VALENTINIEN II
en Occident.
$L OSTHOGOTHS ES Y1SIGÛTHS.
Bans la seconde moitié du quatrième siècle après Jëns- Christ, hm partie de la nMiondesGo€hsylesGoths(terEst
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ou Ofetrogotfcs , ayalent à leur tête le vieux flermanrîc , te plus noble descendant d'Àmaii. Quoique âgé de plus d'un siècle, il avait contraint la plupart des tribus voisines à reconnaître son autorité, et les Visigotbs, ou Goths de l'Ouest f renonçant à avoir des rois particuliers, le nommèrent leur chef. La nation gothique se trouva alors réunie tout entière sous sa main, et étendît peu à peu sa domination sur une ligne immense , depuis la mer Noire jusqu'à la Baltique, au travers du pays des Sarmateset des Germains. C'est alors qu'arriva la nouvelle de l'approche d'une borde sauvage qui se précipitait vers l'Orient. Hennanric prépara toutes les forces de sa nation contre cet ennemi , dont on faisait les récits les phis effrayants , et Rome allait avoir le spectacle terrible de ces deux masses de barbares se heurtant Fune contre l'autre , lorsque Hermaniie mourut. Un ehef des Roxolans avait refusé de suivre ses étendards. Pour le punir, Hennanric condamna la femme de ce chef à être broyée sous les pieds des chevaux. Les frères de la jeune femme se dévouèrent pour la venger, et saisissant une occasion favorable, ils se jetèrent sur Hennanric qu'ils percèrent de leurs poignards. Le vieux roi mourut de ses blessures et du chagrin que lui causaient les nouvelles accablantes qull recevait de toutes parts sur Finvnskm des Huns.
Ce peuple asiatique , dont la figure et fe costume étaient inconnus aux habitants de l'Europe, jeta l'effroi parmi les Goths. Un petit nombre , conservant le souvenir de leur courage, se hasardèrent à combattre, mais ne purent tenir contre la cavalerie rapide des Huns etdesÀlains. L'empire d'Hermanric fut détruit, et les Ostrogoths se soumirent à leurs vainqueurs (375).
$ H. LBS VISIGOTHS S'ÉTABLISSENT BANS L'EJfPm.
Une partie de la nation, sous le nom de Vfeigothsr, se retira vers le Danube , et voulant mettre une barrière entre die et ses terribles ennemis , qu'on disait être nés dans lé désert d'us commerce entre les sorcières et les diables» demanda à l'empereur d'Orient, Yatens, la permission de
slétablir sur la rive droite du fleuve. A Constantinople on s'effraya d'introduire dans l'empire cette multitude de barbares , déjà à demi chrétiens , il est vrai , pour la plupart, et qui se présentaient en suppliants, mais qui pouvaient devenir un jour des sujets fort incommodes. Valens céda cependant au plaisir de s'entendre nommer le protecteur et le défenseur des nations barbares. On accorda le passage, mais à condition que les Visigoths livreraient leurs armes et donneraient leurs enfants en otage. À [ce prix , les officiers de l'empire devaient fournir aux barbares les vivres nécessaires. Ces vivres, les Goths les payaient ; aussi leurs ressources furent-elles bientôt épuisées par l'avidité des généraux romains. Lorsqu'ils eurent acheté avec leur or et leur argent , il fallut encore donner leurs femmes et leurs enfants; mais quand ils n'eurent plus rien, ils prirent les armes que les généraux romains leur avaient
La révolte éclata dans les environs de Marcianopolis* Un jour que Fritigern , le juge des Visigoths , se trouvait à un festin que lui avait donné le général romain Lupieinus, il entendit de lointaines clameurs et comme le bruit sourd d'un combat. Lupieinus , qui venait d'apprendre que les Goths avaient déjà tué et dépouillé un certain nombre de ses soldats , songeait à se rendre maître de Fritigern et des autres chefs venus avec lui, lorsque celui-ci le prévenant, sortit en disant hautement qu'il allait faire rentrer promptement dans le devoir ces quelques misérables qui , contre . la foi des traités, attaquaient les soldats romains. Une fois sortis de la demeure de Lupieinus, ils mettent l'épée à la main, lui et les siens, traversent la ville en toute bâte, aux yeux des Roraaius étonnés , et sont reçus au camp par les acclamations des Goths. Il y avait déjà longtemps que Fritigern pensait à ce mouvement; tout était préparé pour le succès. Lupieinus conduisit son armée contre les barbares; mais ce fut pour laisser sur le champ de bataille ses plus braves soldats. « Ce jour, dit le Goth Jornandès, l'historien de sa nation , ce jour mit fin à la détresse des barbares et à la sécurité des Romains. » Dès lors les Goths,
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renonçant à la condition précaire de fugitifs et d'étrangers, parlèrent en maîtres , et prétendirent à une absolue domination sur les contrées riveraines du Danube.
S IU. BATAILLE d'aNDBINOPLE. — DIVERSION DES ALÉMANS.
Après l'engagement de Marcianopolis, ils marchèrent sur Andrinople, et ravagèrent toute la Thrace, appelant à eux les hommes vigoureux qui travaillaient aux mines de la Thrace. A ces nouvelles, Valens partit en toute hâte d'Antioche pour défendre la capitale, et sollicita en même temps les secours de son neveu Gratien, l'un des deux empereurs d'Occident. A l'approche de l'armée romaine, Fritigern rappela toutes ses bandes qui avaient porté par tout le pays l'incendie et la dévastation. Une première bataille indécise eut lieu entre les deux armées. Fritigern comprit qu'il fallait balancer l'infériorité de la tactique et de la discipline par la supériorité du nombre. Un reste d'Ostrogoths indépendants erraient sur la rive gauche du Danube, gardant au milieu d'eux leur jeune roi enfant; Fritigern les fit entrer dans ses desseins. Il sut aussi gagner un parti de Huns et d'Alains, toujours pressés de courir là où on leur promettait du butin. Valens crut devoir marcher lui-même pour arrêter cette invasion formidable.
Le 9 août de Tannée 378, Valens vint camper sous les murs d'Andrinople avec toutes les forces de l'empire d'Orient. L'habile Fritigern, qui attendait le retour d'un corps nombreux de cavalerie, envoyé pour piller au loin, chercha à gagner du temps, en entamant de feintes négociations avec l'empereur; mais la cavalerie que les Goths attendaient étant arrivée, on ne laissa pas à celui qui portait la réponse de Valens , le temps d'arriver au camp. L'armée romaine, presque tout entière composée d'infanterie, se trouva tout à coup enveloppée par les barbares, et comme perdue au milieu de leur immense cavalerie. Ce fut plutôt une horrible mêlée qu'une bataille. Les Romains y perdirent tout l'avantage qu'ils tiraient de leur discipline. Leurs légions rompues essayèrent vainement de trouver
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un asile sons les murs d'Andrinople. La plaine où le < bat s'était livré était trop défavorable aux légionnaires pour qu'un grand nombre pût échapper. Ils taaobèrent a foule sous les sabres des Goths. L'empereur lui-même y périt. Blessé an commencement de l'action, il s'était retiré, à quelque distance du champ de bataille, pour faire panser sa blessure dans une cabane. Ce lieu fut bientôt entouré par les barbares, qui, étonnés de la résistance «fu'oa leur opposait autour de cette masure, voulurent la faire cesser en lançant de loin des flèches enflammées sur la batte. L'empereur, et tous ceux qui se trouvaient auprès de lui, périrent dans les flammes.
Les Goths, après cette bataille, crurent en avoir fini avec l'empire d'Orient. Ils se présentèrent devant Andrinopte, croyant y entrer sans peine 4 mais ils y rencontrèrent une vive résistance. Manquant de machines de guerre, incapables d'en construire, il leur fallut renoncer à cette riche proie. Ils se vengèrent sur la Thrace, et leur cavalerie vint caracoler jusque sous les murs de ConstantinopAe. Là, les barbares du Nord rencontrèrent ceux du Midi. Les Arabes au service de Valens repoussèrent tes phis hardis des Germains, et les Goths virent avec horreur un Arabe se jeter sur le corps d'un Goth qu'il avait thé, sucer la plaie et en boire le sang. La Pannonie et toutes les contrées qui s'étendent de Gonstantinople aux Alpes Juliennes souâxkent les maux de la plus terrible invasion. Vingt ans après, l'IUy rie était encore presque sans culture et sans habitants.
Pendant ce temps, l'empereur d'Occident, Gratieo, était occupé contre les Germains de l'Ouest. Au moment où il recevait la nouvelle de l'invasion des Goths et la demande de secours que lui adressait Valons 3 les Alémans prirent tout à eoup les armes. Un jeune barbare de la garde de l'empereur avait obtenu d'aller revoir quelques mm son pays natal; il dit parmi les siens qu'une gnaade expédition se préparait en Italie; que l'empereur d'Occident attait marcher, avec toutes ses troupes, au secours de son «acte Les Alémans profitèrent de cette confidence, et, croyant le moment favorable, attaquèrent les provinces. Gratifia,
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ainsi retenu dans la GanJe, ne pat conduire à Talent Jmt armée dont le secours avait «ans doute assuré la ràeMra des Romains à Andrinople. L'empire fut puai d'une ma-» nière terrible de sa confiance dans les barbares. Les Alémans furent réprimés (378); mais Jadiversioiiqullsavaient faite n'en avait pas moins été fatale à l^mpàre d'Orient.
S IY. TELEODOSX.
Lorsque Gratien reçut la nouvelle de la défaite d' Andrinople et du ravage de tonte la Thrace, il chercha autour de lui un homme capable déporter le faix si lourd de l'empire d'Orient, et fit tomber son choix sur un exilé dont le père, trois ans auparavant, avait porté sa tête sur un échafaud : c'était le grand Théodose. Depuis l'injuste condamnation de son père, Théodose vivait en Espagne, occupé, comme autrefois Cincinnatus, à cultiver lui-même son ample patrimoine. Avant cette retraite foroée il avait servi avec honneur sous son père, et l'on 'se souvenait encore de la manière glorieuse dont il avait défendu la Mœsie contre les barbares. Le 19 janvier de Tannée 379, Gratien, en présence des troupes, le proclama maître de l'Orient, et ajouta aux provinces qu'avait possédées Valens les deux grandes préfectures de Dacie et de Macédoine.
L'effet moral de la bataille d'Andrinople avait été immense; l'empire d'Orient n'avait plus d'armée, ses meilleurs soldats avaient péri, et ceux qui lui restaient encore n'étaient qu'un ramas de paysans timides et inexpérimentés qui n'osaient soutenir la vue des barbares, et se laissaient tuer presque sans défense. « Pour mon compte-, disait un « chef goth, je suis fatigué de massacres; mais je m'étonne « qu'un peuple si faible et qui fuit toujours devant moi, ose « encore me disputer la possession de ses provinces et de « ses trésors. » Théodose n'alla pas se heurter tout d'abord contre ce torrent qui débordait de toutes parts. Gomme- Fabius Cunctator, il aguerrit les soldats avant de les conduire à l'ennemi. Posté à Thessalonique, il observait de là
tons les mouvements des barbares, faisant à leurs détachements une guerre de ruses et de surprises, mais ayant soin que la supériorité du nombre assurât toujours l'avantage à ses troupes.
Il rétablit ainsi peu à peu la discipline parmi ses soldats, les habitua à entendre, sans s'effrayer, les cris des barbares, ramena leur confiance en eux-mêmes par des combats peu importants, où il avait soin de leur assurer l'avantage, puis il les mena à l'ennemi, qui, après sa victoire, s'était beaucoup affaibli en se dispersant, et parvint, selon quelques auteurs, à le battre complètement.
Théodose ne se fit pas toutefois illusion sur ses succès; profitant des divisions qui existaient chez les barbares, de la jalousie des Visigoths et des Ostrogoths, de l'indifférence des Huns et des Alains auxiliaires pour les uns et pour les autres, il traita avec Àthanaric. Ce chef vint à Constantinople, où la grandeur et la magnificence de la cité impériale le frappèrent d'étonnement (381). « L'empereur, disait le barbare ébloui, est à coup sûr un dieu sur terre. » Àthanaric mourut bientôt à Constantinople, et l'empereur, pour s'attacher les Goths qui l'avaient suivi, lui fit rendre les plus grands honneurs. Cette conduite gagna en effet les barbares. Une partie s'engagea à garder les passages du Danube, et à les fermer aux autres peuplades; les autres obtinrent une portion de la Thrace et de la Mœsie qu'ils promirent de cultiver (382). Enfin, plus de quarante mille hommes de la même nation furent admis dans les troupes impériales. Cette admission des étrangers dans les provinces et dans les armées a été regardée comme une faute politique de Théodose, et comme une des premières causes des malheurs qui, après son règne, accablèrent l'empire romain. Cependant une nouvelle victoire de Théodose sur les Scyrres et les Carpodaces, qui s'étaient jetés sur la Thrace, parut assurer pour quelque temps la tranquillité des provinces orientales.
Cependant l'Occident était en proie à des troubles continuels. Maxime avait pris la pourpre (383) et renversé Gratien, qui, après avoir montré quelque activité, s'était