M«« DE SEVIGNÉ
Marie de Rabutin- Chantal, marquise de Sévigné, née à Paris, est notre épistolière française par excellence. Son père, le bjron do Chantai , fils de sainte Chantal, fut tué en [&21 au
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service de la France en combattant les Anglais, et sa mèr6 mourut quelques années plus tard. Orpheline à six ans, ell« passa -nus la tutelle de son oncle maternel, le < bon abbé * de Cou- Langes, qui lui fit donner une solide instruction. Elle fréquenta l'hôtel de Rambouillet, sans en prendre les travers, et se distingua par la supériorité de l'esprit et par la vertu. Restée veuve de bonne heure du marquis de Sévigné, et séparée de sa fille, mariée en 16G9 au comte de Grignan, qui fut nommé peu après lieutenant général au gouvernement de la Provence, elle entretint avec sa chère absente, pendant vingt- cinq an>, une correspondance toujours aussi empressée, aussi lendre, aussi naturelle que le premier jour. Écrire à sa fille, était i la première affaire de sa vie ».
« Cette femme, a dit Saint-Simon, par son aisance, 6es grâces naturelles, la douceur de son esprit, en donnait par sa conversation à qui n'en avait pas, extrêmement bonne d'ailleurs, et savait extrêmement de toutes choses, sans vouloir jamais paraître savoir rien. »
Lettres.
Mme de Sévigné ne songeait pas sans doute à écrire pour la postérité; mais on conçoit que sa fille et ses amis aient conservé, avec la pensée de les publier un jour, des lettres gj riches de renseignements importants et de mérites littéraiies. Un premier recueil, très incomplet, parut en 1726. Depuis, les éditions se sont succédé toujours plus complètes et plus fidèles. Actuellement les Lettres de Mme de Sévigné remplissent quatorze volumes.
Appréciation générale. — Les mérites les plus divers du conteur, de l'historien et du moraliste se trouvent dans les lettres de Mme de Sévigné. On y voit, comme dans la meilleure des chroniques, l'esprit de la société du xvnc siècle, la cour, l'Eglise, le théâtre, la guerre. En les lisant, on assiste aux fêtes de Versailles, au procès de Fouquet, aux adieux au roi de M. de Pomponne disgracié, à la mort de Turenne, de Louvo s, de Condé, aux sermons de Bourdaloue, qui la « font frissonner ■ , à ses lectures enthousiastes de saint Augustin, de MM. de Port-
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Royal et de la Fontaine, aui ropré aotatioDi dai pièce d< ( neille , «pu la •• Iran iportenl
On .'» toul dil sur la ouplesse, la variété, la grâce, la naturel ai l'abandon dea lettraa de m,u d< b. i I Ile i ci il comme < 1 1<* parle , disait d'elle M lu de Scudi - dire le plus agréablem< ni possibK i I coui I , i toujours ii 1 1 « * rapidité entraînante. On *enl partout la rêriU ce qu'elle dit quelque pari : J'écriraie ju qu'à demain; mea pensées, ma plume, mon encre, tout vole...
Choix. — Procès de l'on, fart (i M. de Pomponna, 1-1*3 décembre 1664 i. — L'incendie [i Mm* de Grignan, 20 février 1671). Réception de Louis XIV à Chantilly (é Mmr de Grignan, 26 avril 1671). La Fenaison (à M. de Coulanges, 22 juillet 1 * > 7 1 . — Le vie et ta mort (à M"'° do Grignan, 16 mars 1673 . — Un grand teigneur [à la m< 'o lévrier 1664) Visite au Buron (à la même, 27 mai 1680). — Le
Jardin (à la même, mai 1660). — Mort <le I. norois (à M. do Cuulan juillet 1691), etc.