V. DOMITIEN
[Titus Flavianus Domitianus.)
Domitien fut un Néron par sa passion pour les spectacles et les jeux de toute espèce; mais, à choisir entre eux , Ton préférerait encore le fils d'Agrippine; car s'il y a égalité entre eux pour la cruauté , Néron l'emporte au moins sur Domitien par quelque chose de brillant, de généreux même quelquefois. Néron fut l'idole du petit peuple; mais Domitien 9 avec sa cruauté sombre et soupçonneuse, se fit exécrer de tous, même de la populace. » Y a-t-il quelqu'un avec l'empereur? » demandait-on un jour ; « Pas même une mouche, » répondit une personne présente. En effet, lorsqu'il était seul dans son cabinet , il n'avait d'autre occupation que de percer des mouches avec un poinçon.
Sous ce prince, les délateurs, les jugements de majesté , les confiscations , reparurent : c'était un moyen de remédier à l'épuisement du trésor; car, pour fonder son despotisme sur la force militaire, il avait augmenté d'un quart la solde de ses sqldats. Par lui le sénat fut avili ; tout ce qu'il y avait de grand dans l'empire , persécuté ; tout ce qui attirait les yeux de la foule, condamné. Ainsi Agrippa, le beau-père de l'historien Tacite, qui s'était illustré par ses exploits dans la Grande-Bretagne , fut empoisonné par ses ordres. Les exécutions qu'il ordonna furent si nombreuses, qu'il défendit d'en tenir registre. Un complot, formé dans l'intérieur même du palais impérial , mit fin