‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 117 sur 157 · III. GORDIEN III · texte numérisé non relu

III. GORDIEN III

(M. Antoninus Gordianus.) 238 — 244.

Gordien III était bien jeune encore quand il parvint au trône. On avait confié son enfance aux eunuques introduits à Rome depuis Élagabal, mais il sut s'en affranchir de bonne heure. Tout l'empire le reconnut avec enthousiasme : ses heureuses qualités , ses vertus , le rendaient cher aux hommes de bien ; l'éclat de sa naissance , au sénat ; et Par- • mée, qui l'avait pris dès son bas âge sous sa tutelle, avait pour lui un vif attachement. Le jeune Gordien épousa la fille de Misithée , son professeur d'éloquence, qu'il éleva lui-même au rang de premier ministre. C'était un homme de grands talents et du caractère le plus honorable; ses conseils dirigèrent le jeune prince, et tous les peuples bénirent cet heureux accord. Nommé préfet du prétoire, Misithée s'occupait de l'administration avec un zèle et un succès étonnant ; rien n'échappait à sa vaste capacité , et l'armée sentit le bienfait de son habile administration, ^rtaxerxès , roi de Perse , étant mort , son fils , Sapor Ier (Snlih Foor), lui succéda. C'était un homme d'une stature gigantesque; élevé dans les cçmps, il rompit ses soldats à la discipline la plus sévère , et donna de grands encouragements à l'agriculture, qui prépare les bons soldats. Il voulait fonder une monarchie forte et puissante, et attaquer l'empire romain, çiont il sentait bien la faiblesse et

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l'abaissement depuis que des révoltes continuelles déchiraient son sein. Il pensa d'abord à lui arracher l'Orient , et se jeta sur la Syrie (340).

A cette nouvelle, Misithée, qui voulait le bonheur et la gloire de Gordien, l'encouragea à soutenir la guerre avec valeur, et à venger l'empire d'un barbare. Far ses soins l'armée se trouva bientôt prête à marcher, et Gordien rouvrit en personne le temple de Janus. Il passa par llllyrie , battit sur son chemin les Goths et lès Sarmates , reprit toutes les villes qu'avait enlevées Sapor, et le força luimême à lever le siège d'Àntioche ; il poussa même jusqu'à Ctésiphon (242).

Ce succès des armes romaines en Orient, où elles s'étaient roùiliées dans lé repos et la mollesse , valut à Gordien les honneurs du triomphe, et à Misithée le nom dé tuteur de la république.

Ce dernier mourut bientôt après , et Philippe lui succéda dans la place de préfet du prétoire. On le soupçonna , non sans raison, d'avoir empoisonné Misithée (243). Quoi qu'il en soit, la mort de ce ministre fut une perte pour l'empire et pour le sénat, car Gordien avait trouvé dans son beaupère les lumières d'un qsprit supérieur et l'affection d'un ami..

Gordien repartit bientôt après pour une nouvelle expédition contre les Perses. Philippe, qui occupait la seconde place de l'empire, ambitionnait la première. Ce Philippe était Arabe de naissance ; et , comme tous les Arabes , danssa jeunesse il avait été voleur; il vint ensuite à Rome et s'éleva peu à peu aux premières fonctions. II avait ce caractère adroit et subtil que dans un rang inférieur on appelle d'un autre nom : il y a des intrigants et des fourbes au bas de l'échelle sociale; au sommet, des politiques et des diplomates. Philippe s'était débarrassé d'un compétiteur dangereux par le poison; il pouvait en faire autant avec Gordien, mais cette mort n'assurait pas son pouvoir. Il s'y prit d'une autre manière. Il fit éloigner, au nom de Gordien, les vaisseaux qui apportaient des vivres , répandit ses afiûdés dans le camp, et se fit partout des créatures»

f&u enfin* '«omii.

Xes*o]datB,raflrBwrèrttrt/d« ladisatte ; on leur $t eUtarihe que .('«empereur était irop ;jeune pour «avoir eommaiiâer, et ils le crurent, car ils avaient faim. B'aHletirs'Ia guerre tes fatiguait , et on leur promettait r«pos<et 'largesses: Gordien fut donc anafismé, et Philippe prefliamé à sa place.

§ IV. PflMJPBE.

(fflaneus Julius PkilyppusJ

Le sénat ratifia l'élection de Philippe, et loi envoya h .titre d'Auguste, Il feignit de croire que éerdicn>étmt mort .de maladie, comme Philippe le lui avait .mandé. Le sénat jie pouvait rien contre la fonce , et il '.fallait trien se soumettre. Les vieilles idées de liberté étaient éteintes ; la popo- Jation romaine, oublieuse ou ignorante de sa première .gloire ^ ne remuait {dus ; l'Italie d'ailleurs n'avait presque pins aucun de ses anciens habitants ; elle avait été décimée jpar les guerres, par le luxe; on l'avait peuplée de colonies barbares, et sicHe se leva contre Mausom, ce M parce qu'elle était menacée île meurtres etide piRage.t£n outre le sénat n'avait plus d'autorité, plus de soldats à lai, jplujs.de «confiance dans son nom,et<eeintaflt qu'avec une idée forte qu'on triomphe. Toute cette époque est âépte- .xable, on sent l'épuisement du monde. romain, et l'on apjpeHe de tous «es vosnx.le christianisme peurtrendre lavfe *à ce grand corps qui dépeint, et régénérer l'espèce iranaine.

Philippe était empressé de revenir à^Bame pour joak .de son pouvoir : il coneiut donc la para: en cédant la Mésopotamie aux Perses. «traraenaMRoncarBÉéeteB'Syrid. Saint BAilas, évêquedAfttiiM!he,lnireftwa, dit-on, ambrée tin temple où les chrétie»* étaient réunis pwr «©préparer à la pàque qui se célébsait Je lendemq}a , et leforça de scraniger, parmi les pénitents avec rimpératriee.^Qtiel que soit le degré de canfiflnee j que mérite «e fait, il est rartate do moins que 3hiUfçe «favonsa de.d»istia&lHn»9<«t <f«e ta

cbrffiwm eurent» *ou& son règne, la p^rmissio* d'élever •des *em,pies -et d'exereer leur coite an publia

,À son arrivée, à Rome, Philippe chercha à s'attirer l'a? mitiédupeuple par sa doueeur>eJ; ses libéralités. U fit construire un canai.au .delà du Tibre., pour fournir de l'eau à tu^guartier deia ville gui en manquait,, et célébra les jeux séculaires avee la plus>giande .magnificence (247). C'étaif une belle idée que celle de cette solennité., destinée Àrapr peler le souvenir de ^fondation de Rome; aucun homme joe les voyait deux fois , et il y avait là quelque chose de Mystérieux qui devait émouvoir profondément l'âme. X ces jeux, Philippe fit paraître tous les animaux que Gordien avait rassemblés à grands frais de toutes les parties de la terre pour son triomphe sur les Perses.

Les continuelles révolutions quise succédaient dans l'empire romain , l'élection arbitraire des empereurs par l'armée, avaient rompu tous les tiens de la discipline et de l'obéissance. Chaque légion voulait avoir son-chef qui lui .prodiguât les trésors du monde» Les<es*ction& du frère de Philippe en Orient donnèrent bientôt prétexte à la révolte, et on nomma Jotapiea eiqpereur (ô*S); . en Mœsie, Marinas, unpitaine habile et du plus grauid cour qge, iut aussi projotamé par ses soldats.

A «la nouvelle de «es deux «éditions, Philippe tremblant se rendit au sénat; les sénateurs l'écoutèrent avec un muet désespoir, car ils «avaient bien «pie le pouvoir n'était plus -antre leurs maws, eiqu'ils n'avaient q*tf à accepter .les malire* que leur damaient les légions. L'un d'eux cependant *e Jeva, traita.cette révolte de chimérique et -assura quelle Jurait facilement Réprimée. Quelques jours après on apprit f«e Jotaptan et Marinus avaôsot été tués par leurs soldats. Philippe tout ému de joie, plein de respect pour «elui dont rlaprophétie s'était si bien réalisée, voulut l'envoyer pour dfeeiptiiter les troupes. Cet homme émit Eeeia*. 21 refusa d'abord cette offre, mais pressé vivement par Philippe, il J'y décida. Ce qu'il prévoyait ma» doirts arriva fcwntôt. XoiJéfions de Maasieie produaërent empereur, ne lui baissant d'autre ehafc que <la,«oa*oiiaerfHi<la<fliort. Bocias

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se laissa faire violence : peut-être avait-il intention de se soumettre à Philippe; mais une fois élevé au premier rang il lui était difficile d'en descendre; aussi en protestant par ses lettres de son dévouement à l'empereur qui l'avait envoyé pour contenir les rebelles, il s'avança vers l'Italie, comme venant témoigner en personne de sa soumission; mais cette soumission s'environnait de tout l'appareil de la guerre , et Philippe songea à recevoir convenablement ce nouveau sujet. Il rassembla de grandes forces en toute hâte et se rendit à Vérone. Là se livra un combat sanglant; Philippe fut tué, les prétoriens massacrèrent son fils à Rome, et Decius fut revêtu de la pourpre impériale.

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