IV. COLONIES GRECQUES
Parler ici avec détail des républiques grecques qui furent fondées sur les côtes de l'Italie inférieure , serait chose déplacée, puisque leur histoire est celle d'un peuple distinct, tout à fait étranger à l'Italie, et appartient à l'histoire générale des peuples grecs. Mais un court aperçu sur ces colonies ne sera pas entièrement inutile, puisqu'il en sera question dans l'histoire de Rome, et qu'elles appartiennent à la population de l'Italie \
La plupart s'étaient établies sur le golfe de Tarente ; elles s'étendirent cependant aussi sur la côte occidentale de l'Italie jusqu'à Naples, et étaient ou doriennes, ou achéennes, ou ioniennes. A la race dorienne appartenait Tarente, riche et splendide ville de commerce, située dans une contrée fertile et sous un ciel toujours pur. Elle fut fondée vers 707 av. J. C. par les Parthéniens, fils que les vierges de Sparte avaient eus pendant la guerre de Messénie. L'ancienne ville s'appelait Taras. Tarente fonda à son tour Héraclée et Brundusium.
À la race achéenne appartenait Sybaris , fondée vers 720; elle exista jusqu'en 510, où elle fut détruite par les Crotoniates. Bans le voisinage de l'ancienne Sybaris , Athènes éleva en 446 la ville de Thurii, où mourut Hérodote.
Grotone, fondée en 710, s'agrandit tellement , qu'à la bataille de Sagra contre les Locriens, elle put mettre sur pied une armée de cent vingt mille hommes. C'est là que vécut Pythagore. Les colonies de Crotone étaient Laùs , Métaponte, Posidonia ou la romaine Paestura, qui fonda à son tour Terina , Gaulonia et Pandosia.
Parmi les colonies ioniennes étaient Thurii , Rhegium fondée par les Chalcidiens de l'Eubée en 668, Ëlée, dûmes, fondée par les Chalcidiens dès l'an 1030. Elle était célèbre par sa puissance, sa richesse, et les oracles de la
1 Voyez, pour plus de détails, mon Précis d'histoire ancienne, il, p. 407etsuiv.,2*édit
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Sibylle. C'était la métropole de NeapoJis et de Zancle I
(Messana) en Sicile.
Les Locri Epizephyrii peuvent être considérés comme une ctflome d'origine éofienne , ou formée par des Grecs dediffërentes races. Leur principale colonie fut conduite en «83 par les Locriens Ozoles. Ils devaient leur constitution politique an législateur Zaleueus. \
Ces républiques furent pendant plusieurs siècles riches et 'florissantes ; mais quand de grands peuples s'élevèrent dans l'intérieur de la péninsule T ces villes isolées sur la , côte , et pour la plupart adonnées au luxe et étrangères à la guerre, ne purent résister aux attaques de ces peuples guerriers, et finirent par devenir la proie des Romains.
Toutefois elles exercèrent une généreuse influence en I répandant dans les contrées voisines , et même dans toute l'Italie, leurs arts, leurs sciences, leurs institutions politiques, et jusqu'à l'usage de leur langue. Aujourd'hui , la plupart de ees villes si belles ne spnt plus que des mon- • çeaux de ruines; et la destinée de ces contrées, jadis si florissantes , remplit d'une triste mélancolie l'âme de celui | qui les contemple. Cicéron lui-même plaignait déjà le sort de la grande Grèce : Nunc guident deleta est; tum florebat.