhensions de Vhôtel de Rambouillet .

n PRÉCIS d'histoire littéraire

cette tragédie, qui a renouvela et éclipsé en même temps les Mystères du moyen âpre, eut un plein succès. Une cireonstai propre à intéresser à cette pièce, ce fut la doctrine de Port- Royal sur la grâce, qui dirisait alors les jansénistes et les catholiques.

i vbs pbin( rpAi i b. La conversation enin- Néarque et Polyeucte acte I, scène r. Le songe de Pauline (acte l, acèoe m . La première entrevue de Sévère et de Pauline (acte II, scène n). Polyeucte rend au temple pour renverser les idoles (acte II, scène vi). Récil de Stratonice acie III, scène n\ Pauline intercède pour Polyeucte auprès de Félix (acte III , scène? m et iv). Mort de Néarque (acte III . scène v). Polyeucte e&t emmené au supplice (acte V, scène ni).

Nicomède ( 1651 ).

Sujet. — Le sujet de la tragi-comédie de Nicomède est le Iriomphe de la force morale. Ici c'est la fierté d'un héros de l'Asie qui, par exception, tient en échec les maîtres du inonde.

Personnages. — Prusias, roi de Rithynie; Arsinoé, ?a seconde femme, et leur fils Attale; Nicomède, autre fils de Prusias, issu d'un premier mariage, prétendant de Laodice; Laodice, reine d'Arménie, pupille de Pru-ias; Flaminius , ambassadeur de Rome, etc. — La scène est à Nicomédie (où périt Annibal, 183 av. J.-C).

Résumé. A» te Ier. — Perfidie d' Arsinoé. Arsinoé cherche à brouiller Nicomède avec Prusias. Elle a envoyé deux émissaires, qui ont feint d'attenter à la vie du vaillant Nicomède. Le prince quitte aussitôt son armée d'Asie pour venir demander justice au roi. Arsinoé se justifie sans peine, et la démarche du prince est taxée d'intrigue et de jalousie. Cependant Nicomède et Laodice s'assurent mutuellement de leur fidélité. Mais Arsinoé prétend réunir les deux sceptres d'Arménie et de Bithynie dans les mains de son fils. Voilà donc le jeune Attale deux fois rival d'un frère qu'il ne connaît pas encore.

Acte IL — Les artifices de la reine commencent à avoir leur effet. Prusias, très monté contre son fils, lui reproche d'avoir quitté l'armée sans ordre, et de donner un exemple pernicieux à ses sujets. Mais voici l'ambassadeur romain Flaminius; il

vient plaider lai inttfréti du jeune Attale, le me.

Au fond , il fienl i diviser pour ré

de i ' ' donner la Bithynic al la l lapp ido

\i :omède , lequel abandonnerait

main de Laodice el la couronne d1 Arménie

At.iK III. Résistance de laodice* Plamii >ur intimi-

der Laodice et la faire conde cendre i lea projet -, lui i que <■ Punique moyen de régneri cfest d'être alliée de Ron Il n\\ réu88il point La résistance est aussi Forte 't non in éloquente en Laodice qu'en Nicomède. Flaminii menaçant. Attale et Nicomède se sont enfin rencon re-

connus. Nicomède est surpris de trouver chez son frère tant de courtoisie et de délicatesse de sentiments. Arsinoé fait reproche à Nicomède des griefs qu'il a formulés contre elle.

Acte IV. — Arrestation de Nicomède, Prusias mandé !»■ prince. Arsinoé, tout en feignant de le défendre, l'accable de mille traits accusateurs. Nicomède riposte à sa belle-mère avec une froide ironie. Le roi, dominé par des influences diverses, nomme Attale son héritier et met Nicomède en état d'arrestation. Cette mesure ne satisfait point Flaminius : Rome veut le partage de l'empire asiatique.

Acte Y. — Le généreux Attale délivre Nicomède. Le peuple est pour Nicomède et Laodice; mais Prusias, Arsinoé et Flaminius, décident d'embarquer Nicomède sur une galère romaine. Attale délivre son frère, qui reste le maître et prétend s'affranchir de la servitude de Rome.

Principaux caractères. — Nicomède est un héros tout cornélien, c'est-à-dire « vaillant, indomptable, dédaigneux des finesses et des artifices, allant droit devant lui, à l'obstacle, au danger, au combat, à la mort, à la gloire, ne comptant que sur sa conscience, son honneur et son épée. Il a donc le droit de dire » :

Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse Ne m'a jamais appris à faire une bassesse.

Prusias est le type de ces rois avilis a qui finissaient par ne plus sentir le poids de la servitude, tant le joug leur était habituel. Il tremble sous l'ascendant de Rome, sous la domination

34 pr&cis d'histoire littéraire

d'Arsinoé et sons la Supériorité morale de son fils. C'est un homme de la trempe de ChrysaVe, moins le bon sens i.{Pa8êim.)

Arsinoé c.-t uiio f< lump hautaine et ambitieuse qui, pour l'aire >oir sou fils sur le trône royal, ne C rai ni pas de recourir à l'imposture la plus grossière; elle se prétend calomniée par celui-là môme auprès duquel elle a apostédeux misérables pour le perdre et l'accuser du crime de trahison. Puis, afin d'exciter la jalousie du père, elle prend ironiquement le ton de la supplication et s'écrie :

Grâce, grâce, Seigneur, à noire unique appui! Grâce à tant de lauriers en sa main si fertiles 1 Grâce à ce conquérant, à ce preneur de villes! Grâce...

Valeur littéraire. — « Cette pièce est un peu plus compliquée qu'il ne le faut, et presque confuse comme composition. Elle appartient à cette troisième époque du génie de Corneille où le grand poète, après une période de simplicité, de clarté et de sobriété tout antiques (Ciel, Horace, Cinna, Polyeucte) , revenait à son penchant initial, qui est un défaut, le goût de la complexité, de l'intrigue savamment enveloppée. »

(E. Faguet.j

Choix. — Acte I,r, scènes m et iv. — Acte 11, scène m. — Acte III, scène II. — Acte IV, scène iv. — Acte V, scène vu.

Le Menteur (1642).

Le Menteur est la première comédie de caractère qui ait paru sur notre théâtre; elle est imitée d'une pièce espagnole, la Verdad sospechosa (la Vérité suspecte), de Juan de Alarcon f.

« J'ai fait le Menteur, dit Corneille, pour contenter l'humeur des Français, qui aiment le changement, et ceux qui, après tant de poèmes graves dont notre scène est déjà enrichie, m'ont demandé quelque chose de plus enjoué qui ne servît qu'à les divertir. »

i Alarcon, né à Mexico (mort en 1639), poète de mérite, vint à Madrid, en qualité de rapporteur au conseil des Indes. Tl a laissé une vingtaine de comédies.

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Veau, Dorante, sorti <l<* l'école de 'i"»ii de Poil

Paria avec l'intention j bien divertir . Cliton offre

services à bod jeune maître e! !»' prévient que, pour se mettre

en crédit dans la capitale, il faut être généreui el adroit,

car

La façon de donner raul mieui que ce qu*oo doi

Voici deux dames (on est sur la promena'!*' des Tuilerie Dorante, qui ne sait même pas leur nom, adresse la parole à l'une d'elles et prétend la connaître depuis plus d'un an. o depuis qu'il a quitté les guerres d'Allemagne. » — i Vous extravaguez, » lui dit tout bas Cliton; vous venez de Poiliers! » Arrivent Phi liste et Al< ippe; ils causent d'une fête qui a été donnée hier soir sur l'eau. Dorante, sans la moindre hésitation, s'avoue l'auteur de ce « divertissement », dont il imagine la description la plus pompeuse : quatre chœurs de musique, six services, décors, etc. Nouveaux reproches de Cliton.

Acte II. — Le mariage supposé. Géronte, voulant marier son fils, fait les premières démarches auprès du père de Clarisse. Avant d'arrêter son choix, celle-ci désire connaître Dorante. « le connaître dans Pâme. » Mais elle ne peut lui parler elle même, de peur de déplaire à Alcippe.

Car Alcippe, après tout, vaut toujours mieux que rien.

Dorante, informé de ce projet, se hâte de le rompre en faisant accroire à son père qu'il est déjà marié; qu'il a épousé Orphise, fille d'Armédon, de Poitiers.

Acte III. — Le menteur est découvert. Cependant Alcippe, jaloux, a provoqué Dorante en duel; mais Philiste, leur ami commun, intervient et les réconcilie. D'autre part, Clarisse découvre que le fils de Géronte est ce même inconnu qui lui en

précis D'msTonn littéraire

a tant conté C€ matin aux Tuileries. C'est un fourbe, dit-elle à sa confidente ; il dupe Alcippe.

Il était marié sans que l'<»n en eût rien, El son père a repris sa parole au mien.

Dorante est mandé chez Lucrèce, où ces dames se promettent de le confondre et de rire à ses dépens. D'abord elles lui tendent un piège, et il y tombe : Clarisse lui adresse la parole la première; il la prend pour Lucrèce et lui offre sa main. Alors Clarisse et Lucrèce lui font l'énumération de tous ses mensonges : ses campagnes d'Allemagne, son festin sur l'eau, son mariage de Poitiers; après quoi elles le congédient.

Acte IV. — Le ressuscité. Dorante se rappelle le secret de Cliton, la libéralité; il en usera « pour servir de remède au désordre arrivé ». Ce désordre toutefois ne le corrige point de sa mauvaise habitude. A Cliton , il raconte qu'hier il s'est battu en duel avec Alcippe et que, « le perçant à jour de deux coups d'estocade, » il Ta « mis hors d'état d'être à jamais malade ». Quelqu'un entre, c'est Alcippe. Cliton ne peut en croire ses yeux :

Il est mort! Quoi! Monsieur, vous m'en donnez aussi V

Dorante répond sans vergogne que la guérison d'Alcippe n'a rien d'étonnant; qu'il suffit, pour se ressusciter, d'employer « la poudre de sympathie ».

Acte V. — Le menteur est confondu. Philiste, condisciple de Dorante à Poitiers, affirme à Géronte qu'il en tient comme tous les autres, que son fils Ta trompé, que cette Orphise et cet Armédon (le prétendu beau -père)

Sont gens dont à Poitiers on ne peut rien apprendre.

tîéronte, indigné, s'efforce de rappeler son fils à la foi et à l'honneur. Ce n'est pas être gentilhomme, lui dit-il, de mentir comme tu le fais.

... Qui vous dit que je mens? — Qui me le dit, infâme! Dis- moi, si tu le peux, dis le nom de ta femme... Ajoute, ajoute encore avec effronterie Le nom de ton beau -père et de sa seigneurie; Invente à m'éblouir quelques nouveaux détours. .

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riuN< ic.M \ < m;\< 1 1 uhs. D«», .,».».- .ni par amour de l'art plutôt <jin' par un calcul malhonnête. D'ordinaire on d la réHté par intérêt . el Pon lromp€ 1 prendra

leur estime. '.'• 1 ainsi que l'imposture de Tartufe tend pièges à l'imbécile Oi in. Or il n'en *a pa ainsi d< Dorante. l.c plus louvfnt M débite see contes ayee une lorte d*ii 1 ou par amour de Part, comme s'il ne pouvait résister ;« la tentation de donner cours à sa rer?e. Il ne ifen caçbe pâti confesse Bon faible en ces rer

J'aime à braver ainsi les conteurs de nouvelles;

El sitôt que j'en rois quelqu'un s'imaginer

<jut* ce qu'il veut m'apprendra fl de quoi m'étonner,

Je le ft ra aussitôt d'un conle imaginaire

Qui l'étonné lui-même et le force à se taire.

Bien que natif de Poitiers, il est donc surtout un Gascon 1 un compatriote de M. de Crac, et ses écarts viennent de l'esprit plus que du cœur, d (G. Mbrlbt.

Géronte est un de ces grands vieillards cornéliens, chez qui l'indignation n'étouffe point la tendresse. « Quand il apprend la fourberie d'un indigne, sa colère égale la complaisance qu'il avait mise à se laisser abuser. Le vieil Horace ne fut pas plus solennel contre le fils qu'il croyait lâche. Don Diègue n'est pas plus imposant lorsque, pour venger son injure, il s'écrie : Rodrigue. as -tu (ht cœurf Non, il n'y a pas moins de fierté douloureuse dans cette apostrophe de Géronte : Ktcs-vous gentilhopM C'est le même appel au sentiment de l'honneur... Pourtant, après ces légitimes transports, la nature reprend ses droits; et, d'autant plus affligé qu'il avait témoigné plus de faiblesse pour les fredaines de celui qu'il aime, il redevient père, dans ces plaintes qui ouvrent la voie au repentir : G. Merlet.

Mais, dis -moi, te portais-je à la gorge un poignard?

Valeur littéraire. — L'intérêt de cette pièce est tout entier dans la peinture des caractères de Dorante et de Géronte: Pour l'intrigue. Corneille est resté au-dessous d'Alarcon.

88 PRÉCIS iViiistoire iittêhatre

Cette œuvre n'est donc pas un modèle, mais elle est l'indication de la vraie comédie. Ainsi Corneille a eu la gloire d'inaugurer la comédie, comme il avait inauguré la tragédie. I Sans le Menteur, a dit Molière, j'aurais sans doute composé des comédies d'intrigue, mais peut-être n'aurais-je pas fait le Misanthrope. »

« Le vice que cette comédie attaque y est présenté du côté plaisant et comique; la censure est fine, enjouée, délicate; l'esprit est égayé sans que le cœur soit révolté. Les fables du menteur ne font de mal à personne, le rire qu'elles excitent est innocent; mais il est dans cette pièce un genre de beauté supérieur à toutes les plaisanteries : c'est l'indignation d'un père justement irrité, qui reproche à son fils son ingratitude et sa bassesse. •■ (Geoffroy.1

Choix. — Acte IV. scènes I, H, ni. — A«te V, Bcène m.

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