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mais il la rendait ou pins douce, on plus sévère , suivant les conseils du bon sens et de l'équité. On lui reproche quelques jugements légers et même extravagants ; mais on en pourrait citer plusieurs autres qui annoncent une grande sagacité et une haute sagesse. CGfKtentQns*nous d'un exemple. Une jaaère refusait de reconnaître son fils , et les preuves étaient équivoques de part et d'autre : Claude ordonna à cette femme d'épouser le jeune homme, et la contraignit ainsi à ^'avouer sa mère.
— Keme lui dot de sages lois. Il abolit la loi de lèse-majesté, diminua les impôts, réprima l'usure, encouragea les mariages. Quelques citoyens ayant fait exposer leurs esclaves dans l'île d'Ësculape pour s'épargner la peine de les guérir , il déclara que tous ceux qui seraient ainsi exposés seraient libres , et n'appartiendraient plus à leur maître eu cas de guérison; et que si quelqu'un tuait son esclave au lieu de l'exposer , il serait jugé comme coupable de meurtre. Enfin, 4t ce n'est pas l'un de ses moindres titres , îl acheva d'abolir dans les Gaules la religion des druides qu'il trouvait trop cruelle.
Gomme il restait peu d'anciennes familles romaines, et qu'il était difficile de compléter le sénat, Claude résoitft d'appeler dans cette dfesemhlée les principaux habitants de la Gaule, qui depuis longtemps avaient obtenu le droit de citoyens romains. Cette proposition excita de vives discussions; mais un discours éloquent de Claude , que le temps nous a conservé , triompha de toutes les résistances, et les Édues, les frères des Romains, reçurent les premiers le droit de siéger dans le conseil suprême de l'empire.
Il s'occupa avec non moins de zèle de l'administration publique. Il chercha .à rétablir la censure , ne négligea aucun moyen pour prévenir les disettes dent Rome avait si souvent à souffrir , acheva l'aqueduc commencé par Calcula, <et oonduisit dans la ville l'«eau nommée de «son ©om aqua Claudia; agrandit Ja ciceonférenoe de Rome, ouvrit une issue au lac FucJm,<et bâtit un port à Ostie, pour recevoir les vaisseaux qui apportaient à ftoineJes blés del'Afrique et de l'Egypte.
4<>4 CHAPITBE XXIII.
Mais à cette époque , ce n'était pas un maître instruit et bien intentionné que réclamait l'empire, c'était un maître ferme et énergique. Or , Claude était le plus faible des hommes. Pour le malheur de Rome , il avait une femme qu'il aimait, et cette femme était Messaline. Entouré d'ailleurs dès son enfance d'hommes abjects, il n'avait pu se défendre de leur funeste exemple ; il était devenu gourmand et débauché. Aussi entend-on pour la première fois sous son règne prononcer avec le nom de l'empereur celui de ses indignes épouses, Messaline et Agrippine , et de ses ignobles affranchis, Félix , Harpocras , Polybe, Narcisse, Pallas , et l'eunuque Posidès. Narcisse et Pallas surtout jouissaient auprès de lui de la plus grande faveur ;il alla même jusqu'à les revêtir de la questure et de la préture. . Honneurs, commandements, grâces, punitions, tout dépendait de ses affranchis et de ses femmes ; tout se faisait dans leur intérêt ou selon leur caprice , et souvent même à l'insu de Claude. Ce fut à leur instigation qu'il condamna à mort plusieurs membres de sa famille , et notamment le jeune Silanus , son gendre. . II signa , dit-on , l'arrêt de mort de trente-cinq sénateurs et de plus de trois cents chevaliers romains avec tant de légèreté, qu'un centurion étant venu lui annoncer la mort d\m personnage consulaire, et lui ayant dit qu'il avait obéi à ses ordres, il répondit qu'il n'en avait donné aucun , et ne laissa pas que d'approuver ce meurtre sur ce que ses affranchis assurèrent que les soldats avaient fait leur devoir en se portant d'eux-mêmes les vengeurs de l'empereur. Mais ce qui passe toute croyance, c'est qu'on lui fit, s'il faut en croire Suétone , signer à lui-même le contrat de mariage de Messaline et de Silius , son amant, en lui faisant croire que ce n'éjait qu'un jeu pour détourner quelques mauvais pré-
Messaline, dont le nom rappelle, les plus horribles débauches , s'était avisée de prendre à la face de Home un second époux, Silius, jeune patricien qui aspirait à l'empire. Le mariage s'était célébré avec les solennités ordinaires, en présence du sénat, des chevaliers, du peuple