I. CÉSAR. — SON CONSULAT
Caïus Julius César était d'une famille patricienne qui prétendait descendre, d'un côté de Vénus, de l'autre d'Ancus Martius. Sa tante avait épousé Marius, et cette alliance . le rattachait au parti populaire. On ne pouvait lui reprocher à lui la parcimonie deCrassus , mais bien plutôt une excessive prodigalité ; il donnait à pleines mains, et quand il avait tout donné, il empruntait pour donner encore. Lorsqu'il obtint le gouvernement de Lusitanie, ses créanciers l'arrêtèrent , et il fallut, pour qu'il obtînt la liberté de partir , que Crassus se fît sa caution pour l'énorme somme de huit cent trente talents *. Ses mœurs étaient dissolues. , mais alors ce n'était plus une tache comme dans l'ancienne république; du reste, il était éloquent, actif, et surtout audacieux. Jeune encore, il plaida pour les villes de la Grèce contre des magistrats romains qui les avaient opprimées. A peine âgé de dix-sept ans, il sut résister aux ordres de Sylla, De bonne heure, il s'annonça comme le successeur de Marius, dont il replaça les trophées au Capitole; enfin, durant sa préture, il punit comme meurtriers les sicaires de Sylla. Il s'attira ainsi la faveur du peuple, qui le fit grand pontife, questeur, édile, préteur, et enfin gouverneur de la Lusitanie. Ce fut dans son voyage pour se rendre dans cette province qu'il dît, en parlant d'une misérable bourgade : « J'aimerais mieux être le premier ici que le deuxième à « Borne. » Dans sa province , il fit tant qu'il put la guerre avec ses voisins; car il lui fallait à tout prix empêcher
' Près de trois millions cinq cent mille francs.