‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 64 sur 157 · VI. GUERRE DE LUCULLUS ET DE POMPEE CONTEE HITHHTDATE · texte numérisé non relu

VI. GUERRE DE LUCULLUS ET DE POMPEE CONTEE HITHHTDATE

A peine la guerre contre les pirates était-elle terminée que Pompée fut chargé d'achever celle d'Asie, dont la. loi Manilia venait de lui déférer la conduite.

Après le départ de Sylla, Mithridate avait eu encore

aj6 CHAPITRE XVII.

quelques différends avec L. Murena, le général laissé par Sylla en Asie (82). Mais le dictateur , qui ne se souciait pas de voir son lieutenant faire la guerre sur le théâtre de ses propres exploits, et qui d'ailleurs était peut-être rassasié de guerre et de combats , lui envoya Tordre de suspendre les hostilités , et la seconde guerre des Romains contre le roi de Pont se termina ainsi , l'an 8 ! . Mithridate profita de ce repos pour réparer ses forces, et accroître son royaume par des conquêtes dans le Bosphore et la Colchide. Mais la possession de ces pays sauvages souriait moins à son ambition que celle de la Gappadoce. Il avait toujours les yeux sur cette province, et il ne pouvait abandonner l'espérance de réunir à son royaume la meilleure partie de l'Asie Mineure. Voyant les Romains occupés de nouveau par la guerre civile , il crut l'occasion favorable , et excita Tigrane , roi d'Arménie, à s'emparer de la Gappadoce; en même temps il reçut une ambassade de Sertorius,et comprenant tout le parti qu'il pouvait tirer des troubles de la république, il commença lui-même, l'an 74, la troisième guerre pontique. Ses ressources semblaient lui promettre un succès certain. Une flotte formidable était équipée; d'immenses approvisionnements préparés; presque tous les peuples du Caucase et de la Scythie asiatique lui fournissaient des soldats ; les Arméniens , les Sarmates, les Iaziges, les Rastarnes, les Thraces, et tous les peuples barbares de l'Europe compris entre le mont Hemus et le Tanaïs, étaient ses auxiliaires ; enfin son armée se montait à cent soixante mille hommes.

A la nouvelle de ces préparatifs , le sénat envoie les deux consuls en Asie (74). Mais Cotta, qui veut défendre la Bithynie, est vaincu et assiégé dans Ghalcédoine, pendant que son lieutenant Rutilius perd une bataille et la vie, et que la flotte romaine est entièrement détruite. Mais l'autre consul , Lucullus , nourri de la lecture de Xénophon et de Thucydide, marche à la rencontre du roi ; par ses prudentes manœuvres, il évite une affaire générale, et quand le roi, pour le forcer au combat, vient assiéger Cyzique, Lucullus se retranche sur une hauteur à peu de distance de la ville, et

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Mithridate voit ses forces se consumer dans de vains efforts qu'il fait tour à tour pour emporter la ville ou le camp du consul. En vain ses lieutenants lui soumettent la Phrygie, la Cilicie, laPisidie etl'Isaurie. Lucullus ne s'inquiète point , il sait que la guerre est là où est le roi : aussi aucun des mouvements de ce prince ne lui échappe ; et quand Mithridate, réduit enfin par la famine à trente mille hommes, songe à se retirer, Lucullus le suit, écrase les débris qui lui restent , et le force à s'enfuir à travers le Pont-Euxin. Lucullus n'eut plus qu'à réduire une à une toutes les villes qui tenaient encore pour le roi.

Mais pendant qu'il était arrêté par la courageuse résistance d'Amisus, Mithridate, renforcé par quarante mille hommes qui étaient arrivés des régions caucasiennes , redevenait redoutable. A l'instant, Lucullus reprend l'offensive, fatigue l'armée pontique par une multitude de combats , lui enlève ses convois, et force encore une fois le roi à fuir sans avoir pu combattre. Mithridate crut que c'en était fait à tout jamais de sa puissance, et, abandonnant ses États, se réfugia auprès de Tigrane, roi d'Arménie. Son fils Macharès , qu'il avait fait roi du Bosphore, envoya une] couronne d'or à Lucullus, et toutes les villes du Pont se soumirent (70).

Lucullus ne croyait pas la guerre finie tant qu'il ne serait pas maître de la personne de Mithridate; aussi envoya-t-il demander son extradition à Tigrane. Ce prince , qui avait accueilli assez froidement son beau-père , fut offensé de cette demande , et pour toute réponse , déclara la guerre aux Romains. Lucullus se mit aussitôt en campagne ; autant il avait paru mettre de lenteur dans la conduite de la guerre contre Mithridate , autant il poussa vivement celle qu'il avait à soutenir contre le roi d'Arménie. Il se porta aussitôt sur la Syrie et la Mésopotamie , provinces récemment enlevées par Tigrane aux Séleucides. D'abord un satrape fut vaincu , puis le roi lui-même vit son innombrable armée dissipée par la poignée de soldats que commandait Lucullus. Cette défaite entraîna la prise de Tigranocerte (69).

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L'année suivante (6a), Lucullus entroprit une nou^roHe expédition : malgré la fatigue et les mauvaises dispositions de ses soldats, il s'empara de plusieurs provinces, de l'Assyrie et de la Gordyène; puis M marcha à la rencontre de Tigrane et de Mithridate, campés au milieu des montagnes du Taurus. Comme les deux rois, instruits par l'expérience, voulaient à leur tour temporiser, Lucullus fit mine d'assiéger la capitale Artaxate. Tigrane crut pouvoir l'arrêter au passage de l'Arsanias; ce fut pour éprouver une nouvelle défaite. Mais l'insubordination des légions valut mieux pour lui qu'une victoire. Lucullus , qui assiégeait Artaxate , fut en effet contraint, par les murmuras de ses soldats, à lever le siège et à hiverner dans la Mésopotamie. Au printemps , U lui fallut ramener ses troupes mutinées dans l'Asie Mineure, sans pouvoir réparer la défaite de ses deux lieutenants Fabius Adrianus et Tràarias, vaincus par Mithridate, qui était rentré dans ses Étals.

Telle était la position cte Lucullus quand arriva , peur le remplacer, le consul M. AcUius Grlabrion (67). Biîthddate n'eut .point de peine, avec un tel adversaire, à recouvrer ses États, et même à chasser les Romains de la Ca,ppadoce. Le consul s'enfuit honteusement dewant le roi, et il semblait que toute la Péninsule allait de nouveau jceconnaître le pouvoir de Mithridate. C'est alors que Pompée fut investi du commandement; il se hâta de réunir toutes ses trompes dans la Galatie, et poursuivit Mithridate jusque dans la petite Arménie , on il lui livra un combat de auit qui détruisit son année tout entière (66). Le roi n'échappa qu'avec huit cents cavaliers. Tigrtoe refusa cette fois de le recevoir. Alors le vieux roi de Pont conçoit un dessin hardi : il veut traverser le Caucase, se jeter à travers les .Scythes, et .entraîner sur l'Italie toutes ees nations barbanes; mais ses soldats s'effrayent de ce projet gigantesque; 4e toutes parts éclatent des défections, *t son fils lui-même, Pharnaœ, le trahit, se fait proclamer roi, et l'assiège dansPanticapée., où Mithridate se donne la mort pour échapper aux Romains.

Pendant ce temps , Pompée battait Tigrane, qui implo-

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NÉtJa jpeàsL; il écrasait les Ibérieas et les Albanlens , peuples <peu dangereux, mais qui redoutaient le voisinage des Romains (65) ; réduisait le Peut en province avec la Bithynie et la Paphlagonie; passait "enfin en Syrie, qu'il réunissait à la Phénicie déjà conquise, et rétablissait Hircan II sur le trône de Jérusalem. Durant ces expéditions , plus brillantes que difficiles, Pompée apprit que la guerre venait de se terminer tout à coup par la mort de Mitbridate. H n'y avait donc plus dans l'Asie antérieure que les quatre petits royaumes d'Arménie, de Gappadoee, de Bosphore (laissé àPbamace) et de Judée *.

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