V. £&Tm. IMMIGRATIONS d'ÉV ANDRE ET d'ÉNEE. ALBA LONGA
Les Sicules sont le pins ancien peuple que l'histoire nous fasse -connaître sur les rives du Tibre. Les Aborigènes ' habitaient encore alors les. campagnes de. Béate, d'où ils furent chassés par les Sabins, au delà de l'Àniaei du Tibre. Leur véritable nom. «ational était celui de C&sci%
1 D'après une conjecture fort iBgénieuse, Aborigènes serait non pas une dérivation' de ab origine, ce qui est inadmissible , mais* une altération du nom Aurunci : Aforicnes, Âttrttnces, Aurunci.
* Saufeiiurapud Servium ad "Virg. Mb.,1, 10. Qui (incolae Latii) Casci vocati sunt , quos posteri Aborigènes nominaverunt. Car c'est ainsi que ce passage doit atre lu, d'après la correction de Hiehnhr. Ennius fait aussi mention des Casci, popuhLlatkni.
DES ANCIENS PBUFMSS »E LITÀLIE. 3».
et de ces 0a** et des SaMn** résulte 4» nation ;méKa&gée des Latins. Ge n'était point un ptuptesawag^ virant sui9 lois et sans mariages, mais un peuple agriculteur et habitant dans< les villes. Leurs villes, que Benys à^HalkamaoBe (1, 13) nomme d'après l'autorité *de Varn» j étaient situées ' dans le pays deReate, non loin des Apennins.
Les Sicules furent forcés par les Opaques à se retirer en Sîciie; suivant une autre tradition , ce furent les Pélasges et les Ombriens qm les y contraignirent. Fne ancienne tradition italique prétend que Saturne, chassé du ciel, vint aborder chez les Latins, et qu'il trouva un accueil bienveillant chez Janus , prmee de cette contrée. Un savant1 prétend qu'il faut voir là une indication d'abord des Phéniciens, qui, suivant lui, furent les premier» qui s'établirent sur les côtes de l'Italie, puis de la réunion des deux grandes divinités de la nature, le Soleil et la Lune: de là Janus ou Dijanus, Il croit trouverune preuve-de l'antique existence du culte du Motech phénicien sur les eûtes du Latîum, et dans le mythe du géant Gacus vomissarmldev flammes, qu'il regarde comme une contre^épwuve -du géant Cretois Talos ou du dieu phénicien Motoch, et dan» la, mort que lui donne* Hercule , dont les voyages en: Italie (HpaxXeia ô&fe) peuvent être, suivant lui, considérés ocrane le symbole de la propagation -de la civilisation hdlénique sur les eètes de la Ligurie et de l'Italie. Et en effet, si Ton attribue aussi à ce héros l'ouverture d'une route conduisant au delà des Alpes, c'est que dès les temps les*ptow* reculés il existait des rapports de commerce entre lés Ibères , les GeHes et les Ligures.
Parmi les petits établissements des Sfcutes , on eompte aussi* le -Palatium, sur une colline près du Tibre. £enemr rappelant aux Grées une ville de l'Arcadie, donna lieuè la traffition qui ftft arriver le Félasge Évandrer swb nre colonie d'Areadiens , sur les bords du Tibre, avortant dans ces lieux quelques arts et des mœurs plus douées. La
' Bœtfiger, Idées sar la mythologie de l'art. Dwwtert Leipzig, 1990, în*\
3a CHAPITRE I.
fille d'Évandre, Launa, épousa Hercule, et donna le jour à un fils nommé Pàllas, qui lui-même donna son nom à ce lieu.
Évandre parait n'être qu'une autre image de Latinus : les deux mythes se ressemblent. A cette même tradition appartiennent les rois Picus, Faunus, et Latinus, sous le règne duquel Énée arriva avec les Troyens dans le Latium. Il est difficile de dégager ce qu'il peut y avoir de vraiment historique dans cet établissement troyen. S'il faut en croire les conjectures de Niebuhr, cette tradition fut répanduç dans le Latium par les poètes grecs, ou apportée d'abord àCumes et ensuite à Rome par la sibylle de la ville de Gergis sur le mont Ida, où se trouvait un ancien oracle. Depuis que Jules César fit publiquement descendre sa race d'Iule, fils d'Énée, l'arrivée de cette colonie devint un article de foi politique, et nous lui devons le plus beau poëme épique de Rome. Avant Virgile , Naevius, dans un épisode de son poëme sur la guerre punique, avait mis en honneur cette tradition, dont l'origine peut aussi s'expliquer par les statues d'argile existantes à Lavinium, et qui, sauvées, dit-on, par Énée du pillage de Troie, auraient été apportées par lui dans ce lieu. De semblables images existaient dans l'île de Samothrace, et c'est aussi de cet ancien sanctuaire de la religion péiasgique qu'une autre tradition fait venir les Pénates à Lavinium. Les habitants de Samothrace étaient, aussi bien que ceux d'Ilion, regardés comme unis par les liens du sang au peuple romain.
Du reste, la lutte d'Énée contre Latinus et contre Turnus; la fondation de Lavinium, la domination d'Énée sur le Latium, et sa mort dans la guerre contre Mézence , roi de Gaeré, appartiennent bien plus à la poésie qu'à l'histoire. Ascagne, ou, suivant la tradition romaine, Iule, succéda à Énée, son père, et conclut la paix. Sa Belle-mère ayant donné le jour à Silvius, Ascagne laissa à celui-ci le royaume paternel, et, suivi de quelques affldés, alla^ trente ans après la fondation de Lavinium, construire Alba Long a, sur une montagne, dansune situation délicieuse. Suivant d'autres données, Lavinium serait une colonie des Al*