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LES ORATEURS DE LA REVOLUTION

Cette époque d'agitation, de troubles et de déchirements, qu'on appelle la Révolution française, n'était point favorable à la culture des lettres. Au moment où la vieille société, prête à s'écrouler, tremblait sur ses bases, où la passion politique, comme une sorte de fièvre, s'était emparée de toutes les âmes, quelle place pouvait rester pour les travaux de l'esprit? La philosophie, les sciences, l'histoire, la poésie même, étaient devenues des armes. Le besoin de l'action entraînait tous les esprits : il s'agissait d'attaquer ou de se défendre, d'éviter l'échafaud pour soi-même ou d'y pousser ses ennemis. On voit reparaître alors cette éloquence, autrefois connue sur les places publiques de Rome ou d'Athènes, et qui n'avait pas trouvé moyen de s'exercer dans une société réglée par des lois incontestées, soumise à l'autorité d'un gouvernement régulier et durable. Elle se manifeste sous deux formes principales : le discours dans les assemblées politiques et les journaux. Les

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grands prosateurs de la Révolution ont le orateui journalistes. Ils on! ans doute peu

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qu'il «mi reproduit la nature el !«•. mouvement, il ardre pai que, smu;. l'empire des circonstance i si l'influence de la passion, 1.» parole s'élêvi hauteurs qui rappellent les iou?<

beaui monument - de l'antiquité.

Quant an Fond des i>i<Vs, aujourd'hui que l'éloignement de celte époque terrible nous permet de la juger a. roid,

nous reconnaissons qu'elles le toutes dans le

cercle Iracé par les développements philosophiques des auteurs de r Encyclopédie, Les théories de Voltaire <it de Rousseau lui l'autorité absolue de la raison, la liberté de la pensée, l'affranchissement de tout lien religieux, la souveraineté du peuple, les droits de l'humanité, une sorte de culte de la nature substitué à la morale fondée sur les espérances d'une vie future : tel est l'aliment éternel des déclamations, plus ou moins éloquentes, qui retentissent à la tribune ou dans les feuilles publiques...

Tous les partis qui divisent, ou plutôt déchirent la patrie à cette époque , comptent des personnalités illustres. Chez tous nous avons à signaler la puissance, la force ou la violence dans la pensée, mais l'absence presque complète du style, c'est-à-dire de ce mérite qui seul peut rendre les oeuvres durables. Ils ont agi par la parole, cela est vrai; quelques-uns des résultats de leurs discours leur ont survécu, mais les discours eux-mêmes ont péri. Ils ont laissé pour l'histoire littéraire des noms, mais point de monuments !.

A la tète des orateurs de la révolution il faut placer Mirabeau, Maury, de Sèze et Vergniaud.

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