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PASCAL

Blaise Pascal, né à Clermont-Ferrand, montra dès son enfance des dispositions extraordinaires pour les mathématiques et enrichit les sciences de nombreuses découvertes. A vingtcinq ans, il avait achevé de parcourir le cercle des connaissances humaines. Un accident de voiture, qui mit ses jours en danger (1654), le frappa tellement qu'il renonça pour jamais aux études profanes, et se livra tout entier aux exercices de la pénitence la plus rigoureuse. Retiré chez les Solitaires de Port- Royal -des- Champs ', il publia, sous un pseudonyme, ses fameuses Lettres provinciales contre les jésuites, qui les premiers avaient dénoncé les doctrines jansénistes d'Arnauld, l'un de ses compagnons de travail et de solitude*2.

i Port- Royal -des- Champs, ancienne abbaye, près de Versailles, où s'étaient installés des hommes épris des charmes de la solitude et de l'amour du travail, et dont les principaux sont : Antoine Arnauld, le Maistre de Sacy, Pont-Château, Saint-Cyran, Singlin, Nicole, Lancelot, Tillemont et Pascal.

2 Le jansénisme est une doctrine erronée touchant la grâce, le libre arbitre, le mérite des bonnes œuvres, le bienfait de la rédemption, formulée d'abord au v« siècle par Pelage, sectaire breton, renouvelée au xvi« siècle par Luther, Calvin et Baïus, et que Tévêque d'Ypres. Jansénius, au siècle suivant, renferma dans un ouvrage intitulé Augustinus. De cet ouvrage, qui dénaturait les écrits de saint Augustin sur la ijrâce , on tira cinq propositions hérétiques qui furent condamnées, malgré les récriminations des habitués de Port-Royal, les partisans les plus illustres de la secte.

Arnauld tenait pour hérétiques les cinq propositions condamnées, mais il insinuait qu'elles n'étaient pas contenues dans ['Axgmtinus; que L'ÉglÎM, infaillible dans les questions du dogme, ne l'est point dans les questions de fait. Sur son refus de se rétracter, la Sorbonne le condamna et le retrancha de la liste des docteurs ( 1656 .

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Traités de mathématiqui Expé\ de phy iqm el

1rs Pensées.

Provinciales ( 1050-57).

Sujet. — Les Provinciales, au nombre de dix-huit, se divisent en deux classes : les dois premières el les deux dernière rapportenl directement ô la question de I . qui Faisait le

différend devant la Sorbonne; les autres attaquent les théologiens de la Compagnie de Jésus. Elle* furent publiées sou titres : Lettres de Louis de jfontalte à un provincial di anus et aux RjR. PP. jésuites, sur la rhorale et la politique de ces Pên

Résumé. — Dans sa première lettre, Pascal met son ami . — un provincial, — au courant des disputes de la Sorbonne. qu'il réduit à une querelle de mots au sujet du pouvoir prochain, sur le sens duquel on ne peut s'entendre, et ridiculise la faculté de théologie.

Dans la deuxième, il traite de la grâce suffisante, et prend à partie les thomistes.

Dans la troisième, il défend son ami le grand Arnauld, condamné par la Sorbonne.

Dans la quatrième, il transporte le débat sur le terrain de la morale, et engage avec un adversaire supposé, — un jésuite, — une discussion pleine d'ironie et d'enjouement sur les péchés d'habitude. Trompé par les artifices de son interlocuteur, le pauvre jésuite s'embrouille et s'enferre de lui-même.

Dans la cinquième, il dévoile le dessein prétendu des jésuites, qui est de dominer toute la chrétienté. Pour les tièdes , ils ont des casuistes très relâchés; pour les austères, il en ont de sévères. Ce sont des menteurs, ou, si Ton veut des probabilistes : il faut jeûner, c'est une opinion très probable ; mais, si le jeune incommode, on peut s'en dispenser, c'est encore une opinion très probable , etc.

PRÉGI8 D'HISTOIRE LITTÉRAIRE

De cette lettre à la dix-septième, il n'est question que de casuistique el de morale relâchée des jôsui

Dans la treizième, il réfute les casuisteB jésuites, auxquels il fait dire que l'homicide pour insulte est permis en spéculation . mais dangereux en pratique, à cause « des meurtres nuisibles à L'État qui en pourraient arriver ».

Dans la quatorzième, il accuse les jésuites de permettre l'homicide pour vol, pour affront, pour un écu: — ce qui est contraire aux lois de l'Église et de l'État. Il répond en passant à quelques-unes de leurs prétendues calomnies, et compare leur doctrine avec la forme qui s'observe dans les jugements criminels.

Appréciation générale. — Les Provinciales font époque dans notre littérature, par ce style clair, précis, enjoué, vigoureux, dont on n'avait pas encore d'exemple La prose française leur est donc redevable d'un progrès sensible; mais on regrette que ce beau style soit mis au service de l'ern ur et qu'il ne recouvre que le mensonge. Bourdaloue a fait cette spirituelle critique du procédé de Pascal : « Ce qu'un seul a mal dit, tous l'ont dit; et ce que tous ont bien dit, nul ne l'a dit. » — « Tout ce livre, ajoute Voltaire, portait sur un fondement faux. On attribuait adroitement à toute la Société les opinions extravagantes de plusieurs jésuites espagnols et flamands... Mais il ne s'agissait pas d'avoir raison, il s'agissait de divertir le public. » (Siècle de Louis XIV)

Condamnées par l'Église dès leur apparilion, ces lettres ne sont plus guère connues maintenant. La monotonie de la discussion lasse vite le lecteur : « C'est toujours la même chose, • écrivait Mme de Grignan. Toutefois elles demeureront comme des modèles achevés du pamphlet.

Pensées (publiées en 1670).

Sujet. — Les Pensées sont des notes, des fragments épars de l'ouvrage que Pascal voulait écrire sur les preuves de la religion chrétienne. Son but était de confondre les libertins, les sceptiques, les incrédules, et de réjouir au contraire ceux q in' rho relient Dieu de tout leur cœur, rie les consoler en leur

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