‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 108 sur 157 · ADRIEN · texte numérisé non relu

ADRIEN

ibres qu'ils y entraînaient de vive force pour les faire travailler, furent fermées par Adrien.

Presque tout le règne de ce prince se passa à visiter 'empire ; il commença par la Gaule, s'instruisant sur son passage de l'état des villes, des provinces, et examinant a conduite des gouverneurs /qu'il punissait sévèrement |uand des plaintes élevées contre eux se trouvaient foulées. H visita aussi les frontières de la Germanie , et rétablit la discipline parmi les troupes. Il passa même dans la Errande-Bretagne , où il construisit une muraille de trente lieues de long pour fermer l'entrée de la province aux Pietés et aux Scots. A son retour en Gaule , il fit bâtir à Nîmes, en l'honneur de Plotine, un palais magnifique qui n'existe plus ; mais on lui attribue la construction de l'amphithéâtre aujourd'hui nommé les Arènes de Nîmes, la plus belle ruine que les Romains aient laissée dans les Gaules. L'e pont du Gard, si célèbre dans le midi, est aussi regardé comme un monument d'Adrien. De là il passa en Espagne , puis en Mauritanie, d'où il s'embarqua pour sa chère ville d'Athènes. Il visita ensuite la Syrie , où il eut , dit-on, une entrevue avec Gosroès , dont il entretenait les intentions pacifiques. Il parcourut l'une après l'autre les provinces de l'Asie Mineure, les îles de la mer Egée; à son retour à Athènes, il se fit initier aux mystères d'Eleusis, qu'il transporta ensuite à Rome (125 après J. G.); puis il passa en Sicile, et, après être monté jusqu'au cratère de l'Etna, il revint dans la capitale de rem pire.

L'an 129, il recommença ses voyages par l'Afrique , où il fit beaucoup de bien , parut une seconde fois dans l'Orient , afin de régler les affaires de l'empire avec les royaumes voisins, visita la Palestine, l'Arabie, l'Egypte, où il perdit Antinous qui se noya dans le Nil , peut-être , dit-on, afin de prolonger là vie de l'empereur par le sacrifice volontaire de la sienne. Mais les moqueries des Alexandriens le chassèrent, et il les quitta pour Athènes, sa ville de prédilection, à laquelle il donna l'île de Géphalonie, et où il youlut bien consentir à remplir la charge d'archonte. Il

semble, dit un historien, avoir fait d'Athènes une ville

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nouvelle, et un quartier tout entier portait son nom.

Les derniers temps du règne de ce prince furent, comme les commencements, attristés par des meurtres. Ainsi plusieurs personnages illustres furent mis à mort , comme accusés d'une conspiration contre lui. Après avoir d'abord adopté iElius Verus, qui périt victime de ses débauches, il adopta Titus Àntoninus, à condition qu'il adopterait à son tour Àurelius Verus et Lucius Verus. L'an 135, Adrien mourut à Borne d'une maladie de langueur, âgé de soixantetrois ans. Il fut haï du sénat, pour lequel il n'avait eu aucune considération , et qu'il avait privé de tout pouvoir, en transportant dans ses voyages le siège du gouvernement partout où il se trouvait lui-même ; mais il fut aimé dans les provinces, où il avait réprimé les rapines des gouverneurs et régularisé l'administration.

« Le règne pacifique d'Adrien fut troublé par une nouvelle révolte des Juifs. Adrien ayant bâti une ville sur les ruines de Jérusalem, voulut y construire un temple en l'honneur de Jupiter. Ce sacrilège poussa les Juifs à la révolte. L'an 134, ils prirent pour chef un aventurier nommé Barcocab, qui se donna pour le Messie, et qui, comme Eunus, le roi des esclaves, s'était fait reconnaître un pouvoir surnaturel , en soufflant dés flammes de sa bouche , au moyen d'étoupes allumées. Cette révolte leur coûta encore cinq cent quatre- vingt mille hommes; l'entrée de Jérusalem , devenue dès lors une colonie sous le nom û'MUa Capitolina, leur fut interdite , et c'est à compter de cette époque qu'ils commencèrent à se disperser dans le monde.

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