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AUTRES PROSATEURS DU XYIII* SIECLE

Charles Rollin (1661 -17 il), né à Paris, professeur d'éloquence, recleur de l'Université. 11 écrivit dans sa vieillesse un excellent Traité des études , une Histoire ancienne et une Histoire romaine. — On Ta surnommé l'Abeille de la France, « sans doute, dit M. Gérusez, à cause du miel qui découlait des lèvres de ce vieillard vénéré. »

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Henri- François d'àguesseau (1668 1751), né à Limoges, savant jurisconsulte, surnommé le Massillon du barreau. D judi-

ciaires, tes Mercurialei tructions à set enfants, sont remar-

quables par l'élégance et la pureté du style, non exempt toutefois d'une certaine affectation.

Y Jàcqi es Bridainr (1701-1767), né à Chusclan, près d'Uzès, célèbre missionnaire, donl la parole retentit dans presque toute la France. La véhémence <l<x ^<vs improvisations et le talent de captiver l'attention furent se* qualités principales. On connaît Texorde de son sermon sur VÉternité: « A la vue d'un auditoire si nouveau..., » qu'il prononça à ^aint-Sulpice, en 17.">1.

Chaut. es Duclos (1704-1772), né a Dinan, en Bretagne, moraliste et historiographe de France, auteur d'une Histoire de Louis XI, de Mémoires sur les règnes de Louis XIV et de Louis XV, et des Considérations sur les mœurs du xvnr siècle. — Cet ami de J.-J. Rousseau ne fut pas toujours impartial dans ses jugements ni toujours juste envers les papes, les évoques et les personnages célèbres dont il parle dans ses écrits.

4 Charles le Batteux (1713-1780), né près de Vouziers, chanoine de Reims, professeur de littérature grecque et latine au collège de France, a publié de nombreux ouvrages. Les principaux sont : les Quatre poétiques (d'Aristote, Horace, Vida et Boileau), et les Principes de littérature.

Denis Diderot (1713-1784), né à Langres, a laissé de nombreux opuscules sur toutes sortes de sujets : un Essai sur le mérite et la vertu, des drames, une Correspondance littéraire, des théories sur l'art dramatique, des romans immoraux, les Pensées philosophiques, où il prêche l'athéisme, etc. C'est un des principaux rédacteurs de Y Encyclopédie. (Voy. plus loin, p. 22o.)

*A- L'abbé Barthélémy (1716-1795), né en Provence, archéologue, numismate et littérateur distingué. 11 a composé de nombreux Mémoires et le Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, ouvrage de

grande érudition, qui fit à l'auteur une réputation européenne, mais qui garde la trace des doctrines philosophiques du temps.

L'abbé Antoine Guénbb (1717-1803), né à Étampes, professeur de

rhétorique au collège du Plessis et chanoine d'Amiens, lut le plus habile adversaire de Voltaire, dont il relève toutes les erreurs dans un ouvrage célèbre qui a pour titre : Lettres de quelques Juifs (17G9). « Le secrétaire des juifs, disait Voltaire, n'est pas sans esprit et sans connaissance; mais il est malin comme un singe: il mord jusqu'au sang en faisant semblant de baiser la main. »

Lamoignon de Malesherbes (1721-1794), né à Paris, homme d'État et l'un des défenseurs de Louis XVI , auteur des Remontrances à Louis XV et de Mémoires pour Louis XVI. — La postérité Ta justement surnommé le Vertueux.

Jean-François Marmontel (1723* 1799) , né à Bort, en Limousin, littérateur et auteur dramatique. Ses principaux écrits sont : le roman des Incas ou la Destruction de l'empire du Pérou, les Éléments de littérature, recueil des divers articles qu'il avait fournis à l'Encyclopédie, et ses Mémoires. Toutes ses productions sont empreintes d'un levain de philosophisme qui en ternit le mérite. — 11 revint à de meilleurs sentiments sur la fin de sa vie, et défendit avec éloquence les saines doctrines à la tribune du conseil des Anciens, dont il faisait partie.

^ Augustin de Beaumarchais (1732-1799), né à Paris, publiciste et auteur dramatique. Il a laissé de nombreux Mémoires et deux pièces : le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro, comédies satiriques des abus et des travers de l'époque, et dans lesquelles la verve se môle au cynisme et à la bouffonnerie : « 11 y a, disait -il lui-même, quelque chose de plus fou que ma pièce, c'est son succès. »

Antoine- Léonard Thomas (1732-1785), né à Clermont-Ferrand, littérateur et critique, se fit connaître, en 1759, par son poème de Jumonville, qui eut du succès; mais sa réputation lui vient de ses éloges : Eloges du maréchal de Saxe (1759), de d'Aguesseau (1760), de Duguay-Trouin (1761), de Sully (1763), de Descartes (1765), de Marc-Aurèle (1770), et d'un Essai sur les éloges M773). — Thomas était un écrivain de talent et d'une grande noblesse de sentiments. Son style est majestueux, mais peu flexible et quelquefois boursouflé.

/^ Bernardin de Saint -Pierre (1737-1814), né au Havre, eut, comme l'auteur d'Emile, une existence rêveuse et vagabonde. Il entreprit, jeune encore, de longs voyages à travers le monde, à la Martinique, en Allemagne, en Russie, à l'Ile- de- France, cherchant partout la réalisation de projets chimériques de philanthropie, et reportant finalement sur la nature l'amour qu'il croyait devoir refuser

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d'abord jeté dam la philo ophie voltairianne at avait applaudi débuta de la révolution. PIub tard, il défendit I no rel

el lui emprisonné, en 1704, pour boa opiniona antirévolutionnai 11 a laissé quelques tragédies, Warwich I lan, qui eurent des Buccès variés; lea Eloges de Racine, de Pénelon el de Câlinât, qui furent couronnés par L'Académie; de belles Ei saints el le Cours de littérature, en seize volumes.

La partie du Cours de littérature qui traite des anciens esl incomplète; le moyen Age esl étudié trop superficiellement, le vrw bj laisse pou à désirer; les pièces de Racine sont bien jugées; il n'en est pas de même de toutes celles de Corneille ni de Molière, ni des œuvres en prose; le xvin* siècle manque d'impartialité, i En général, la Harpe fait mieux l'analyse du détail que la synthèse littéraire; il ne s'élève pas à ces vues générales et ingénieuses où excellent plusieurs de nos critiques actuels. 11 ne faut pourtant pas trop dédaigner son Cours de littérature, ouvrage bien écrit, qu'il y a encore profit a lire aujourd'hui. » wrgeault.)

Louis Geoffroy (1743-1814), né à Rennes, célèbre critique et publiciste, rédacteur de Y Année littéraire (1776-1782) et de l'Ami du roi. Ses analyses des pièces de théâtre furent réunies après sa mort sous le titre de Cours de littérature dramatique.

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