‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 32 sur 157 · I. PREMIÈRE PÉRIODE DE LA GUERRE DU SAMNIUM · texte numérisé non relu

I. PREMIÈRE PÉRIODE DE LA GUERRE DU SAMNIUM

Par les défaites successives que les Gaulois ont essuyées dans le Latium , par les victoires de Popilius Lœnas et de G. Martius Rutilussur les Étrusques (356), dont la confédération se trouva par là dissoute; enfin, par la prise de Satricum (346 et 345), deSora, à l'extrémité du pays des Volsques, Rome a étendu sa domination sur tout le Latium, qu'elle tient dans la dépendance par ses colonies , et a contraint les Étrusques à reconnaître leur impuissance. Dès lors elle se trouve en contact avec un nouveau peuple , les Samnites, et elle jette des regards d'envie sur la riche et fertile Campanie. % »

Les Samnites étaient de cette race sabellienne qui occupait les montagnes de l'Italie centrale, peuplade de pasteurs belliqueux, dont les émigrations avaient couvert les deux versants des Apennins jusqu'à la Lucanie. Dès l'an 424, ils étaient descendus vers la Campanie , où ils avaient détruit la confédération étrusque et donné le nom de Capoue à l'ancienne V ulturnum. Mais bientôt, amollis par la douceur du climat, ils ne purent résister aux attaques de leurs anciens frères, lorsque ceux-ci , suivant la route qui leur avait été tracée par les Samnites quatre-vingts ans auparavant, vinrent à leur tour chercher les belles plaines de la Campanie, et essayèrent d'enlever Teanum, ville des Sidicins. Les Capuans marchèrent au secours de ces derniers; vaincus par les Samnites , ils se virent assiégés dans leur propre ville , et implorèrent le secours de Rome (343). Le sénat répondit qu'il avait signé , quelques années aupa-

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ravant, un traité avec les Samnites. Pour forcer Rome èrles défendre, les Capouans se donnèrent à elle. Le sénat accepta, et, oubliant ses intentions pacifiques, avertit les Samnites de respecter une ville devenue la propriété de Rome. Alors commença , sous le nom de guerre du Samnium , cette guerre qui comprit toutes celles que firent Jes peuples de l'Italie pendant soixante-seize ans pour défendre leur indépendance.

Cependant la guerre, commencée en 343 , se termina après deux campagnes. Les Samnites , vaincus, «demandèrent la paix, et l'ancienne alliance fut renouvelée. Rome garda Capoue; mais cette conquête faillit lui coûter cher. La garnison qu'il avait mise dans cette ville se révolta. Séduits par la douceur du climat, ces Romains ne voulaient plus des bords fangeux du Tibre. Il fallut créer un dictateur, Valerius Corvus , qui fut contraint de leur accorder leurs nouvelles demandes : Que la solde des chevaliers fût moins élevée; que les deux consuls pussent être plébéiens ; enfin, que le prêt à intérêt fût aboli.

Ces concessions accordées aux plébéiens encouragèrent les Latins à exiger les mêmes privilèges; mais les Romains repoussèrent avec indignation cette insolente demande, et la guerre éclata entre les deux peuples, amis depuis plus d'un demi-siècle. Cette guerre était difficile; les Latins, qui depuis si longtemps combattaient dans l'armée romaine, avaient sa discipline, son courage, son habitude des armes. Aussi les généraux romains redoublèrent de prudence et de sévérité: Manlius Torquatus fit mourir son fils pour avoir combattu sans son ordre; Decius, qui déjà, en 340, avait délivré son -collègue Cornélius Cossus, renfermé par les Samnites dans les gorges de Saticule, Décius se dévoua aux dieux; et l'armée romaine, encouragée par ce sacrifice, remporta enfin, près de Veseris, une victoire qui replaça les Latins sous le joug (338). Pour éviter une nouvelle révolte, Rome rendit l'oppression inégale, et créa des intérêts différents parmi les villes latines , en accordant aux unes plus, aux autres moins.

i*)8 chàtiïice m.

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