‹ Précis d'histoire littérairesChapitre 38 sur 137 · I .1 BOUpIc • l.iriî'ii.- < I iurr\. il · texte numérisé non relu

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plié si fa ci le me ni l< françai à I >ute l forme ifti

nable , I ouj >ur \ djvei . loujoui n u?e iu . long . pu) puis en Ire lea deui : ivec i Ingl sorte de i ime ped il entre croisées, reculées, rapprochées, tantôt un hymne, tantôt folâtres comme une chanson, il i,m

l.t cependant il appartient, lui aussi, comm I si Boilean , I l'école de la longue / de la pi

ibauche de sa fable le Renard, les Mouchée et le HérU on, que Ton a retrouvée, deui vers seulement ont passé dam la rédaction définitive. Mais ces lenteurs de son esprit ne l'empêchent jamais (frire naturel, gracieux, abandonné, Bublime, quand le sujet l'exige; en un mot, « aussi poète que les anciens le furent jamais, o (ViLLEllAlîf.) Qui mieux que lui

sait d'une voix léçrère

Passer du grave au doux, du plaisant au sévère?

Dans ses esquisses, tous les traits ont une justesse qui vous donne la sensation même de l'objet. D'un mot, il en dit plus que n'en ferait une analyse. On en sait assez sur la tortue quand on l'a vue aller son train de sénateur. Qui a mieux peint le vol de l'hirondelle caracolant, frisant l'air et les eaux; la sotte grenouille, avec ses gros yeux ronds et ses plongeons effarés; le canard, aux regards narquois, à la démarche goguenarde et aux refrains nasillards: le chat hypocrite en son humble contenance; le renard fripon et courtisan; le singe hâbleur et charlatan; le coq turbulent et orgueilleux; le lapin étourdi et gourmand; la chèvre vive et capricieuse; le loup efflanqué; le bœuf pacifique, etc.? (G. Merlet, passim.)

Le moraliste. — Le moraliste, chez la Fontaine, est inférieur à l'écrivain. Contrairement à la plupart de ses devanciers, qui visaient uniquement à la leçon morale, la Fontaine, lui, se préoccupe avant tout des détails du récit, de la vraisemblance et de la vérité des caractères et des m'œurs. « La fable, dit Sainte-Beuve, n'a été chez lui le plus souvent qu'un prétexte au récit, au conte, à la rêverie; la morale s'y adapte comme elle peut, » à la fin. au début ou au milieu ; elle est quelquefois

sous-entendue, quelquefois oubliée, souvent égoïste, équivoque, injuste. Exemples :

Vous chantiez ! j'en suis fort aise.

Eh bien, dansez maintenant

(La Cigale et la Fourmi.)

La raison <lu plus fort est toujours la meilleure.

(Le Loup et l'Agneau.)

Kt t.ichez quelquefois de répondre en Normand.

(La Cour du lion.)

Le sage dit selon les gens :

Vive le roi! vive la Ligue!

(La Chauve-Souris et les deux Belettes.)

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

(Les Animaux malades de la peste.)

La jeunesse se flatte et croit tout obtenir; La vieillesse est impitoyable.

(Le vieux Chat et la jeune Souris.

Faut- il conclure, avec Jean -Jacques Rousseau et Lamartine, que la Fontaine enseigne plutôt le mal que le bien? Non, assurément. La Fontaine a dit ce qu'il voyait : sa morale est tout expérimentale, il a peint la société telle qu'elle était au xvne siècle, laissant à ses lecteurs le soin de trouver dans ses fables les leçons qu'elles renferment.

« La Fontaine n'est point le poète de l'héroïsme, il est celui de la vie commune, de la raison vulgaire. Le travail, la vigilance, l'économie, la prudence sans inquiétude, l'avantage de vivre avec ses égaux, le besoin qu'on peut avoir de ses inférieurs, la modération, la retraite, voilà ce qu'il aime et ce qu'il fait aimer... Censeur assez indulgent de nos faiblesses, l'avarice est de tous nos travers celui qui paraît révolter le plus son bon sens naturel. Mais s'il n'éprouve et n'inspire point

Ces haines vigoureuses

Que doit donner le vice aux âmes vertueuses.

ne préserve-t- il pas au moins ses lecteurs du poison de la mi-

i'.n m. Di i »:

lanthrople, effet ordinaire de cet bail condamne I il

certains faits ? 06 vaut.' - I - il pa ■ 061*1 ai D6fl qualité !

I II A. Ml OH I

Écoutai plutôt :

il m l'.iut enlr'aider, c'e I la loi de i alui

i Km et '

H no c i.mi jamais moquer dea misérable

Le Lièvre et la l 'erdrix.)

RieD ne serl de courir, il faut partir i point.

' Le Lièvre el la i orlue.)

On hasarde de perdre en roulant trop gagner.

Le Héron.)

Trompeurs, c'est pour tous que j'écris.

Attendez -vous a la pareille.

(Le Renard et la Cigogne

A l'œuvre on connaît l'artisan.

(Los Frelons et les Mouches à miel.;

II n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi.

(Les deux Mulets.)

Plus fait douceur que violence.

(Phébus et Borce.)

Aide-toi, le Ciel t'aidera.

(Le Charretier emboarbé.)

On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain.

(La Besace.) Il ne faut point juger des gens sur l'apparence.

(Le Paysan du Danube.)

Tel voudrait bien être soldat A qui le soldat porte envie.

(Le Loup et le Renard.

Notre condition jamais ne nous contente; La pire est toujours la présente.

(L'Ane et ses Maîtres.)

Concluons que la Providence

Sait ce qu'il nous faut mieux que nous.

(Jupiter et le Métayer.)

m', pfiécifl d'histoire littéraire

A dire vrai, les fables de la Pon laine ne nous apprennent guère qu'a mieux nous connaîlre, nous et nos semblables. « C'e>t en réalité le meilleur service que puisse rendre la poésie quand elle entreprend de moraliser. Fables, satires ou oon dies sont choses trop légères pour atteindre à la racine de no.^ vices. Il fuut d'autres remèdes, et Dieu seul peut les donner assez toits. I'. Longha

Appréciations sur lls Fahi.es. — « On a beaucoup loué les fables de la Fontaine; cependant on n'a pas encore épuisé le sujet. Les principaux apologues, tels que le Chêne et le Roseau, les Animaux malades de la peste, le Berger et le Roi, les Deux Pigeons, le Chat et le vieux Rat, la Laitière et le Pot au lait, brillent d'abord par le mérite de la composition et peuvent passer pour autant de comédies aussi variées, aussi gaies que celles de Molière. Ainsi que le grand peintre de mœurs, le « bonhomme » observe, censure jusqu'au bout les caractères de ses personnages et les représente d'une manière encore plus saillante que la Bruyère, parce qu'il les met en scène et les place dans une action. Ésope est trop simple et trop nu; Phèdre trop sévère et même triste quelquefois. La Fontaine jette l'enjouement à pleines mains, sans manquer poui tant ni d'élévation, ni de sérieux, ni de sensibilité, bien moins encore de raison; la raison est au contraire le fond de la trame de ses récits. »

(Tissot.)

g C'est par la forme dramatique que la Fontaine plaît si universellement... Son recueil est un théâtre où nous voyons représentés en raccourci tous les genres de drame, depuis les plus élevés, la comédie et la tragédie, jusqu'au plus simple, le vaudeville. Les lecteurs sont spectateurs, et toutes les émotions qu'on éprouve au théâtre, la fable nous les donne en petit; émotions douces, en deçà du rire et des larmes, quoique telle fable gaie nous fasse plus que sourire, et que plus d'un visage se soit mouillé en lisant les Deux Pigeons. » (D. Nisard.)

Choix. — Les fables de La Fontaine sont dans toutes les mains. Voici les litres des plus estimées.

Livre Ier : le Loup et V Agneau, le Chêne et le Roseau. — Livre 11 : l'Oiseau blessé d'une /lèche, l'Astrologue qui se laisse tomber dans un puits. — Livre 111: le Meunier, son Fils et l'Ane; les Membres et VKstomac. — Livre IV : le Vieillard et ses Enfants, l'Alouette et ses

PO] il .. Dl IV11< ifcCLB

petits. Livmi \ . le j'itit Pou on et le Péciieur, le I

i n/ants. I.ivkk VI : i et la Tortue le Charlatan, —

Livri Vil ï tel Animaux malades dé la peste, le Héi ri la Mouche , la La le Pot au lait Livra VIII : la Moi i

et le Mourant , le S< et le i imtu< ; ! . U D

Pigeons, le Gland et /" Citrouille, Livre \ : l'Homme et la < leuvre, ht Tortue et les d( wrd . l i.i.i Kl : le Lion, le

Fermier, le Chien et le Renard, le Songe d'un habitant du w lé Paysan du Danube, le Vieillard et Liyiik Xll : le \ '<" < Chat et la jeune ! 1

MOLIERE i 1622- 1673 •

Jean-Baptisti Poqubun, dit Molière, Dé à Paj

quelque temps, au sortir de ses classes, la pr

père, qui était tapissier valet de chambre de Louis XIII. Mais,

à vingt-trois ans, cédant au goût qui L'entraînait vers le théâtre,

il s'engagea dans une société de comédiens, dont il devint le

chef, prit le nom de Molière et partit pour la province. Après

, treize ans de vie nomade, composant et jouant ses farces et ses

comédies d'intrigue, parmi lesquelles on distingue VEtourdi

(Lyon, 1653) et le Dépit amoureux (Béziers, 1656), il revint

ris en lb58, où le succès des Précieuses ridicules lui valut

•otection de la cour. Par cette pièce, Molière entrait dans

oie de la haute comédie, celle qui peint les mœurs et les

caractères. Il n'en devait plus sortir.

Malheureusement la vie de notre grand comique ne fit pas toujours honneur à son génie. De là, chez lui, le manque d'élévation morale et, trop souvent, de délicatesse chrétienne.

Épuisé de fatigue et rongé parles chagrins domestiques, il mourut presque subitement d'une convulsion de poitrine, qui le prit pendant une représentation du Malade imaginaire '.

Euvres. — Les principales comédies de Molière sont, en vers: Misanthrope (1666), le Tartufe (1667), les Femmes savantes t/*ô72), et en prose : les Précieuses ridicules (1659), V Avare il 668 \ M. de Pourceaugnac (1669), le Bourgeois gentilhomme ! 1670), les Fourberies de Scapin (1671), le Malade imaginaire 1 1673) , etc.

A Voy. ci- après, p. 115.

9 I précis d'histoire littéraire

Les trente pièces dont se compose son théâtre peuvent être divisées : 1° en comédies de caractère : le Misanthrope, Tartufe, l'Avare; — 2° en comédies de mœurs : /< >licules, les Femmes savantes, l'École des maris, V École des femmes; — .'V* en comédies d'inlri^u<i : l'Étourdi, les Fourberies de Scapin, Sganarelle, Amphitryon, etc.; — 4° en comédiesballets : le Bourgeois gentilhomme, le Malade imaginaire , Pourceaugnac, les Fâcheux, etc.

Jugement sur Molière. — La verve comique de Molière était i inépuisable. Pendant les quinze années qui précédèrent sa mort, ? elle ne manqua jamais de suffire « aux exigences les plus di- I verses, aux ordres du roi comme aux plaisirs du public, aiintérêts de sa troupe comme à ceux de sa gloire

Molière a peint, outre les ridicules passagers de son siècle les ridicules et les vices inhérents à la nature humaine. 11 a mis en scène toutes les classes, toutes les conditions de la société : la cour, la ville, la province, les bourgeois, les marquis, les paysans, les marchands, les médecins, les notaires, les servantes, les valets et les maîtres; il a représenté au vif tous les caractères : les pédants, les fâcheux, les misanthropes, les fanfarons, les fripons, les dupeurs et les dupés, le bel esprit, le faux savoir, l'avarice, la prodigalité, la coquetterie, la naïveté rustique, l'égoïsme, l'entêtement, la malveillance, la vanité, la sottise, la jalousie, le libertinage, l'irréligion, l'hypocrisie.

Finalement il n'a rien corrigé, sauf peut-être quelques travers, qui d'ailleurs reparaissaient bientôt sous une autre forme. On chercherait vainement dans tout son théâtre une leçon sérieuse de morale; car ce n'en est pas une de faire rire du mal sans le faire détester, et sans indiquer le moyen de le corriger1. « La seule leçon qu'il donne, si Ton veut absolument qu'il en ait donné une, c'est qu'il faut se défier, v (René Doumic.)

Précieuses ridicules (1659).

Sujet. — La comédie des Précieuses ridicules est une satire du faux bel esprit, c'est-à-dire du galimatias sentimental, des

i Le théâtre, a dit de Bonald, corrige les manières et corrompt les mœurs.

POl i i Dl Kl il -ii • i i

compliment! énigmatiquee, de la galanterie ampoulée, de la recherche des jeux de m ils et de tout on de n

goût, alors à la mode parmi le beau monde de la cour al d

Ville.

Personnages. Gorgibui, bon bour (llle Hadelon at sa

nièce C<Uhoê , deux précieu es ; Marotu Aim<tn:or, laquais dei précieuses; La Grange el du I d.iiiis rebutés; le marquis de Ma$carillef valel d< 1s Gran le vicomte de Jodelet, valet de du Croi , elc. - La scène est à 1 dans la maison de » loi ibu •

Résuma. Acte UNIQUE. - Du Croisy et la Grange , écondiiiis par les précieuses , jurent de tirer vengeance de ce mé

injurieux. Gorgibus, qui a vu les deux prétendants sortir i mal satisfaits ., reproche à sa fille et à sa nièce leurs dépenses frivoles et leur froideur pour ces messieurs. Madelon se retranche derrière i le procédé irrégulier de ces gens-là », qui ne savent « débiter ni beaux sentiments » ni rien « traiter dans le> belles manières »; Cathos gage « qu'ils n'ont jamais vu la carte «lu Tendre, et que Billets- Doux , Petits- Soins et Jolis-Vers sont des terres inconnues pour eux ». Gorgibus ne peut rien comprendre à ce baragouin. On annonce le marquis de Mascariile. Les précieuses se hâtent de consulter « le conseiller des grâces » et de préparer « les commodités de la conversation ».

Les compliments échangés entre les précieuses et le marquis sont de tous points dignes des beaux esprits, c'est-à-dire absolument ridicules. Mascariile se flatte de faire des vers à souhait: chanson, sonnet, épigramme, énigme, portrait, rien ne lui coûte. Madelon est « furieusement pour les portraits »; Cathos « aime terriblement les énigmes ». Mascariile a, de plus, composé une comédie; elle sera jouée par les grands comédiens de Thôtel de Bourgogne; eux seuls savent « faire valoir les choses; les autres sont des ignorants, qui récitent comme Ton parle ». Il n'est pas jusqu'à la mise de Mascariile qui ne mérite d'être admirée : en attachant sur ses gants « la réflexion de l'odorat », on trouve qu'ils « sentent terriblement bon ».

Voici le vicomte de Jodelet. Décidément les précieuses commencent « d'être connues ». Ce jour sera « marqué dans leur almanach ». On mande des violons et l'on organise un bal à la hâte. Mais la Grange et du Croisy viennent troubler la joyeuse

i)8 i Ifl D'HISTOIRE LITTÉRAIRE

assemblée, et confondra les précieuses en leur dévoilant le piège : les prétendus marquis et vicomte, si bien reçus par ces dames, ne sont que des laqua <j ci»-l ! quelle in-

bo1< ucel B'exclame Madelon. — Ah! quelle confusion : » décrie 10s. El Gorgibus de maudire I b romans et les Bottes billevesées qui sont causes de toutes ce> folies.

Valeur littéraire. — Celte pièce révéla le véritable talent de Molière. Pour la première fois, dit la Harpe, ou vit sur la scène le tableau d'un ridicule réel... Un comédien corrigea la cour et la ville, et fit voir que c'est le bon espiit qui enseigne le bon ton, que ceux qu'on appelle les gens du monde croient posséder exclusivement. 11 fallut convenir que Molière avait raison; et quand il montra le miroir, il fit rougir ceux qui s'y regardaient. Tout ce qu'il avait censuré disparut bientôt, excepté les jeux de mots, sorte d'esprit trop commode pour que ceux qui n'en ont pas d'autre puissent se résoudre à y renoncer. ■

Le Misanthrope (1GGG).

Sujet. — La comédie du Misanthrope montre comment un homme, d'ailleurs honnête, peut se rendre ridicule par excès de franchise ou par manque d'indulgence. Ce n'est à proprement parler qu'une comédie de caractère, sans intrigue.

Personnages.— Alceste, misanthrope, prétendant de Céiimène ; Philinte, ami d'Alceste, homme sociable, mais complaisant à l'excès; Céiimène, jeune veuve qui cherche à plaire par vanité; sa cousine Éliante, et son amie Arslnoé; Oronte, Acasle et ClUandre, marquis ridicules, etc. — La scène est à Paris, dans la maison de Céiimène.

Résumé. — Acte 1er. — La querelle du sonnet. Alceste, prétendant de Céiimène, est venu lui réitérer sa demande. 11 gronde contre Philinte, son ami d'enfance, qu'il a rencontré taisant à un inconnu des démonstrations exagérées d'amitié. Survient un second prétendant, Oronte, grand amateur de sonnets, qui, en attendant que Céiimène les reçoive, prie ces messieurs d'en écouter un de sa façon. Philinte le trouve irréprochable. Alceste dissimule d'abord sa pensée, puis il critique indirectement et finit par déclarer que le sonnet est détestable. Oronte se fâche et sort : première rupture.

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Aci b II, i ' ■< '"a dé ta coquet a ru ( !él!mène.

Leurs explication onl interrompues par I ai i d'Ace ite, de < Slitandra, d'Éliante < i <i.- I M . i nie < >,, I , # i

Ton parle de tous el de chacun : Voua n'en épargnai poiol • i chacun .» son tour, o dil Alceste, indi rné de lanl de médi an Après ;iv ir déchai b bile, notre misanthrope in i te ; que Célimène prononce entre lui et lei autre prétendants. Mais un garde de la maréchaussée vient lech< nme

de comparaître à l'instant devant le tribunal, pour ri querelle avec l fronîe.

.\< ik 111. - Assaut de reproches, \ leur tour, A es s te et (llitandre l'ont valoir lmrs avantages réciproques el demandenl à Géliméne de fixer son choix. On annonce Axsinoé. Lee marquis s'éloignent el laissent aux prises les deux amies, qui, sons forme de conseils charitables, s'adressent les plus cruel le^ injures. Alceslc est de retour; Célimène se retire pour aller « écrire un mot de lettre ». Arsinoé profite de cette absence pour persuader à Alceste qu'il est dupe, que Célimène le trompe, et s'efforce à lui en fournir la preuve.

Acte IV. — La lettre perdue, l'hilinte annonce que l'affaire du sonnet s'est terminée à l'amiable. Alceste entre furieux, tenant en main une leltre compromettante de Célimène à Oronte. Calmé par un mensonge de Célimène, il veut poursuivre l'entretien; mais on l'appelle chez lui en toute hâte pour répondre à un homme de loi. Il sort en maugréant.

Acte V. — Rupture définitive. Alceste a perdu son procès, nouveau motif de « pester contre l'injustice humaine ». D'autre part, Acaste et Clitandre lui remettent des billets de la coquette, où lui, comme les autres, est habillé de la plus jolie façon. Les marquis disparaissent les uns après les autres. Alceste persiste; il promet à Célimène de tout oublier si elle consent à l'épouser et à le suivre à la campagne; elle refuse. Alors seulement le misanthrope se retire et va chercher un lieu solitaire,

Où d'être homme d'honneur on ait la liberté.

Principaux caractères. — Alceste, le misanthrope, est un homme franc, honnête, loyal, qui voudrait trouver chez les

autres les qualités qu'il possède lui-même. Mais ne voyant dans le genre humain que grimace, intrigue, fourberie et mensonge,

il sVst mis à le mépriser, à le haïr à tel point, que, n'y tenant plus, il prend la résolution de fuir :

Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la ville

Ne m'offrent rien qu'objets à m'échaufler la bile;

J'entre on humeur noire, en un chagrin profond,

Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font;

Je ne trouve partout que lâche flatterie,

Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie;

Je n'y puis plus tenir, j'enrage; et mon dessein

Est de rompre en visière à tout le genre humain.

Il a pourtant ses défauts, lui aussi, et des « défauts réels dont on n'a pas tort de rire » : humeur atrabilaire, impatience, bizarrerie, égoïsme, vanité; il ne voit que les travers d'autrui , et pas du tout les siens propres.

« Il est comique, quand il poursuit de la même haine les mauvais vers et les vices honteux, les peccadilles et les crimes, quand il prend des pavés pour écraser les mouches. »

(H. Horion.)

Bref, Alceste est puni de ses bizarreries par l'isolement, et récompensé de son honnêteté en n'épousant pas la médisante Célimène.

Philinte a, comme Alceste, son bon et son mauvais côté; il est sociable, pacifique, homme de bon conseil et ami véritable; mais il pousse la philanthropie jusqu'à l'indifférence, sous prétexte que nous devons être indulgents : l'indulgence n'est pas toujours permise, ou tout au moins elle a des limites.

Célimène est un type d'artifice, de duplicité, de coquetterie; c'est, dit-on, le portrait de Mme Béjard, femme de Molière. Elle a de l'esprit, mais elle le fait briller aux dépens de la réputation d'autrui. Son travers, comme celui d'Alceste, est puni par l'isolement.

Arsinoé personnifie la sagesse affectée, la pruderie; elle porte partout de bons avis, et ne donne nulle part le bon exemple. Oubliée, délaissée, cette ancienne coquette se venge de celles qui ont la faveur par la critique et le dénigrement.

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Acaste 6t Clitnndr. -nu! <lr-. <M' ^6 faillite Cl <]<• h

leur légèreté forme o< ntra iU i?ec l<

Valeur littéraire. ( lette pièc< . I rral dir< que le

peinture de quelques ricea réduits aux proportion de impies

travers; mai.- le incidents <iu> ':i remplissent sonl i bal ment ménagés pour ache?er d'eza pérerle misanthrope; la moquerie esl m fine, si piquaitte, 1«" style si corr< quelle est considérée comme la pins belle des com< caractères qui existent dans notre langue.

principales. — Conversation d'Âlceste avec Pbilinti Boène i). Le sonnet ( acte 1, scène h). Sa portraits tracée pai

Célimène (acte II, scène v). Seconde explication d'Alceste et de Célimène (acte IV, scène ni). Hupture définitive (acte V, scène vi).

Tartufe ou l'Imposteur (ic><>7)

Sujet. — Le sujet de la comédie da Tartufe est la satire de la fausse dévotion f.

Le Roman de la Rose et les Hypocrites de Scarron ont du fournir quelques traits à Molière.

Personnages. — MUk° PerneUe, mère d'Orgon; Orgon, mari (VElmire et leurs entants, Damis et Mariane; Valère, prétendant de Mariane; Cléante, beau-frère d'Orgon; Tartufe, faux dévot; Dor suivante de Mariane; M. Loyal, sergent (huissier), etc. — La scène est à Paris, dans la maison d'Orgon.

Résumé. -- Acte Ier. — Confiance aveugle d'Orgon. Mme Pei nelle gronde tout le monde: Elmire, sa bru; Damis, son petitfils; Mariane, sa petite -fille; Dorine. sa servante. Elle i ne mâche point ce qu'elle a sur le cœur ». Aux uns, elle reproche

i Comme toute la verve est dans l'attaque et la faiblesse dans la défense, on pourrait croire que le but véritable, quoique désavoué, est la satire de la véritable dévotion.

Voici le passage de la préface du Tartufe où Molière cherche à se justifier : « Si Ton prend la peine d'examiner de bonne foi ma comédie, on verra sans doute que mes intentions y sont partout innocentes, et qu'elles ne tendent nullement à jouer les choses que l'on doit révérer...; que j'ai mis tout l'art et tous les soins qu'il m'a été possible pour bien distinguer le personnage de l'hypocrisie du vrai dévot. »> Soit; mais alors « pourquoi, remarque Sainte-Beuve, le vrai dévot apparaît -il là pour la forme, tandis que le faux dévot y est tout à fait dégage et mis en saillie » ?

102 I 18 rùlISTOJnE LITTéRAJRB

des airs trop mondains; aux autres, leur froideur pour M. Tartufe. Elle a beau réprimander et faire l'éloge du i saint homme i . elle ne convertit personne; les discours et l'exemple

d'Orgon, qui ne se règle plus que sur le vil intrus, ne réussissent pas davantage.

\<:te 11. Timidité respectueuse de Mariane. Qrgon veut donner sa fille à Tartufe. La timide Mariane n'ose résister à son père. Dorine intervient ; Orgon se fâche et sort. Dorine profite de ce moment pour donner du cœur à sa maîtresse et l'engager à repousser cet hypocrite de Tartufe. Valère survient en récriminant. Il veut se retirer; mais Dorine le retient et opère la réconciliation.

Acte III. — L'hypocrite se trahit. Tartufe se présente et ose faire à la femme de son bienfaiteur une déclaration d'amour. Elmire repousse ses avances avec indignation et promet le secret, à la condition que Tartufe favorisera l'union de Mariane et de Valère. Mais Damis a tout entendu et tout raconté à son père. Celui-ci n'en croit rien et s'obstine dans son admiration pour le « pauvre homme », qui, au lieu de se défendre, enchérit sur l'accusation et s'avoue le plus grand scélérat qui ait jamais existé. Orgon, dupé encore une fois, chasse son fils, et n'est que plus décidé à prendre Tartufe pour gendre. En attendant, il lui fait « donation entière » de tous ses biens.

Acte IV. — L'hypocrite tombe dans le piège. Gléante engage Tartufe à solliciter le pardon de Damis. Le faux dévot refuse : il interviendrait de grand cœur,

Mais l'intérêt du ciel n'y saurait consentir.

Cependant Orgon vient donner lecture du contrat. Les supplications de sa fille n'y changeront rien. Elmire se charge de prouver à son mari que Tartufe est un vil imposteur. Pour cela, il n'a qu'à se cacher et à écouter, et elle mande l'hypocrite. Celui-ci se trahit de nouveau, et le trop crédule Orgon reconnaît enfin que Tartufe est « un abominable homme ». Il veut le chasser sur-le-champ de la maison. « C'est à vous d'en sortir, » répond le misérable, et il part en emportant l'acte de donation et une cassette remplie de papiers.

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