‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 127 sur 157 · DIOCLÉTIEN · texte numérisé non relu

DIOCLÉTIEN

(C. Valeriu* Dioeletianus.)

Dioctétien était né en Daimatie dans la petite ville de Dioclé; son origine était si basse que, selon quelques-uns, il fat d'abord esclave , puis affranchi d'un sénateur ; laphipart le disent fils d'un greffier. Lorsqu'il servait encore dans les derniers rangs de l'armée^ne druidesse lui fit un .'jour cette prédiction en Gaule : Imperator eris quum aprum occideris. Depuis ce temps il saisissait toutes les occasions de tuer des sangliers : mais la prédiction ne s'accomplissait pas ;*ct en voyant Atrrélien ,' Tacite , Promis, Carus, s'élever tour à tour à Pempîre, il disait à son ami ' Maximien * : * 'Je tue sans cesse des sangliers , et toujours

1 Ces faits paraissent peu vraisemblables. On ne s'explique pqptot jxmrquoi Arrius aurait laissé le cadavre dans la litière. ■* Le même qui rat depuis empereur.

« un antre les mange» « Il prit patience néanmoins, et enfin ses espérances se réalisèrent. Le jour même où il fat proclamé par les légions, après avoir juré l'épée nue en face du soleil , qu'il n'avait pas trempé dans le meurtre de Numérien, il perça de sa propre main , aux yeux des soldçts, le meurtrier Aper. « Enfin, dit-il , j'ai tué le sanglier fatal. » Toutefois le sceptre était loin d'être affermi dans sa - main; il lui restait à combattre un redoutable adversaire. Carinus, qui était resté en Occident, où il s'était rendu odieux par ses excès en tout genre, marchait contre lui à longues journées : il défit sur son passage et mit à mort Julianus , gouverneur de la Vénétie , qui voulait se faire empereur, et arriva en Mœsie à la tête d'une armée victorieuse -et bien supérieure à celle de son adversaire. Aussi Dioctétien fut-il battu plusieurs fois ; mais enfin , dans une grande bataille livrée près de la ville de Margus en Mœsie, Carinus , vaincu selon les uns , vainqueur selon les autres et poursuivant déjà l'ennemi , fut tué par quelques-uns de ses officiers dont il avait outragé les femmes. Son armée se rendit à Dioctétien (285). Devenu seul maître, Dioclétien n'abusa pas de la victoire ; il pardonna à tous ceux qui avaient combattu pour Carin , et eonserva à plusieurs d'entre eux les charges dont ils étaient revêtus. On ne sait pas ce qu'il fit pendant quelques mois qu'il resta seul empereur. On pense, d'après quelques légères indications données par les historiens , qu'il s'occupa , soit par lui-même, soit par quelques généraux , de plusieurs guerres en Bretagne et en Germanie.

Mais alors déjà l'empire devenait lourd à porter, un seul homme ne suffisait plus. Il eût fallu que le maître fut partout, car on n'osait plus se fier aux lieutenants et aux généraux; aussi l'empire accablait-il de son poids celui qui s'en chargeait. Il ne cestait donc plus qu'à jeter le fardeau à terre pour attendrie, les bras croisés , que les barbares vinssent le prendre, ou bien à le partager, pour le mieux soutenir. Dioclétien choisit ce dernier parti. Il se donna d'abord un associé, puis il en ajouta deux autres, et ce ne fut pas trop de quatre empereurs à la fois pour sauver ce

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