‹ Précis d'histoire littérairesChapitre 43 sur 137 · Acte Ilf. — Arrestation de Britannicus. Burrhus s'efforce · texte numérisé non relu

Acte Ilf. — Arrestation de Britannicus. Burrhus s'efforce

en vain de détourner l'empereur de ses projets coupables. Survient Agrippine, furieuse de l'exil de Pallas. Burrhus cherche inutilement à L'apaiser. Britannicus a trouvé des partisans; la moitié du sénat s'intéresse à sa querelle; mais Néron, qui le surprend s'entretenant avec Junie, le fait arrêter, en môme temps que, par ses ordres, Agrippine est retenue aussi dans le palais.

Acte IV. — Feinte réconciliai ion. Agrippine vient trouver son fils et, dans un discours éloquent, lui rappelle tout ce qu'elle a fait pour lui. Néron semble touché; il consent à embrasser son frère, « mais ce sera pour l'étouffer. » Burrhus, plus heureux qu'Agrippine, aurait triomphé du monstre naissant si le perfide Narcisse, avec un art infernal, n'était venu tout détruire. La mort de Britannicus est résolue.

Acte V. — Empoisonnement de Britannicus. Celui-ci, toujours confiant malgré les craintes fondées de Junie, se rend à un festin auquel Néron l'invite. Il y est empoisonné. Pendant qu'Agrippine accable le tyran de ses malédictions, Junie s'échappe du palais et se réfugie parmi les vestales. Narcisse, qui voulait l'arrêter, est massacré par le peuple; et Néron, furieux, désespéré, agité par le remords, menace d'attenter à ses jours.

Principaux caractères. — Néron est le type de ces âmes perverses qui, après avoir louvoyé quelque temps entre le bien et le mal, se décident pour le mal et y marchent à grands pas. Les germes de tous les crimes se trahissent déjà dans cette confidence à Burrhus du projet fratricide :

... C'en est trop; il faut que sa ruine Me délivre à jamais des fureurs d'Agrippine; Tant qu'il respirera, je ne vis qu'à demi. Elle m'a fatigué de ce nom ennemi...

Pourtant il. hésite encore, et ses hésitations lui permettent

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do reoeyoir Iveihenl le con ail du vertueux hurrhu et

; incitation i du détet table Nan i i i ioal< menl , il cèd ■ 1 1 ; 1 1 1 \ . i . e influences et, de crime en crime, il va jusqu'au p ricide. Le premier forfail de Néron n'es! point puni; mai , comme l'a remarqué la Motte, ce qu'Agrippine lui ; lui

tient lieu de obAtiment; et cel avenir affreui qui attend le coupable nous console de bod impunité présente.

Agrippiae noua retrace les violences el les malheurs <!<• l'ambition. Elle est bien telle que Tacite nous la représente, impérieuse, emportée, insatiable de pouvoir; en un mot, brûlanl de toutes les passions (l'une, (yrau nie malfaisante Igrippine rappelle Athalie : i L'une veut conquérir le pouvoir qui lui ('chappe; l'autre veut retenir le pouvoir qu'elle a usurpé. Malgré l'audace virile que leur a prêtée Racine, malgré l'énergie qui les rend capables de ces crimes où l'on risque sa propre vie, malgré les traits d'habileté politique, la nature féminine se trahit dans Agrippine par un dépit puéril, par des imprudences qui compromettent le succès à peine obtenu, par le besoin d'abuser du pouvoir avant même de Ta voir reconquis; dans Athalie, par la croyance aux rêves, par des erreurs superstitieuses qui se trahissent sur son visage, par une imprévoyance qui la livre à ses ennemis. > (D. Nisard.)

Burrhus est le modèle du ministre franc, loyal, intègre. Le poète l'a choisi de préférence à Sénèque , parce qu'il était plus spécialement chargé de l'éducation politique et morale de Néron. Il plaide la cause du devoir avec désintéressement et sincérité; il évite d'offenser, mais ne craint pas de déplaire; il s'efforce de maintenir la paix entre le fils et la mère, et de ramener son élève dans la voie du bien. — (Son caractère est tout autre dans l'histoire.)

Narcisse, l'avocat du mal, nous montre comment de vils flatteurs savent excuser les vices d'autrui pour contenter leur propre ambition. Plein d'astuce et de dangereuse adresse, il pousse Néron au crime par tous les motifs d'intérêt personnel et au nom de toutes les mauvaises passions; il trahit son jeune

i Armâtes, liv. XIII.

maître sans pitié, pans scrupule, sacrifiant tout à sa fortune, ainsi qu'il se le dit à lui? même dans un monologue révoltant :

La fortune l'appelle une seconde fois, Narcfcse; voudrais- tu résister à sa voix? Suivons jusques au bout ses ordres favorables;

Kl, pour nous rendre heureux, perdons l<;s misérables.

Narcisse est l>i<n de la race de Maxime et d'Aman.

Britannicus Cbt il ii jeune homme plein de franchise, de générosité, de hardiesse; il a toutes les qualités de son âge; il en a aussi les défauts : il est confiant jusqu'à l'excès. La défiance, dit-il lui-même,

Est toujours d'un grand cœur la dernière science.

Junîe est un type de modestie, de candeur, de vertu, qui contraste avec la corruption générale de la cour. « Racine n'a rien inventé de plus pur et de plus généreux que cette jeune fille qui s'attache en raison du malheur, et qui montre à la Vin tant de prévoyance et de dignité, qui tient tête à Néron sans donner aucun prétexte à sa colère, et refuse si noblement de partager son trône. » (H. Tivier.)

Appréciation. — Ce chef-d'œuvre fut d'abord accueilli froidement. Boileau, presque seul, avec son bon sens et son tact ordinaire, dit en plein théâtre à son ami : « Voilà ce que vous avez fait de mieux. » Les connaisseurs ne tardèrent pas à ramener le public, et, comme l'a dit Voltaire, on admira dans la peinture de la cour de Néron toute l'énergie de Tacite exprimée en des vers dignes de Virgile.

« Racine mit Néron sur la scène, non pas à l'époque où ses pas-ions et ses cruautés ne connaissaient plus aucun frein, mais dans cette période d'innocence relative qui comprend les cinq premières années du règne de ce prince. C'est pourlant à cette période que se rapporte la mort de Brilannicus. Prenant ce premier meurtre pour objet du problème moral qu'il veut résoudre, allant au-devant des objections qu'on devait faire à son principal personnage, jugé trop bon par les uns et trop méchant par les autres, Racine montre comment on devient tyran, comment s'accomplit par une première faiblesse la transformation qui fait apparaître un monstre dans l'adolescent, contenu jusque-là par l'influence de sa mère et de ses précepteurs. Le

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ncontre arec le moi aliatec chrétien dan l'eu I don de 06 hit, et l'analyse du son œuvre ail dam raltc dirl d'un discoure de Macaillou sur lai Tentatiotii dt gran Le plaisir commence à leur corrompre le cœur; l'adulation leur ferma toutes le I la rérité; l'ambition mme

• l'areuglemenl H Titiih.)

i m i principales, — Menaoee d'Agrippine â Burrfa I.

icèoe nï. Junie congédie Britannicue (première en! Il,

Mène vi). Seconde entrevue de Britanoioui t\ de Junie (acte M, n), de Néron et d'Agrippine (acte iv. Mène ii)« Burrhui ramone Néron à de meilleurs lentiments (acte IV, icène m). Récit de l'empoisonnement de Britannicui (acte V, icène i

Mithridate ( kît:*)

Sujet. -- Mithridate est une tragédie de caractère. On y admire la grandeur d'un prince qui lutta quarante ans contre la république romaine. Ce sujet est tiré des histoires de Plutarque, de Tite-Live, etc.

Personnages. — Mithridate, roi de Pont; ses fils Pharnace et Xipharès; Monime, fiancée contre son gré au vieux roi de Font, etc. — La scène est à Nymphée, port de nier sur le Bosphore.

Résumé. — Acte !•». — Le roi passe pour mort. Mithridate a résisté, durant quarante ans, aux généraux les plus intrépides de Rome; mais le bruit court qu'il vient d'être surpris par l'armée ennemie et qu'il est au nombre des morts. Ses fils, Pharnace et Xipharès, « ne s'accordent pas; » le premier est allié secret des Romains, et le second leur « conserve une haine immortelle »; de plus, ils aspirent l'un et l'autre à la main de Monime. Celle-ci, qui hait Pharnace, implore contre lui la proteclion de Xipharès. On leur annonce tout à coup l'arrivée de Mithridate.

Acte IL — Le roi est instruit de la conduite de ses fils. Profondément irrité contre ses fils, Mithridate dissimule sa colère, annonce à Monime que le temps est venu d'assurer leur « foi mutuelle », et il s'éloigne. Monime se résout à cette union par respect pour l'ordre de son père. Xipharès la rencontre : « Que faire? lui dit-il. — Ne plus me voir, répond Monime; le roi est vivant, je ne vous connais plus.

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Acte III. — Piège tendu à Monime. Mithridate fait connaître à ses fils le dessein qu'il a formé d'envahir l'Italie. Xipharès le suivra ; Pharnace ira épouser la fille du roi des Parthes, et continuera la guerre en Asie. Pharnace refuse. « Je comprends ce refus, » s'écrie Mithridate, et il le fait arrêter. Pour sortir d'incertitude, il mande Monime et feint de vouloir l'unir à un de ses fils. Après un instant d'hésitation, l'infortunée princesse avoue qu'elle sera heureuse d'avoir Xipharès pour époux. Pour mieux se venger, Mithridate dissimule.

Acte IV. — Les Romains investissent la ville. Le roi médite une triple vengeance. Xipharès voudrait connaître le perfide qui les a trahis, lui et Monime. « C'est moi! répond Monime, pardonnez. — Et que faire? — Fuir et m'abandonner à mon malheureux sort. » Elle reproche à Mithridate un stratagème dont « sa foi et son amour ne seront point le prix ». Sur ces entrefaites, on apprend que les Romains assiègent la ville. Mithridate ordonne le supplice de Monime et court aux remparts.

Acte V. — Xipharès triomphe des ennemis. Sur le point d'être vaincu, Mithridate se perce de son épée; cependant Xipharès repousse les Romains. Un serviteur arrive à temps pour sauver la vie de Monime et lui apprendre que Mithridate expirant la lègue au héros de Nymphée. Apporté au palais, le vieux roi meurt content, puisqu'il a vu fuir ses ennemis.

Principaux caractères. — Mithridate conserve dans cette tragédie sa figure historique. « Racine a idéalisé son caractère, mais sans le fausser. Il nous a peint le roi de Pont d'un côté avec sa haine du nom romain, son indomptable énergie, sa constance dans les revers, ses gigantesques projets; d'un autre côté, avec sa férocité barbare, ses fureurs sanguinaires, sa jalousie et ses cruelles vengeances , qui le poussent à immoler ses femmes et ses enfants... »

Monime est un des plus beaux caractères de femme tracés par Racine : douce et résignée, elle accepte un supplice injuste, que la mort de Mithridate lui épargne soudain.

Appréciation. — « La pièce de Mithridate passe pour la meilleure des tragédies du second ordre de Racine. On blâme la longueur du discours de Mithridate, malgré sa beauté, la ruse

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à laquelle il i recour pour déeouTrir l'amour dé Moniméef Xipharès, el aussi quelques traits de [ue l'on trouve

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Sujet. i< Bujel de cette tragédie est le péril d'Ipbigénie, ûlle d'Agamemnon. Il <->t emprunté ;'t Euripide el <i hotrou.

Les Grecs, suus la conduite d'Agamemnon, roi d'Argos el de Mycènes, vont faire \r siège de rroie (1270 av. J.-<;. . Leur flotte, retenue par le calme dans le port d' Aulis, n'obtiendra • les vents favorables que si une victime est immolée sur l'autel de Neptune; et la victime, c'est la fille d'Agamemnon. Mais. au dernier moment, Diane soustrait Iphigénie à la mort en lui substituant une biche.

Dans sa pièce, Racine a modifié la fable : ce n'est pas une biche qui est immolée, c'est une autre Iphigénie, fille d'Hél connue sous le nom d'Ériphile.

Personnages. — Agamemnon, roi d'Argos et de Mycènes; Cbjtemnestre , femme d'Agamemnon, et leur fille Iphigénie; Achille, prince grec; Ulysse, roi d'Ithaque; Ériphile, fille d'Hélène et de Thésée; Arcas, serviteur d'Agamemnon, etc. — La scène est à Aulis, ville maritime de la Béotie.

Résumé. — Acte Ier. — Iphigénie est mandée à Aulis. La flotte grecque est depuis longtemps enchaînée dans le port d'Aulis. L'oracle consulté a répondu que les vents ne souffleraient qu'après le sacrifice d'une fille de sang royal. Agamemnon mande à Clytemnestre de lui envoyer sa fille sous prétexte de lui faire épouser Achille. Bientôt, vaincu par la tendresse paternelle, il envoie un contre -ordre. Cependant Achille d'un côté, Ulysse de l'autre, pressent Agamemnon, le premier de courir à Troie, le second de hâter le sacrifice. Agamemnon promet d'immoler sa fille, mais il espère bien qu'elle ne viendra pas. Son espoir est déçu.

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