BOSSU ET
Jacques- Bénigne Bossuet, né à Dijon, d'une famille de magistrats, commença ses études chez les jésuites, et les acheva au collège de Navarre, à Paris. Il manifesta de bonne heure son génie et ses talents oratoires; à seize ans, il émerveillait les beaux esprits de l'hôtel de Rambouillet par une improvisation sur un texte proposé; à vingt et un ans, il soutenait avec le plus grand éclat sa thèse de théologie , et quatre ans plus tard il recevait le grade de docteur. Ordonné prêtre la même année, et déjà pourvu d'un canonicat à la cathédrale de Metz, il se rendit aussitôt dans cette ville pour satisfaire aux obligations de sa charge. Là il se remit à l'étude de l'Écriture sainte, établit des conférences, et publia son premier ouvrage, la Réfutation du catéchisme de Paul Fervi (1655), ministre protestant. Il parut , en 1660, dans les églises de la capitale, et s'y rendit célèbre par ses sermons, notamment par le Carême de 1661 , qu'il prêcha devant la cour. A partir de 1669, il fut successivement évêque de Condom (1669-1670), précepteur du Dauphin ; 1670-1680). évêque de Meaux (1681-1704).
Bossuet conserva jusqu'à son dernier jour la vigueur de son incomparable intelligence. « Chaque nuit, dit son historien, le
162 précis d'histoire LITT&RAIR!
cardinal de Bausset, ce vieillard do soixante-dix am interrom pait son bo rame il et donnait de longues heures à ses grands travaux: on eut dit qu'il attendait l'éternité [mur se reposer. Il mouiut comme il avail vécu, avec grandeur et simplicité, les
yeux tournés vers !<■ Dieu qu'il avait servi, i
Œuvres. — Bossuet a composé de nombreux ouvrages dans tous les genres: le Discours sur l'Histoire universelle (1681), — le Traitéde la Connaissance de Dieu et de soi-même, — la Politique tirée de l'Écriture sainte, — \& Logique t — V Exposition de la foi catholique (1671), — V Histoire des Variations des sectes protestantes (1690), — les Méditations sur l'Évangile, — des Oraisons funèbres, — des panégyriques de suints, — des 8 mons, — des lettres, etc. Les quatre premiers de ces ouvrages furent écrits pour l'éducation du Dauphin, fils de Louis XIV.
Jugements sur Bossuet. — Un homme s'est rencontré « d'un génie vaste et heureux, d'une candeur qui caractérise toujours les grandes âmes et les esprits du premier ordre, l'ornement de l'épiscopat, et dont le clergé de France se fera honneur dans tous les siècles, un évêque au milieu de la cour, l'homme de tous les talents et de toutes les sciences, le docteur de toutes les Églises, la terreur de toutes les sectf s, le père du xvn« siècle, et à qui il n'a manqué que d'être né dans les premiers temps pour avoir été la lumière des conciles, l'âme des Pères assemblés, dicté des canons et présidé à Nicée et à Ephèse ». iMassillon.) Cet homme, c'est Bossuet.
« Bossuet n'est- il pas supérieur même à ce grand siècle qui l'emporte sur tous les autres siècles? La philosophie, la théologie, l'histoire, l'élojuence, l'ascétisme, il a ti ut marqué de l'empreinte de son génie, et notre langue n'a rien qui soit à la fois plus tendre, plus exquis et plus fier. » (M£r Besson.)
« Que dirons -nous de Bossuet comme orateur? A qui le comparerons-nous? Et quels discours de Cicéron et de Démosthène ne s'éclipsent point devant ses oraisons funèbres?... Trois choses se succèdent continuellement dans les discours de Bossuet : le trait de génie ou l'éloquence; la citation si bien fondue avec le texte, qu'elle ne fait plus qu'un avec lui; eiifin la réflexion ou le coup d'œil sur les causes de l'événement rapporté. »
(Chateaubriand.)
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Discours sur llllatofre universelle ( h*»hi ).
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monstration , par l'histoire, de l'action <!<• Dieu m l<- moi il m divise en trois parties : les apoquei . ou lu
la Suiir de i" religion el la Suite deé >>>>, m
Résuma. - Iro Partis. Suifs rfss temps. La premi partie résume l'histoire du monde, depuis la création jusqu'au commencement du règne <!<■ Charlemagne. Elle en douze époques: lQ Adam, ou la Création; , on le D<
luge; 3° Abraham, ou l'Alliance de Dieu a?ec les bomm !• Moïse, ou la Loi écrite; B* la Prise de Troie; *>" Salomon, on la Fondation du Temple; 7° Romulus, ou la Fondation de Rome; 8e Cjtub, ou la Fin de la captivité toipion, ou Car-
thage vaincue; 10° la Naissance de Jésus- Christ; 11° Constantin, ou la Paix de l'Église; 1*2° Charlemagne. ou le NÔUTOl empire d'Occident.
11° Partie. — Suite de la religion. La seconde partie renferme l'histoire de la religion depuis Adam jusqu'à rétablissement de l'Église. On y voit Darius, Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée, Ilérode, agir sans le savoir pour le triomphe de l'Évangile, « la vérité toujours victorieuse; les hérésies renversées; l'Église, fondée sur la pierre, les abattre par le seul poids d'une autorité si bien établie, et s'affermir avec le temps f. »
IIP' Partie. — Suite des empires. Dans la troisième partit*. Bossuet recherche les causes qui ont amené l'agrandissement, puis la chute des empires. 11 passe successivement en revue les Égyptiens, les Assyriens, les Mèdes, les Perses, les Crées, Alexandre, les Romains. Il étudie le caractère, les lois, les mœurs et les institutions des peuples, compare Athènes et Lacédémone, Rome et Carthage, et conclut qu'il faut tout rapporter à une Providence.
Jugements. — « Le Discours sur l'Histoire universelle est la véritable épopée des temps modernes, celle dont Dieu est le
i Bossuet, Lettre à Innocent XII.
poète, el l'humanité le héros. A ce magnifique récit, rien De manqu»' des splendeurs de l'antique épopée : l'unité d'action, la grandeur d'intérêt, l'intervention merveilleuse d'une main divine, un langage rapide, êtincelant, sublime, tout s'y trouve. Les siècles Be pressent, se coordonnent dans ce vaste ensemble; les trônes et les empires tombent avec un fracas effroyable les uns sur les autres, et, au milieu de cette mobilité des institutions humaines, se dresse l'Empire du Fils <l<- l'homme, empire auquel seul l'éternité est promise... Ce sont les fastes du genre humain aperçus du haut du Sinaï. » ( J. Demogeot.)
« Quelle admirable revue Bossuet fait de tous les peuples! dit Saint- Marc Girardin, comme ils viennent tour à tour devant lui témoigner de leur faiblesse et avouer que Dieu seul est grand ! C'est en vain qu'ils veulent s'arrêter et faire halte. Marche! marche! dit- il à l'Egypte, et le trône majestueux des Pharaons, et ce sacerdoce imposant, et ce peuple grave et sérieux, passe et disparaît bientôt. Marche! marche! dit-il à la Grèce, et ces républiques turbulentes , cette nation de poètes et d'orateurs , avec tous ses chefs-d'œuvre et ses trophées, va se perdre dans le gouffre de la puissance romaine. Marche! marche! dit- il à Rome elle-même, et ce peuple invincible, qui sert d'instrument aux desseins de Dieu, sera à son tour effacé de la terre, qu'il n'aura conquise que pour Jésus- Christ. Ainsi Dieu est partout : il change et renouvelle à son gré la figure du monde; et, à la voix de Bossuet, l'antiquité semble se réveiller du tombeau pour s'entendre révéler ce Dieu inconnu qui présidait à ses destinées, et qui est le seul qu'elle n'ait point adoré. »
Il est regrettable que Bossuet n'ait pas eu le temps de compléter ce chef-d'œuvre par l'histoire des événements qui ont suivi Charlemagne.
Passages remarquables. — Origine de la civilisation; la loi de Moïse; le temple de Salomon ; les Grecs; Alexandre; les Romains; causes de leur grandeur, etc.
Oraisons funèbres.
Comme orateur, Bossuet a surtout excellé dans l'oraison funèbre, où il reste inimitable. Il en a prononcé onze. Les plus importantes sont : les oraisons funèbres de Henriette de France,
PR08A1 1 i A "• t\ il' M | 168
reine d'Àngleterr* 1669 , de UenrietU I du
chesss d'Orléans ( 1670 ) , d<- Mari raine de Fi
1683), — d'Anne de Gonzague, prince e palatine 1683 , — de Michel le Tsllier, chancelier de France 1686 , et d Condè (1687).
« Dans la chaire chrétienne, l'oraison funèbre tienl beaucoup du Bermoo , et doit être, comme lui, fondée sur une do trine céleste, qui ne connaît de vraiment bon, de n'aiment grand, que ce qui est sanctifié par la grâce et qui foudroie toute grandeurs du temps «'«ver, le seul mot d'éternité. II en resuite pour l'orateur un double devoir; il faut que, pour rempli] sujet, il exalte magnifiquement ce que fut son héros, selon le monde, et que, pour remplir son ministère, il termine tout héroïsme au néant, selon la religion , si la piété ou la pénitence ne l'a pas consacré devant Dieu. » ( Makmontel.)
C'est ce qu'a fait Bossuet : « Il a raconté les faits ou jugé lee acteurs avec une franchise aussi ferme que décente. Voilà ce qu'attestent les passes périlleuses qu'il sut en mainte rencontre franchir sans faiblesse. Quant au souci de convertir les âmes, il éclate dans toutes les parties de son discours, mais surtout en ses péroraisons, où sa charité fait, pour ainsi dire, des sommations incessantes à ces auditeurs profanes qu'il veut ramener au pied de la Croix, confondus et repentants. »
(G. Merlet.j
Oraison funèbre de Henriette de France (1669) '.
Résumé. — Exorde. L'exorde : « Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires..., * est le développement de cette pensée que Dieu instruit les rois par la bonne et par la mauvaise fortune.
Le discours se divise en deux parties :
Ire Partie. — Grandeurs de Henriette. Sa bienfaisance dans la prospérité. La reine d'Angleterre était grande par sa naissance, son alliance et ses qualités personnelles. Elle consacra
1 Henriette -Marie de France, fille de Henri IV et de Marie de Médicis, avait
épousé Charles 1er, roi d'Angleterre, en 1625. Proscrite par la révolution qui
conduisit à Téchafaud le roi son mari (1649), elle mourut à Colombes, près de Paris , en 1669.
166 l'Iil'.CIS l/llISTOlIŒ LITTLRA1HE
son crédit, sa foi, son patriotisme, au bien de ses sujets, de l'Église et de la France.
Il'" PARTIE. — Malheurs de Henriette. Sa constance dans l'adversité. Causes de la révolution d'Angleterre : l'hérésie ( t
Bectes unies par Cromwell (portrait du protecteur). Négociations de la reine, ses voyages, son courage dans la lutte, Fa résignation dans le malheur, son détachement.
Péroraison. — Ses disgrâces font maintenant sa félicité; elle reroit la récompense promise à ceux qui pleurent.
Appréciation. — « Bossuet a montré dans l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre jusqu'où la pensée et la parole de l'homme peuvent s'élever, sans qu'il leur soit peut-être jamais donné de monter plus haut. Ce discours offre l'histoire dans toute sa grandeur et sa majesté; il réunit les plus haute> leçons de la religion et de la politique au récit des plus grandes catastrophes qui avaient jusqu'alors épouvanté l'imagination des hommes. 11 a été le sujet de la méditation profonde des hommes religieux et des hommes d'État. Jamais l'a liance de la religion et de la politique, le danger des innovât. ons religieuses et les terribles conséquences des maximes anarehiques n'avaient été présentés sous des caractères plus frappants. »
(De Bausset.j
Passages remarquables. — Lexorde; le portrait de Cromwell ; la description des voyages de la reine.
Oraison funèbre de Henriette d'Angleterre (1670) '.
Résumé. — Exorde. Bossuet entre brusquement dans le sujet : « J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre... » Il rappelle deux souvenirs touchants et tristes: l'oraison funèbre de la mère, prononcée il y a dix mois devanl la fille alors si attentive. — Vanité des vanités , tout n'est que vanité.
Le discours se divise en deux parties : Tout est vain en l'homme, si nous regardons le cours de la vie mortelle; tout est grand, si nous regardons le terme où elle aboulit.
* Henriette -Anne d'Angleterre était fille de Charles I««- et de la précédente; elle épousa, en 1661, Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV. A peine de retour d'une négociation importante auprès de Charles II, son frère, elle mourut subite ment à Saint-Cloud, en 1670, à l'âge de vingt-six ans.
PRO ITIi R DU KVfl M I i i. 161
[m Partii. — Néant de l'homme du côté de la tet preuve, l'exemple de cette pi Ince e, qui ri k
distinction! , naissance, alliance, qualiU de \\ pril el cœur.., La moi I , une m -i i sou laine . lui s tout i
Il Partis, Grandeur de Vhommedu <■,)/, \ ,il( ciel. L'homme est, grand par son <'//" «i par les dons <i<- la grâce, L'âm< grande parce que, venant <i«' Dieu, elle doit retourne] I Dieu.
La princesse a reçu I' B deUI : la
foi et la persévérance finale. Qu'importe que* le tempe ail court? Elle a remporté la rictoire suprême; elle est morte dane l'amitié du Seigneur.
Péroraison. — Bile résume i«' discoure : méprisons les faveurs ilu inonde, résignons - nOUS à la volonté de Dieu, et faisons
pénileii.
ApiRiiciATiON. — « Bossuet avait fait parler son génie dans l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, il laissa parler son âme tout entière dans celle de la princesse sa fille. Cette 01 aison funèbre seule prouve qu'il n'était point aussi étranger qu'on pourrait le croire à ces douces allections de l'a me, à ce laigage du cœur, à ces expressions sensibles dont le charme est toujours si puissant, parce qu'elles sont la voix de la natuje gémissant sur les malheurs de la condition humaine. On cro rail entendre Fénelon... Mais, au milieu de ces épanchements d'une âme pleine de sa douleur, on reconnaît Bossuet à ces traits fiers et hardis, à ces pensées justes et profondes, qui sont le véritable caractère de son génie. » (De Bausset.)
Passages remarquables. — L'exorde; le récit de la mort de Madame; la piété de la princesse à ses derniers moments.
Oraison funèbre du prince de Condé (1687) l.
Résumé. — Exorde. L'exorde : — « Au moment que j'ouvre la bouche pour célébrer la gloire immortelle de Louis de Boui-
i Louis de Bourbon, prince de Condé, né à Paris, en 1621 , fut nommé général à vingt-deux ans (1643), et défit successivement les Espagnols à Rocroy, les Impériaux à Fribourg, à Nordlingen et à Lens (1648). Apres la mort de lureooe 1075 ) , il se retira a Chantilly (Oise), où il accueillit souvent les illustrations
168 préi is d'histoire littéraire
bon, prince de Condé. je me sens égalemenl confondu... i — est grave et imposant. L'orateur s'effraye de la grandeur du sujet el de l'inutilité de la Louange, qui ■ languit auprès des grands noms ».
L<- discours se divise en deux parties . ce qui fait le h ne serait qu'illusion, si la piété n'y était jointe.
I"' Partie. — Le //<:r<>s. Qualités de l'esprit et du cœur du prince. Condé avait toutes les qualités qui font les héros : valeur précoce, modestie, générosité, dévouement, bonté, activité , audace, prévoyance, inspiration soudaine. Mais ces qualités ne sont rien sans la piété, qui est le tout de l'homme.
IIe Partie. — Le chrétien. Piété du prince. A ces qualités naturelles, Condé joignait la piété qui fait le chrétien, et les vertus que Jésus -Christ louera au dernier jour : charité, bon exemple, justice, miséricorde. Sa foi se montra surtout à l'approche de la mort.
Péroraison. — Dans cette péroraison fameuse qui commence ainsi : « Venez, peuples, venez maintenant... » l'orateur invite les peuples, les princes, les guerriers, à venir autour du monument funèbre pour s'instruire , pleurer et prier. Il y viendra lui-même apprendre à bien mourir, car « ses cheveux blancs l'avertissent qu'il doit bientôt aller rendre compte à Dieu de son ministère ».
Appréciation. — Bossuet fut tellement inspiré par l'amitié qui Punissait au prince de Condé, que cette oraison funèbre est regardée comme le chef-d'œuvre du genre. « Il s'anime d'un enthousiasme guerrier pour suivre son héros aux plaines de Fribourg et de Hocroy; il raconte la guerre avec la précision d'un vieux capitaine, il semble s'enivrer un instant de l'odeur de la poudre et de la fumée de la gloire; mais c'est pour l'immoler à son Dieu qu'il pare la victime. C'est ici surtout quVclate dans toute sa sublimité le contraste des grandeurs éphémères de ce monde avec la grandeur éternelle. C'est ici que s'épanche avec un charme pénétrant la tendresse d'àme de
du siècle : Bossuet, Fénelon, Corneille, Racine, Boileau, Molière, la Bruyère' Mabillon, etc. Il mourut en 1686, avec le courage d'un héros et le calme d'un chrétien.
i uel , quand » à la uit des peupl* en d< uil d(
mt , mais aujourd'hui ol douh mme d'un voile . il i a\ am'u lui - u
c i>/dths <jui l'avertissent <!•• sa fln pr<x haine lea / d'une voix qui tombe dira un dernier ad
cendres de son illustre ami. J . I »» mooi ot.
iv lgi liKMAKni .Mi! i . Le récit de la bataille le
parallèle de rurenne et <i<- I londé ; le ; ion.
Sermons.
De graves défauts s'étaient glissés jusque-là dan- la cLa chrétienne, notamment L'abus de la forme Byllogistique et let trivialités de langage inventées par le pédantisme et le bel
esprit: « La chaire, a dit Massillon, semblait disputer ou de bouffonnerie avec le théâtre, ou de Bécheresse avec l'école. Bossuet paraît, et, sans guide et sans modèle, il atteint la limite de la perfection.
Les sermons de Bossuet sont divisés en trois groupes. Il y a les sermons de Metz (1652-1659), les sermons de Paris | 1» 1669) -et les sermons de Meaux ^16^5-1704). Les premiers ne sont que des ébauches encore imparfaites, mais où Ton trouve des morceaux qui font pressentir un grand orateur. Les seconds comprennent huit stations d'Avent et de Carême. Ici Bossuet dépasse tout : « ses discours sont conduits avec une vigueur irrésistible de raisonnement et écrits avec une force et un éclat de style qui nous subjugue et nous entraîne, sans que l'auteur semble prendre le moindre souci de l'harmonie de sa phrase, ni môme de la régularité de la construction. » (Aug. Noël.) Les troisièmes ne sont pas moins achevés et parfaits. Il ne nous en reste que des fragments : Bossuet ne les écrivait pas en entier.
Appréciation générale. — « Qu'y a-t-il dans ces sermons qui puisse nous émouvoir?... La vérité sur nous-mêmes. Elle est là tout entière et sous toutes les formes : vive et familière , quand elle descend au détail particulier de notre conduite . de nos mœurs, de nos intérêts mondains; subtile et prcSfca.de, lorsqu'elle va nous chercher jusqu'au fond de nous, à travers
170 PRÉCIS D'HISTOIRE UTTÉIîAIRE
faux -fuyants de notre amour- propre-; grande et solennelle, quand elle parle en t \éraux de Dieu, de l'homme, des
s e! de 1,1 rertu, de la ?ic el de la moi t.
Choix. — Panégyriques •.—■■••
Sermons sur la JHgniU , prêche
à la demande «le saint ■ de Paul, devant une assemblée de
darnes, en faveur d'une maison de refuge, — sur la Parole de 1> prêché au Louvre pendant le carême de 1661 , — sur la Mort , \ i au Louvre pendant le carême de 1662, — sur la la reli-
gion, prêché devant la cour le deuxième dimanche de L'Ayent de 1665, — sur la J . — sur Y Homme ide , prêché aux
Minime? pendant le carême de 166S, — pour la Fête de tous les Saints (1669) , — pour le jour de Pàq\i> , — discours sur l'Unité de
l'Église, prononcé devant rassemblée générale du clergé de France ! 9 • que mille écrivains, dit J. de Maistre, nous prétentent sérieusement comme l'expression même de la consécration des quatre articles, tandis qu'il en est l'antidote. »