III. PERCEPTION UES IMPÔTS
Nous avons essayé jusqu'à présent de montrer quels
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étaient les impôts ayant Auguste, sans Auguste, et ee qu'ils forent après Dioctétien. Il est nécessaire de revenir un instant sur nos pas , ponr voir comment efrpar qui ils se prélevaient.
Ce fut d'abord une compagnie, on ordre, qui eut à Rome le monopole de la levée des tributs ; toutes les taxes étaient affermées publiquement par les censeurs. Ceux qui les affermaient prenaient le nom de pubiiemi ou mandpes. Ils me sortaient point de Rome ponr se rendre dans leurs provinces, avant àxy avoir laissé nne caution. Par malheur, les chevaliers réunirent, depuis les Grecques, le pouvoir judiciaire au fermage des impôts ; c'est-à-dire que dès lors ils n'épargnèrent aux contribuables, ni usures, ni violences, ni outrages, ni exactions de toute espèce, sûrs qu'ils étaient de trouver à Rome l'impunité, on de l'acheter si la compassion intéressée des juges pour tes victimes avait besoin d'un peu d'or pour s'éteindre. C'était un détestable système; aussi ce fut un grand soulagement pour les peuples, quand l'empereur envoya des hommes à lui , Ae&procwratores, administrer les finances des provinces. Ces procurateurs, chargés d'abord de régir seulement les biens de l'empereur , furent aussi préposés à la levée et à l'emploi des deniers publics. Leur autorité devint si grande, qu'elle contre-balança celle même du propréteur , qui n'osait réprimer les vexations auxquelles ils se livraient encore quelquefois; mais ce n'était toutefois qu'avec de grands risques qu'ils commettaient des exactions ; car l'œil du maître veillait sur eux, et leur faisait rendre gorge, s'ils rentraient à Rome avec plus de richesses qu'ils ne devaient en avoir légalement amassé.
Sous Constantin, où l'empire est définitivement organisé, à la tête de l'administration financière se trouve le comte des largesses sacrées , ministre chargé du trésor public : avec lui correspondaient vingt- neuf receveurs provinciaux. Lorsque l'empereur avait signé de sa main et en encre de pourpre l'édft solennel ou indiction , les receveurs provinciaux l'exposaient publiquement dans la principale viRe de chaque diocèse , pendant les deux mois de juillet et d'août. Puis d'après le cadastre dressé tous les seize ans , on éva-
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luait ce que chaque canton , chaque ville , devait payer. Quand cette répartition avait été faite , les receveurs provinciaux attendaient que les décurions de chaque ville vinssent leur apporter le tribut de leur cité. Peu leur importait de savoir si la répartition entre tous les citoyens avait étéu faite avec justice ; la ville devait donner tout, et il fallait trouver la somme , dussent les décurions doubler leur taxe personnelle pour combler le déficit. Et cela n'était pas chose rare ; car, dans l'espace de quinze ans, la propriété pouvait varier beaucoup : une guerre, la mort de quelques curiales, et le partage de leurs biens entre leurs enfants , dont la propriété par ce partage ne s'élevait plus à vingt-cinq arpents; mille autres causes , une famine , la charge toujours croissante des impôts , diminuaient à chaque indiction le nombre des contribuables. Ajoutez à cela que les préfets du prétoire pouvaient, dans -certaines occasions, pourvoir aux besoins extraordinaires et imprévus du service de l'État , en augmentant la taxe arrêtée par redit impérial ; et sans doute l'avarice des préfets cherchait à faire naître ces besoins imprévus , où ils pouvaient exercer eux-mêmes et à leur avantage l'un des attributs de la souveraineté.