I. CAXIGULA
(Caius Cœsar iGaliyufa') 37 — 41.
Ce fut le damier fils de Germanicus , daius Catigula, qui succéda à Tibère (37). «Je laisse au peuple romain , disait celui-ci., un serpent pour le détoner , et au monde
un£haétan pour :reiûhraser.«Calignla fmttit vérifier cette prédiction par ses folies et ses cruautés. Un seul trait suffira pour le faire connaître. Un jour «qu'il jouait aux dés, la chance lui étant contraire, il se fit apporter les registres de la province, marqua les noms des plus imposés, et prononça contre eux une sentence de mort ; puis revenant vers les joueurs : «Vous jouez, leur dit-il, pour quelques mi- * sérables drachmes; moi, d'un seul coup, je Tiens d'en « gagner cinquante millions. »
Les événements de son règne ne sont que des actes de folie ou de cruauté. Ainsi, il nommait son cheval consul , et durant les jeux faisait jeter les spectateurs aux Mtes quand les criminels manquaient. Ce fou ambitionna cependant la gloire des conquêtes.
Il fit , au delà du JRhin , une expédition ridicule (39). Il avaitrassemblé jusqu'à deux cent mille légionnaires; mais à peine s'était-il avancé quelques milles dans le pays qu'il revint sur ses pas sans avoir tué ni même vu un ennemi. Pendant la marche; un soldat ayant dit «que si l'ennemi paraissait on serait dans un^^td-enibarras, CaligulaJûit si effrayé, qu'il descendit enMte^k^oh char, monta à cheval, et regagna le pont pour rçpasserTBsfleuve. Le pont se trouvant encombré, il se Fit porter de main en main pardessus les têtes. Revenu de sa frayeur, il ordonna Quelques soldats germains de ses gardes de traverser le Rhin, de se cacher, et de sortir ensuite de leur embuscade avec grand bruit, afin qu'on pût lui annoncer que l'ennemi approchait. Il était à table quand on vint lui apporter la nouvelle d'une attaque; aussitôt il courut avec ses amis et une partie de la garde .prétorienne , passa le fleuve, s'avança jusque dans la forêt voisine , et y fit abattre des arbres pour ériger des trophées. Au retour de cette expédition , il traita de polirons et de lâches ceux qui ne l'avaient pas suivi , et distribua des couronnes aux compagnons de sa victoire. Ce n'en était pas assez pour sa gloire : il fit amener secrètement quelques enfants qu'il gardait comme otages, et ordonna qu'on vînt ensuite lui annoncer qu'ils s'étaient échappés. La nouvelle lui en étant arrivée, il monta à che-
val , poursuivit les prétendus fugitifs à la tête d'un corps de cavalerie, et les ramena chargés de chaînes. Fier de ces succès, Caligula écrivit au sénat une lettre pour se plaindre de lui et du peuple, qui se livraient aux plaisirs pendant que César combattait et s'exposait pour eux aux plus grands dangers. Ses troupes le proclamèrent sept fois imperator sur les bords du Rhin.
Son expédition en Grande-Bretagne (40) n'est pas moins ridicule; nous en parlerons plus loin quand nous reviendrons sur la conquête de cette île par les Romains.
Une conspiration formée par Chsere&s délivra le monde dç ce monstre ridicule (41). Son oncle Claude lui succéda.