‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 124 sur 157 · TACOT · texte numérisé non relu

TACOT

vêla plus. Quarante ans auparavant (238 ans après J. C), l'élévation de.Puppien et de Balbin au rang d'augustes en avait été le premier exemple. L'élévation de Tacite fut Je second et le dernier.

T '«rmée tout entière n'avait pas trempé dans le meurtre n (275) : les chefs seuls l'avaient entrepris et $* né à l'instigation du secrétaire Mnesthée; mais le Ajnsirecartne fois commis , peut-être les soldats l'approuvéaoxfrorlS et furent-ils contents de n'avoir plus à redouter un Japhtre dont la sévérité était quelquefois cruelle. Ce qu'il

a de certain, c'est qu'ils laissèrent les meurtriers impunis. Néanmoins ils sentirent bientôt que l'empire avait fait une grande perte, et que le reproche pouvait tomber e» partie sur eux. L'armée écrivit donc au sénat qu'elle ue voulait point choisir le successeur d'Aurélien parmi ceu$ qui s'étaient souillés du meurtre ou qui n'avaient pas su le prévenir, qu'elle remettait au sénat le soin de désigner pour l'empire celui de ses membres qu'il en jugerait le plus digne. Le sénat ne s'attendait pas à un pareil message, et il s'en défia : l'essai qu'il avait fait, quarante ans auparavant, en voulant nommer des empereurs, n'avait pas eu un succès propre à l'encourager ; il refusa. Dans ce moment, l'empire était tranquille, aucun ennemi ne le menaçait au dehors; l'armée n'était donc pas pressée. Ayant une fois commencé un système de déférence pour le sénat, elle voulut aller jusqu'au bout, et lui réitéra les mêmes invitations. Alors U céda ; rassuré par ces instances répétées, il crut pouvoir faire, sans crainte, une chose qu'il avait toujours si fort désirée, et enfin, après un interrègne de six mois passés, .nomma auguste un de ses membres les plus recommandables par leur âge et leur sagesse , Claudius Tacitus, qui fut ensuite reconnu par le peuple et par l'armée.

Il faut voir dans les historiens l'excès de joie que cet événement causa aux sénateurs. Tous, e» actions de grâces, immolèrent aux dieux des victimes blanches; ils écrivaient partout à leurs amis : « C'est maintenant qu'il est « beau d'être sénateur:, de faire partie de ce corps illustre,

« lorsqu'il vient de recouvrer toute son autorité, lorsque « c'est nous qui faisons les empereurs , lorsque c'est nous

« qui faisons les augustes Gomme autrefois, les pro-

« vinces reçoivent de nous leurs proconsuls; la nomina- « lion à tous les emplois est rendue au préfet de la ville1.... « Le sénat reprend son antique splendeur, l'empire re- « fleurit de nouveau. » Cette joie et ces espérances du sénat n'étaient pas sans fondement , puisqu'il avait déjà ressaisi, comme on vient de le voir, une partie de ses anciens droits. En nommant à l'empire un patricien, un sénateur, «t de plus un vieillard affaibli par l'âge, il comptait bien repreridre l'autorité, ramener l'empire à une forme plus rapprochée de l'ancienne aristocratie , et mettre peu à pea des bornes au despotisme militaire et à la puissance des empereurs. Aussi, dès le premier jour, le vit-on répondre par un refus à l'empereur, qui demandait le consulat pour son frère. Une telle audace était inouïe. Tacite ne s'en irrita point. « Le sénat, dit-il, sait bien quel empereur il a fait. » Ce mot seul indique tout. Tacite commença son règne par un acte de justice que, pour son malheur, il ne poussa pas assez loin. Il punit les meurtriers d'Àurélien , mais ne fit mettre à mort qu'une partie d'entre eux. Cette indulgence devait lui être funeste, puisque bientôt après il trouva des assassins dans ceux qu'il avait épargnés. Sous le règne trop court de Tacite, plusieurs édits fort sages furent publiés. L'influence du sénat s'y manifeste visiblement, surtout dans celui qui défend d'appeler les esclaves en témoignage contre leurs maîtres, même lorsqu'il s'agit d'une accusation de lèse-majesté. Peut-être en- <»ore , si ce n'est pas aller trop loin , pourrait-on retrouver une autre preuve de cette influence aristocratique dans les mesures prises par l'empereur pour propager et répandre l'histoire toute patricienne de Tacite, dont l'empereur se prétendait parent.

Malheureusement ce règne , d'où le sénat avait espéré Cadre dater une ère nouvelle, ne fut pas de longue durée.

a le préfet de la ville était un magistrat civil.

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À peine élevé à l'empire, Tacite fut obligé d'aller en Asie se mettre à la tête de l'armée : les Scythes ou les Goths, -venus des Palus-Méotides, s'étaient avancés en pillant jus* que dans la Gilicie. Tacite avec son frère Florian les repoussa ; mais comme il revenait en Europe, il fut tué (276) par quelques mécontents, qui, après avoir massacré un gouverneur de Syrie dont ils avaient à se plaindre, immolèrent ensuite l'empereur, qui venait de le nommer1. Tacite avait régné six mois.

On peut voir dans cette mort de l'élu du sénat une es* pèce de réaction militaire. Aussi dans le choix de son successeur, il ne fut plus question du sénat: on ne le consulta même pas. Les légions de Syrie, de Phénicie et d'Egypte,, proclamèrent empereur un guerrier , un homme qui avait passé sa vie aux armées, et qui s'était distingué dans tous les postes militaires sous Gallien, Claude et Aurelien.

C'était Aurelius Probus , alors âgé de quarante- quatre ans. Au même instant Florian, frère de Tacite, qui commandait l'armée envoyée contre les Goths, se fit reconnaître par ses troupes. Les deux compétiteurs marchèrent l'un contre l'autre ; mais la maladie se mit dans l'armée de Florian , et au moment où Probus allait l'atteindre, il fut tué par ses propres soldats (276). Il avait porté deux mois le titre d'empereur.

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