‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 155 sur 157 · S III* VALENTINIEN III · texte numérisé non relu

S III* VALENTINIEN III

GENSEBIC.

Honorius ne laissait pas d'enfants : son successeur fat

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Valentinien m , fils de Placîdie et de Constance, brave général, élevé par Honorius au rang d'auguste. Valentinîen et sa mère se trouvaient alors à la cour de Gonstantînople auprès de Théodose II, surnommé le Calligraphe, à cause de son unique mérite, et que sa sœur Pulchérietint toujours en tutelle.

Théodose s'empressa d'envoyer le jeune Valentinien en Italie , où le secrétaire Jean , qui s'était revêtu de la pourpre , fut aisément vaincu ; sa mort permit au nouvel empereur de prendre enfin son triste héritage , sous la tutelle de sa mère l'ambitieuse Placîdie.

Nous avons dit quelle était la situation de la Gaule. En Espagne , il semblait, depuis les victoires de Wallia , que le pouvoir impérial fût rétabli sur cette contrée ; mais les barbares , qui y avaient pénétré , ne pouvaient se résigner au repos. Les Suèves et les Vandales , confinés dans la Galice, se livrèrent bientôt de sanglants combats. Les Romains voulurent intervenir, et ils ne firent qu'attirer sur la Bétique les ravages des Vandales. Bientôt s'approcha le général Gastinus avec une nombreuse armée de Romains et de Goths ; sa défaite livra aux barbares Séville et Carthagène. Dans le port de cette dernière ville , ils trouvèrent des vaisseaux et s'en servirent pour aller porter leurs ravages dans les îles de Majorque et Minorque. Une conquête plus importante était réservée aux armes des Vandales. Aetius , jaloux de voir le comte Boniface , gouverneur de l'Afrique , partager son crédit et son influence auprès de l'impératrice Placidie , l'accusa de trahison , voulut le faire rappeler, et lui écrivit que Placidie ne lui pardonnerait jamais. Si Boniface eût quitté l'Afrique pour se mettre entre les mains d' Aetius , sa perte était assurée ; n'espérant donc de salut que dans la révolte, il prit les armes et envoya des députés au camp des Vandales pour inviter leur roi à passer en Afrique , où il trouverait un riche établissement. Au moment de partir , Genséric apprit que Hermanric, roi des Suèves, voulait piller les pays que les Vandales avaient abandonnés ; il retourna contre eux , extermina les Suèves , puis s'embarqua

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sur les vaisseaux que Pontâaee lai avait fournis (439).

Les Vandales n'étaient qu'au nombre de cinquante mille; mais ils trouvèrent sans doute de nombreux aillés dans la population indigène. Du moins le caractère que prit cette guerre faite par les Vandales en Afrique annonce parmi eux la présence de ces tribus mauresques si impitoyables pour leurs ennemis. Outre l'assistance des Maures de F Atlas, la persécution des donatîstes fournit aux Vandales bon nombre d'auxiliaires. L'arien Genséric eut ainsi de secrets partisans dans toutes les cités- d'Afrique. Les maux que le clergé catholique eut à souffrir après la conquête tiennent à cette alliance des Vandales et des donatîstes persécutés. Cependant Boniface commençait à reconnaître son erreur. L'impératrice revint sur les ordres qu'elle avait donnés , et Boniface ne songea plus qu'à délivrer l'Afrique des ennemis qu'il y avait si imprudemment appelés. La chose était difficile. Genséric avait trouvé trop de facilité dans cette conquête pour l'abandonner aisément. Boniface étant venu l'attaquer avec un corps peu nombreux de vétérans, Genséric l'écrasa (431) , et le comte ne conserva plus que Cartilage , Cirta et Hippone ; tout le reste de l'Afrique fut en proie à la plus effroyable désolation. Il n'y avait de quartier pour personne; tous ceux qui tombaient entre les mains des barbares, femmes, enfants, soldats, tous étaient tués y ou contraints par mille tortures à découvrir leurs trésors cachés. Les Maures surtout, comme s'ils voulaient se hâter de rendre inculte un pays dont les Romains avaient fait la plus riche province de leur empire , allaient partout arrachant les oliviers, les arbres à fruits, détruisant les murailles des villes , les villes elles-mêmes; et quand l'une d'elles opposait trop de résistance , ils massacraient les prisonniers , entassaient les cadavres au pied des remparts, afin que bientôt putréfiés par le soleil ardent de l'Afrique, Us envoyassent la peste et la mort dans la ville assiégée.

Les Vandales arrivèrent bientôt sous tes murs d'Hippone, le boulevard de l'Afrique. La vitte tint quatorze mois». Saint Augustin , son évéque, n'eut pas la dovteurée la voir tomber aux mains des barbares; M mourut «vaut

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la an du siège. Le comte Boniface , ayant reçu quelques secours de l'empire d'Orient , hasarda une seconde bataille dans laquelle il fut encore vaincu. Désespérant alors de pouvoir tenir plus longtemps en Afrique , il s'embarqua arec tout le peuple d'Hippoue , vint débarquer à Ravenne, où des médailles furent honteusement frappées en son honneur. Quelque temps après , Aetius se débarrassa de son rivât dam une bataille qu'ilsse livrèrent (432).

Le 11 lévrier 435 , Genséric conclut un traité par lequel l'impératrice lui cédaij la proconsulaire ( à l'exception de Carthage et de son territoire), la Bysacène, et ce qu'il avait conquis dans fe midi. II promettait de son cèté de respecter ce qui restait encore aux Romains en Afrique ; mais le barbare ne garda pas longtemps sa parole. Il surprit Carthage (436) et la rançonna impitoyablement. Un édit ordonna à tous les habitants de lui apporter leur or , leur argent, leurs joyaux, leurs meubles précieux ; toute tentative de cacher quelque chose était punie de la peine de mort. Puis tous les monuments de la munificence romaine, les temples , les théâtres furent détruits ; les évéques catholiques , chassés ; grand nombre d'églises , renversées ; tout ce qu'il y avait de noble et d'illustre en Afrique fut embarqué sur des vaisseaux à moitié entrouverts. Quelques-uns se jetèrent à ses pieds pour lui crier merci. « J'ai résolu, leur dit-il , d'exterminer votre race. » Alors il partagea toutes les terres enHre ses barbares , et, comme ils ne pouvaient consentira vivre à l'étroit dans l'intérieur des villes , Genséric les fit toutes démanteler. Carthage seule , la nouvelle résidence royale , fut épargnée. C'était du reste une tenue politique : Genséric savait combien les Romains étaient habiles à prendre et à défendre les places , combien lui et ses barbares étaient aisément arrêtés par la moindre muraille. Si les Romains s'avisaient jamais de revenir, il leur faudrait, pensait-il, combattre en plaine, où il les avait déjà deux fois vaincus. Entre les mains du barbare, Cartilage redevint pour Rome ce qu'elle avait été du temps d'Àmnbal. Il aeheta des vaisseaux , en fit construire par ses nouveaux sujets , enrôla des matelots étrangers , et se

fit appeler alors roi de la terre et de la mer. Il justifia ce dernier titre en ravageant toutes les côtes de la Méditerranée. Il commença par la Sicile , où les Sarrasins de l'Afrique devaient plus tard s'établir , passa ensuite dans les fies de la Grèce, embarquant ses prisonniers pour les jeter ensuite dans la pleine mer. Lorsque son pilote lui demandait, au départ , de quel côté il fallait tourner la proue : «Allons « où nous portera le vent, disait-il, vers ceux que Dieu veut « punir 1 «Bientôt Rome allait voir les pirates vandales dans le port d'Ostie, à quatre lieues de sej murailles. Mais dans le nord se préparait une bien autre tempête : Genséric était l'allié d'Attila. *

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