X FLÉCHIER
Esprit Fléchier, né à Pernes, près de Carpentras, entra dans les ordres et se rendit célèbre par des sermons, surtout par des oraisons funèbres, qui lui assurent la première place après Bossuet. Il occupa successivement les sièges de Lavaur et de Nîmes, où sa douceur et sa charité furent bénies même des prolestants.
Œuvres. — On doit à Fléchier les Oraisons funèbres de Turenne 1675^ et du duc de Montausier (1690), — VHistoire
du cardinal Ximenès, — V Histoire de rïlt<:<><h>sr h Grand, — des Mémoires el des panégyriques.
Oraison funèbre de Turenne (1075)'.
Résumé. — Exordb. — L'exorde : «Je ne puis, Messieurs, vous donner d'abord une plus haute idée... » présente, sous le nom de Machabée, le tableau du héros de ce discours, de cet homme paissant qui triomphe des ennemis de l'Etat par sa rii dur. des passions de l'âme par sa sagesse, des erreurs et des vanités du siècle par sa piété.
11V Partie. — Turenne fut : 1° Un grand capitaine. La gloire de sa naissance est effacée par celle de ses actions.
IIe Partie. — 2° Un homme sage. Ou ne peut attribuer ses victoires qu'à sa prudence, et ses défaites qu'à la fortune.
IIIe Partie. — 3° Un chrétien fervent. Son zèle pour la défense de la sainte doctrine, sa chanté, son humilité.
Appréciation. — Cette oraison funèbre est le chef-d'œuvre de Flécher. L'exorde surtout est un des morceaux les plus finis qui soient sortis de sa plume. L'endroit où il peint la mort du héros, auprès duquel « fume encore la foudre qui l'a frappé », est très pathétique et très touchant, quoique l'art y paraisse un peu trop.
L'esprit, l'élégance, la pureté, la justesse et la délicatesse des idées: une diction ornée, fleurie, cadencée : telles sont les qualités dominantes de Fléchier. Mais il prodigue l'anlithèse, l'harmonie mécanique, les tournures ingénieuses, et c'est là son défaut.
M«w DE MAIN TENON (1635-1719)
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, née à Niort, était fille d'un gentilhomme huguenot et petite -fille d'Agrippa d'Aubigné. Elle « partage avec Mme de Se vigne le privilège
i Turenne, né à Sedan (1011 ), d'une famille protestante, devint maréchal de France, s'illustra parla campagne des Pays-Bas et la défense de l'Alsace. 11 fut tué à Salzbach, en 1075. Converti à la religion catholique par Bossuet, il avait abjure le protestantisme depuis 1668.
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i»i étendu ii la réputation d'auteur.
Noua ne raconterons point la m- de cette femme IUutl qui naquit dana une prison, occupa pre que un trône el mourut (huis un cloître (à Saint- Cyr). Noua dirona feulement que, dans toutes les Bituationa où elle •' trouva, elle m preuve d'un caractère Bupôrieur aui événements, el que la piété la plu Bincére fui toujours la régie de sa conduite. La fondatrice de Saint- Cyr (1685) est une dea gloires de la France et de sexe. Une chose suffirai! seul.- pour recommander sa mémoire : sans l'ascendant qu'elle exerça sur Racine, nous n'aurions jamais eu ni Estherm Athalie, (Vallery-Radot,
Œuvres. — M1"'' de Maintenon a laissé «les lettres el des Entretiens sur l'éducation, — des Conseils aux jeunes filles, etc.
Appréciation générale. — Les Lettres de Mm0 de Maintenon
se distinguent par la clarté, la précision et le bon sens. Napoléon les préférait à celles de Mme de Sévigné , « parce qu'elles disent plus de choses. » Mmo de Maintenon dit en effet plus de choses, mais avec moins de charme que Mme de Sévigné. Ce n'est point la vivacité de l'esprit, la mobilité de l'imagination, qui dominent chez elle ; c'est la rectitude du jugement, c'est la raison. Aussi quelle justesse dans la pensée et dans l'expression! quelle sagesse persuasive dans tout ce qu'elle a écrit!
Choix. — A Mme de Glapwn : « Vous ne serez jamais contente... » (1702); — à MUe d'Aubigné , sa nièce : « Je vous aime trop... •;
— à Mm* Veilhan : « Ignorez- vous... » (1692); — à Mme de Canins : « Vous me parlez pour le gouvernement... » (1705); — à Mm° la duchesse de Bourgogne : « La crainte de Dieu... »; — à Mm* de Dangeau : « J'aime fort... » (1709); — à M. d'Aubigné, son frère: « On n'est malheureux que par sa faute... » (1676); — à M, le duc de Noailles : « J'ai à répondre à deux lettres... » (1706);
— à M. l'abbé Gobelin : « Il est vrai que j'ai peu de loisir... » (1686).