PROBUS
sur l'herbe, au milieu de ses soldats et mangeant des pois ; . il les reçut à sa manière. « Si votre roi, leur dit-il , ne fait « pas entièrement satisfaction aux Romains, ses campagnes « seront bientôt nues comme ma tête. » Et en même temps il leur montrait sa tête chauve. Après une telle réponse, que l'on savait n'être pas une vaine jactance dans la bouche de Probus, Varanès se hâta de faire la paix, il vint lui* même la conclure avec l'empereur.
Probus retourna alors à Rome après avoir parcouru et délivré presque toutes les frontières de l'empire. Il triompha des Germains et de l'Egypte , et donna au peuple des jeux magnifiques (281). Le cirque tout entier fût transformé en une vaste forêt où chacun venait chasser des animaux de toute espèce. C'est par de teilesprofusionsque les empereurs, même les plus sages , ne craignaient pas d'encourager le luxé-, qui devenait de plus en plus effrayant. Peu leur importait de corrompre les mœurs publiques, pourvu qu'en flattant le peuple ils achetassent la tranquillité par son avilissement, et qu'ils pussent s'occuper du dehors sans avoir à craindre des troubles intérieurs.
Peu de temps après son triomphe, Probus passe dan» la Gaule pour y réduire Ronosus et Proculus qui s'étaient déclarés empereurs; tous deux furent battus et mis à mort, mais une pension fut assurée à la veuve de Ronosus.
Enfin après cinq ans de guerres continuelles, l'empire jouissait d'un moment de paix. Ce fut alors que Probus dit ce mot qu'il paya si cher : « Que bientôt, si les dieux lui « prêtaient vie, l'empire n'aurait pas besoin de soldats. » Cette parole effraya les légions; elles se promirent bien de perdre celui qui les avait prononcées. Depuis longtemps d'ailleurs les soldats souffraient impatiemment le joug de ce maître sévère qui ne leur laissait pas un instant de re- , pos et les faisait travailler comme des manœuvres au sortir des combats. Ils se lassèrent de céder depuis si longtemps, et comme malgré eux, à son ascendant, et n'attendirent plus qu'une occasion : lui-même la leur fournit. Bientôt mécontent des Parthes, il se mit en campagne pour les aller combattre. Il s'arrêta en passant à Sirmium , sa patrie, et, • ai.
i voulant assainir ' la' tille , fit commencer le dessèchement
• ?Cun marais:* Màisunerévolte éckrtaautnilieu'detf travaux, c »et Prob«s qui- les' inspectait du haut d'une tour, fut as- / siégé et tué par ses troupes, qui* le1 leridemam lui élevèrent f un magnifique tombeau où elles gravèrent sur ie marbre
• icette inscription : « Ici est enseveli Probus,' le meilleur des
* empereurs , le vainqueur des tyrans et de toutes les na- « tions barbares. » Probus avait régné un peu plus de Six ans ; il fut regretté du peuple et du sénat, mais surtout des provinces , jqtfil avait défendues contre les soldats , aussi $>ien que cwitrcles ennemis.
§ VI. CÀJUIS.
L'armée lui donna aussitôt pour successeur M. Aurelius Carus, préfet du prétoire. Il battit d'abord et repoussa les Goths, qui, etihardis par la mort de Probus, s'étaient avancés jusque dans laPannonie ; puis après avoir nommé césars ses deux fils, Carin et Numérien , il laissa le premier dans l'Occident, et marcha avec le second contre les Parthes pour continuer les projets de son prédécesseur. A la'faveur des dissensions civiles qui divisaient alors les Parthes , il les battit plusieurs fois, conquit la Mésopotamie, et prit les deux grandes villes de Séleucie et de Ctésiphon. Mais comme il campait sur le Tigre, il tomba malade; et un violent orage s'étant élevé , le bruit courut qu'il avait été tué par la foudre (283). Cet événement servit«eneore à confirmer les Romains dans lldée qu'A n'était pas permis à un empereur de porter les armes au delà de Ctésiphon.
§ Yïï, CARIN ET OTMÉRIEN.
{M. Aurelius Carinus $ M. Aurelius Numeriœ.)
La mort de Carus, après seize mois de règne, donna ' l'empire à ses deux ffis. Ils étaient d'un caractère bien différent: Carin l'ainé, brave soldat et bon général, mais
i tyran et débauché, >e lWmit à tous le* excès; 4e jeune Nmnérien, au c^trairse, joiguatt àim caractère <Jo*x un
-esprit cultivé par l'étude; U était fort instrait, «t {Musait poar le meilleur poète de sontamps. Anssitto^près tainort
. âeson père , il ramena Famée* de Perse. 'Malade de chagrin, il se faisait porter dans une Htièreferméeykwsqrfil fat assassiné par «on beau-père Arrius Aper, qui aspirait à l'empire. Arrius laissa le corps dans la litière, et continua à Raccompagner, comme %i le prince eût été encore vivant, attendant sans doute une occasion de se faire proclamer1. Mais l'odeur du cadavre le trahît bientôt U fut arrètépar
•les soldats , qui , «'étant réunis, nommèrent auguste (284) C. Valerios Diodes, alors'chef-des officiers du paéais, et qui, devenu empereur, changea son nom en octal de DfcH elétfen.